vendredi 27 octobre 2023

Macron en Israël : l'effondrement politique et moral

Antoine Manessis

Emmanuel Macron est en Israël avec "son cher Bibi"..."Cher Bibi" est un criminel de guerre. 

Après Joe Biden, Richi Sunak, Olaf Scholz, le président français est allé à Tel Aviv. On espérait (?) des paroles de paix. Après 1400 morts israéliens et 5000 morts palestiniens, essentiellement des civils, n'était-il pas temps de dire "Cessez-le-feu !" Hélas, rien de tel. Mais en revanche une proposition aussi absurde qu'irresponsable et dangereuse.

Macron a proposé que la coalition internationale créée en 2014 sous la bannière étoilée des Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak, à laquelle a participé Paris, "puisse lutter aussi contre le Hamas". "Je propose à nos partenaires internationaux que nous puissions bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous", a-t-il expliqué.

Comme dit l'ami Pierre, "il doit bien rester quelques hôpitaux à bombarder" pour montrer l'efficacité de nos Rafales. Si nous n'excellons pas - euphémisme -  dans la politique et la morale, nous savons faire des engins de mort performants.

Outre que l'on aimerait savoir comment, concrètement, une telle coalition pourrait agir si ce n'est en bombardant Gaza, ce que Israël parvient à faire sans l'intervention de la glorieuse armée française, défaite régulièrement depuis 1918. De plus le Hamas dans le genre confusion des genres Macron est champion. Chacun sait que le Hamas et l'Etat islamique sont ennemis. Chacun sait que la question qui se pose en Palestine n'est pas le "terrorisme" mais l'occupation et la colonisation qui produit une résistance qualifiée de terroriste par l'occupant. Que certaines branches palestiniennes, comme le Hamas le 7 octobre, commettent des crimes de guerre, comme Tsahal en commet, n'est pas vraiment un scoop. On se demande si la coalition de Macron lutterait contre l'armée israélienne si celle-ci poursuivait ses crimes de guerre à Gaza ou en Cisjordanie (90 Palestiniens tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie). 

On pense que les diplomates du Quai d'Orsay ont dû être consternés par ce coup de com. que Macron et son entourage de startuppers incultes ont lancé à la face du monde. On dit que le ridicule ne tue pas...dans un tel cas, pas sûr.

Que le pays de Maximilien Robespierre, de Louise Michel, de Jean Jaurès soit gouverné par un Macron, après Hollande et Sarkozy, ne contribue pas à augmenter le prestige de notre pays dans le monde. Comme le dit l'écrivain Joseph Andras (dont nous publierons l'interview à Regards) "Macron n'a même pas eu la décence élémentaire d'appeler à un cessez-le-feu."

Là encore on ne peut qu'être accablé par la quasi disparition de la gauche palestinienne (FPLP et d'autres) que déplorait déjà Edward Saïd. Et nous dire que faire vivre, ici et maintenant, un gauche de gauche, une gauche marxiste, un gauche radicale et rassembleuse doit être notre obsession, notre objectif quotidien et permanent. Le Hamas est donc aussi le châtiment de l'OLP qui n'a pas pu ni su exprimer de façon cohérente la lutte de libération nationale.

Le Hamas est aussi la créature d'Israël qui l'a financé et armé pour justement contrer l'OLP et la gauche palestinienne. Comme Anouar el Sadate avait utilisé les fondamentalistes islamistes contre la gauche égyptienne, comme les Etats-Unis avaient utilisé Ben Laden contre l'Union Soviétique.

Israël, Sadate et Washington, les nouveaux docteurs Frankenstein, ont vu leurs créatures se retourner contre eux. 

Pour en revenir au pénible épisode de Macron au Proche-Orient, on a pu voir un Macron incapable, on l'a dit, de prononcer le mot de "cessez-le-feu" et enfermé dans le "soutien inconditionnel" au criminel de guerre Netanyahou, soutien encore affirmé à Tel Aviv quelques heures avant la visite présidentielle, par la présidente macroniste de l'Assemblée nationale.

La soumission et l'incompétence de Macron est désormais évidente aux yeux du monde.

Antoine Manessis

 PS

Contraste : 

          Chirac à Jérusalem en 1996 " "What do you want, me to go back to my plane and back to France?"

Antoine Manessis

Aucun commentaire: