christophecroshouplon
Visé depuis septembre 2016 par une enquête judiciaire concernant des soupçons de fraude fiscale, l'ancien questeur de l'Assemblée nationale
Thierry Solère est également soupçonné de trafic d'influence, de
corruption, d'abus de biens sociaux, de financement illicite de dépenses
électorales et de manquements aux obligations déclaratives auprès de la
Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
Selon les informations du Monde,
Thierry Solère serait également soupçonné d'avoir fait usage de sa
position d'élu de la République pour favoriser des entreprises pour
lesquelles il travaillait.
La justice veut par ailleurs l'entendre au sujet de l’embauche en
tant qu’assistante parlementaire de l’épouse de l’un de ses anciens
employeurs. Cet emploi est présumé fictif par la justice.
Son immunité parlementaire ayant été levée à la demande du parquet de
Nanterre, voici donc le député LREM placé en garde à vue dans les
locaux de la police judiciaire, pour des faits remontant aux années 2010
à 2013, alors qu'il était le lieutenant de Bruno Lemaire, actuel
Ministre de l'Economie.
Aux rappels précédents s'ajoute le fait que la justice s'intéresse de
près à un prêt non déclaré que lui aurait fait un de ses proches pour
un montant avoisinant le million d'euros.
À l'époque, le député travaillait également en tant que conseiller
stratégique, notamment pour une entreprise spécialisée dans le
traitement des déchets industriels. Mediapart révélait en septembre 2016
que ce poste qui lui rapportait « 12 000 euros par mois ».
En 2017, Le Canard enchaîné avait aussi fait savoir que
Thierry Solère avait « omis de régler une partie de ses impôts sur le
revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière
année ».
L'élu marcheur, ex-fondateur des Constructifs, conteste les faits qui
lui sont reprochés. Ce qui est attendu, dans ce genre d'affaires, on ne
se met pas à table, on engage un avocat que l'on rémunère fort bien, et
tel un Nicolas Sarkozy, on joue la montre en passant de temps à autre
dans les médias occuper un temps d'antenne significatif pour se
victimiser.
Ce que, tel un Cahuzac, ne manquera pas de faire Thierry Solère tout
prochainement, sitôt autorisé à regagner son domicile. Car nos chaines
de télévision, les publiques surtout, payées avec la redevance des
citoyens, font systématiquement open bar pour ces élus ripoux en mode
c'est pas moi c'est l'autre. Quitte à voler, autant le faire avec tout
l'aplomb nécessaire. Cahuzac, rappelons-le, travaille actuellement dans
un hôpital au soleil, sur une fort belle ile, et Sarkozy est avec Carla
quelque part au Qatar j'imagine.
Il est amusant de se souvenir de quelques petits numéros de Thierry
Solère à l'heure où les faits s'accumulent contre lui tendant à prouver à
quel point la malhonnêteté de cet élu est criante. Un donneur de leçon
de première, toujours la main sur le coeur, demandant aux petites gens
de se serrer la ceinture pour leur pays. Le décalage entre les discours
et les actes prête à sourire, à défaut de vomir, et le cas de cet élu
LREM – un de plus, la liste s'allonge, d'une confondante banalité,
n'étonnera personne.
Le dégout des citoyens envers les politiciens de tous bords n'a rien
d'une lubie de misanthrope. Il s'appuie sur des cas fort nombreux à la
fois d'accusations et de relaxes. La presse joue à sauve qui peut mais
finalement se fait de l'argent sur ces affaires qui, comme on dit, font
vendre du papier. Mediapart ne doit son salut qu'à ces révélations qui
les concernant ne portent que sur certains et pas sur d'autres, que
Monsieur Plenel, pour des raisons qui le regardent, laisse indemnes.
Contemplateurs de ce piteux spectacle archi prévisible, citoyens et
électeurs se bouchent le nez et haussent les épaules. Tout en regardant
si, par malheur, la voiture qui les suit n'est pas équipée d'un radar …

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