Michel Collon a écrit cet article l'été dernier. Je le publie parce que je considère qu'il nous apprend beaucoup de choses dont nos médias parlent bien peu, quand ils en parlent. Lorsqu'il s'agit d'Evo Morales ou d'Hugo Chavez, nous entendons surtout diverses diffamations sans doute lancées par des multinationales amères... Jean Dornac
par MICHEL COLLON
La Bolivie a bien changé. A La Paz, j’assiste à une grande réception donnée par l’ambassadeur de Cuba. Mojitos, buffet, danses, grosse ambiance. Où sommes-nous ? Dans la salle des fêtes de… l’armée bolivienne. Oui, celle qui a tué le Che.
La Bolivie a bien changé, mais tout le monde ne lui veut pas que du bien. Nous sommes venus nous en rendre compte sur place avec quelques intellectuels progressistes d’une quinzaine de pays : Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto Garcia, Pascual Serrano… Quelques journées de rencontres et d’échanges avec des intellectuels boliviens, des représentants des communautés indiennes, des artistes…
La Bolivie a bien changé, mais tout le monde ne lui veut pas que du bien. Nous sommes venus nous en rendre compte sur place avec quelques intellectuels progressistes d’une quinzaine de pays : Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto Garcia, Pascual Serrano… Quelques journées de rencontres et d’échanges avec des intellectuels boliviens, des représentants des communautés indiennes, des artistes…
Le moment est tendu. La droite essaie de provoquer une scission des riches régions de l’Est. Pour déjouer la manœuvre, le président Evo Morales, à mi-mandat, appelle à un référendum révocatoire, ce 10 août (ndlr : août 2008). Une sorte de vote de confiance. Il remet son mandat en jeu, mais aussi celui des préfets de départements, y compris ceux tenus par l’opposition. La droite tente de saboter le référendum et on craint des incidents…
Nous allons voir qui est derrière ces incidents, quel rôle jouent ici les Etats-Unis, et la CIA, et un ambassadeur vraiment curieux, et aussi l'Europe...
Un Bolivien sur quatre doit émigrer
Impressions fortes. Physiquement, d’abord. La Paz est à 3.600 mètres d’altitude. Son aéroport à 4.000 mètres. Arrivés dans la nuit, à court d’oxygène, nous sommes au bord de l’évanouissement. Très prévenants, les jeunes qui nous accueillent, nous font asseoir au calme, s’occupent de nos bagages et nous laissent récupérer notre souffle.
Le premier jour sera consacré au repos, à l’acclimatation. Avec Luis, un ami vénézuélien, nous faisons un petit tour, à petits pas et de banc en banc, dans une des plus belles capitales du monde. Imaginez une immense cuvette, bordée par les grandioses montagnes Huayna Potosí (6.094 m) et Nevado Illimani (6.460 m), non loin du lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde. Ici, l’eau bout à 80°. Et toutes les rues sont en pente.
Ce qui frappe à La Paz, en hiver en tout cas, c’est la douceur du climat, ensoleillé et frais. Et la douceur des gens. Partout, on vous accueille avec gentillesse, avec une sorte de sérénité tranquille. Les Indiennes portent de lourds vêtements avec de superbes châles bariolés. Et de curieux petits chapeaux ‘boule’, noirs, bruns ou gris. Parfois, elles portent aussi des charges impressionnantes. Les Indiens représentent deux tiers de la population.
L’importance des communautés indiennes
« Un Indien président ? L’oligarchie blanche, raciste, ne l’accepte toujours pas. », nous confie Evo. En fait, j’ai commencé à comprendre toute la richesse de cet héritage indien en visitant avec des amis boliviens Tiwanaku, la capitale d’un ancien empire Inca…
Nous sommes sur le très haut plateau de l’Altiplano, bordé de montagnes. Ici, les Indiens vivent, dans des conditions difficiles, d’agriculture et d’élevage. Pas un nuage dans le ciel, un air incroyablement pur, on sent encore le froid de la nuit.
Tiwanaku fut une ville immense, les fouilles commencent à peine. Une centaine d’Indiens de la région sont occupés à restaurer le temple, une énorme pyramide en terrasses. C’était une civilisation très avancée qui construisait ses bâtiments en s’appuyant sur une connaissance poussée de l’astronomie. Elle avait créé une industrie métallurgique et textile. Elle cultivait plus de deux cents sortes différentes de maïs et quatre cents sortes de patates. Dont une espèce qui pouvait se congeler et rester comestible dix ans. Le système d’irrigation était très perfectionné avec une inclinaison très précise pour que les pierres réchauffent l’eau et l’empêchent de geler. Système si perfectionné qu’aujourd’hui, le ministère de l’Agriculture va le réutiliser pour développer l’agriculture en terrasses. L’eau est rare ici, un trésor.
Un vieil Indien opère avec notre petit groupe une cérémonie rituelle, une sorte de sacrifice de petits objets symboliques, pour célébrer l’union avec le Cosmos et rassembler les souhaits que nous formons. Emotion.
