Antoine Manessis
"Poutine
voulait une "finlandisation" de l’Europe. Vous allez avoir une
"otanisation" de l’Europe. C’est exactement ce qu’il ne voulait pas,
mais exactement ce qu’il faut pour garantir la sécurité de l’Europe." ( Joe Biden, président des États-Unis)
Le
sommet de l'OTAN va se traduire par une cure d'austérité pour les
peuples de l'Europe sous la coupe étasunienne. En effet, Biden a exigé
que les gouvernements d'Europe n'oublie pas de contribuer au financement
de l'OTAN. "Au minimum ", a insisté le président étasunien, la
contribution des pays doit être de 2% du PIB, chiffre réclamé déjà par
Trump.
Le
beurre ou les canons : Biden, Macron et les autres sinistres guignols de
l'OTAN ont choisi. Et les peuples vont douloureusement s'en
apercevoir. Car
les États-Unis vont significativement accroître leur présence militaire
en Europe avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN)
qu'ils ont créé et qu'ils contrôlent. Des troupes et des équipements
supplémentaires seront ainsi déployés en Pologne, en Allemagne, au
Royaume-Uni, en Roumanie, en Espagne, en Italie et dans les pays baltes
(Estonie, Lituanie, Lettonie). La
Suède et la Finlande, le veto turc levé, sont donc admis dans l'OTAN.
Techniquement, cela ne change rien, tant ces deux pays sont des larbins
des Etats-Unis depuis fort longtemps, mais politiquement cela révèle
l'agressivité de l'OTAN, c'est-à-dire des Etats-Unis, vis à vis de leur
rival russe.
Cela se traduira par :
l’installation
en Pologne d’un quartier général permanent du 5e corps d'armée
américain, qui deviendra une première présence américaine permanente sur
le flanc oriental de l'OTAN; l’envoi
de deux escadrons supplémentaires d’avions de chasse F-35 à la base de
Lakenheath, dans l’ouest de l’Angleterre. Les escadrons sont
généralement composés d’au moins une douzaine d’aéronefs; l’envoi
de deux destroyers supplémentaires sur la base navale espagnole de
Rota, dans le sud de l’Espagne, faisant passer leur total à six; le
déploiement de capacités supplémentaires de défense aérienne en
Allemagne et en Italie, accompagnées de déploiement de 625 et de
65 militaires respectivement; l’envoi d’une brigade supplémentaire en Roumanie, faisant passer le nombre de militaires américains dans ce pays de 2000 à 5000; des déploiements
supplémentaires dans les États baltes, ce qui inclut, selon le
Pentagone, de l'artillerie, de l'aviation, de la défense antiaérienne et
la présence de troupes d'élite. Washington promet aussi
une intensification des exercices militaires dans ces pays. Biden
a rappelé que les États-Unis avaient déjà déployé cette
année 20 000 militaires supplémentaires en Europe, ce qui porte à plus
de 100 000 le nombre d'Américains stationnés sur le continent. Selon le
Pentagone, Washington va dépenser 3,8 milliards de dollars dans le cadre
de son Initiative de dissuasion en Europe pour l'année budgétaire 2022,
et 4,2 milliards de dollars de plus l’an prochain.
Tout
cela est évidemment inquiétant et va dans le sens d'un risque accru de
conflagration entre hyper-puissances atomiques, ce qui réglerait
définitivement le sort de l'Europe. L'irresponsabilité de ces
gesticulations coûtent des milliards et n'ont aucun sens. Combien de
temps encore de telles politiques seront-elles supportées par les
peuples ?
La sortie de l'OTAN portée par Mélenchon est plus urgente que jamais.
Antoine Manessis
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