La péniche
Ils n’ont que ce mot là pour justifier leurs
guerres impérialistes. « Restaurer la démocratie ! » Mais de qu’elle
démocratie parlent-ils ?
Il y à 2 400 ans, un philosophe grecque (Aristote) a écrit « En
démocratie, les pauvres sont rois parce qu’ils sont en plus grand
nombre et parce que la volonté du plus grand nombre a force de loi. »
Mais il conclue « L’équité
au sein de l’État exige que les pauvres ne possèdent en aucune manière
plus de pouvoir que les riches, qu’ils ne soient pas les seuls
souverains, mais que tous les citoyens le soient en proportion de leur
nombre. Ce sont là les conditions indispensables pour que l’État
garantisse efficacement l’égalité et la liberté. »
Il venait d’inventer la proportionnelle.
Aussi
loin que l’on remonte dans le temps, jamais les riches n’ont été plus
nombreux que les pauvres et pourtant de tout temps les riches ont
gouverné le monde. Il y a un truc qui ne marche donc pas dans ce que
nous appelons, sans doute à tort, la démocratie.
Et d’après moi,
ce qui ne permet pas à la véritable démocratie de fonctionner c’est tout
simplement les élections dites justement démocratiques. De mon jeune
temps on disait « élections piège à cons » !
Ce
n’est pas faux, car notre organisation bourgeoise de la société
n’autorise le peuple gouverné de gouverner à son tour que par le biais
de ses représentants élus !
Ah ces représentants élus,
(pour la plus part) parlons –en ! Ici à Marseille on en connaît un
rayon. Soyons clair, dès que nous introduisons notre bulletin de vote
dans l’urne, nous transférons notre pouvoir dans d’autres mains que les
nôtres, sans autre contre partie que de vagues promesses qui comme nous
le savons n’engagent que ceux qui y croient.
Et aujourd’hui, chez
nous, le vote pour un parti ou pour un autre n’est qu’un ersatz de
démocratie, car ces partis ne prennent en compte que leurs propres
intérêts : nombres d’élus cotisants, financements publics, népotisme et
possibilités de clientélisme, gestion de budgets autorisant la
magouille, et j’en passe. Les partis politiques ne sont que des écuries
politiques de prise du pouvoir et de distribution des places. Et pour
cela ils sont prêts à tous les mensonges, à toutes les falsifications de
la réalité.
Avez vous remarqué qu’ils ne parlent jamais de la
vraie vie, d’ailleurs, est-ce qu’ils la connaissent. Pour moi ce sont
des élus hors-sol (comme les tomates du même nom), ils ont l’apparence
d’un élu du peuple, parfois même une couleur, mais comme la tomate ils
n’ont pas le gout qu’il faut, le gout du peuple.
En fait les
partis sont actuellement, ni plus ni moins que des entreprises et gérés
comme telles. Ils n’ont pas d’autre idéologie que leur maintien au
pouvoir quel qu’il soit : national, régional, municipal. C’est la raison
qui les amène, souvent contre toute logique politique à créer des
alliances de circonstance non pour influencer les prises de décisions
comme ils prétendent le faire, mais pour s’asseoir à la table où se
distribue des parcelles de pouvoir et des monceaux de fric.
Pour
conclure je dirais qu’appeler un gouvernement « socialiste », ou
« social-démocrate », ou encore « conservateur », ou « libéral » n’est
en fait qu’une imposture, une opération esthétique destinée à masquer la
réalité du pouvoir qui se cache derrière : le pouvoir « ÉCONOMIQUE ».
J’aime à rappeler cette phrase, de José Saramago :
« les
peuples n’ont pas élu leurs gouvernement pour que ceux-ci les offrent au marché. Mais le marché conditionne les gouvernements pour
que ceux-ci leur offrent leurs peuples. »
Seul le marché
détient le véritable pouvoir, c’est le système capitaliste. Et ce
pouvoir capitaliste est actuellement entre les mains de l’Union
Européenne chargée de mettre au pas ceux qui ne lui obéissent pas, et à
qui Hollande et Valls obéissent en toute connaissance de cause.
Et
tant que nous voterons sans remettre en cause ce système, il ne saurait
y avoir de Démocratie véritable du peuple pour le peuple.
Le
marché n’a pas pour finalité le bonheur du peuple, et il exerce sa
Dictature sans aucune autre finalité que le maintien de son pouvoir.
Ainsi
de renoncements démocratiques en renoncements nous filons tout droit
vers le fascisme dont le marché peut tout à fait se satisfaire. Il a
déjà montré que la dictature de type "fasciste" ne lui faisait pas peur.
Rappelons-nous du vieux slogan des grands capitalistes français d’avant
guerre : "Mieux vaut Hitler que le front populaire".
Nous devons absolument remettre en cause cette démocratie dite bourgeoise et en inventer une autre, ensemble.
« Une
démocratie vraie qui, tel un soleil, inonderait de sa lumière tous les
peuples devrait commencer par ce que nous avons sous la main, c’est à
dire le pays où nous naissons, la société dans laquelle nous vivons, la
rue où nous habitons... » [1].
C’est
exactement la proposition que nous faisons lorsque nous appelons les
signataires de l’Appel (Re)-construire de s’organiser localement.
Aujourd’hui,
l’idéologie dominante s’efforce de nous persuader de l’impossibilité
d’un changement radical, de l’impossibilité d’une abolition du
capitalisme, de l’impossibilité de la création d’une démocratie qui ne
se réduirait pas à un jeu parlementaire corrompu, de l’impossibilité du
peuple à prendre la parole et dire ce qu’il veut.
Montrons lui qu’elle a tort !
Aidons-nous et la lutte de classe nous aidera !
rougemidi.org


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