Il ne s’agit pas ici de glorifier le passé pour le passé, mais d’en préserver la mémoire et les valeurs pour les intégrer à la nouvelle société. Un journaliste bolivien nous explique l’importance que prend ici la communauté : « C’est un élément fort de la Bolivie. Tenez, selon les statistiques internationales, le paysan bolivien a un revenu moyen de cinquante dollars par an. Autant dire qu’il est mort ! Sauf si on comprend que l’économie communautaire est la base de notre vie ici. »
Dans les rues de La Pas - bolivie-photos.tripod.com
Bref, un héritage précieux qu’on ne peut pas perdre.
Le sort des Boliviens quand ils émigrent…
Le sort des Boliviens quand ils émigrent…
Impressions fortes aussi sur les réalités sociales de ce pays. A La Paz, les classes hautes vivent dans le bas de la ville, à 3.000 mètres, où on respire plus facilement. Les basses classes, par contre, à El Alto (pas besoin de traduire) : 4.000 mètres. Petits commerces, petits artisanats, un peu d’élevage dans les hauts plateaux… La vie est dure.
Deuxième pays le plus pauvre d’Amérique latine, la Bolivie a vu émigrer un sur quatre de ses enfants. Pourquoi ? Pendant des siècles, cette terre a été colonisée par l’Espagne. Et tous les bénéfices de ses richesses minières, extraites au prix d’un travail meurtrier dans un quasi-esclavage, ont été emportés en Europe. Pendant des décennies, son gaz et son pétrole ont profité à une poignée de riches, mais surtout à quelques multinationales, européennes notamment. Le Nord a bien saigné le Sud. Ne laissant sur place que la misère.
Et les conflits. Evo Morales, président depuis deux ans et demi, n’est pas tombé du ciel, il est le fruit de longues années de résistances ouvrières et paysannes. Les communautés indiennes ont toujours été exploitées, exclues, méprisées par une élite blanche et raciste, liée aux Etats-Unis et à l’Europe.
Voilà d’où viennent la pauvreté et le sous-développement. Mais quand les Boliviens, pour survivre, vont faire les ménages en Europe, celle-ci les traite comme des criminels et les emprisonne. Même des enfants ! Evo Morales a courageusement dénoncé la récente ‘Directive de la Honte’ qui permettra à tous les pays européens d’emprisonner jusqu’à dix-huit mois les délinquants, pardon : les immigrés.
Justement, avant de partir, je venais de rencontrer à Bruxelles des travailleurs immigrés, notamment latinos. En lutte depuis des mois pour obtenir des papiers, c’est-à-dire leurs droits, leur dignité. Face à des ministres complètement sourds, ils ont été obligés de mettre leurs vies en danger : grève de la faim, escalade de grues… Appréciant beaucoup la lettre d’Evo à l’U.E. ils m’ont chargé de remettre un petit message de gratitude au président bolivien. Je le lui ai remis. Sourire sur sa figure.
En fait, quand on voit ici la pauvreté, les salaires dérisoires, le manque d’industrie, on comprend pourquoi tant de Boliviens doivent émigrer. Mais, en allant plus loin, on comprend aussi que l’Europe est une sale hypocrite qui porte une lourde responsabilité dans cette émigration. Nous allons y revenir…
Qu’a réalisé Evo ?
La Paz se trouve dans la Cordillière des Andes entre 3400 et 4000m d'altitude - bolivie-photos.tripod.com
Mais voyons d’abord ce qu’a réalisé Evo en deux ans et demi… Il a nationalisé le pétrole et le gaz. Vous voulez savoir pourquoi, dans nos médias, on dit du bien du président colombien Uribe et du mal d’Evo Morales ? Très simple. Le premier a fait passer les taxes sur les multinationales de 14% à… 0,4%. Pour faciliter l’installation de ces multinationales, ses paramilitaires ont chassé de leurs terres quatre millions de paysans. Le second a osé rendre à la nation bolivienne les richesses qui lui appartenaient afin de combattre la pauvreté.
En nationalisant les hydrocarbures, Evo a multiplié par cinq les revenus de l’Etat et s’est donné les moyens de soulager les maux les plus urgents : analphabétisme en baisse de 80%, retour à l’école d’une partie des enfants travaillant dans la rue, création d’écoles dans les langues indiennes aymara et quechua (vingt mille diplômés), soins de santé gratuits déjà pour la moitié des Boliviens, pension Dignidad pour les plus de 60 ans, crédit à zéro pour-cent pour des produits comme le maïs, le blé, le soja et le riz. Grâce à l’aide du Venezuela, six mille ordinateurs ont été offerts, surtout à des écoles. Grâce à l’aide de Cuba, deux cent soixante mille personnes ont été opérées des yeux. Ailleurs en Amérique latine, elles seraient condamnées à être aveugles, car pauvres.
