Lettre ouverte : spectacle Roy Assaf / biennale de la danse / sept 2016.
Madame, Monsieur
Dans le cadre de la Biennale de la danse, le danseur Roy ASSAF
présente, dans trois communes (Vaulx en Velin, St Genis Laval, Corbas)
un spectacle "Six jours après" et "La colline", faisant référence à la
guerre des 6 jours, et dont une partie de la musique est composée d’un
chant militaire israélien. Ce spectacle est soutenu par le ministère de
la culture israélien.
Ainsi, pendant que des artistes palestiniens sont emprisonnés comme
Abu Sakha clown palestinien, ou la poétesse Dareen Tatour, pendant que
la colonisation et les crimes continuent, nous ne pouvons accepter que
le gouvernement israélien se serve de l’art pour promouvoir l’image
d’Israël. Pas plus que nous ne pouvons accepter que la biennale de la
danse ne se prête à cette propagande.
La culture comme arme de guerre
Roy Assaf est un "ambassadeur" d’Israël soutenu par le Ministère de
la culture. Il participe ainsi de facto, à l’initiative « Marque
Israël » du gouvernement israélien. L’objectif de cette initiative,
lancée en 2006, est de redorer l’image internationale d’Israël par des
performances d’artistes. Cette campagne est une réponse du gouvernement
d’Israël au nombre croissant de manifestations dans le Monde, qui
s’opposent aux violations des droits humains et du droit international
de la part d’Israël.
Des artistes israéliens, dont les performances à l’étranger sont
financées par l’État, signent un contrat dans lequel ils sont définis
comme fournisseurs de services. Ils promettent au ministère qu’ils vont
promouvoir « les intérêts politiques de l’État d’Israël par la culture
et l’art » ce qui comprend « une image positive d’Israël ». Arye Mekel,
du Ministère des affaires étrangères, a annoncé dès 2009, « nous
enverrons à l’étranger des romanciers et des écrivains très connus, des
compagnies de théâtre, des expositions (…) De cette façon, vous montrez
le visage plus joli d’Israël ... ».
Cette campagne de marketing consiste à jeter de la poudre culturelle
aux yeux du grand public, pour se donner une image positive, cultivée,
moderne, « normale »... Mais si Israël veut être traité comme un Etat
« normal », il doit se comporter comme tel, en cessant les crimes de
guerre et crimes contre l’Humanité, en se conformant au droit
international et en ayant la volonté d’une solution de paix. Tant que
cela ne sera pas le cas, les citoyens du Monde s’inscriront dans le
mouvement de boycott, à l’instar des campagnes qui ont permis une issue
pacifique et la fin de l’Apartheid en Afrique du sud.
La réponse citoyenne : Boycott, Désinvestissement, Sanctions
La société civile palestinienne a lancé dès 2005 un appel au Boycott,
aux Désinvestissements et aux Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de
l’occupation des territoires palestiniens tant que ce pays ne respecte
pas le droit international. "Nous constatons que loin de chercher une
solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses
gouvernements successifs, s’engage toujours plus avant dans la violence
de l’occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et
du droit international".
Le boycott culturel
Le boycott culturel s’attaque ainsi à la stratégie israélienne de
tentative d’améliorer son image. Le boycott culturel ne vise jamais des
individus. Le boycott culturel ne s’applique aux événements culturels en
dehors d’Israël, que s’ils sont financés ou soutenus par une agence
gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat). C’est le
cas de "Roy Assaf" dans ce spectacle. C’est pourquoi nous demandons
l’annulation de la venue des ambassadeurs d’un État qui ne respecte en
rien les droits humains et le droit international.
Recevez, Madame, Monsieur, nos très sincères salutations.Le conseil d’administration du Collectif 69 de soutien au Peuple Palestinien


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire