Gilles Devers
« Allo
Philippe, je t’appelle pour les affaires de Nicolas… » Oups, Philippe
Courroye n’est plus procureur à Nanterre, et il a fallu que je me
renseigne par mes propres moyens. Quelle vie !… Au final, beaucoup plus de
questions que de réponses. La vie est compliquée au pays des petits
poids...
Ceux qui font l’enquête
Ceux
qui font l’enquête pour « violation du secret de l'instruction » et «
trafic d'influence » ne sont pas exactement des novices : l'Office
central de lutte contre la corruption et les infractions financières et
fiscales (OCLCIFF) de Nanterre, le parquet financier, nouvelle mouture,
et deux juges d’instruction du TGI de Paris, Patricia Simon et Claire
Thépaut, saisies depuis le 26 février 2014.
Ceux qui font leur expérimentation de justiciables
Ceux
qui font leur expérimentation de justiciables ne sont pas non plus des
novices : Thierry Herzog, l’avocat chevronné de Nicolas, Gibert
Azibert, premier avocat général auprès de la deuxième chambre de la Cour
de cassation, et de Patrick Sassoust, avocat général près la chambre
criminelle de la Cour de cassation, venu tout droit de la Cour d’appel
de Bordeaux, et Sarko. Du jamais vu.
Trafic d'influence ?
Est-ce
que Gilbert, sollicité par Thierry, a cherché à intervenir avec l’aide
de Patrick pour influer sur le sort de Nicolas dans l'affaire de Liliane
? Nous verrons, mais attention : Gilbert, altruiste et ami de Tapie
Bernard, est un magistrat très influent à la Cour de cassation : dir’
cab’ de Rachida, et battu de justesse au poste de procureur général
auprès de la Cour de cassation, un technicien très politique, et bien à
Droite.
Violation du secret de l'instruction ?
Nicolas,
Claude, Brice et Michel (Gaudin, ancien patron de la police nationale,
un ami de Sarko) avaient été mis sur écoute à propos du financement de
sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar. Une autre instruction
judiciaire. Mais – divine surprise – les oreilles des juges en ont
appris de belles sur le volet trafic d’influence… avant que Nicolas et
Thierry, avisés de l’existence des écoutes, s’organisent pour passer par
des lignes-bis, ouvertes sous des noms d’emprunt.
Les écoutes
Quel
sera le sort de ces écoutes utilisées pour en dehors de leur but
d’origine, et mettant concernant des propos protégé par le secret de la
défense existant entre l’avocat et le client, d’autant plus quand le
client est avocat ? Le Bâtonnier, selon la loi, doit être avisé de la
mise sous écoute d’un avocat. Pour en faire quoi ? Pour en parler à
qui ? Pour exercer quel contrôle ? Nous n’avons que peu d’informations.
Les juges ont certainement blindé la procédure, mais les débats vont
être chauds.
Les perquisitions et les auditions
Tout
le problème pour les mis en examen est que le dossier ne repose pas que
sur les écoutes. Depuis février, les juges d’instruction ont poursuivi
avec méthode, et avec le soutien du parquet, ce travail d’instruction
indépendante (que voulait supprimer Sarko) : les perquisitions et les
auditions dont devenues les bases du dossier. Et parmi les
perquisitions, celle de la chambre criminelle de la Cour de cassation…
Là encore du jamais vu, et qui laisse des traces.
Garde-à-vue disproportionnée ?
Nuit
dans les geôles, et mise en examen pour Thierry, Gilbert, Patrick et
Sarko, c’est du jamais vu, ce qui ne pose pas de problème si les charges
existent…mais qui en pose quand même pour de la délinquance de papier,
qui ne voit pas le sang couler. Les mesures étaient-elles
proportionnées ? Ces mesures groupées visaient à obtenir des
déclarations garanties sans concertation, mais quand même, le dossier
doit être lourd, sinon…
Nicolas et Thierry sont avocats…
…
et le Barreau de Paris va être saisi aux fins de poursuites
disciplinaires. Exercice bien difficile alors que le Bâtonnier mettait
hier en doute la légalité des écoutes, et que les juges pensent très
clairement c’est du Barreau, que sont venues les infos amenant Nicolas et
Thierry à utiliser un téléphone bis pour échapper aux écoutes.
Sarko président ?
Tant
qu’il reste assez de cabots à l’UMP, il peut prendre la tête de l’UMP,
et rêver de torpiller les primaires. Avec un FN évanescent et un PS
sinistré, et qui ne veut plus de Hollande, tout est possible. La
procédure qui s’est emballée ces jours-ci va retomber dans la morne
plaine, avec ces délais longs et ses recours qui n’en finissent pas.
Mais s’approche l’affaire Bygmalion, avec trois juges d’instruction pour
cette affaire où toutes les infos ont été mises sur la table, et qui va
aller vite. Sarko qui ne s’aperçoit pas que sa campagne coûte le double
de ce qui est autorisé… Et qui fait payer son amende personnelle par
l’UMP. C’est pas bon, çà…
C’est la Gauche qui s’acharne à régler le casse de Sarko…
Rien
ne l’accrédite. Les juges d’instruction agissent dans le cadre des
pouvoirs que leur a donné la loi. L’Elysée doit suivre ça avec
gourmandise, car Hollande flippe devant Sarko, mais franchement, les
juges s’en tapent le coquillard avec un tibia de langouste.
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