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Ces derniers jours, des milliers de personnes ont manifesté légalement en Europe, notamment en Espagne, en Angleterre et aux Pays-Bas, ou encore aux États-Unis, « contre le colonialisme israélien » et en « soutien au peuple palestinien ».
Mais en France, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ordonné l’interdiction de toutes les manifestations pro-palestiniennes, assimilées par lui à des manifestations « pro-Hamas », au prétexte « qu’elles sont susceptibles de générer des troubles à l’ordre public ». « L’organisation de ces manifestations interdites doit donner lieu à des interpellations », a-t-il ajouté dans un télégramme adressé aux préfets. Le gouvernement justifie cette entrave à la liberté fondamentale de manifester par les craintes d’une importation en France du conflit entre Israël et le Hamas.
Un argument contestable et contesté par de nombreux juristes et défenseurs des droits humains. Même le chef de la diplomatie italienne du gouvernement Meloni s’en étonne : « Interdire les manifestations dans un pays démocratique quand ce ne sont pas des manifestations violentes ne me semble pas être juste. » Pour l’avocat Vincent Brengarth, qui la conteste devant le Conseil d’État, « une telle interdiction méconnaît tant la Constitution que nos engagements internationaux, dont l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme ».
Or Darmanin n’a que faire du droit : la France est condamnée par la CEDH pour la reprise des expulsions de Tchétchènes fichés S vers la Russie ? « J’assume », affirme-t-il fièrement.

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