Antoine Manessis
Synthétisons la situation politique à 15 jours des législatives.
Un accord a été signé entre les partis de gauche.
Avec abnégation et courage la FI a signé un accord avec le PS, le PCF et EELV qui donne un contenu à cette union. Ce n'est pas l'union pour l'union mais sur un programme qui compte plus de 650 mesures qui répondent aux urgences sociales, écologiques et démocratiques de notre temps.
Pendant la campagne présidentielle ces trois partis n'avaient pas ménagé leurs attaques, parfois hélas convergentes avec les droites, contre l'Union populaire et son candidat.
Mais quatre facteurs sont intervenus pour permettre cet accord électoral et programmatique.
1) Le résultat des élections. Avec un PS à 1,7%, un PCF à 2,2% et EELV à 4,6% quand Jean-Luc Mélenchon obtenait 22%. Le rapport des forces était sans ambiguïté.
2) Le mode de scrutin des législatives condamnait la gauche à unir un maximum de forces permettant d'être présente au 2e tour et donc à l'Assemblée Nationale. Sans cela, l'Union populaire, malgré son score remarquable de la présidentielle, ne pouvait pas concrétiser sa force et sa présence dans l'hémicycle et les autres partis pouvaient envisager leur disparition de l'Assemblée.
3) Et enfin la dynamique populaire exigeait que les partis de gauche soient en état de constituer une force capable de servir de point d'appui aux luttes populaires qui ne manqueront pas face aux projets de casse sociale et de destruction des libertés démocratiques de la Macronie. Et aux résistance contre la montée du néofascisme (RN et Reconquête).
4) La perspective lumineuse de JL Mélenchon résumée par le slogan "Mélenchon Premier ministre" qui poursuit l'élan enthousiasmant du 1er tour de la présidentielle et offre un horizon lucide et ardent aux classes populaires.
L'union est un combat. Et cet accord programmatique de même que les négociations électorales sont le reflet de ce combat victorieux.
Il y a malheureusement, car tout est bon à prendre, des groupes comme certains trotskistes ou les jdanoviens qui sont restés hors du mouvement. Par sectarisme bourrin et dogmatisme étroit. Ceux qui ont ignoré comment les conquêtes du Front populaire ont été obtenues, combinant victoire et rapport de forces électorales et luttes sociales avec les grandes grèves qui ont suivies la victoire de 1936.
Plus regrettable encore l'attitude des syndicats qui n'ont pas saisi avec la détermination nécessaire l'opportunité qu'ouvre une victoire de la gauche sur un programme si proche de leurs revendications. Cette attitude devra faire l'objet de débats intenses dans les centrales syndicales.
Le déchaînement anti-mélenchoniste des droites, du RN à la Macronie en passant pas les débris sociaux-néolibéraux du PS, symbolisé par la campagne du Point contre le leader de la gauche française, aurait du ouvrir les yeux des plus obtus.
Tant pis. Les chiens aboient, la caravane passe.

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