En outre, les investissements publics ont fortement augmenté pour développer l’économie. La Bolivie a comblé son déficit fiscal, remboursé la moitié de sa dette extérieure (de 5 à 2,2 milliards de dollars), reconstitué une petite réserve financière, multiplié par quatre l’emploi dans les mines et la métallurgie, doublé la production et les revenus de ces industries. Le PIB industriel est passé de 4,1 à 7,1 milliards de dollars en trois ans. Mille tracteurs ont été distribués à des paysans. De nouvelles routes ont été construites.
Bref, la Bolivie avance. Pas assez vite, disent certains pour qui Evo n’y va pas assez fort contre la droite et les grands propriétaires. C’est un débat à mener entre ceux qui vivent sur place et peuvent apprécier la situation, ses possibilités, ses dangers. En sachant qu’il ne suffit pas de dire « Y a qu’à » pour sortir un pays de la pauvreté et de la dépendance. En sachant qu’il faut tenir compte du rapport de forces avec la droite qui s’agite beaucoup et sabote. En tenant compte de l’armée (Tous ses chefs seront-ils loyaux jusqu’au bout ?).
Autre facteur négatif : « La Justice demeure totalement corrompue », m’a confié… le plus haut magistrat de La Paz. « C’est une vieille caste qui se protège et protège les intérêts des riches. C’est un véritable business. Pourtant, nous avons menacé de révocation immédiate tout juge qui sera pris en flagrant délit. Mais c’est un combat difficile. »
Et justement, quand je me trouvais là, la Justice venait fameusement en aide à la droite en essayant d’empêcher par une bataille juridique la tenue du référendum. Mais il y a danger bien plus grand que la Justice…
Derrière la droite, les Etats-Unis préparent une guerre civile
C’est le nouveau truc des Etats-Unis. S’avérant incapable de gagner une guerre d’occupation, Washington recourt à la guerre indirecte, la guerre par intermédiaires. Actuellement, la stratégie de Washington est d’essayer de provoquer une guerre civile en Bolivie. Pour cela, les provinces contrôlées par la droite et qui contiennent les grandes propriétés agricoles liées aux multinationales ainsi que la majorité des réserves de gaz et de pétrole, ces provinces multiplient les provocations pour préparer une sécession.
Ayant personnellement étudié l’action secrète des grandes puissances pour faire éclater la Yougoslavie, j’ai tenu à attirer l’attention des Boliviens, lors de quelques interviews : aujourd’hui, Washington risque de transformer leur pays en une nouvelle Yougoslavie.
Voici les ingrédients de son action :
1. Des investissements massifs de la CIA.
2. Un ambassadeur spécialisé dans la déstabilisation.
3. Des fascistes expérimentés.
Avec ces ingrédients, vous pouvez préparer un coup d’Etat ou une guerre civile. Ou les deux.
Premier ingrédient. Comme au Venezuela, la CIA investit beaucoup en Bolivie. A travers ses paravents habituels : USAID, National Endowment for Democracy, Institut Républicain International, etc. Les organisations de la droite séparatiste sont abondamment subventionnées. L’USAID a, par exemple, financé Juan Carlos Orenda, conseiller du Comité civique de Santa Cruz d’extrême droite et auteur d’un plan prévoyant la sécession de cette province.
Mais aussi des organisations plus discrètes chargées de semer la confusion et de préparer une propagande anti-Evo. A l’université San Simon de Cochabamba, la Fondation du Millénaire a reçu 155.000 dollars pour critiquer la nationalisation du gaz et défendre le néolibéralisme. Treize jeunes dirigeants boliviens de droite ont été invités à des formations à Washington : 110.000 dollars. Dans les quartiers populaires d’El Alto, USAID lance des programmes pour « réduire les tensions dans les zones sujettes à conflits sociaux ». Lisez : discréditer la gauche.
En tout, des millions de dollars ont été versés à toutes sortes d’organisations, des groupes étudiants, des journalistes, des politiciens, des magistrats, des intellectuels, des hommes d’affaires. Le parti populaire espagnol, autour de José Maria Aznar, participe aux manœuvres.
Deuxième ingrédient. D’où vient Philip Goldberg, l’actuel ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie ? De Yougoslavie. Où il a accumulé une riche expérience sur la manière de faire éclater un pays. De 94 à 96, il a travaillé en Bosnie pour l’ambassadeur Richard Holbrooke, un des stratèges de la désintégration. Puis, il a fomenté les troubles au Kosovo et la scission entre Serbie et Monténégro. Un expert, on vous dit.
