Le mot
saloperie vous connaissez ? Vous croyez que... Alors qu’il est urgent
de le réinventer afin de qualifier au plus juste les turpitudes de
quelques barbouzes. Celles qui entendent « faire la peau » de William
Bourdon.
Pour
ceux qui ne suivent pas mètre par mètre la carrière de ce maître, je
vous explique ce pourquoi il se bat. Ça donne une idée du front auquel
ce franc-tireur doit faire face. Bourdon est le défenseur de torturés de
Guantanamo, celui des victimes des débordements industriels de la
finance mondialisée, comme les travailleurs forcés de Birmanie exploités
par Total.
Comme on le fait d’un chat pour son pipi égaré, il a
obligé le fisc français à mettre son nez dans les comptes clandestins de
la banque HSBC. Ah la grande évasion ! Et il lutte à la hache contre
ces dirigeants, par exemple le dictateur rouge sang Sassou Nguesso, qui
dilapident l’argent du peuple dans l’achat d’immobilier parisien.
Bourdon est l’aiguilleur en chef dans la lutte contre les « biens mal
acquis ». Ajoutons, pour la honte de ceux qui ont poursuivi le
philosophe, que le plaideur a obtenu la relaxe d’Edgar Morin, juif et
Résistant, accusé d’être « antisémite ». Je ne vais pas vous imposer sa
notice Wikipédia, rien qu’un extrait, un « Bourdon pour les Nuls », mais
même un résumé est aussi long qu’une facture d’Orange tant le bretteur a
d’épées. Tant il y a de causes gagnées, de cause perdues aussi mais qui
font l’honneur de l’homme à la barre.
Philosophiquement, j’aurais
tout dit en précisant que le maître est le grand protecteur des
« lanceurs d’alertes, ces emmerdeurs planétaires et qu’il a écrit un
livre de la même eau, vivifiant : « Petit manuel de désobéissance
citoyenne ». Un avocat des « terroristes » de Tarnac, c’est lui. Dire
qu’il est le conseil du palestinien accusé de l’attentat de la rue
Copernic, c’est le crucifier et mettre au jour que Bourdon n’a pas que
des amis. Mais plutôt de puissants méchants ennemis.
Qu’arrive-t-il
aujourd’hui à cet homme ? La pire blessure que l’on puisse faire à
l’honneur d’un vivant : la rumeur. Morin, pour en revenir à lui, à
propos d’un bobard qui a jadis empoisonné Orléans, a décrit le poison du
mensonge sans visage. Sa nature n’a pas changé : il tue. Et ceux qui
n’en meurent pas restent blessés. La rumeur est un crime.
Mais
qu’a donc commis Bourdon pour mériter ce châtiment exécuté par des
lâches. Selon ce que l’on sait d’un « dossier » qui n’aurait pas dû
quitter une étagère de latrines, papiers forgés par une officine façon
STASI, l’avocat aurait un compte de 6,8 millions de dollars planqué dans
une banque chinoise, à Hangzhou... Allons donc.
Personne, sous la
robe noire de l’homme aux cheveux blancs, n’avait jamais entendu le
cliquetis des lingots ? Peu importe, il faut allonger Bourdon. Pour le
compte. C’est la troisième tentative du genre. Les fois précédentes,
l’argent, soi-disant évadé, se cachait au Costa Rica ou à Bahreïn !
De
tout cela, il n’est rien. Zéro. Jamais de comptes en Amérique Centrale
ni dans les Emirats et les Chinois les plus Chinois viennent de déclarer
que, dans la banque citée comme « abritant le compte dénoncé, le
numéro n’existe pas ». Pas grave. Pour couper la tête de Bourdon, on va
insister et c’est Bercy qui prend le relai.
Les barbouzes, c’est
mieux connu depuis l’affaire Ben Barka, ont un tapis rouge qui les
conduisent aisément jusqu’au cœur du pouvoir. Cette fois, les
calomniateurs anonymes réussissent à convaincre le fisc français de la
réalité de leur mensonge, outil de haine qu’ils ont patiemment forgé.
Oui, oui, l’avocat de l’ONG Sherpa –celle qui traque les présidents
corrompus-, le défenseur des vrais Droits de l’Homme, a bien un compte
en Chine !
Tout cela est indigne, pas sérieux, relève de la
torture psychologique, mais l’Administration opère comme si Bourdon
était Al Capone. Bercy agit avec audace, comme jamais il ose le faire
face aux avides des comptes au Luxembourg ou aux Caïman : le « Directeur
des enquêtes fiscales », homme important de Bercy, se fend d’une lettre
au FBI. Il demande aux fédéraux de l’aider à traquer le Bourdon !
L’affaire
est si cocasse qu’elle pourrait être l’argument d’une prochaine série
sur les chaînes OCS. Demander aux Etats-Unis des informations concernant
un avocat qui lutte contre Guantanamo, et qui défend aussi un ancien
agent de la CIA -une jeune femme qui a démissionné pour ne pas couvrir
les infamies de son agence- voilà une bonne idée. La prochaine fois,
conseillons à ce sage du fisc d’écrire aux autorités de Buenos Aires
(poste restante aux Malouines), afin de connaitre leur point de vue sur
Londres.
Le courrier à peine adressé aux successeurs d’Edgar
Hoover, notre admirable fisc en livre copie à ses « informateurs », aux
reitres qui sont à l’origine de la calomnie. Hourrah, Bercy a donné
corps au poison. C’est maintenant avec en main du papier tamponné « Etat
Français », la lettre de Bercy aussi volée que celle de Poe, que les
tueurs hors calibres peuvent continuer leur guerre.
Les dictateurs et
autres monstres de pouvoir, ceux que Bourdon combat à longueur de jour,
n’auront qu’un mot : « Bercy beaucoup ».
oumma.com


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