Le président de la République l’a déclaré devant le Congrès à Versailles : « La France est en guerre ». Conséquence, après l’annonce que « l’état d’urgence » est
prorogé de 12 jours à 3 mois, il demande aux élus, députés et sénateurs,
de voter au pas de charge l’état d’urgence pour 3 mois et d’inscrire au
plus vite, ce mercredi 18 novembre 2015, l’état d’exception dans la
Constitution de la Ve République. Seuls six députés s’y sont opposés !
Un coup d’État « légal ».
Sans remonter au 18 Brumaire, en 1940, c’est la défaite militaire qui
a permis à Pétain d’installer le régime de Vichy. En 1958, c’est sous
la pression de l’armée et des putschistes en Algérie que le général de
Gaulle a pris le pouvoir.
Libertés ou sécurité ?
En 2015, ce sont les attentats de Paris, qui, au nom de la sûreté
des citoyens tétanisés, servent de prétexte à l’instauration d’un État
sécuritaire où les libertés démocratiques sont annihilées.
On en a déjà un avant-goût : police et armée omniprésentes,
interdiction des rassemblements, rétention administrative, perquisitions
nocturnes sans autorisation d’un juge, contrôle renforcé des
frontières, surveillance des médias, etc. Nous ne sommes déjà plus en
démocratie même si, pour la forme, les élections sont pour le moment
maintenues.
Des pans entiers du programme de la droite dure et du Front national
sont repris par François Hollande, assignation à résidence,
perquisitions administratives, déchéance de la nationalité française de
binationaux, mêmes nés en France, bracelets électroniques pour des
suspects, mobilisation des réservistes, extension de la « légitime
défense » des policiers. Marine Le Pen n’a pas besoin de venir au
pouvoir, avec Hollande, Valls, Cazeneuve, elle y est déjà. Elle s’est
d’ailleurs portée candidate au poste de premier ministre de Hollande.
À une autre époque, des centaines de milliers de manifestants
seraient déjà dans la rue à l’appel des organisations démocratiques. Or,
chacun peut constater qu’à l’exception de communiqués de presse, il ne
se passe presque rien à la hauteur du danger imminent. Et dans les
villes et les campagnes, en apparence, un mois avant Noël, la vie
d’avant continue, comme si les gens se mettaient la tête dans le sable
en poursuivant le culte de la marchandise.
Pourtant, il n’y a pas de temps à perdre ! Des manifestations sont
annoncées à l’appel de ceux qui n’ont pas capitulé, comme à Toulouse le
21 novembre. Des organisations de la vraie gauche préparent un début de
riposte.
Le danger est grand. Déjà on voit que sous le prétexte d’assurer la
sécurité des citoyens, se met en place un régime militaro-policier, un
nouveau totalitarisme qui prend appui sur la sidération, la peur et la
servitude volontaire.
Il est encore temps de se lever, de dire non, de sortir de nos
logements pour affirmer dans l’espace public notre attachement aux
libertés démocratiques et notre volonté de conserver les acquis sociaux
d’un siècle de combats.
Union Juive Française pour la Paix

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