Et pas inactif. Comme le raconte le journaliste argentin Roberto Bardini : « Le 28 juin 2007, une citoyenne américaine de vingt ans, Donna Thi, de Miami, a été détenue à l’aéroport de La Paz pour avoir tenté d’introduire dans le pays cinq cents balles de calibre 45 qu’elle avait déclarées aux douanes comme du ‘fromage’. Au terminal, l’attendait la femme du colonel James Campbell, le chef de la mission militaire de l’ambassade US en Bolivie. L’ambassadeur US Philip Goldberg est intervenu immédiatement pour obtenir qu’on la relâche en disant qu’il ne s’agissait que d’une ‘innocente erreur’. Les munitions, a-t-il déclaré, ne devaient servir qu’au sport et au spectacle. En mars 2006, un autre citoyen US, Triston Jay Amero, alias Lestat Claudius, un Californien de 25 ans, porteur de quinze documents d’identité différents, a fait exploser trois cents kilos de dynamite dans deux hôtels de La Paz. »
Pourquoi a-t-on exporté Goldberg des Balkans à la Bolivie ? Pour transformer, j’en suis sûr, ce pays en une nouvelle Yougoslavie. Le séparatisme est une méthode privilégiée par les Etats-Unis pour reprendre le contrôle de richesses naturelles ou de régions stratégiques lorsque des gouvernements se montrent trop indépendants, trop résistants aux multinationales.
Troisième ingrédient. Des fascistes expérimentés. En Bolivie, Goldberg a ouvertement soutenu et collaboré avec des hommes d’affaires croates à la tête de la sécession. Particulièrement, Branko Marinkovic, membre de la Fédération des entrepreneurs libres de Santa Cruz (province sécessionniste). Très grand propriétaire de terres, Marinkovic tire aussi les ficelles de Transporte de Hidrocarbures Transredes (qui travaille pour Shell). Il gère les six mille kilomètres de pipelines de gaz et de pétrole qui mènent au Chili, au Brésil et en Argentine.
Et quand ces gens sont-ils venus de Croatie ? Il faut rappeler que, durant la Seconde Guerre mondiale, Hitler a installé une Grande Croatie fasciste où ses collaborateurs, les Oustachis, ont mis sur pied des camps d’extermination (y compris un spécialement pour enfants !), perpétrant un génocide épouvantable contre les Serbes, les juifs et les tziganes. Après leur défaite, l’Eglise croate et le Vatican ont organisé, les Ratlines, filières d’évasion des criminels fascistes croates (et de Klaus Barbie). De la Croatie à l’Autriche, puis à Rome. Et de là vers l’Argentine, la Bolivie ou les Etats-Unis.
Quand on sait que Franjo Tudjman et les dirigeants de la ‘nouvelle’ Croatie née en 1991 ont réhabilité les anciens criminels croates de la Seconde Guerre mondiale, on aimerait savoir si Monsieur Marinkovic renie tout ce passé ou bien si, tout simplement, il emploie les mêmes méthodes là où il se trouve à présent. Quant aux Etats-Unis, on sait qu’ils ont récupéré et recyclé quantité de criminels et d’espions nazis de la Seconde Guerre mondiale. Les réseaux, ça sert toujours.
Ce qui se cache derrière le séparatisme
Petit village de l'Altiplano - bolivie-photos.tripod.com
Voilà, tous les ingrédients sont prêts pour faire exploser la Bolivie… Les dollars de la CIA, plus des experts dans la provocation de guerres civiles, plus des fascistes recyclés en businessmen. Une guerre civile qui servirait bien les intérêts des multinationales, mais que l’opinion internationale doit absolument empêcher. Les Boliviens ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort. Sans la CIA.
Car une sécession ne profiterait qu’à l’élite. L’écrivain brésilien Emir Sader vient d’écrire très justement : « Aujourd’hui, une des modalités qui renferme le racisme, c’est le séparatisme, les tentatives de délimiter les territoires de la race blanche, en s’appropriant et privatisant les richesses qui appartiennent à la nation et à son peuple. Nous connaissions déjà ces intentions sous la forme des quartiers riches qui cherchaient à se définir en tant que municipalités, afin que la part des impôts prélevée obligatoirement de leurs immenses richesses, reste dans leur escarcelle pour augmenter les bénéfices de leurs quartiers retranchés, derrière lesquels ils cherchaient à isoler et défendre avec une sécurité privée, évidemment, leurs styles de vie privilégiés ». (…) Le référendum séparatiste est une expression oligarchique, raciste et économique car ils veulent garder l’usufruit des richesses de Santa Cruz pour leur propre bénéfice et parce que les oligarques veulent, en plus, empêcher que le gouvernement d’Evo Morales poursuive son processus de réforme agraire et qu’il l’étende à tout le pays. »
Cette autonomie-là, en effet, ça veut dire que les Blancs riches qui ont contrôlé la Bolivie depuis toujours, refusent d’être gouvernés par la majorité, non blanche, de l’Ouest. Quand on parle d’autonomie, Evo Morales répond : « Parlons d’autonomie, non pas pour l’oligarchie, mais pour les peuples avec qui nous luttons. Ces groupes séparatistes qui viennent de perdre leurs privilèges, ont été depuis longtemps dans le Palais, ils ont gouverné et ont permis que l’on pille notre pays, nos ressources naturelles, y compris les ressources de base, de même que la privatisation de nos entreprises, et maintenant ils envisagent de nouveau ce système qui démontre son véritable intérêt : le contrôle économique ».
