Une rumeur persistante court les sites depuis plusieurs semaines : les
jardins potagers de plus d’une vingtaine de mètres carrés seraient
désormais, et dès 2017, touchés par une « taxe » qui, expliquent les
internautes adeptes du complot, pourrait atteindre les 200 euros par an.
Cette « salade », qui a été reprise par plus d’une centaine de milliers
de lecteurs crédules, est totalement fausse. C'est un des nombreux hoax
(canular créé à des fin malveillantes) qui court la toile. Malgré les
démentis, un certain « Cyril Cardin » de « Casablanca » a même lancé sur
change.org une pétition dont le nombre de signataires grossit à vue d’œil.
Cette fausse taxe, affirment les auteurs non identifiés de cette
rumeur, aurait été « imposée » par le Commission européenne pour combler
le manque à gagner des agriculteurs ou maraîchers français pour
lesquels le jardinage familial représenterait un préjudice. L'objectif
est évidemment de dresser les amateurs de jardinage contre l'Union
européenne (UE). Le même Cyril Cardin avait d'ailleurs lancé, sans
succès, une pétition pour demander un référendum sur la sortie de la
France de l'UE. Il est à craindre qu’à l’approche de l’élection
présidentielle, ce type de rumeur soit de plus en plus fréquent sur
Internet.
La concurrence des potagers est toutefois une réalité puisque le
tonnage des tomates, concombres, salades, fruits ou haricots verts «
maison », souvent mis ensuite en conserve pour l’hiver, augmente
régulièrement et fortement depuis une dizaine d’années. Le développement
des jardins potagers accompagne le mouvement de rejet des légumes et
fruits sans aucun goût, mais farcis de pesticides, que nous concoctent
l'agro-industrie et la grande distribution. Le nombre grandissant des
possesseurs de jardin qui défoncent leur gazon et les files d’attente
pour bénéficier d’un potager familial ne sont qu'un des effets de la
demande croissante dans la population de produits frais et gouteux.
Cette vogue pour les produits du jardin est plutôt encourageante car
elle est le signe qu’une partie de la population, quand elle le peut, se
détourne des légumes et des fruits standardisés. Et nul ne songe à les
taxer.
politis.fr

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