christophecroshouplon
Première rencontre bilatérale entre Poutine et Trump à Helsinki.
Ces deux-là, c'est peu dire, s'apprécient, dans le sens ou jouer ensemble leur plait, et ça ce sent. Le tsar est autrement moins glaçant qu’en compagnie de Macron, avec le shérif rouquin, tout sourires, le lion russe. Il lui a même offert … un ballon du Mondial, que Trump a décidé d'offrir à son fils Barron et a lancé à son épouse Melania pendant la conférence de presse.
Où il fut surtout question des accusations infondées d'ingérence russe dans les élections américaines. Une nouvelle fois récusées par Poutine, qui a proposé aux américains de venir interroger les services de renseignement russes quand ils le souhaiteraient. Open bar !
Ce n'est un secret pour personne, Poutine souhaitait la victoire de Trump en 2016. Tellement, dans les discours, plus souple qu’Hillary sur la détente des relations entre les deux empires. Pris entre ses convictions et l'Etat Profond, le président américain donne le tournis, passe d'une jambe sur l'autre, à propos de la Russie comme à propos de tous les sujets, Iran, Syrie, on ne sait trop ce qu’il va déclarer, un jour blanc, le lendemain noir, un jour je vais balancer une bombe sur la Corée du Nord, le lendemain je file faire un selfie avec le dictateur à perruque.
Poutine, o combien plus lisible – disons qu’il a le mérite, s'il cache ses cartes, de ne pas fluctuer en permanence -, s'amuse des allers et retours de cet étonnant homologue dont le pouce a tendance à tweeter plus vite que le cerveau ne s'allume. Et se satisfait grandement de pouvoir compter sur un partenaire aussi prévisiblement imprévisible. Le degré de sympathie, je n'irai pas jusqu'à dire de respect, fait le reste.
Poutine le voit, l'américain en a dans le pantalon, il ne tremble pas, il aime provoquer, créer un souk, avec lui on ne s'embête pas. Même quand il ment – les armes chimiques, l'empoisonnement de Skripal … - il le fait avec une certaine forme de pantalonnade distrayante, ce n'est pas comme avec un Macron, ce petit gars sans expérience dont on voit le nez s'allonger. Voir ce roquet arrogant lui donnerait plutôt des boutons, il n'y avait qu’à scruter son regard atterré lorsque le Président des Riches à qui il venait en 2017 de remettre un cadeau somptueux – pas à lui, à la France, un geste d'une classe folle – lui fit une leçon depuis Versailles sur les droits de l'homme … en Russie !
Il fallait une rencontre, une photo, un moment médiatique comme on dit, et la séquence, quoiqu’inutile en soi – les US continueront leur tactique de paso-doble, un pas en avant deux en arrière à la sauce faucon – fut réussie. Dans le roman photo des puissants, cette rencontre immortalisée devant les micros donne aux deux protagonistes l'occasion de s'appuyer l'un sur l'autre pour tâcher de relever le niveau du piteux dernier G7, que Trump, en bon animateur d'émissions de téléréalité, ridiculisa du dedans avec un art consommé.
Là, au moins, on a fini le lâcher de nains, on est entre hommes, entre adultes, on joue à Guignol mais dans les règles de l'art. Pas comme des bleus, quoi !

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