Mais il n’y a pas que les Etats-Unis qui s’acharnent sur la Bolivie…
L’hypocrisie de l’Europe : qui donc l’a causée, « toute la misère du monde » ?
L’hypocrisie de l’Europe : qui donc l’a causée, « toute la misère du monde » ?
Pourchassant les sans-papiers, l’Europe glisse dans un soupir de dame patronnesse : « Nous ne pouvons quand même pas accueillir toute la misère du monde ». Ah, bon ? Mais, en réalité, cette misère, c’est vous qui l’avez créée ! Vos Charles-Quint, vos Louis XIV, vos Elisabeth I et vos Léopold II ont allègrement massacré les ‘sauvages’ pour voler leurs richesses ! Le décollage économique du capitalisme européen s’est construit sur ce pillage. Et jusqu’à aujourd’hui, vos sociétés minières, agricoles et autres n’ont cessé de piller les matières premières sans les payer, n’ont cessé de dominer et déformer les économies locales et de bloquer leur développement ! N’est-ce pas vous qui avez une Dette à rembourser au Sud ?
Serait-ce du passé ? Dans les médias, les responsables européens aiment à raconter qu’aujourd’hui, ils ne veulent que du bien à l’Amérique latine et au tiers monde…
« Totalement faux », me confie avec indignation Pablo Solon qui représente la Bolivie dans les négociations commerciales entre l’Amérique latine et l’U.E : « La Bolivie l’a exprimé à l’U.E. Avant les négociations, nous avions dit que nous ne négocierions pas un traité style Libre Commerce. Et nous avions communiqué nos points de divergence sur les services, les investissements, la propriété intellectuelle et les biens publics. La Commission nous a promis qu’on discuterait ces points dans la négociation. Qu’à la différence des ‘autres’, on ne nous imposerait pas un format unique. Mais, lorsque nous nous sommes réunis avec Peter Mandelson, commissaire européen pour le Commerce, il nous a dit de façon catégorique et impérative : ‘Ceci est un Traité de Libre Commerce. Ou bien vous l’acceptez, ou bien vous êtes hors des négociations.’. J’ai répondu personnellement que nous n’allions pas nous exclure et que nous allions défendre nos points de vue jusqu’au bout. Car la Bolivie a beaucoup d’industries qu’elle doit défendre : acier, plastique, papier, qui ont besoin de mécanismes de protection tout comme ce fut les cas pour les industries naissantes européennes à l’époque. »
Effectivement, l’Europe se montre hyper-dominatrice et arrogante. Elle prétend imposer à toute l’Amérique latine et aux Caraïbes l’arrêt des subventions qui aident à développer les produits locaux, la suppression des droits de douanes aux importations (mais elle refuse de faire de même chez elle !), la suppression de toutes limites pour les exportations européennes (refusant l’inverse), le transfert sans limites de la main d’œuvre européenne qualifiée, la modification de toutes les lois protégeant les économies locales.
Et en plus, elle veut imposer la privatisation de tous les services, biens et entreprises des Etats. Alors qu’en 2000 déjà, sur les cinq cents plus grandes entreprises d’Amérique latine et des Caraïbes, 46 % appartenaient déjà à des entreprises étrangères.
Et en plus, l’U.E. prétend imposer des brevets sur le vivant (la Bolivie a une biodiversité très riche convoitée par les multinationales chimiques et pharmaceutiques). Mais le vivant, et l’eau aussi, ne sont-ils pas des biens essentiels à la survie, un patrimoine qui doit rester à ceux qui l’ont toujours protégé et utilisé à bon escient ?
En définitive, l’U.E. veut imposer des traités tout à fait déséquilibrés qui tueront les entreprises boliviennes. Tout ce qu’elle cherche, c’est que les entreprises européennes puissent envahir librement les marchés. Donc ruiner ces pays. Donc provoquer de l’émigration. Un système absurde, non ?
Qui ‘choisit’ l’immigration et pourquoi ?
J’ai écrit que l’Europe chassait les émigrés latinos. Ce n’est pas exact. Elle ne les traite pas tous de la même façon.
D’un côté, le patronat européen importe les meilleurs cerveaux du tiers-monde, et aussi des techniciens très qualifiés. Sous-payés pour grossir les bénéfices des sociétés. C’est ce que Sarkozy et d’autres appellent ‘immigration choisie’. Le maître sélectionne ceux qui auront la chance de travailler pour lui. Mais ce vol des cerveaux prive le tiers-monde des gens qu’il a formés (à grand coût) et qui seraient nécessaires à son développement. Une nouvelle forme de pillage.
De l’autre côté, l’Europe accueille aussi une partie des non qualifiés. En les laissant sans papiers, donc sans droits, elle les oblige à vivre dans la peur, à accepter des salaires et des conditions de travail qui constituent un recul social. Bon moyen de diviser et de faire pression sur les autres travailleurs. Voilà comment se fabrique la ‘compétitivité’ de cette vertueuse Europe. La façon de traiter les sans-papiers n’est pas une bavure, elle est un rouage essentiel d’un système économique égoïste.
