Gilles Devers
La
politique n’aimant pas le vide, voici le nouveau spectacle : « Hollande
candidat ». Ça peut surprendre, mais c’est en fait une évidence… et
qui l’en empêcherait ?
On
peut faire des pages et des pages avec ses échecs, à commencer sur le
chômage et la dette, sa politique molle et insaisissable, ses attitudes
de fuite, son gouvernement de sales gosses, ses amours casqués, et
encore, et encore… Peu importe : aussi nul que soit le bilan, aussi
désespérant que soit ce naufrage de la Gauche, Hollande a les mains
libres pour être candidat pour 2017 et il a déjà fait son choix. Il
doit se délecter en passant en revue la série des petits marquis qui,
après s’être battus pour être avec lui sur la photo en 2012, prennent
l’air aujourd’hui des grincheux critiques… et se battront à nouveau
pour être avec lui sur la photo en 2017.
La
raison de l’assurance sereine de Hollande… est qu’il est président de
la République, cette fonction iconoclaste qui, par la maladie gaulliste,
centralise tous les pouvoirs et qui a été encore dopée par le
quinquennat, avec les législatives dans la foulée des présidentielles.
Une seule élection compte… et il n’y a pas de meilleur poste pour la
préparer qu’en occupant la fonction.
C’est
le truc génial. Quand tu es président, tu es en campagne électorale
permanente, en pouvant mobiliser tout le staff, tous les moyens de la
République et tous les médias, tout en exerçant aussi le pouvoir,
jouant avec les effets d’annonce, les nominations, les inaugurations, le
calendrier… Alors, le camarade ne va pas s’en priver.
Il
n’a plus la cote ? Et alors ? Y-a-t-il une seule personne au sein du PS
capable de se déclarer candidat contre Hollande président sortant, et
d’imposer au PS d’organiser des primaires l’opposant au président de la
République en cours de mandat ? Vous pouvez rêver…
El Blancos est
un pur gadget, magnifiquement embauché par le cynique Hollande pour
jouer le rôle de l’idiot utile. Il va l’user jusqu’à la corde et le
jettera quand il voudra, comme il voudra. El Blancos, qui
n’a aucun appui dans le PS, est un leurre. Alors qu'il doit son semblant
de côte à la Droite, il a fini de se piéger tout seul en proposant de
changer le nom du PS ou de gouverner avec Bayrou. Tchao kleenex !
La
seule qui pourrait, c’est Martine Aubry. Elle agite beaucoup les
réseaux ces temps-ci et veut refaire une bonne opération pour le
congrès du PS, base sur laquelle elle jouera son influence. Mais
est-elle en position de créer un rapport de force tel qu’elle amènerait
Hollande à renoncer à se présenter ? Et comment ferait-elle ? Hollande,
tout en faisant campagne comme un damné, jouera la carte de « moi, je
gouverne, ce n’est pas encore le temps de la campagne », bloquant tout
initiative du genre des primaires, alors que ces élections internes
doivent être faites bien en amont du scrutin. Et puis cette ombrageuse
a-t-elle envie de se lancer dans une bataille aussi incertaine ? Elle
n’en montre aucun signe.
Alors
reste le cas de Hollande qui s’écroule, mais je n’y crois pas. Les
institutions ont totalement blindé la fonction présidentielle, et comme
ses adversaires politiques rêvent de cette fonction, ils ne prendront
pas le risque de l’affaiblir.
Bon
courage donc à la brave piétaille soc’… qui doit s’apprêter pour 2017 à
scander en chœur « Hollande président, le changement c’est pas
maintenant »…


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