Victor Ayoli
Pendant que le pays se paie une saine érection suite aux exploits
fouteux de quelques millionnaires en culottes courtes, notre monarque
républicain (avez-vous remarqué, comme mon pote Casanova, que Macron est
une anagramme de Monarc ?) ainsi que les autres vassaux de l’Otan,
rencontrent leur suzerain, le yankee Trump. Parce que l’Otan est aussi
un outil de domination de l’Europe par les États-Unis.
Au sortir de la guerre mondiale, pour faire face à l’URSS
triomphante, c’est Churchill qui, en 1949, a conçu cette alliance. Elle a
été réalisée par Truman et mise en place par Eisenhower. Son but était
de grouper, en une alliance, sous direction hégémonique étasunienne,
l’essentiel des forces militaires des pays de ce qu’on appelait alors le
bloc occidental, du Cap Nord au Bosphore, afin de contenir les forces
adverses de l’URSS et du pacte de Varsovie, pendant communiste de
l’Otan. C’était alors la guerre froide et elle avait une certaine raison
d’être. L’Otan a donc été demandé par les nations d’Europe, se mettant
volontairement sous la domination des USA.
Mais cette alliance avait aussi un but moins avoué : permettre aux
États-Unis d’avoir d’importantes forces militaires en Europe occidentale
et, par ce protectorat qu’on lui demandait, d’éviter la constitution
d’une armée européenne intégrée, condition indispensable a une
émancipation politique de l’E.U.
Mais les choses ont changé, l’URSS s’est effondrée et, dans les
années 90, suite à la chute du mur de Berlin, l’Otan perdit sa raison
d’être avouée. Ce qui donnait des boutons aux Yankees… C’est alors que
Georges Bush père, proposa la création « d’une communauté euro atlantique », un montage entre la Communauté Économique Européenne (CEE), la CSCE (Accord d’Helsinki)
et l’OTAN. La proposition avait pour but de justifier le maintien de
l’OTAN et d’éteindre chez les alliés européens toute tentation
émancipatrice d’une défense commune européenne en dehors du cadre nord
atlantique. Ce fut avalisé en novembre 1991, avec la Déclaration de Rome du Conseil de l’Atlantique Nord qui souligne la « permanente validité » de l’Alliance atlantique.
Dans les années 90, les guerres dans les Balkans, attisées sinon
fomentées par la CIA, ont donné une occasion à l’Otan de se refaire une
légitimité, puisque l’ONU lui a délégué ses prérogatives… À partir de
là, l’Otan nouveau devint un instrument d’intervention des États-Unis
partout dans le monde… Le bras armé des intérêts des multinationales
étasuniennes… Avec les succès plus que douteux que l’on sait, notamment
en Afghanistan.
En décidant de réintégrer le commandement de l’Otan, Sarkozy a rompu
avec la politique d’équilibre qui, de De Gaulle à Mitterrand et Chirac, a
toujours été une permanence de la politique étrangère française. Il a
placé notre pays parmi les féaux des États-Unis, avec toutes les
conséquences qu’on peut en craindre.
Puis arrive Trump. Il veut bien de l’Otan en tant qu’instrument de la
domination étasunienne (entre autres, imposer l’industrie de l’armement
US puisque 80 % des armées de l’OTAN sont équipées par les USA ; faire
financer et participer aux guerres impérialistes des USA) mais il veut
en faire payer le prix par les Européens ! « Je vous que vous casquiez 4 % de votre PIB pour que nous vous protégions » (enfin, pour protéger les seuls intérêts du suzerain !)
On peut s’offusquer, on peut gueuler, mais il a raison le pittoresque
locataire de la Maison blanche. Nous, Européens, sommes trop arc-boutés
sur des querelles d’ego pour organiser et mettre en place une véritable
armée européenne, alors nous n’avons plus qu’à baisser la tête et nous
agenouiller devant l’arrogance et surtout les intérêts du suzerain
tout-puissant.
Et en même temps, comme dirait Jupitounet, Trump – qui sait ce qu’il
doit aux Russes – s’acoquine avec son alter ego, Poutine qui, comme lui a
intérêt à avoir à ses portes une Europe morcelée, frileuse, sans
frontières ni ambition, grasse et juteuse larve à sucer !
Et pourtant, la politique constante d’encerclement de la Russie par
l’Otan est la véritable cause du fait que la Russie soit perçue comme
une menace par les Européens, conditionnés par des médias acquis aux
mensonges atlantiques. Dans les cercles de la bien-pensance atlantique,
la Russie est présentée comme le grand méchant loup… Son président est
affublé de tous les défauts, considéré comme un infâme dictateur
liberticide et sanguinaire. Et la Russie présentée comme un pays de
brutes illettrées et alcooliques représentant une terrible menace pour
l’Europe et le monde. Pourtant, la Coupe du monde de foot montre un
peuple amical, une nation organisée et efficace.
La russophobie étasunienne prend deux aspects : - une forme
idéologique autour de la soi-disant défense de la démocratie et des
droits de l’homme ; - une rivalité géopolitique car les Yankees ne
supportent pas que d’autres puissances osent contester leur
« hégémonie » et font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire passer
la Russie pour une puissance hostile à l’Europe. Ce qu’elle n’est pas.
Et nous, Européens veules, serviles et puants d’ingratitude, nous nous
faisons les complices de toutes les forfaitures des États-Unis sous
prétexte « qu’ils nous ont sauvés en 45 », oubliant que c’est l’URSS -
c’est-à-dire les Russes - qui a le plus donné de vies pour délivrer le
monde du monstre nazi…
Pourtant, la Russie est évidemment européenne, par la géographie, par
la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par
l’histoire. C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à
la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées.
Finalement, Trump, en mettant l’Europe au pied du mur, nous rend de grands services.
Tout d’abord, il nous oblige à réfléchir sur la création d’une
véritable armée européenne, car, pour paraphraser Staline, « L’Union
européenne, combien de divisions ? ».
Mais aussi il nous pousse à reconsidérer nos rapports avec une Russie
qui est un voisin géographique immédiat, un partenaire économique
incontournable et non pas une menace.
Enfin, il nous incite à rejeter notre vassalité par rapport à ces
grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones
aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent
légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais
gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le
monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous
méprisent.
Alors, merci Donald ? Tout dépend de nos dirigeants : en « auront-ils » ou pas…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire