Gilles Devers
Les ripoublicains de l’UMP sont en transe : les effectifs des prisons ont baissé de 3% en un an, Taubira abandonne le pays aux voyous
(de Bygmalion ?) et il faut réarmer notre système pénal qui confond le
coupable et la victime.
La Suède
a été aux avant-postes. La libération conditionnelle est automatique
aux deux tiers de la peine et tout est mis en œuvre pour que les
détenus renouent avec la vie civile à leur sortie de prison.
L’administration pénitentiaire s’est créée des relais sociaux avec des
associations privées, comme CRIS (Criminals Return Into Society).
Le moteur avait été une décision de la cour suprême de 2011 invitant
les tribunaux à se montrer moins sévères, en misant beaucoup sur les
données personnelles.
Même logique au Danemark.
Sur les 13 établissements pénitentiaires que compte le pays, 8 sont des
prisons ouvertes : pas de barreaux, des unités d’habitation pour une
dizaine de personnes disséminées dans un parc. On y accueille les
personnes condamnées à moins de cinq ans et les longues peines plus
longues, après le premier tiers subi en prison fermée. Tout est fait
pour doper l’autonomie des détenus,
qui doivent travailler ou de suivre des formations, mais qui gèrent
aussi leur vie personnelle et peuvent recevoir leur famille au parloir
sans limitation de durée. Le week-end, les enfants peuvent venir dans
une unité familiale de l’établissement.
La Finlande,
la base opératoire a été l’abrogation d’une loi sur la récidive, qui a
fait chuter le nombre de prisonniers. De plus, le pays pratique
largement la prison ouverte :
les détenus peuvent travailler, au niveau SMIC, et vivent leur vie :
téléphones portables, liberté de se rendre en ville, trois jours de
vacances tous les deux mois. S’ils travaillent, ils paient un loyer à la
prison, mais s’ils choisissent les études, ils sont subventionnés.
Seule vraie contrainte : il faut respecter les règles, sinon c’est le
retour en prison, celle qui est fermée. Tapio Lappi-Seppälä, responsable de l’Institut de criminologie de l’université de Helsinki, explique à Rue 89 : « La
leçon est qu’il est parfaitement possible de diminuer le recours à
l’emprisonnement de deux tiers sans influencer la courbe de criminalité
du pays. »
Suède, Danemark, Finlande, les chiffres parlent : le taux moyen de récidive est bas, en dessous de 20%.
Tu piges, mon pote ?

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