Le boycott culturel d’Israël serait, aux dires des partisans de
relations ouvertes, décontractées et décomplexées avec cet État, une
énorme confusion entre culture et politique. Pour eux il faut séparer arts, littérature et politique.
Par
nature l’écrivain et l’artiste sont des citoyens du monde, des
habitants de l’Universel, non des indigènes de notre insignifiant pays.
Ils ne sont, en aucune façon, tenus par un engagement envers nos causes
étroites et limitées. Mieux que le Prophète de Khaliil Djebran qui
parlait à un seul village, nos créateurs parlent au monde entier et à
chacun des pays. Israël compris.
L’Univers et sa gloire commencent
dans les émissions parisiennes de divertissement culturel chargées de
répandre la parole indigène islamophobe qui conforte l’orientation « correcte » du moment politique français.
Ils se terminent en Israël. Pour Lliédo, Sensal, Kacimi, Allouache. En attendant d’autres.
Il
faut en plus s’interdire toute parole critique sur les productions
proposées à notre regard. Elles relèvent de la fiction et, donc, de la
libre liberté de création. Il faut aimer ou se taire. Il ne s’agit plus
d’artistes mais d’idoles.
Lliédo, Sensal et Kacimi partent dans
leur travail d’une thèse de base : la culpabilité algérienne d’avoir
démoli une société fraternelle construite par la colonisation ou celle
d’avoir confié à un nazi la formation des cadres et officiers de l’ALN.
Toute réponse à ces thèses politiques relèverait de la censure. Et nous devons nous taire sous peine d’être traité de censeur.
Il
faudrait rappeler quelques vérités de base enseignées aux élèves des
classes terminales. Aucune œuvre d’un grand auteur ne repose sur la
défense et illustration d’une thèse politique, même si dans toute grande
œuvre, vous trouvez des trésors d’informations sur la société et sur
l’époque évoquées.
L’artiste le plus universel d’Algérie est
Dahmane El Harrachi, suivi d’Idir. Les hommes de l’autre bout du monde
ne vous attendent pas sur l’abstraction d’une idée académique mais dans
la réalité des émotions que votre art réveille en eux. L’Universel est
votre part d’humanité que vous offrez aux autres pas une humanité
fabriquée à Saint-Germain des Prés.
Prétendre à la citoyenneté
mondiale n’exempte personne de ses engagements envers les causes
humaines de son propre pays. Bien au contraire, elle rajoute le devoir
d’engagement envers les causes humaines partagées ou retrouvées dans les
parties du monde. Et ces causes humaines sont archi-connues de tous :
la lutte contre l’esclavage, contre le colonialisme, contre le racisme
et sa forme particulièrement abjecte d’apartheid, contre la répression
des peuples, pour le droit à la vie tout court et à une vie digne et aux
services fondamentaux.
Israël est le concentré des atteintes aux
droits humains : Etat colonialiste, raciste et d’apartheid dont les
dirigeants appellent ouvertement au meurtre des palestiniens ; Etat dont
les meurtres tuent une proportion considérable d’enfants, qui prive les
palestiniens du droit élémentaire à la vie par la confiscation des
terres et la destruction de leurs champs et de leurs maisons.
Être du côté de l’universel, c’est être aux côté de ces causes.
Les
militants du boycott d’Israël préfèrent partager l’Universel de Stephen
Hawking, de Ken Loach et du millier d’artistes britanniques, des
universités et académies américaines et des intellectuels juifs du monde
entier qui appellent au boycott d’Israël.
Mohamed Bouhamidi, e-mail : mohbouhamidi4@gmail.com
impact24.info


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