lundi 4 juillet 2022

Ukraine : la haine nationaliste

Antoine Manessis

Après avoir mis à bas une centaine de statues de Lénine (qui pourtant a permis l'existence de l'Ukraine selon Poutine), nos amis ukrainiens, grands démocrates devant l'Éternel, déboulonnent le poète russe Alexandre Pouchkine. 

Pourtant il n'a pas écrit une ode à Poutine puisqu'il est mort en 1837. Mais il était Russe. À Tchernihiv, Mykolayiv, Moukatchevo et Zabolotiv, les bustes du grand Pouchkine sont mis à bas par les néo-européens ukrainiens.

Russe. C'est désormais suffisant en Ukraine pour disparaitre de l'espace public.

Un philosophe ukrainien, Kebuladz Vakhtange, mais surtout un imbécile de haut vol a écrit "la culture russe est un instrument terrible d'asservissement". Quand on arrive à prononcer de telles inepties, c'est que l'encéphalogramme de l'intelligence est plat et que la haine nationaliste la remplace.

En même temps le ministère de la Culture et de la Politique d'information (sic) prépare des règlements à l'attention des bibliothèques publiques et scolaires, afin d'opérer le retrait des œuvres concernées dans l'ordre suivant : livres prorusses, livres russes parus après 1991, puis classiques. Conçue comme un rejet global du "monde russe" et de ses figures, la "dérussification" doit accompagner la prise de conscience d'une "identité nationale", comme l'exprime le ministre Oleksandr Tkachenko. Un fan de Zemmour de toute évidence.

Pour Oleksandra Koval, directrice de l'Institut ukrainien du livre, Pouchkine et Dostoïevski "ont jeté les bases d'un monde russe et d'une forme de messianisme. Bercés par ces récits, les gens pensent que la mission du peuple russe (…) est de sauver le monde contre son gré." Selon elle, ces livres doivent donc rester cantonnés aux bibliothèques universitaires et de recherche, afin d'"étudier les racines du totalitarisme". Comme disait Michel Audiard "La connerie à ce point-là, moi j'dis qu'ça devient gênant".

Le 19 juin, le Parlement ukrainien a adopté une loi interdisant l'importation et la vente de livres imprimés en Russie. Il sera également interdit de diffuser dans l'espace public ukrainien de la musique composée par des artistes ayant obtenu la citoyenneté russe après la chute de l'URSS, en 1991.

Les noms des rues, places, bâtiments publics, théâtres subissent la "cancel culture" nationaliste (qui ne gêne pas Le Figaro) : des centaines de rues portant des patronymes russes changent de noms. Et pas pour le meilleur puisque à Kiev, la capitale, l'avenue de Moscou a été baptisée avenue Stépan Bandera, le collabo nazi et boucher ukrainien des juifs d'Ukraine. À Lviv, une magnifique statue se dresse en hommage au tueur nazi Bandera. Mais il est vrai que Saint Zelenski, le héros de BHL, a déclaré "Il y a des héros indéniables. Stepan Bandera est un héros pour un certain pourcentage d’Ukrainiens, et c’est normal et c’est cool. C’est l’une de ces personnes qui ont défendu la liberté de l’Ukraine." Comme Joseph Darnand, le chef de la Milice, en France..."et c'est cool".

Certains osent encore exprimer un autre point de vue. Ainsi le maire d'Odessa a-t-il déclaré "je suis préoccupé par la montée de la haine contre tout ce qui est russe". On le comprend, cet élu courageux.

Ce déchaînement national-imbécile nous n'en fûmes point épargnés en 1914. Mais cela n'excuse rien.

Et surtout, puisque il paraît que l'Ukraine a vocation d'ici une dizaines d'années, peut-être, d'entrer dans l'UE, il serait judicieux d'organiser en guise de fête de bienvenue un immense autodafé des livres russes.

Et que les amis de l'Ukraine de Zelenski-Bandera se souviennent que le régime des Colonels fascistes grecs  avait interdit : Tolstoï (déjà), Sophocle, Aragon, Euripide, Eschyle, Aristophane, Sartre, les Beatles, apprendre le russe (déjà), dire que Socrate était homosexuel, la liberté syndicale et de la presse, Dostoïevski, Tchékhov, Gorki et tous les Russes (déjà), les cheveux longs et la mini-jupe, Mikis Théodorakis....

Ukrainiens ! Encore un effort pour être complétement fascistes et donner raison au nouveau Tsar Vladimir Ier qui prétend "dénazifier" l'Ukraine, ce dont on peut douter quand on voit son comportement à domicile et dans quelques Opex avec sa Garde Prétorienne baptisée...Wagner.

Antoine Manessis

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