Les révélations de « Médiapart » sur la fortune cachée de la
famille Le Pen donne un résultat remarquable. Elle montre que cette
famille est complètement insérée dans la face la plus sale du système.
Il ne reste rien du discours « tête haute mains propres » !
Mon ami Corbières dissèque bien l’affaire.
C’est donc un formidable point d’appui pour notre travail de
démystification, pour notre combat contre l’influence de cette famille
et de son parti. Pour ma part, je me félicite d’avoir mérité une
assignation à procès en diffamation par monsieur Le Pen parce que je lui
avais reproché d’avoir fraudé le fisc dans un post de ce blog. Marine
le Pen avait, elle, assigné mon ami François Delapierre parce qu’il
avait repris l’information que l’homme qui avait organisé la fraude du
ministre PS Cahuzac était un très proche d’elle. L’audience au tribunal sera passionnante à suivre dorénavant !
Mais nous devons nous aussi penser à ce que tout cela nous apprend sans le dire. Comment se fait-il que des mois « d’enquêtes » du journal « le Monde »
fouillant pourtant tous les aspects du lepénisme n’ait jamais approché
ni de près ni de loin le sujet ? Est-ce que cela à un rapport avec la
complaisance remarquée de ce journal pour « la famille » ? La question
mérite d’être posée. Car il y a des précédents. On se souvient que dans
l’affaire Cahuzac, déjà soulevée par « Médiapart », alors très
seul, les mêmes enquêteurs zélés avaient attendu les aveux de Cahuzac
pour soudain « révéler » la participation de très proches de Marine le
Pen dans l’organisation de la fraude fiscale du ministre PS. Or, à
l’évidence, les rédacteurs ne pouvaient l’avoir découvert dans les 48
heures… Et là ?
Ajoutons ceci. Le moment venu, nous
développerons considérablement Tracfin et les moyens qui lui sont
nécessaires. Mais aujourd’hui, sans nier si peu que ce soit les talents
prouvés de Tracfin à fouiller en profondeur, on ne peut ignorer comment
ces choses cachées viennent à jour. Le processus doit souvent beaucoup
aux informations venues de l’intérieur. C’est-à-dire du réseau le plus
proche de ces maniements d’argent, de lingots et ainsi de suite. En tous
cas, ceux qui ont donné ces infos à Médiapart ont choisi leur média. Ce choix est instructif. Ce fut Médiapart
parce qu’une garantie éthique existait que l’affaire serait sortie et
suivie. Les autres supports ne leur ont pas paru fiables. Cela donne à
penser, non ? D’autant que de telles informations surgissant juste après
le bras de fer entre fille et père peuvent laisser penser que ceci a un
rapport avec cela. Ceux qui voulaient plomber Le Pen savaient-ils que
ce type d’informations ne passerait pas la barre de l’auto-censure
ailleurs, compte tenu des sympathies déjà existantes ? Enfin il reste à
examiner dans quelle proportion tout ceci ne va pas aider les uns à
blanchir moralement les autres. Autrement dit, démasquer Le Pen père
va-t-il être une nouvelle occasion de souligner les qualités de Le Pen
fille ? A suivre dans la presse « bien pensante ».
De nombreuses autres questions sont soulevées plus largement
par la découverte du magot des Le Pen. Comment tout cela a-t-il pu
durer tant d’années sans que nul ne s’en rende compte ni n’en sache
rien ? Pourtant, cette famille est au centre de toutes les polémiques
depuis tant de temps ? Y a-t-il eu quelque part un intérêt à laisser
faire les Le Pen, compte tenu des services politiques rendus par la
famille. Le Pen n’est-il pas par essence « le diable de confort » pour
capter la colère et fortifier le deuxième tour de scrutin au profit des
partis du système ?
En réfléchissant à ce que l’on nous dit de la nature du magot des Le Pen,
on devine ce qu’il doit en être de tous les autres et de la
participation active des banques à ce système maffieux de vol du bien
public par dissimulation fiscale. Selon une étude du « Journal Of Economic Perspectives » rapportée par le quotidien « Les Échos »,
8% de la richesse mondiale, soit 7.600 milliards de dollars, sont
cachés dans les paradis fiscaux. Les européens sont les premiers voyous.
Ils ont placé 2.600 milliards de dollars dans les paradis fiscaux.
Après eux viennent les contribuables asiatiques avec 1.300 milliards,
juste devant les nord-américains et leur 1.200 milliards dissimulés. Les
« particuliers » des pays du Golfe arrivent ensuite avec, à eux seuls,
700 milliards. On estime à « 190 milliards » par an la perte de recettes
fiscales par les États, au profit « quasi exclusif » des personnes
contribuables les plus fortunés.
Cela dure depuis des années. Personne
ne peut l’ignorer. Pourquoi cela dure-t-il ? Le système de la
dissimulation fiscale n’est-il pas en politique une arme de chantage
massif ? Le silence sur les turpitudes des Le Pen en dit long sur le
sujet.
Extrait de l'article " Révélation : qui contrôle les comptes de la Cour des comptes européenne ? "
Jean-Luc Mélenchon


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