Gérard Filoche
Le Medef nous bassine avec ces fameux « ponts » du mois de
mai, ou quand le 11 novembre est un mardi ou un jeudi, et que cela
créerait prétendument un « pont ». En fait, la plupart du temps, il n’y a
pas de « pont » et les salariés bossent les jours fériés, souvent sans
majoration.
Gattaz prétend que ces ponts « paralyseraient » l’économie
française. C’est un sujet récurent, ce qu’on appelle familièrement un
« marronnier » en langage journalistique. Tous les ans ça revient, et
les journaux économiques libéraux, surtout, s’en emparent, le Medef
gémit.
Il y a 6 millions de chômeurs, et au lieu de partager le travail, ils
veulent faire travailler davantage ceux qui ont déjà un boulot. Et
cela, alors qu’ils n’usent, en France, que de 70 % du taux d’utilisation
des capacités productives, ils spéculent des milliards au Luxembourg et
cherchent à nous siphonner, en plus, des dizaines de millions sur nos
jours fériés.
Question : – Vous ne croyez pas que cette abondance de
« ponts », ce ne sont plus des « ponts » mais des « viaducs », c’est
exagéré ?
Réponse : – Ah, non, quand on voit le nombre écrasant d’heures supplémentaires faites par les salariés, ce n’est pas de trop qu’ils puissent profiter un peu du printemps et des beaux jours. Il y a un milliards d’heures supplémentaires dissimulées, l’équivalent de 600 000 emplois.
Réponse : – Ah, non, quand on voit le nombre écrasant d’heures supplémentaires faites par les salariés, ce n’est pas de trop qu’ils puissent profiter un peu du printemps et des beaux jours. Il y a un milliards d’heures supplémentaires dissimulées, l’équivalent de 600 000 emplois.
– Mais n’y a t il pas d’abus ?
- Oh, non s’il y a des abus c’est que trop peu de salariés ont réellement ces « ponts », surtout dans les petites entreprises, dans les bas salaires et les métiers pénibles : dans la majorité des cas, dans le privé, les salariés ont perdu depuis plus de quinze ans leurs « deux jours de repos consécutifs », notamment dans le commerce, mais dans beaucoup de professions de services, et parfois d’industrie. Ils n’ont pas plus de 5 ou 6 jours fériés dans le meilleur des cas.
- Oh, non s’il y a des abus c’est que trop peu de salariés ont réellement ces « ponts », surtout dans les petites entreprises, dans les bas salaires et les métiers pénibles : dans la majorité des cas, dans le privé, les salariés ont perdu depuis plus de quinze ans leurs « deux jours de repos consécutifs », notamment dans le commerce, mais dans beaucoup de professions de services, et parfois d’industrie. Ils n’ont pas plus de 5 ou 6 jours fériés dans le meilleur des cas.
– Oui, mais, le mois de mai, cette année, il a trois ponts, parfois de trois ou quatre jours ? Et là cette année 2014 le 11 novembre ?
- Il y a des années comme cela ! Et des années ou les jours fériés tombent un samedi. Mais vous savez, seul le 1e 1er mai est un jour férié et chômé (et ce jour-là, il y a des infractions quand même! Comme si des employeurs méprisaient à ce point le droit du travail qu’ils imposent à des salariés de travailler aussi ce jour-là. Combien payent réellement les majorations prévues ? Ils profitent de leur position dominante et du chantage à l’emploi pour imposer des violations de droit.
En pratique les jours fériés sont de moins en moins nombreux et de moins en moins majorés et de moins en moins respectés. Hors le 1er mai, les autres jours ne sont pas légaux, ils
sont conventionnels. Et toutes les conventions ne sont pas bonnes pour
les salariés en la matière.
C’est quand il y a de bons accords « RTT » grâce à des 35 h bien
appliquées, que certaines catégories de salariés profitent de quelques
jours de repos groupés. Ils ne s’agit pas de « cadeaux » mais de droits
acquis, de congés en retard, parfois même de tardives compensation ou
des simples rattrapages ! Parfois même, les fameux « ponts » sont
récupérés à des jours qui intéressent davantage l’employeur ! Dans le
privé, les « ponts » sont très loin d’être la majorité des cas. Et dans
le public, c’est souvent parce que les salariés n’ont pas pu prendre
leur congé quand ils le souhaitaient, et les voilà obligés de les
prendre avant la fin du mois de mai sous menace de les perdre… Dans les
hôpitaux, avec le manque d’effectifs, qui peut croire qu’il y a des
« ponts » en plus? Au contraire ce sont des millions d’heures supp’ qui
restent dues.
- Mais ça désorganise les activités économiques, même le service public ?
- Ça désorganise… quand ce n’est pas organisé et quand les
directions, faute d’effectifs suffisants, sont incapables à la fois de
respecter les droits à congé et la continuité du service public. De
façon générale, les gains de productivité en France sont parmi les plus
élevés au monde, même avec ces fameux « ponts » de mai. Des salariés qui
se sentent bien et qui ont des bons congés, c’est bon pour l’économie,
pas l’inverse.
- Vous ne croyez vraiment pas que le nombre de jours fériés
concentrés en mai est abusif ? et que c’est scandale d’avoir autre jours
le 11 novembre ?
- Quatre jours c’est rien, c’est comme Thanks giving… Écoutez, le 1er mai a été déclaré férié par… Pétain, qui redoutait le sens historique de cette journée de manifestations sociales, mondialisées depuis 1886. L’ Ascension et le lundi de Pentecôte sont des fêtes religieuses. Le 8 mai, ce n’est pas le jour « revanchard » de la « victoire contre l’Allemagne » mais celui de la victoire contre le nazisme… Est-ce ce genre de manifestation et de tradition que l’on veut supprimer ?
- Quatre jours c’est rien, c’est comme Thanks giving… Écoutez, le 1er mai a été déclaré férié par… Pétain, qui redoutait le sens historique de cette journée de manifestations sociales, mondialisées depuis 1886. L’ Ascension et le lundi de Pentecôte sont des fêtes religieuses. Le 8 mai, ce n’est pas le jour « revanchard » de la « victoire contre l’Allemagne » mais celui de la victoire contre le nazisme… Est-ce ce genre de manifestation et de tradition que l’on veut supprimer ?
– Mais n’y a t il pas trop de jours fériés en France par rapport à l’Europe ?
- Non, pas du tout, nous sommes dans une honnête moyenne par rapport aux grands pays qui ont entre 7 et 13 jours fériés. Nous avons onze jours fériés dans l’année, mais cela varie selon qu’ils tombent en semaine ou un week-end. En fait, on a 9,33 jours fériés en moyenne dans meilleure des réalités (dans la fonction publique, malheureusement pas dans toutes les conventions !) Cela fait des décennies qu’il en est ainsi, et cela n’a pas empêché, au contraire, la France d’être devenue cinq fois plus riche qu’en 1945 et d’être la cinquiéme puissance industrielle du monde. Ils n’ont donc pas assez de profits, les actionnaires, qu’ils veuillent aussi rogner les jours fériés du printemps ?
- Non, pas du tout, nous sommes dans une honnête moyenne par rapport aux grands pays qui ont entre 7 et 13 jours fériés. Nous avons onze jours fériés dans l’année, mais cela varie selon qu’ils tombent en semaine ou un week-end. En fait, on a 9,33 jours fériés en moyenne dans meilleure des réalités (dans la fonction publique, malheureusement pas dans toutes les conventions !) Cela fait des décennies qu’il en est ainsi, et cela n’a pas empêché, au contraire, la France d’être devenue cinq fois plus riche qu’en 1945 et d’être la cinquiéme puissance industrielle du monde. Ils n’ont donc pas assez de profits, les actionnaires, qu’ils veuillent aussi rogner les jours fériés du printemps ?
– Mais en Italie, ils sont revenus sur leur nombre de jours de congés…
- Oui Berlusconi, comme le Medef n’en avait pas eu assez, ils veulent revenir sur tout, allonger la durée du travail sur la semaine, casser les 35 h, allonger la durée du travail sur la vie, casser les retraites à 60 ans, nous refaire travailler tous 45 h sans gain de salaire jusqu’à 70 ans…
- Oui Berlusconi, comme le Medef n’en avait pas eu assez, ils veulent revenir sur tout, allonger la durée du travail sur la semaine, casser les 35 h, allonger la durée du travail sur la vie, casser les retraites à 60 ans, nous refaire travailler tous 45 h sans gain de salaire jusqu’à 70 ans…
– Je n’arriverais pas à vous faire dire qu’il y a un problème avec ces « ponts » ?
- Non, et puis quand il y a des « ponts » c’est bon pour l’économie, du loisir, du tourisme, des spectacles, des transports… Non, le vrai problème, c’est qu’il y ait une délinquance patronale et que dans trop de secteurs, les horaires légaux et conventionnels, les durées maxima « d’ordre public social » ne soient pas respectées. Le vrai problème c’est que les effectifs des services publics et hospitaliers, transports, équipements, par exemple, ne soient pas suffisants. Et puis, je vais vous dire, quelques jours de gagnés sur l’exploitation quotidienne, comme disait Prévert, c’est toujours une belle journée ensoleillée qu’on ne perdra pas à cause du stress et des « flux tendus ».
- C’est votre dernier mot ?
- En mai, et en novembre, ce qui « désorganise » l’économie, ce n’est pas les ponts, mais la politique libérale, la déréglementation du code du travail, qui organise le chômage de masse, facilite les licenciements, viole les 35 h (en fait on travaille en moyenne 41 h), facilite la flexibilité donc la baisse de la productivité…
- En mai, et en novembre, ce qui « désorganise » l’économie, ce n’est pas les ponts, mais la politique libérale, la déréglementation du code du travail, qui organise le chômage de masse, facilite les licenciements, viole les 35 h (en fait on travaille en moyenne 41 h), facilite la flexibilité donc la baisse de la productivité…
Travaillons mieux, moins, tous pour gagner plus ! Au
contraire, partageons le travail : réduction de la durée hebdomadaire à
32 h et sur la vie à 60 ans ! du boulot pour nos jeunes !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire