Antoine Manessis
Ainsi nous perdons le Premier ministre britannique Alexander Boris de Pfeffel Johnson.
Ce dernier a enfin fini par démissionner, encerclé par les mensonges, les scandales et la corruption qui régnait autour de lui. Son pathétique bilan restera sa gestion du Brexit dont il fut un ardent défenseur, sa calamiteuse gestion de la pandémie du Covid, son atlantisme inconditionnel et sa politique ultra-belliciste en Ukraine, une inflation record de 9 %, la pire des pays du G7, sa gestion chaotique du dossier irlandais et une montée des mouvements sociaux.
Seul le nationaliste corrompu Zelenski a semblé regretté la démission de Johnson de la direction du parti conservateur et de son départ imminent du 10 Downing street (au plus tard cet automne). "Merci à Boris Johnson pour avoir compris la menace du monstre russe" a déclaré sans rire un proche conseiller de Zelenski.
À part donc le président ukrainien, personne ne regrettera Boris Johnson. Surtout pas les Britanniques qui souhaitaient à plus de 70% sa démission. Même pas Joe Biden qui se fend d'un communiqué rappelant la "relation spéciale" entre les deux pays sans citer une seule fois le nom de son proche allié "spécial" Boris Johnson. Et surtout pas ses "amis" Tories qui se sont débarrassés de lui de crainte qu'il ne coule leur navire tout entier avec ses frasques et son manque d’intégrité. Ses successeurs potentiels sont nombreux.
Citons, entre autres, sa secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Liz Truss, une copie conforme de Margaret Thatcher ou encore son ancien ministre des finances (démissionnaire), Rishi Sunak, ancien de Goldman Sachs puis des fonds spéculatifs à la City de Londres. Il se présente ainsi : "Mes valeurs ne sont pas négociables, patriotisme, justice et travailler dur" soulignant notamment l’importance de sa famille. Il faut dire que son épouse détient des parts dans la société d'investissement Catamaran Ventures à hauteur de 430 millions de livres sterling, ce qui fait d'elle l'une des femmes les plus riches de Grande-Bretagne. Importante la famille...
Du côté de l'opposition travailliste, son leader actuel, Keir Starmer, a qualifié de "bonne nouvelle" le départ de Boris Johnson à la tête du parti conservateur. Mais "nous n'avons pas besoin d'un changement à la tête des Tories. Nous avons besoin d'un vrai changement de gouvernement." Le problème c'est que personne ou presque ne considère que l'arrivée du Labour, avec sa direction ultra-droitière actuelle, au gouvernement changerait quoi que se soit à la situation des peuples britanniques. Les loyalistes d'Irlande du Nord ne pourront résister longtemps à la volonté unificatrice portée par le Sinn Fein, l'Ecosse se prononcera sur son indépendance probablement en octobre 2023, les travailleurs britanniques et le mouvement social s'éveillent après un long coma dû à la brutalité et à la violence de la réaction thatchérienne et blairiste, même le sage Pays de Galle s'interroge sur son appartenance au Royaume de plus en plus désuni.
Ce ne sont pas les blairistes, les chasseurs des sorcières corbynistes et les calomniateurs de la clique de Keir Starmer qui peuvent offrir une alternative de progrès aux peuples de la Grande-Bretagne et encore moins les Tories qui ne font que proposer un retour au sombre passé de l'époque Thatcher.
Comptons davantage sur le mouvement populaire, le mouvement syndical et la gauche de gauche (dans le Parti travailliste et hors de lui).

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