Bob
Ces dernières années nous avons passé
notre temps à distribuer de l’argent aux riches afin qu’ils soient plus
riches. Nous avons donné tout ce qu’ils voulaient aux banques et aux
grosses entreprises. Nous avons appauvri les pauvres pour qu’ils
deviennent plus pauvres. Nous avons étranglé économiquement les classes moyennes et endetté la nation. Cela, nous l’avons parfaitement réussi!
Alors que les familles de salariés
arrivent difficilement à joindre les deux bouts, et voient sans cesse
diminuer leur pouvoir d’achat, des petits malins se partagent des
milliards d’euros de bonus, en contrepartie de bien peu de contraintes.
Chaque jour des millions de travailleurs se battent pour garder leur
emploi et conserver un toit sur la tête de leur famille. Ceci est la loi
du marché !
Alors que certains sont obligés de dormir dans leur voiture, et manger de la nourriture de deuxième zone, la presse people se
réjouit des commandes record de champagne et de caviar qui n’est ni
plus ni moins qu’une arrogante provocation en direction de tous ceux qui
souffrent, et la population reste anormalement passive face à ce
scandale. Sommes-nous définitivement domestiqués ?
Les escrocs du secteur financier,
qui ont mis l’économie à genoux, poussent des hauts-cris lorsqu’on
évoque la perspective de règlementer les marchés. Leur extravagantes
prises de risque leur rapportent des avantages extraordinaires, des
chèques de paie de plusieurs millions d’euros et des maisons grandes
comme des châteaux. Mais le public doit être là pour les aider
lorsqu’ils sont en difficultés.
Il existerait des entreprises que l’on doit sauver à tout prix, même si cela entraîne la ruine des finances de l’État
et met en péril le niveau de vie des gens ordinaires. Quel sens tout
cela a-t-il ? Si une société doit être sauver avec de l’argent public
alors qu’elle revienne au public : nationalisons-la!
Plutôt que de continuer à donner de
l’argent à des entreprises qui licencient et délocalisent, aidons les
salariés qui le désirent à les reprendre en autogestion. Instaurons une
échelle de salaire décente. Ne laissons pas des sociétés devenir plus
riches que les Etats, car c’est la porte ouverte à la corruption, et les
gouvernements deviennent leur vassal. Notre président est le fondé de
pouvoir des multinationales, il est loin d’être le président de tous les
français !
Nous ne pouvons pas continuer
à transférer la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la
pyramide économique – ce que nous avons fait depuis environ trente ans –
tout en espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert
se manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration
des conditions de vie de millions de familles qui luttent pour y arriver
chaque jour.
Cet argent n’atteindra jamais le
bas de la pyramide. Nous sommes fous de continuer à y croire. Il faut
instaurer des règles, le capitalisme prospère sur l’absence de règles.
En 30 ans ce sont 10% du PIB qui sont passés de la poche des salariés à
celle des actionnaires : c’est à dire 160 milliards d’euros par an qui
sont détournés dans les caisses de ceux qui ne travaillent pas au
détriment de la France qui se lève tôt.
D’après un article de Bob Herbert « New York Times » Le 19/10/2009

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