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Alors que l’État
vient de distribuer 41 milliards d’euros aux entreprises au titre du
« Crédit d’impôt compétitivité emploi », les plans dits « sociaux»
s’accélèrent dans toutes les régions de France, au point où l’on est en
droit de se demander si cet argent public ne va pas servir en priorité à
financer des licenciements !
D’ailleurs, le pin’s « 1 million
d’emplois », fièrement porté par le président du Medef cet automne a été
fabriqué… en République Tchèque ! Créer un
million d’emplois en France : c’était la promesse du Medef de Pierre
Gattaz, à condition d’assouplir encore les règles du marché du travail,
de supprimer des jours fériés ou encore d’abaisser le SMIC… ; le Medef a
bien compris que le gouvernement est à sa botte et que les salariés en
passe d’être domestiqués sont complètement passifs et désabusés.
Valls nous explique qu’il
faut en finir avec la gauche passéiste, voulant accélérer la casse
sociale, alors que de la naissance jusqu’à la fin de vie la pauvreté
gagne du terrain dans tout le pays. Valls fait le choix du libéralisme,
continuant l’œuvre de Sarkozy, acceptant et permettent que la richesse
de quelques-uns s’étale sans vergogne, tout en siphonnant la richesse du
pays. L’arrogance des plus riches et l’ivresse bancaire
s’affichent avec ostentation relayées par les médias, médias qui font
tourner en boucle l’information lorsqu’un « grand patron » décède d’un
accident du travail mais qui ne disent pas un mot sur les centaines
d’accidents mortels dont sont victimes de « simples salariés » chaque
année. Dans ce cas ce sont des dommages collatéraux et acceptables pour
que les profits, les dividendes et les stocks options continuent à être
versés !
Pendant ce temps, le
gouvernement ose stigmatiser les chômeurs, il masque ainsi les
conséquences des politiques libérales qu’il mène sur la hausse du
chômage en France. Il facilite les licenciements, y compris dans les
entreprises qui font des bénéfices, et applique l’austérité généralisée
dans les services publics et pénalise la population. Il ne met en place
aucun contrôle de l’utilisation des aides publiques au secteur privé
mais renforce le contrôle sur les chômeurs. La folie libérale est en
train de ruiner les couches modestes et moyennes dans la lignée de ce qu’a fait R.Reagan aux Etats-Unis
et M.Tatcher en Angleterre. Lorsque tout le système social et public
sera détruit, il sera très très dur de le remettre en place : le Medef
et les financiers le savent et s’en frottent les mains par avance. Le
gouvernement ne peut pas l’ignorer, car ne croyez pas qu’ils sont
stupides, ils savent très bien ce qu’ils font et pour qui ils
travaillent.
Déjà,
selon les estimations d’économistes du CNRS, chaque emploi induit par
les précédentes exonérations de cotisations sociales a coûté entre 34
000 € à 42 000 €, et ce coût va presque doubler avec le Pacte de
responsabilité et le CICE, en supposant que ces emplois soient créés,
car il sera quasiment impossible de vérifier la réalité des embauches.
D’autre part, exonérations ou pas, les entreprises n’embaucheront pas si
leurs carnets de commandes restent vides. Et la Sécurité Sociale risque
d’être déstabilisée par plusieurs milliards de ressources en moins.
Certains auront beau jeu, ensuite, de critiquer son déficit et son
inefficacité, pendant que les employeurs, eux, bénéficient de faveurs :
abattements fiscaux, réductions de cotisations sociales, etc. Des
faveurs dont le coût sera financé par l’augmentation des taxes sur la
consommation comme la TVA qui touchent plus directement les couches
moyennes ou populaires. De telles mesures se sont multipliées en Europe
du Nord comme dans les pays du Sud, dont certains sont sous la tutelle
économique de la Troïka, car l’austérité tue la consommation et la
relance !
Dans l’ensemble du monde,
c’est le même discours : nous serions tous dans le même bateau face à
la crise et aux efforts nécessaires. Cette fable est jour après jour
démentie par les faits : les entreprises du CAC 40 ont versé en 2013 43
milliards d’euros à leurs actionnaires (soit 4 % de plus qu’en 2012), et
le nombre de ces millionnaires augmente partout, y compris dans des
pays où la majorité de la population est dans la misère. Le problème
n’est pas seulement que les riches soient riches,
c’est aussi que les riches confisquent les institutions politiques à
leur profit. Les alternances entre droite et gauche sont donc largement
de façade. Mais cela va au-delà : le capital, ce n’est pas seulement des
richesses, mais le pouvoir de licencier, de décider de ce qui sera
produit et de ce qui ne le sera pas, de fermer une usine pour la rouvrir
ailleurs avec des travailleurs plus exploités, le pouvoir de sacrifier
la santé des travailleurs et l’écologie aux profits à court terme.
Les inégalités
ne sont pas une aberration du système capitaliste mais correspondent à
sa logique profonde. Elles ont reculé seulement lorsque ceux d’en bas
ont bénéficié d’un bon rapport de forces. Pour le moment le rapport de
force est en faveur de la classe dominante, d’où le constat cynique du
multimilliardaire américain Warren Buffett : « Il y a une lutte des
classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui a
mené la lutte. Et nous sommes en train de gagner. »
Il faut bien
comprendre que nous ne sommes plus sur des questions politiques ou
économiques, mais strictement sur des positions idéologiques ! Dans
cette lutte des classes sans merci, le gouvernement PS au pouvoir a
choisi son camp !

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