Gilles Devers
L’UMPS, ie l’absence
de perspective politique, est le principal moteur du FN. Tous les mêmes
et rien ne bouge,… alors on vote FN pour les faire dégager (sans
imaginer un instant que le FN soit en mesure de diriger le pays).
Alors, les amours tumultueux de Jouyet et Fillon ?
Jouyet,
grand pote de Hollande, est une figurine de l’UMPS : ministre sous
Sarkozy, et secrétaire général de l’Elysée, donc n° 2, sous Hollande. Le
changement, c’est maintenant…
Fillon ?
Le matin, il est sur les radios pour nous dire que le gouvernement
Hollande, c’est la calamité des calamités. Mais à midi, il casse la
croûte au Pavillon Ledoyen avec Jouyet. C’était le 24 juin. La cantine
de l’Elysée n’est pas assez relevée, alors la République offre Ledoyen à
ces deux héros du courage politique. Un rendez-vous sur l’agenda, avec
nécessairement rapport à Hollande dans l’après-midi.
Toute la journée d’hier, Jouyet et Fillon nous ont livré un fabuleux concours de mensonges…
Il
n’a pas parlé de Sarko, non je n’en ai pas parlé, en fait si il en a
parlé, non ma parole, je t’assure que je n’en ai pas parlé… Ils nous
dégoûtent… Grave.
Fillon,
qui voulait être président de la République, prend sa carte au club de
Bayrou. Il a été catastrophique et devrait s’inscrire à la Cahuzac School, car il n’a tenu qu’une journée.
Jouyet,
égérie de la Gochmole, qui exerce une des plus hautes fonctions de
l’Etat, a compris hier dans l’après-midi qu’il était cramoisi quand les
journalistes du Monde lui
ont rappelé qu’il avait été enregistré, avec son accord. Alors, il
s’est planté devant l’Elysée – usurpateur ! (plus de trois jours) – pour
démentir ce qu’il avait dit le matin. Nul. Prévoir aussi un stage à la Cahuzac School.
Les pressions sur le Parquet par Hollande ou Taubira ?
Ça
ne se passe plus comme cela. C’est ouaté, indirect et suave, car
Hollande sait qu’il a trop à perdre avec des interventions directes.
Mais les faits conduisent à faire quelques remarques.
1/
Fillon-le-menteur a rêvé de « taper », ce qui montre que ça se faisait
du temps de Sarko-Fillon … avec des résultats plus ou moins heureux,
comme nous l’expliquerait notre ami Courroye.
2/
Jouyet-le-menteur se fout du monde. C’est lui qui a pris contact avec
Fillon, non par culte de l’amitié, mais pour tirer des tuyaux du
scandale Bygmalion qui avait explosé quelques jours plutôt, obligeant
Copé à démissionner pour laisser le pouvoir au « triumvirat »
Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon. On voit bien le
petit Jouyet excité comme une puce : « Je vais avoir des infos de
première bourre » (Ce qui justifie l’addition de Ledoyen, repas servi dans un salon privé).
3/ En fait, une seule question qui intéressait Jouyet et Hollande : l’affaire Bygmalion va-t-elle permettre de niquer Sarko ?
Que
peut imaginer que Jouyet et Fillon se fixent en urgence un rencard chez
Ledoyen pour parler de la faim dans le monde, du réchauffement de la
planète, et ou de la dette publique de la France ?… Non, il n’y a qu’un
sujet à l’ordre du jour : nous avons tous deux intérêt à zigouiller
Sarko, alors comment exploiter les évènements du moment ? L’UMPS dans
toute sa splendeur.
Please zigouille Sarko
Pendant
le gueuleton chez Ledoyen, Fillon a du balancer un max d’infos, en
qualité de membre (flasque) du triumvirat. Mais en contrepartie, il a
fait une petite réclamation : « Please zigouille Sarko, car il a fait
payer par l’UMP l’avance forfaitaire de 150 000 euros qui lui avait été
versée pour mener sa campagne et les 363 615 euros correspondant au
dépassement du plafond légal des dépenses, sommes arrêtées par le
Conseil constitutionnel en juillet 2013 ».
Retour
sur images. Juillet 2013, c’était l’époque du Sarkothon, pour 10,5
millions d’euros, restant à charge du fait du rejet des comptes de la
campagne, et ces paiements de 150 000 et 363 615 euros s’étaient ajoutés
à la dette de l’UMP.
Même le blog l’avait vu en juillet 2013…
Paiement
en juillet 2013, repas le 24 juin 2014, rapport des commissaires aux
comptes de l’UMP certifiant les comptes du parti le 30 juin, signalement
par les mêmes le 1 juillet au Parquet de Paris et enquête préliminaire
ouverte par ce Parquet le 2 juillet… (puis une information judiciaire,
le 6 octobre 2014 pour « abus de confiance », « complicité » et « recel ») : tout est limpide… ou presque.
Pourquoi un an d’attente ? Parce qu’il était impossible de savoir avant, a répondu hier soir le parquet de Paris. Hum, hum…
Restons
prudents car un avocat de Sarko avait analysé que le procédé était
régulier, et Bercy avait conclu dans le même sens. On verra, mais
arrêtons les salades, please… Le rapport des commissaires aux comptes du
1° juillet n’a rien révélé. La distinction entre les deux sommes était
clairement posée par l’analyse des textes et par la décision du Conseil
constitutionnel, et même le blog s’en était aperçu le 18 juillet 2013.
Alors,
un deal, genre : « Nous on ne touche pas à ça. Mais si les commissaires
aux comptes font soudain le 1° juillet 2014 un rapport sur des
paiements datant de plus d’un an, peut-être que ça fera l’affaire ».
Ces
manips vont faire des massacres dans l’opinion. Et que faire ? Dans
trois jours, Hollande va sacrifier Jouyet (qui aura trois mois plus tard
un joli lot de consolation) et puis après ? Le mal est fait, et les
séquelles sont graves.
Tout ceci est désolant
Que
faut-il faire pour que nous ayons des politiques au niveau ? Compliqué,
alors que les leaders cherchent d’abord à conforter leur rente de
situation et soignant des réseaux à leur service.
Mais
que faire pour que la justice ne soit plus salie par ce genre
d’affaire ? Là, c’est plus simple : l’indépendance du Parquet. Dis, François, pourquoi tu tousses ?

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