C’est un article de La Tribune qui nous apprend qu’entre les
“prêts accordés à Athènes et les programmes de rachat de titres de
dette, les organismes allemands ont récolté 1,34 milliard d’euros depuis
le début de la crise”…
“Dans le détail, la banque de développement allemande KfW a encaissé
393 millions d’euros d’intérêts du prêt de 15,2 milliards d’euros
qu’elle a accordé à Athènes en 2010. Entre 2010 et 2012, un programme de
rachat de titres de dette d’État par les banques centrales de la zone
euro a permis à la Bundesbank d’enregistrer un profit de 952 millions
d’euros.”
“Les États membres s’étaient pourtant accordés pour reverser les
profits des banques centrales à la Grèce. Seulement l’opération a été
stoppée en 2015 pour des raisons politiques, rappelle Les Échos,
en particulier à cause des tensions entre le gouvernement Tsipras,
fraîchement élu, et la Troïka. La bonne volonté marquée d’Athènes, en
appliquant les mesures d’austérité demandées par ses créanciers, devrait
conduire les Européens à lever le blocage.”
“Après huit années d’austérité, la croissance grecque ne décolle pas.
Le FMI en a bien conscience et avait conditionné sa participation au
versement de la prochaine tranche d’aide à des mesures d’allègement de
la dette hellénique.
Face au refus catégorique du ministre des Finances allemand, Wolfgang
Schäuble, le Fonds a donné son accord de principe sur sa participation
car sans cette nouvelle tranche d’aide, Athènes aurait fait défaut au
remboursement d’un prêt qui arrivait à échéance ce mois de juillet. Mais
le FMI ne veut pas effectuer de versement tant que des concessions ne
seront pas faites de la part des Européens.”
Un nouveau problème arrive sur la Grèce…
Ce nouveau problème, c’est le FMI qui sait bien que la Grèce ne pourra
pas s’en sortir sans une réduction encore importante de sa dette.
Or, si les Allemands ont gagné de l’argent sur le dos des Grecs, cela
n’a été possible que parce que comptablement les titres que l’Allemagne
détient sur la Grèce reçoivent bien les intérêts dus et qui sont payés
grâce à d’autres prêts (ce qui porte le nom de “cavalerie”).
Les 15,2 milliards d’euros accordés par l’Allemagne rapportent donc
quelques centaines de millions d’euros… ou produiront 15 milliards de
pertes pour les Allemands (et les Français accessoirement) s’il faut à
nouveau réduire la dette de la Grèce…
Or Merkel ne voudra pas acter ses pertes et cherchera à continuer à
les masquer, et cette volonté de masquer ses pertes explique les raisons
du supplice grec sans fin.
Pourtant, pour la Grèce aussi l’heure des comptes approche. Et nous
découvrirons alors le véritable coût du sauvetage de la Grèce et donc de
l’euro… Ce jour-là, cela fera nettement moins rire les euro-béats, qui
deviendront des euro-bêtas, obligés de payer.
Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction
en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à
sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat
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