Charles Sannat
Voici une petite recherche que je vais vous livrer, il s’agit d’un
lien que je vous donne vers le consortium des journalistes qui vient de
révéler le scandale de la plus grosse évasion fiscale jamais organisée
dans le monde grâce à un pays, le Luxembourg, et à son chef d’État de
l’époque Jean-Claude Juncker, désormais président de la Commission
européenne, ce fameux machin super démocratique et prenant soin de
l’intérêt des peuples d’Europe (c’est ironique évidemment).
Vous pourrez y trouver l’ensemble des gentilles entreprises très
citoyennes et qui aiment payer des impôts, à moins que ce soit
l’inverse… C’est très bien fait et le moteur de recherche permet de
choisir pays par pays et après, les logos de chaque société concernée
s’affichent.
Le « socialiste » Emmanuel Macron défend Jean-Claude Juncker
Avant de vous donner tout ça, je voulais revenir sur le principal
avocat de Jean-Claude, à savoir le français Macron, notre actuel
ministre de l’Économie socialiste. Bon, vous l’avez compris, avec Macron
nous sommes dans un socialisme môôôderne, un socialisme de combââât, un
socialisme «libéral», c’est-à-dire un socialisme tourné vers le
prôôôôgrèèès pour tous et le changement maintenant, un socialisme où
l’organisation de la plus grande fraude fiscale de tous les temps (Mamie
Loto n’a qu’à bien se tenir, la pauvre) n’est pas grave, un socialisme
où les socialistes au pouvoir (pas tous quand même) trouvent normal
finalement d’apporter leur soutien à Juncker.
Et la défense élaborée par Macron est divine, spirituelle, drôle à
souhait. Je vais le citer dans le texte parce que franchement, il faut
se pincer pour y croire :
« Je suis frappé par la ressemblance entre notre période et celle des
années 30. Nous sortons d’une crise, les peuples se rétractent, les
indicateurs économiques sont inquiétants, les démocraties sont
fatiguées, les dirigeants politiques sont conspués. Le plus grand risque
est que les responsables politiques laissent s’installer l’idée qu’ils
sont impuissants, que les démagogues prennent le pouvoir et que les
égoïsmes nationaux reviennent. Ce sont les risques que nous voyons dans
mon pays, le vôtre, en Allemagne, en Grande-Bretagne. C’est dans ces
moments-là que se révèlent les grands décideurs politiques, ceux qui
mettent de grandes ambitions sur la table, comme M. Juncker l’a fait.
C’est cette même préoccupation qui habite le président de la République
et le Premier ministre lorsqu’ils annoncent l’accélération des réformes
en France et les grands chantiers nécessaires.
J’ai confiance en M. Juncker : il a la capacité de promouvoir des idées courageuses pour porter l’idée européenne. »
En un mot mes amis, c’est « exquis ». J’adore. Tout y est ou presque,
il nous manque juste l’expression avec les mots marqueurs suivant : «
Cela me rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et
véhicule des idées nauséabondes… » Mais rassurez-vous, Macron maîtrisant
parfaitement la dialectique, tétanisant aussi bien le langage que la
pensée, devrait nous le sortir prochainement.
Donc le climat, c’est le climat des années 30… Cela est parfaitement
faux, sauf pour l’aspect crise économique qui est effectivement encore
plus grave que celle de 1929. Nos situations politiques et sociales
n’ont strictement rien à voir avec celles des années 30, ce qui ne veut
pas dire que la situation n’est pas forcément plus grave d’ailleurs que
celle des années 30, et tout cela risque effectivement de bien mal se
terminer mais c’est un autre débat.
Mais pour Macron, Juncker c’est le de Gaulle et le Churchill
européens incarnés dans la même figure. J’en rigole encore en me tenant
les côtes qui souffrent terriblement de cette quinte de rire… Juncker
n’est ni de Gaulle, ni Churchill et en aucun cas un « grand décideur
politique qui se révèle ». Juncker est simplement un grand… ponte de la
fraude fiscal, certes de haut vol (surtout au sens premier du terme),
mais un fraudeur tout de même ! Macron va plus loin dans le fayotage
général en extrapolant la grandeur de Juncker à la grandeur d’Hollande…
ce qui en dit long sur la définition actuelle du mot « grandeur »…
Un combat fratricide en Europe
À mon sens, toute cette histoire cache un combat fratricide en Europe
autour du sujet de la rigueur et des politiques d’austérité que
certains souhaitent imposer à d’autres.
Il est évident, et c’est du bon sens, que lutter contre la fraude
fiscale est une nécessité et que le principe qui doit prévaloir est lui
aussi tout aussi simple, à savoir que chaque entreprise doit payer ses
impôts tout simplement dans chaque pays où elle réalise des bénéfices.
À ce petit jeu-là, quelques pays en Europe mettent un bazar considérable
comme l’Irlande, les îles anglo-normandes, sans oublier le Luxembourg
ou encore quelques petites principautés bien minuscules sur les cartes
mais fort bien pourvues financièrement.
C’est évidemment tout le modèle économique du Luxembourg qu’il faut
fracasser et sans hésiter. Du Luxembourg, et des autres paradis fiscaux
européens.
D’ailleurs, notre président serait bien inspiré (si ce n’est déjà lui
à la manœuvre derrière toute cette histoire aidé par quelques alliés
italiens) d’appuyer très fortement là où ça fait mal. Austérité ?
Pourquoi pas, mais encore faut-il que l’Europe joue le jeu et
n’institutionnalise pas la fraude et l’évasion fiscales parce nous
parlons dans ce cas de centaines de milliards d’euros.
Par extension, nous pourrions faire le même raisonnement sur le coût
de la main-d’œuvre dans certains pays européens, comme la Pologne et son
salaire mensuel de 360 euros… Autant dire que nous ne serons jamais
aussi compétitifs qu’un Polonais ou alors il va falloir beaucoup baisser
nos salaires…
En tout cas, il est sûr que si toutes les entreprises qui font des
bénéfices en France payaient leurs impôts en France, le gouvernement
Hollande n’aurait plus à augmenter les taxes et les impôts sur le
peuple. Ceci expliquant peut-être cela. Si tel était le cas alors, sans
hésiter, j’applaudirai le président.

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