War Comes Home: The Excessive Militarization of American Policing
(La guerre au pays : la militarisation excessive de la police aux
États-Unis), qui brosse un froid compte rendu du rôle de l’armée
américaine dans l’armement d’ «escadrons de police paramilitaires» dans
tout le pays.
Des équipes d’intervention SWAT sont désormais
systématiquement déployées dans le cadre du travail régulier, y compris
lors d’exécution de mandats de police pour des infractions non
violentes. Les raids effectués par ces équipes d’intervention sont
généralement menés en pleine nuit et impliquent souvent l’utilisation de
grenades militaires assourdissantes, la destruction délibérée de biens,
le meurtre d’animaux domestiques et, avec une régularité croissante, la
mort de « suspects » et des membres de leur famille, y compris des
enfants. Plus de 120 raids de ce type ont lieu chaque jour aux
États-Unis.
Les protections constitutionnelles telles
l’interdiction de mener des perquisitions et des saisies sont ignorées
par l’utilisation désormais omniprésente de mandats de perquisition
« sans frapper ».
Une série de programmes du gouvernement fédéral a
été mise en place pour encourager la militarisation des forces de
police locales. La devise de ce programme du département de la Défense
qui a vu le transfert de plus de 4,3 milliards de dollars en matériel
militaire aux services de police, résume bien l’intention: « From war
fighter to crime fighter » (Du combattant à la guerre au combattant
contre le crime). En d’autres termes, les tactiques de l’agression
militaire à l’étranger sont maintenant employées pour la répression au
pays.
Une quantité troublante de matériel militaire a été remise
en service pour être utilisée aux États-Unis, sans la moindre discussion
ou supervision politique. Des équipes d’intervention ont été équipées
de 500 véhicules MRAP utilisés par les forces militaires pour la
protection contre les mines et les embuscades. Ces véhicules conçus pour
résister aux bombes dissimulées en bordure de route peuvent être
équipés de mitrailleuses lourdes et de lance-grenades protégés. Ils ont
été fournis avec des uniformes de combat, des lunettes de vision
nocturne, des fusils d’assaut et de tireur d’élite, des mitrailleuses
alimentées par bandes de munitions et des hélicoptères militaires Black
Hawk et Huey notamment.
La militarisation des opérations de
police nationales est symptomatique d’une société profondément
dysfonctionnelle. Alors que l’établissement politique ne perd jamais
l’occasion de déclarer qu’il n’y a pas d’argent pour les besoins en
éducation sociale, les pensions, les soins de santé et l’alimentation,
des milliards de dollars sont mis à la disposition de la police pour
l’équiper des derniers instruments de coercition.
Aux États-Unis,
tous les problèmes sociaux sont traités comme une affaire de police. Ce
pays emprisonne plus de personnes que tous les autres pays développés
combinés. Ce système monstrueux qui rafle des centaines de milliers de
personnes chaque année est couronné par la pratique persistante de la
peine de mort, interdite dans le reste du monde développé.
La
police croit de plus en plus, et avec raison, qu’elle peut agir en toute
impunité. Au cours des derniers mois, une série de meurtres a été
commise par des policiers. Ceux qui sont capturés sur bande vidéo –
comme celui d’un sans-abri à Albuquerque, au Nouveau-Mexique en mars
dernier – provoquent la colère populaire généralisée. Mais ces actes
sont monnaie courante aux États-Unis.
Les États-Unis ressemblent
de plus en plus à un État en garnison. Les régions frontalières du pays
ont été transformées en zones militaires de facto, où les droits
constitutionnels sont lettre morte. Des drones militaires ont déjà fait
leur apparition dans les cieux du pays et des plans sont adoptés pour
leur utilisation beaucoup plus répandue. Il s’agit d’un effort concerté
pour habituer le peuple américain à la présence de policiers et de
soldats armés jusqu’aux dents dans les aéroports, les gares, les écoles,
les stades, etc.
La police militarisée fait partie d’un immense
appareil d’État qui fonctionne en grande partie en dehors de tout
contrôle juridique ou démocratique et piétine les droits
constitutionnels et démocratiques de la population au quotidien. La
police nationale est de plus en plus intégrée à la gamme de programmes
d’espionnage de la NSA qui surveillent les mouvements, les
communications et les renseignements personnels de la population.
La
militarisation de la société américaine a été incontestablement révélée
l’an dernier à la suite des attentats du Marathon de Boston lors de la
fermeture de la ville – au cours de laquelle les résidents ont reçu
l’ordre de se terrer alors que des escouades policières en tenue de
combat et armées de fusils d’assaut effectuaient des fouilles maison par
maison. Cet événement – et l’assassinat étatique ultérieur d’Ibragim
Todashev – a été mené sans la moindre protestation au sein de
l’établissement politique ou dans les médias.
La mise sur pied
d’un appareil de répression de masse est liée à la violence militaire
effrénée et aux inégalités sociales extrêmes. La classe dirigeante
américaine est dans un état de guerre permanent à l’étranger.
L’invasion d’un pays après l’autre dans la poursuite des intérêts de
l’aristocratie financière ne peut que se répercuter aux États-Unis.
Les
guerres sont menées par un gigantesque appareil militaire – financé à
hauteur de 1 000 milliards de dollars par année – qui n’a pas plus de
respect pour les droits démocratiques de la population aux États-Unis
que pour les populations d’Irak, d’Afghanistan, de Libye ou de Syrie. À
la tête de tout cet édifice se trouve le président, un tueur ayant
systématiquement planifié et supervisé l’assassinat par drone d’au moins
quatre citoyens américains, en plus de milliers d’autres personnes.
Le
pillage à l’étranger va de pair avec le pillage au pays. Alors que le
revenu moyen des ménages a chuté de 8 % entre 2007 et 2012, la richesse
des super-riches a plus que doublé depuis 2009. L’oligarchie financière
qui domine la société américaine tire sa richesse en grande partie grâce
à des activités de type criminel et semi-criminel, notamment la
spéculation, la fraude et le parasitisme qui ont conduit à la crise
financière de 2008.
La création des infrastructures d’un État
policier aux États-Unis est le reflet d’une classe dirigeante vivant
dans la crainte perpétuelle et soucieuse de préserver sa richesse et ses
privilèges, car elle est bien consciente que ses politiques – tant
nationale qu’étrangère – nourrissent une hostilité massive à sa
domination.
Source : wsws.org

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