Michel Warschawski
Il est jeune et a porté l’image du renouveau dans la politique
française. Pas seulement le renouveau qu’attend de lui le monde de la
banque qu’il représente sans aucune médiation, directement, mais un
renouveau du discours politique dont François Hollande avait fait une
langue de bois ennuyeuse, vide de valeurs et de vision pour le futur.
Dans un domaine, au moins, Emmanuel Macron nous
montre qu’il ne représente aucun renouveau, et qu’il est totalement dans
la continuité de la politique de Hollande et Sarkozy avant lui :
l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour justifier son
inconditionnalité envers l’État d’Israël. Je ne suis pas, bien sûr, un
macroniste, loin s’en faut, mais je m’attendais à un peu plus
d’intelligence de la part du nouveau Président de la République.
Lors de la visite du Premier Ministre israélien, le discours de
Macron sentait le ranci : la critique d’Israël serait, a-t-il dit "une
nouvelle forme d’antisémitisme" Quelle originalité ! On en viendrait à
regretter Jacques Chirac et ses prises de tête avec les dirigeants
israéliens.
Mais il y a pire, bien pire. Aucune réaction de la part du Président
de la République française aux propos racistes de Netanyahou, qui
s’exprimait à ses côtés et affirmait : "l’Islam militant [le bémol
s’imposait, MW] sunnite et chiite veut éradiquer la [sic] civilisation
et détruire l’Europe. Israël n’est que leur premier objectif. Votre
lutte contre l’Islam militant est notre lutte. Il fait donc fait
ensemble front contre l’Islam militant, et l’écraser."
Longtemps, la France avait pris ses distances avec le discours
mortifère néo-conservateur, israélo-étatsunien, sur le choc des
civilisations. La Présidence Macron marque-t-elle un retour a la
stratégie de George W Bush, dont Barack Obama s’était désengagé ? Le
proche avenir nous donnera des éléments de réponse, mais on est mal
parti.
Union Juive Française pour la Paix

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