L’Égypte et Israël continuent de tenir la bande de Gaza assiégée à la
pointe de leurs couteaux. Cette étroite bande de terre, déjà déchirée
par les conflits politiques et sociaux, semble destinée à être "l’otage"
de ces deux pays, "l’ennemi" et "le frère" se relayant pour massacrer
sa population.
Ils ont laissé la bande de Gaza
respirer un petit peu, et puis, quand ils en ont eu envie, ils lui ont
coupé l’air en fermant les trois seuls postes frontières reliant Gaza au
reste du monde.
Hélas, les derniers 51 jours de folie destructrice et meurtrière,
n’ont pas mis fin au chantage auquel est soumis le peuple palestinien
qui vit sous la menace d’être privé d’accès avec le monde extérieur.
Une nouvelle crise humanitaire frappe aujourd’hui les Gazaouis en
conséquence de la dernière attaque israélienne contre Gaza, avec les
pluies torrentielles qui inondent les tentes et les campements qui leur
servent de refuge.
Il est évident que le processus de reconstruction n’a pas été mené
comme prévu et Israël et l’Égypte se servent des postes frontières pour
punir Gaza en les fermant tantôt complètement, tantôt partiellement.
Les forces israéliennes n’ont pas encore attaqué Gaza de nouveau,
mais elles ont réussi à profiter de l’occasion pour resserrer leur étau
sur Gaza et étrangler sa population. Samedi 30 octobre au soir, Israël a
annoncé la fermeture des postes frontières de Karm Abu Salem et de Beit
Hanoun, au sud-est et au nord de la bande de Gaza, jusqu’à nouvel
ordre, sous prétexte qu’une roquette avait été tirée sur la colonie
d’Ashkoul.
Plus tard, Israël a fait preuve de "miséricorde" en annonçant qu’il
allait rouvrir partiellement le passage de Karm Abu Salem, mais
seulement pour les livraisons de fuel.
Au même moment, l’Égypte a menacé de fermer le poste frontière de
Rafah au moindre soupçon de désordre dans le Sinaï. Cette décision est
perçue, à Gaza, comme une tentative claire de monter la population
contre la résistance.
De plus, le fait que l’Égypte ait fermé le passage de Rafah presque
aussitôt après avoir accusé les autorités de Gaza de soutenir la récente
attaque du Sinaï qui a causé la mort de 30 soldats égyptiens, au moment
même où Israël scellait les deux autres passages, laisse penser que les
deux pays s’entendent pour manier la carotte et le bâton [contre les
Palestiniens].
Dernièrement, l’occupation israélienne a essayé d’exploiter les
sentiments religieux des Gazaouis en assouplissant le passage au
checkpoint d’Erez pour leur permettre d’aller prier à la Mosquée
d’al-Aqsan après des années de restrictions, tout en guerroyait contre
Jérusalem-est.
À Gaza, les forces d’occupation israéliennes cherchent à mettre en
place une politique de "privation et de récompense" en fonction du
soutien ou du rejet de la Résistance par la population.
Bien que l’Égypte ait déjà fermé le passage de Rafah 190 jours depuis
le début de l’année 2014, cela ne lui a pas suffi et elle persiste à
vouloir se "venger" de son vieil ennemi le Hamas parce qu’il s’est
associé aux Frères Musulmans égyptiens.
Il faut se rappeler que la délégation palestinienne qui a participé
aux négociations de cessez-le-feu n’a pas pris la peine d’approfondir
les questions relatives aux points de passage, et n’a pas non plus
insisté pour qu’un processus de levée du siège de Gaza soit discuté en
détail. La délégation s’est contentée de donner de faux espoirs au
peuple en lui promettant d’améliorer ses conditions de vie, de
construire un aéroport et un port.
Aujourd’hui, le seul espoir des Gazaouis est de revenir à la situation qui régnait avant le dernier assaut israélien.
"C’est comme si rien n’était arrivé," a dit un habitant de Gaza à Al-Akhbar.
Pour aggraver la situation, le Fatah et le Hamas n’en finissent pas
de se quereller sur la question de savoir qui administrera les postes
frontières. Le Fatah veut en avoir seul la charge et le Hamas veut un
partenariat. Le problème, c’est que les contributions des états
donateurs pour le processus de reconstruction sont conditionnées au
contrôle des points de passage par l’Autorité Palestinienne, ce qui
n’est toujours pas le cas, et personne ne sait quand ce le sera.
Bien que la fermeture des points de passages soit une violation
flagrante des accords de cessez-le-feu conclus à la fin du mois d’août,
les factions de la Résistance n’ont pas menacé de reprendre les tirs de
roquettes parce qu’elles craignent qu’Israël n’en profite pour commettre
d’autres violations.
Comme le dit Mahmoud al-Zahar, un leader du Hamas connu pour avoir
généralement des positions fermes : "Israël essaie de trouver un
prétexte pour renforcer le siège mais nous ne tomberons pas dans son
piège. Si le siège n’est pas levé nous ne serons plus tenus de respecter
nos engagements."
Bassam al-Salhi a déclaré, à propos du rôle de la délégation dans la
négociation portant sur le règlement de la situation : "Israël a imposé
des conditions humiliantes au processus de reconstruction de Gaza.
Israël veut réorganiser le siège, nullement y mettre fin, que le
gouvernement d’unité prenne le contrôle ou pas."
Salhi a dit à Al-Akhbar : "Israël a réduit les accords à la seule
facilitation administrative du passage au poste frontière d’Erez pour
échapper à ses responsabilités envers la bande de Gaza."
Salhi laisse entendre que les contacts avec l’Égypte sont
pratiquement gelés et il exclut la possibilité de reprendre les
négociations dans la seconde partie du mois si l’état sioniste ne donne
pas des garanties suffisantes de sa volonté de lever le siège.
Coca Cola à Gaza
Le journal israélien, Yediot Ahronot, a révélé que les autorités
israéliennes d’occupation ont approuvé l’installation d’une usine de
Coca Cola à Gaza et que sa construction doit commencer cette semaine.
Le 2 novembre, le journal a annoncé que la Sécurité israélienne a
donne le feu vert à la construction d’une grande usine de Coca Cola à
Gaza qui créera immédiatement des centaines d’emplois et dans l’avenir
jusqu’à 3 000 emplois.
Selon le journal, un entrepreneur palestinien aurait sollicité
l’autorisation de construire l’usine au Coordinateur des Activités
Gouvernementales dans les Territoires Occupés du ministère de la Défense
israélien. Le ministre de la Défense aurait alors décidé de se ranger à
l’avis favorable des experts.
Selon le journal, "jusqu’ici c’est une fabrique de Ramallah qui livre
les habitants de Gaza en produits Coca Cola, ce qui occasionne des
ruptures de stock quand la frontière est fermée.”
Il a aussi annoncé que l’usine serait construite dans la zone industrielle de Karni et que sa construction prendrait six mois.
5 novembre 2014 - Al-Akhbar - Vous pouvez consulter cet article à :
Lien: http://english.al-akhbar.com/...
Traduction : Info-Palestine - Dominique Muselet
Lien: http://english.al-akhbar.com/...
Traduction : Info-Palestine - Dominique Muselet
Photo : Membre des forces de sécurité de Gaza à la frontière sud de Gaza,
face à un poste de surveillance égyptien - Photo : Anadolu/Abed Rahim
Khatib


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