dimanche 17 novembre 2024

Suspension du RSA et des aides aux mineurs isolés : le chantage répugnant de la droite

Raji Samuthiram

Face à la menace de coupes budgétaires, les élus de droite, du centre, et indépendants ont annoncé leur intention de suspendre le versement du RSA et la prise en charge des mineurs isolés dès 2025. Un nouveau chantage ultra-réactionnaire de la droite contre les plus précaires et les immigrés.

Deux jours après le rejet du volet « recettes » du budget 2025 à l’Assemblée nationale, l’heure est aux arbitrages entre groupes politiques, à l’heure où la colère gronde face à l’austérité qui vient. Jeudi 14 novembre, les élus départementaux du centre et de droite ont annoncé leur intention de suspendre le versement du revenu de solidarité active (RSA) et d’arrêter de prendre en charge les nouveaux mineurs non accompagnés, dès le 1er janvier 2025. Un chantage ultra-réactionnaire sur les allocataires au RSA qui gagnent 635,71 € par mois pour les personnes seules en métropoleainsi que sur les mineurs isolés, qui font déjà face à un tri raciste qui laisse des centaines de jeunes à la rue tous les jours.

Alors que le bras de fer est engagé entre groupes politiques pour faire pression sur le gouvernement Barnier et son budget ultra-impopulaire, qui part maintenant au Sénat, la droite n’hésite pas à se saisir de l’occasion pour avancer dans ses offensives racistes et anti-pauvres. Dans le budget actuel, ce sont près de 10 milliards d’économies qui seront fait sur le dos des collectivités locales. Les départements seront la strate la plus impactée, avec 44% de l’effort, soit 2,2 milliards d’euros.

Nicolas Lacroix (LR), président du groupe des 70 départements de la droite, du centre et des indépendants (DCI) au sein de l’association Départements de France, l’a annoncé en congrès : « Jusqu’à présent, on n’a rien dit […], mais la protection de l’enfance ce n’est pas la politique migratoire. Aujourd’hui les mineurs non accompagnés, que l’Etat s’en débrouille et les prenne en charge. » Une justification qui, diabolisant les pauvres et les immigrés, se cache derrière un faux-semblant de préoccupation pour ceux qui seront impactés par les coupes budgétaires : personnes âgés, assistants sociaux, élèves… Bien entendu, il n’y a rien à attendre de la droite, qui cherche à tout prix à assurer les marges du patronat, en matière de politique sociale. Hier, les sénateurs LR et centristes ont adopté un amendement qui rabote de 200 millions d’euros le budget de l’Aide Médicale d’Etat. Mesure qui vise à obtenir des faveurs de l’extrême-droite et de faire accepter toujours plus la casse sociale par le biais d’une rhétorique raciste et xénophobe.

Face à la crise, ce n’est pas à notre classe de payer, surtout à l’heure où les grandes entreprises continuent de faire des profits records grâce aux cadeaux accordés par le gouvernement main dans la main avec la droite. 

Alors que les licenciements pleuvent par milliers, c’est un combat d’ensemble qu’il faut mener pour en finir avec la casse sociale.

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