Antoine Manessis
Ecoutez Léon Deffontaines la tête de liste du PCF aux Européennes lors d'une émission sur Europe1, une radio-Bolloré: https://twitter.com/Europe1/status/1725131610800955865
Non, vous ne rêvez pas. Le candidat à la députation au parlement européen est au parti communiste. Non, ce n'est pas un journaliste de Valeurs Actuelles. Non, ce n'est pas un militant du Printemps républicain ou un cadre de la Convention, le groupuscule de Bernard Cazeneuve. Non, ce n'est pas un porte-flingue de Gérald Darmanin.
Première remarque
Où et quand Jean-Luc Mélenchon a-t-il "trahi les fondamentaux de la gauche" ? Où et quand a-t-il diffuser des "fake"-news" ? À quelles "basses" s'est-il livré ? À quelle moment a-t-il "dénigré la laïcité" ? Deffontaines peut-il nous expliquer, illustrer ses propos par des faits, des citations, des références, des sources ? Deffontaines peut-il expliquer comment il justifie factuellement son rapprochement entre Mélenchon et Trump ? Et par la même occasion nous dire quand Mélenchon a montré sa faiblesse ou sa complicité avec le "terrorisme islamiste" ? Quand on dresse un tel réquisitoire, on doit au moins donner des preuves de ses accusations. Ou alors il ne s'agit que de calomnies.
Deuxième remarque
Le PCF a un calcul qui consiste à penser qu'en reprenant le discours des néo-fascistes et des droites (Macroniste+LR) contre la France Insoumise, il va recueillir une part de leur électorat et se faire une santé sur le dos de la gauche de gauche. Ce calcul est absolument erroné. Et, oserons nous dire, d'une stupidité intersidérale. Tout simplement parce que l'expérience historique a montré que les gens de droite qui partagent avec le PCF cette véritable haine à l'égard de ce que représente Mélenchon, préféreront toujours l'original à la copie. On ne fait pas voter PCF simplement en relayant les attaques des droites contre la FI. C'est plutôt le contraire. Vouloir sauver son appareil politique et les postes dans les institutions au prix d’une alliance objective avec les droites est digne des Shadocks.
Troisième remarque
Le PCF pourrait interpeler la FI sur d'autres terrains. Comme, par exemple, la socialisation des moyens de production, l'armement de l'Ukraine, la démocratie au sein de la FI...En revanche parler comme un fasciste, utiliser les calomnies des fascistes surtout quand on manifeste derrière des flics factieux, ça peut finir par faire désordre. Et certaines personnes finissent par s'interroger : le parti communiste a-t-il trahi les fondamentaux de la gauche ? Son discours confirme-t-il son appartenance à "l'arc républicain" tel que le conçoivent les droites et que la manifestation du 12 novembre a symbolisé ?
Quatrième remarque
Quand on a été incapable de faire élire un seul député aux dernières européennes, lorsqu'on a obtenu 2,2% des suffrages exprimés à la présidentielle, quand on constate que "PCF is not back" mais au contraire sombre sa dignité inclue, ne serait-il pas temps de s'interroger sur sa propre nullité politique et son impuissance à contrer un déclin qui tourne à l'effondrement et au déshonneur ? Dénigrer la gauche de gauche, avec pour seule tactique se poser en s'opposant à elle, c'est travailler contre son camp, certains appellent cela trahir. Mais il est vrai que quand on baptise les 2,2% "un message d'espoir", on comprend que Donald Trump et ses "vérités alternatives" viennent à l'esprit des dirigeants du parti communiste...
Peut-être serait-il temps, qu'abandonnant des chimères de renaissance et la recherche d'une identité mythique, les militants communistes, plutôt que de soutenir Fabien Roussel et les fossoyeurs du PC, participent avec leurs traditions militantes et une histoire dont ils peuvent être fiers, à l'édification de l'Union populaire dans l'unité et la fraternité.

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