Antoine Manessis
La dérive droitière de Fabien Roussel et de la direction du PCF a abouti hier à une résolution de son Conseil national.
Cette position a été adoptée à la quasi-unanimité, par 93% des voix contre 7%. Ce qui en dit long sur l'état de ce parti. "Il est temps d’ouvrir une nouvelle étape pour la gauche avec un nouveau type d’union" déclare le PCF en cassant la Nouvelle union populaire. Celle-ci serait une "impasse" du fait de la FI. Pourtant si le PCF a des députés c'est grâce à la NUPES. Même pas la reconnaissance du ventre!...
La momie Bernard Cazeneuve et sa bande de social-matraqueurs déclarent "l’alliance avec LFI est, dans ce contexte, un déshonneur politique et une faute morale, dont nous avons depuis l’origine dénoncé le danger". La pression monte en interne contre le Premier secrétaire du PS Olivier Faure pour acter la rupture. Carole Delga s'aligne sur Darmanin et demain ça sera la version contemporaine du "plutôt Hitler que le front populaire".
La cheffe des écolos, Marine Tondelier, s'en prend à Jean-Luc Mélenchon qui devient "un problème politique".
Octobre noir
Le lancement, le 11 octobre dernier, par des élus du PC de la région parisienne d'un nouveau courant, "Alternative Communiste", qui rassemble environ 300 élus et militants, se veut une réponse à la ligne droitière et anti-unitaire de Roussel et de sa direction. Attachés à l'union, ces communistes-là refusent le suicide politique face à l'extrême-droite. Les maires de Gennevilliers, Bagneux, Ivry sur Seine, la députée Elsa Faucillon et bien d'autres animent ce refus de la casse de l'union de la gauche. Ils refusent aussi de participer à la campagne médiatico-politique contre la FI devenue "l'ennemi de l'intérieur". Ils et elles sont l'honneur de ce qui reste du PC.
Certes, on peut imaginer que les choses ne sont pas parfaites au sein de la NUPES. Que des améliorations puissent être apportées au fonctionnement de l'alliance. Que des discussions sérieuses d'ordre stratégique puissent être menées sur l'approfondissement de la NUPES. Mais il semble que ce ne soit pas là le but des manœuvres d'appareil auxquelles on assiste. C'est la reprise en main, la remise sur pied d'une gauche couchée devant le Veau d'or et prête à toutes les compromissions. Une gauche qui s'était provisoirement ralliée à la gauche de gauche surtout pour sauver ses places.
Mais il reste un gros problème pour ces gens-là : le peuple
C'est lui qui les a remis à leur place en 2022. Les Européennes pourraient être une nouvelle occasion de leur rappeler leur médiocrité, leurs trahisons, leur veulerie et les amener à un regain de sagesse. Le danger c'est que las de ces magouilles et des divisions des gauches, de cet espoir une fois encore déçu, les classes populaires expriment leur dégoût en s'abstenant encore davantage.
Pourtant le seul moyen de ramener les brebis égarées avant qu'elles ne servent de casse-croûte aux loups est de voter pour la gauche rassembleuse et radicale, la France Insoumise. Car Roussel devrait savoir que ce n'est pas avec 2,2% qu'il peut espérer ne serait-ce que sauver ses fesses. Et les sociaux-néolibéraux devraient se souvenir que Mélenchon a obtenu plus de voix dans le 18e arrondissement de Paris que Anne Hidalgo dans toute la ville de Paris dont elle est la maire. Et les écolos ne devraient pas s'attendre à un raz de marée vert aux Européennes car sans la dimension anti-capitaliste du combat environnemental, les classes populaires ne se trompent pas sur le caractère petit-bourgeois des écologistes politiquement organisés (si l'on ose dire).
Ensemble, rassemblés nous pouvons dépasser nos limites, nos faiblesses, nos carences portés par une dynamique sociale, populaire et écologique dont la France Insoumise fut et reste le vecteur central et incontournable. La haine, les mensonges, la vindicte dont elle est l'objet devrait ôter leurs derniers doutes aux plus sceptiques à condition qu'ils fussent de bonne foi.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire