vendredi 22 mai 2009

Giuseppe Ungaretti

«Nous sommes comme /en automne sur les arbres /les feuilles » (« Soldats »)

Giuseppe Ungaretti
(Alexandrie, 1888 – Milan 1970)


©Norma D´Ippolito

« Paysage – Soir »

Ce mouvement de honte des choses dévoile pour un
instant, ayant raison de l'humaine mélancolie, que tout
se consume sans fin.


« Agonie »

Mourir comme les alouettes altérées
sur le mirage

Ou comme la caille
passée la mer
dans les premiers buissons
parce qu'elle n'a plus désir
de voler

Mais non pas vivre de plaintes
comme un chardonneret aveugle.


« Éternité »

Entre une fleur cueillie et une autre donnée
L'inexprimable rien.


« Ce soir »

Balustrade de brise
Pour appuyer ce soir
Ma mélancolie.

Je suis un poète
Un cri unanime
Je suis un grumeau de rêves.

Je suis un fruit d'innombrables contrastes de greffes mûri dans une serre.


« Veille »

Une nuit entière
jeté au près
d'un compagnon
massacré
avec la bouche
toutes dents dehors
tournée vers la pleine lune
avec la congestion
de ses mains
introduite
dans mon silence
j'ai écrit
des lettres pleines d'amour

Je n'ai jamais été
autant
attaché à la vie


« Soldats »

Nous sommes comme
en automne
sur les arbres
les feuilles


« Italie »

Je suis un poète
Un cri unanime
Je suis un grumeau de rêves

Je suis un fruit
d'innombrables contrastes de greffes
mûri dans une serre

Mais ton peuple est porté
par la même terre
qui me porte
Italie

Et dans cet uniforme
d'un de tes soldats
je me repose
comme s'il était le berceau
de mon père


« Je suis une créature »

Comme cette pierre
de S. Michel
si froide
si dure
si desséchée
si réfractaire
si totalement
inanimée

Comme cette pierre
sont mes pleurs
que l'on ne peut voir

La mort
se décompte
en vivant


« Toujours la nuit »

Mon horrible vie s'étend
plus épouvantable qu'elle même
dans un infini qui me calque
et m'oppresse
avec son faible touché.


« Solitude »

Mais mes hurlements
blessent comme des éclairs
la frêle cloche du ciel

ils s'enfoncent apeurés
.....
Le vent est maintenant silencieux
La mer est silencieuse
Tout se tait; mais je crie
Le cri, seule, de mon cœur,
Cri d'amour, cri de honte
De mon cœur qui brûle
Depuis que je t'ai observé et que tu m'as regardée
Et je ne suis plus qu'un faible objet.

Je crie et mon cœur brûle sans paix
Depuis que je ne suis plus
Si ce n'est chose en ruine et abandonnée.

Il vient de mon visage au tien ton secret ;
Le mien réplique tes chers traits ;
Nos yeux ne contiennent rien de plus
Et, désespéré, notre amour éphémère
Eternel frémit dans les voiles d'un retard.


Victoria Romana - ©Norma D´Ippolito : la tentación

« Chant bédouin »

Une femme se lève et chante
Le vent la suit et l'enchante
Et sur la terre il l'étend
Et le vrai rêve la prend.

Cette terre est nue
Cette femme est amante
Ce vent est fort
Ce rêve est la mort.


* * *


«Se está como /en otoño /las hojas /en los árboles» («Soldados»)

Giuseppe Ungaretti
(Alejandría, 1888 - Milán1970)


«Silencio Estrellado»

Y los árboles y la noche
no se mueven ya
sino desde los nidos

(De «Sentimiento del Tempo»)


«Rocío iluminado»

La tierra tiembla
de placer
bajo un sol
de violencias
gentiles

(De Poesía Dispersa)


«Fin»

¿Cree en sí y en la verdad quien desespera?

(De Sentimiento del Tempo)


«Una Paloma»

De otros diluvios oigo una paloma

(De Sentimiento del Tempo)


«Vagabundo»

En ninguna
Parte
De la tierra
Me puedo
Arraigar

A cada
nuevo
clima
que encuentro
descubro
desfalleciente
que
una vez
ya le estuve
habituado

Y me separo siempre
extranjero

Naciendo
Tornado de épocas demasiado
Vividas

Gozar un solo
Minuto de vida
Inicial

Busco un país inocente.

(De “L’allegria”)


«Sin más peso»

Para un Dios que ría como un niño,
Tanta algazara de gorriones,
Tanta danza en las ramas.

Un alma se torna ya sin peso,
Los prados tienen tal ternura,
Tanto pudor en los ojos revive.

Las manos como hojas
Se encantan en el aire...

¿Quién teme más, quién juzga?

(De “Sentimento del tempo” 1934)

Victoria Romana - ©Norma D´Ippolito
«Serenidad»

Después de tanta niebla
una a una se muestran las estrellas
respiro el aire que me regala el color del cielo
me reconozco imagen pasajera
atrapado en un círculo inmortal.


«Final»

Ya no ruge el mar
ya no murmura el mar
sin ningún sueño el mar
es un campo triste, el mar.
Hace piedad el mar, el mar.
Oscuras nubes mueven el mar, el mar.
Los débiles humos abandonaron la cama del mar, el mar.
El mar se ha muerto, mira el mar, el mar.


«Noche en vela, de La Alegría»

Una noche entera tirado al lado de un compañero
masacrado con su boca, rechinante en dirección del plenilunio
con la congestión de sus manos, penetrante en mi silencio
he escrito cartas llenas de amor.
Nunca me he sentido tan pegado a la vida.

Otra noche, de La Alegría

En esta oscuridad
con las manos heladas
distingo mi cara.
Me veo abandonado en el infinito.


«Junio, de La Alegría»

Cuándo haya muerto para mí esta noche
y como si fuera otro pueda mirarla y dormirme
al susurro de las olas que terminan
enredándose en el cerco de aromas de mi casa.
Cuándo me despierte en tu cuerpo
que se modula como la voz del ruiseñor
y se extenúe como el color luminoso del trigo maduro
en la transparencia del agua
el oro de seda de tu piel se escarchará de negro.
Liberada de las losas retumbantes del aire serás como una pantera
en los tajos movedizos de la sombra te deshojarás
rugiendo muda en ese polvo me sofocarás
luego entornarás los párpados.
Veremos nuestro amor reclinarse como la tarde y
serenado en el horizonte de betún de tus iris morirme las pupilas.
Ahora la humedad del aire se cerró como a esta hora
en mi país de África los jazmines.
He perdido el sueño
oscilo en la esquina de una calle como una luciérnaga.
Morirá para mí esta noche?


«Eterno»

Entre una flor recogida y otra regalada
la inexpresable nada.

©Traducción del italiano, hecha por el poeta Horacio Armani

Aucun commentaire: