Les chercheurs américains tentent d'alerter leurs collègues du monde
entier sur les menaces qui pèsent sur leurs données et leurs travaux.
Les services du programme américain de surveillance de la planète (US Geological Survey Program)
viennent d’informer les plus importants scientifiques du monde,
notamment ceux chargés des questions climatiques, que leurs nombreuses
données sensibles pourraient disparaître. Donald Trump poursuit en effet
sa remise en cause de la recherche scientifique et tente d'éradiquer
les informations qui gênent le pouvoir américain.
Dans un message expédié il y a quelques jours à 500 centres de
recherche, Debra Willard, coordinateur du US Geological Survey, informe
ses correspondants à travers le monde que des mesures politiques et
financières sont sur le point «de réduire ou d’éliminer les
possibilités d’accès aux données et à la collaboration entre notre
organisme et les autres agences ainsi que les universités».
À lire aussi : Trump jette un froid
Les mesures annoncées menacent une quarantaine de programmes
concernant la progression et les impacts du changement climatique et
notamment leurs effets sur l’évolution des usages agricoles des terres
cultivables. Peter Frumhoff, directeur de l'association Union of Concerned Scientists, explique que les recherches visées par cette nouvelle censure «
fournissent d’importantes informations pour annoncer et prévenir des
catastrophes naturelles comme les inondations, les glissements de
terrain et les incendies de forêts ».
Ne pas devenir aveugle
Ce scientifique ajoute que « ces données permettent aussi de
repérer les épisodes pluvieux exceptionnels. Nous ne pouvons pas
accepter de devenir aveugles aux événements extrêmes. Prendre en
permanence, et en temps réel, le pouls des ressources de la planète dans
une période d’instabilité climatique nous donne les données de base
nécessaires pour protéger la communauté humaine, aux États-Unis comme
dans le reste du monde. De plus le projet de l’administration américaine
risque de remettre en cause la réputation des scientifiques des
États-Unis ».
À lire aussi : La science contre les « faits alternatifs »
Le professeur Nicholas Arndt, spécialiste en sciences de la terre de
l’université de Grenoble, explique que tous les programmes de recherche
de la communauté internationale, notamment ceux portant sur les
tremblements de terre, les ressources naturelles et les travaux
concernant les ressources en eau seraient gravement affectés. Les
suppressions de l’accessibilité aux données fournies par les États-Unis
auraient un grave impact sur le destin de notre planète.
Les politiciens sont si lents...
De nombreux scientifiques américains et leurs correspondants qui ont
déjà réagi à ce projet de l’administration américaine. Ils soulignent à
longueur de textes et de messages à quel point ils sont abasourdis par
les intentions affichées par l’équipe de Donald Trump. Par exemple, le
professeur Alistair Jump, spécialiste de l’écologie forestière à
l’université de Stirling en Ecosse, a répondu à ses collègues des
États-Unis ainsi : « Ce qui me frappe c’est à quel point les humains
peuvent rapidement modifier le fonctionnement de nos écosystèmes et de
nos paysages alors que les politiques sont si lents à en comprendre les
conséquences et leurs implications. Ils pensent que les forêts sont un
acquis éternel alors qu’elles changent rapidement aux dépens des hommes.
»
En expliquant à son nouvel ami Macron qu’il allait « faire quelque chose à propos du climat », Donald Trump devait penser qu’il suffit de casser le thermomètre pour faire baisser la température de la Terre.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire