Antoine Manessis
Les Uber Files, des milliers de documents récupérés par le journal britannique The Guardian.
Et qui possèdent une charge explosive pour Emmanuel Macron.
Dès 2014, l'entreprise a en effet bénéficié de la bienveillance et de l'appui de l'actuel président de la République, lorsqu'il était au ministère de l’Économie. Entre septembre 2014 et février 2016, de nombreux échanges ont lieu entre Uber et Emmanuel Macron. Il y aurait eu plus d’une trentaine de contacts directs avec la firme et le cabinet du ministre, et au moins quatre rencontres entre le ministre et Travis Kalanick, PDG d'Uber, dont trois restées secrètes jusqu’à aujourd’hui.
Macron a élaboré une stratégie pour alléger la réglementation qui encadre les plateformes VTC, en contact direct et régulier avec les patrons de l'entreprise étasunienne mais dans le dos du gouvernement et sans mission pour le faire.
Devant le scandale d'état, la Macronie tente des contre-feux Aurore Berger allant jusqu'à déclarer que le ministre "faisait son travail". Et puis Uber "est plébiscité par les Français" ose-t-elle.
Alexis Corbière FI "souhaite une commission d'enquête" comme le communiste Pierre Dharréville. Un socialiste, Vidalies, explique que "cela va au-delà du lobbyisme, il y a connivence". Notons que de conseiller com' de Vidalies a été recruté comme directeur de la communication...d'Uber.
Pour ce qui est de l'ambiance des rencontres entre Macron et l'équipe de choc d'Uber, dont le fondateur-PDG Travis Kalanick, il suffit de lire les messages envoyés par Marc MacGann, chef lobbyiste pour l'Europe, à ses collègues "En un mot : spectaculaire. Du jamais-vu,. Beaucoup de boulot à venir, mais on va bientôt danser ;) Meeting méga top avec Emmanuel Macron ce matin. La France nous aime après tout".
Comme le dit Mathilde Panot, présidente du groupe FI à l'Assemblée nationale : "Macron ou le pillage du pays. Conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour multinationale états-unienne visant à déréguler durablement le droit du travail".
Contrairement aux propos xénophobes de Jordan Bardella (RN) Macron ne défend pas des interets "étrangers" contre des intérêts "nationaux". Il défend des intérêts capitalistes. Français ou Etasunien ou Chinois, Uber et ses semblables, sont de machines à précariser les employés et à enrichir les patrons. Point. Les intérêts que défend Macron et sa clique sont des intérêts de classe qu'ils soient français, étasunien ou autres ne change rien. Que ces entreprises ne payent pas d'impôt (ou le moins possible) sur les lieux de leurs crimes ne fait que dévoiler un peu plus ce qu'est la capitalisme.
Le jour où la motion de censure de la Nupes contre le gouvernement Borne/Macron donne l'occasion de sanctionner ces comportements de voyous en col blanc, il sera instructif de voir qui vote la motion de défiance et qui se couche devant la logique capitaliste que représentent LREM, LR et RN.
Rien que pour cela, elle est extrêmement utile.

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