Résumons. L’Europe a volé l’Amérique latine. L’Europe continue à voler l’Amérique latine. Elle l’empêche de nourrir ses enfants. Mais quand ceux-ci sont forcés d’émigrer, elle les emprisonne. Ensuite, elle donne des leçons de démocratie et de moralité au monde entier.
Le temps est venu
Je n’ai pu rester longtemps en Bolivie, mais ce peuple m’a profondément impressionné. Je me rappelle ces milliers de manifestants qui descendaient, ce dimanche-là, vers le centre de La Paz, dans leurs minibus, leurs autos ou leurs taxis bondés, Indiens et Blancs, du plus clair au plus foncé..
Avec un calme étonnant, bien moins de bruit que dans n’importe quelle manif du monde. Avec une détermination simple et noble. Et dans leurs yeux, une évidence : le temps est venu de mettre fin à des siècles d’humiliations, le temps est venu de la dignité pour tous, le temps est venu de faire disparaître la misère.
Et je repensais à ces amis sans-papiers de Bruxelles, manifestant eux aussi pour leur avenir et pour leur dignité. Le problème est évidemment le même, à Bruxelles et à La Paz : à qui doivent servir les richesses d’un pays ? Et si ce problème ne se résout pas à La Paz, des millions de sans-papiers continueront à frapper aux portes de l’Europe.
Et demain ?
Comment cela évoluera-t-il ? Pour le 10 août, un institut de sondage pro-US annonce une victoire d’Evo par 60%. Comme la plupart de mes interlocuteurs à La Paz. Certains craignaient, par contre, l’influence du problème de l’inflation et du renchérissement de la vie. D’autres craignent que la droite lance des provocations violentes pour empêcher le référendum.
Quoi qu’il en soit, le référendum ne résoudra rien, ni dans un sens, ni dans l’autre. Evo Morales sera toujours devant le même problème : le gouvernement est à gauche, mais ne contrôle pas l’économie du pays, ni les médias (aux mains des gros propriétaires et de la multinationale espagnole Prisa), ni les universités, ni l’Eglise qui est aux côtés des riches, comme d’habitude dans ce continent. On ne peut pas tout faire en deux ans et demi. Mais, pour avancer, Evo devra réussir à mobiliser plus avant les masses populaires. Sa seule force.
De toute façon, après le référendum, la question restera la même : les richesses du pays doivent-elles servir à enrichir les riches et les multinationales ou bien à développer le pays et à vaincre la pauvreté ?
Pour trancher cette question à leur avantage, les Etats-Unis sont prêts à tout. Et le mouvement progressiste international ? Comment réagira-t-il contre la désinformation et la préparation d’une guerre civile ?
La réponse dépend de nous tous.
Michel Collon
http://www.michelcollon.info/index.php?option=com_content&view=article&id=7&catid=1:articles&Itemid=2
La Paz – Bruxelles
Août 2008
* * *
Mis impresiones sobre Bolivia
por MICHEL COLLON
Bolivia ha cambiado. Asisto a una gran recepción en la Paz organizada por el embajador de Cuba. Mojitos, bufé y bailes. ¿Dónde estamos? En la sala de fiestas.... del ejército boliviano. ¡Si!, aquel ejército que asesinó al Che.
Bolivia ha cambiado, pero no todo el mundo le desea lo mejor. He venido in situ para informarme junto a otros intelectuales progresistas de distintos países: Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto García, Pascual Serrano... Unas jornadas de encuentros e intercambios con intelectuales, artistas y representantes de las comunidades indígenas de toda Bolivia.
Nos encontramos en un momento crítico. Los partidos de derechas tratan de provocar el separatismo, a fin de obtener la separación de las regiones ricas del este. Para desarticular esta maniobra, el presidente Evo Morales, a medio camino de su mandato, ha lanzado un referéndum revocatorio, una especie de voto de confianza. Ahora, no sólo vuelve a poner su mandato en juego, sino también el de todos los prefectos, incluídos aquellos Departamentos en los que gobierna la oposición. Ahora son estos líderes de derechas los que tratan de sabotear el referéndum. Se temen incidentes...
Veremos quién está detrás de estos incidentes, qué papel juegan aquí los Estados Unidos, la CIA, así como un muy curioso embajador y, también, Europa…
Uno de cada cuatro bolivianos debe emigrar
por MICHEL COLLON
Bolivia ha cambiado. Asisto a una gran recepción en la Paz organizada por el embajador de Cuba. Mojitos, bufé y bailes. ¿Dónde estamos? En la sala de fiestas.... del ejército boliviano. ¡Si!, aquel ejército que asesinó al Che.
Bolivia ha cambiado, pero no todo el mundo le desea lo mejor. He venido in situ para informarme junto a otros intelectuales progresistas de distintos países: Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto García, Pascual Serrano... Unas jornadas de encuentros e intercambios con intelectuales, artistas y representantes de las comunidades indígenas de toda Bolivia.
Nos encontramos en un momento crítico. Los partidos de derechas tratan de provocar el separatismo, a fin de obtener la separación de las regiones ricas del este. Para desarticular esta maniobra, el presidente Evo Morales, a medio camino de su mandato, ha lanzado un referéndum revocatorio, una especie de voto de confianza. Ahora, no sólo vuelve a poner su mandato en juego, sino también el de todos los prefectos, incluídos aquellos Departamentos en los que gobierna la oposición. Ahora son estos líderes de derechas los que tratan de sabotear el referéndum. Se temen incidentes...
Veremos quién está detrás de estos incidentes, qué papel juegan aquí los Estados Unidos, la CIA, así como un muy curioso embajador y, también, Europa…
Uno de cada cuatro bolivianos debe emigrar
Fuertes sensaciones. En primer lugar, a nivel físico. La Paz se encuentra a 3.600 metros de altitud. Su aeropuerto está a 4.000 metros. Al llegar, por la noche, faltos de oxígeno, nos sentimos a punto del desmayo. Los jóvenes que nos reciben, muy previsores, se ocupan de nuestro equipaje y nos dejan un tiempo para recuperarnos. El primer día se dedicará al reposo, a la aclimatación. Cortos paseos a paso lento en una de las más bellas capitales del mundo. Imagine una gran depresión rodeada de las grandiosas montañas Huayna Potosí (6.094 m) y Nevado Illimani (6.460 m), no muy lejos del laco Titicaca, el lago navegable más elevado del mundo. Aquí el agua hierve a 80º y todas las calles están en pendiente.
Lo que sorprende en La Paz, al menos en invierno, es la suavidad del clima, fresco y soleado. Y la dulzura de sus habitantes. En cada lugar nos reciben muy amablemente, con una especial serenidad. Las Indígenas llevan trajes pesados con espléndidos mantones estampados. Así como curiosos sombreros « bola » negros, marrones o grises. A veces, también transportan cargas impresionantes. Los Indígenas representan dos tercios de la población.
La importancia de las comunidades indígenas
Lo que sorprende en La Paz, al menos en invierno, es la suavidad del clima, fresco y soleado. Y la dulzura de sus habitantes. En cada lugar nos reciben muy amablemente, con una especial serenidad. Las Indígenas llevan trajes pesados con espléndidos mantones estampados. Así como curiosos sombreros « bola » negros, marrones o grises. A veces, también transportan cargas impresionantes. Los Indígenas representan dos tercios de la población.
La importancia de las comunidades indígenas
¿“Un Indio presidente? La oligarquía blanca, racista, todavía no lo acepta. », nos confía Evo. En realidad, comencé a comprender toda la riqueza de esta herencia india visitando con amigos bolivianos Tiwanaku, la capital de un antiguo imperio Inca…
Estamos sobre una muy alta meseta del Altiplano, cercado de montañas. Aquí, los indios viven, en condiciones difíciles, de agricultura y ganadería. Ni una nube en el cielo, un aire increíblemente puro, se siente aún el frío de la noche.
Tiwanaku fue una ciudad inmensa, su descubrimiento apenas comienza. Un centenar de indios de la región están ocupados a restaurar el templo, una enorme pirámide en terrazas. Era una civilización muy avanzada que construía sus edificios basándose en un conocimiento fundado en la astronomía. Habían creado una industria metalúrgica y textil. Cultivaban más de doscientas clases diferentes de maíz y cuatrocientas clases de patatas. Entre ellas una especie que podía congelarse y seguir siendo comestible hasta diez años después. El sistema de riego era muy perfeccionado con una inclinación muy precisa para que las piedras calentaran el agua y le impidieran congelarse. Sistema tan perfeccionado, que hoy, el Ministerio de Agricultura va a reutilizarlo para desarrollar la agricultura en terrazas. El agua es escasa y, aquí, un tesoro.
Un viejo Indio ejecuta con nuestro pequeño grupo una ceremonia ritual, una clase de sacrificio de pequeños objetos simbólicos, para celebrar la comunión con el Cosmos y realizar los deseos que solicitamos. Emoción.
No se trata aquí de glorificar el pasado por el pasado, sino de preservar la memoria y los valores para integrarlos a la nueva sociedad. Un periodista boliviano nos explica la importancia que adquiere aquí la comunidad: “Es un fuerte elemento para Bolivia. Mire, según las estadísticas internacionales, el campesino boliviano tiene una renta media de cincuenta dólares al año. ¡Podríamos decir que está muerto! Salvo si se comprende que la economía comunitaria es la base de nuestra vida aquí. »
Resumidamente, una herencia preciosa que no se puede perder.
La suerte de los bolivianos cuando emigran…
Estamos sobre una muy alta meseta del Altiplano, cercado de montañas. Aquí, los indios viven, en condiciones difíciles, de agricultura y ganadería. Ni una nube en el cielo, un aire increíblemente puro, se siente aún el frío de la noche.
Tiwanaku fue una ciudad inmensa, su descubrimiento apenas comienza. Un centenar de indios de la región están ocupados a restaurar el templo, una enorme pirámide en terrazas. Era una civilización muy avanzada que construía sus edificios basándose en un conocimiento fundado en la astronomía. Habían creado una industria metalúrgica y textil. Cultivaban más de doscientas clases diferentes de maíz y cuatrocientas clases de patatas. Entre ellas una especie que podía congelarse y seguir siendo comestible hasta diez años después. El sistema de riego era muy perfeccionado con una inclinación muy precisa para que las piedras calentaran el agua y le impidieran congelarse. Sistema tan perfeccionado, que hoy, el Ministerio de Agricultura va a reutilizarlo para desarrollar la agricultura en terrazas. El agua es escasa y, aquí, un tesoro.
Un viejo Indio ejecuta con nuestro pequeño grupo una ceremonia ritual, una clase de sacrificio de pequeños objetos simbólicos, para celebrar la comunión con el Cosmos y realizar los deseos que solicitamos. Emoción.
No se trata aquí de glorificar el pasado por el pasado, sino de preservar la memoria y los valores para integrarlos a la nueva sociedad. Un periodista boliviano nos explica la importancia que adquiere aquí la comunidad: “Es un fuerte elemento para Bolivia. Mire, según las estadísticas internacionales, el campesino boliviano tiene una renta media de cincuenta dólares al año. ¡Podríamos decir que está muerto! Salvo si se comprende que la economía comunitaria es la base de nuestra vida aquí. »
Resumidamente, una herencia preciosa que no se puede perder.
La suerte de los bolivianos cuando emigran…
También fuertes sensaciones en relación con la realidad social de este país. A La Paz, las clases altas viven en la parte baja de la ciudad, a 3.000 metros, donde se respira más fácilmente. Sin embargo, las clases bajas viven en El Alto, a 4.000 metros de altura. Pequeños comercios, pequeños artesanos, un poco de ganado en las mesetas altas.... En realidad, una economía bastante limitada.
Siendo el segundo país más pobre de América Latina, Bolivia ha sufrido la emigración de uno de cada cuatro de sus hijos. ¿Por qué? Durante varios siglos, esta tierra fue una colonia española. Durante ese periodo, se llevaron todos los beneficios derivados de las riquezas mineras, extraídas sobre la base de un trabajo inhumano en condiciones de semi-esclavitud. Durante muchos años, su gas y petróleo sólo beneficiaron a un puñado de ricos y algunas multinacionales, sobretodo, europeas. El Norte volvió a saquear al Sur. Sólo dejando miseria tras su paso.
Y los conflictos. Evo Morales, Presidente desde hace dos años y medio, no ha caído del cielo; es el fruto de numerosos años de resistencia obreras y campesinas. Las comunidades indígenas siempre fueron explotadas, discriminadas y despreciadas por la élite blanca y racista, asociada con los EEUU y Europa.
De ahí proviene la pobreza y el subdesarrollo. Pero cuando los bolivianos, para sobrevivir, van a trabajar a Europa, esta les trata como criminales y los encarcela. ¡Incluso a los niños! Evo Morales a osado denunciar la « Directiva de la Vergüenza » que permitirá a todos los países europeos encarcelar hasta dieciocho meses a estos delincuentes, perdón : inmigrantes.
Justo, antes de realizar este viaje, me he encontrado en Bruselas a unos trabajadores inmigrantes latinos. Desde hacía varios meses luchaban para obtener sus papeles, es decir, sus derechos y su dignidad. Frente a unos ministros completamente sordos, se vieron obligados a poner sus vidas en peligro: huelga de hambre, escalada de grúas de gran altura... En reconocimiento de la carta que Evo Morales presentó a la U.E., me pidieron transmitir su agradecimiento al presidente boliviano. Se lo transmití.
En realidad, cuando nos encontramos aquí, cuando constatamos la pobreza, los salarios irrisorios, la falta de industria, nos damos cuenta de la razón por la que muchos bolivianos se ven obligados a emigrar. Pero, sin ir tan lejos, también comprendemos la hipocresía de Europa, que tiene gran parte de responsabilidad en esta emigración. Más adelante volveremos sobre este aspecto…
¿Qué ha transformado Evo?
Siendo el segundo país más pobre de América Latina, Bolivia ha sufrido la emigración de uno de cada cuatro de sus hijos. ¿Por qué? Durante varios siglos, esta tierra fue una colonia española. Durante ese periodo, se llevaron todos los beneficios derivados de las riquezas mineras, extraídas sobre la base de un trabajo inhumano en condiciones de semi-esclavitud. Durante muchos años, su gas y petróleo sólo beneficiaron a un puñado de ricos y algunas multinacionales, sobretodo, europeas. El Norte volvió a saquear al Sur. Sólo dejando miseria tras su paso.
Y los conflictos. Evo Morales, Presidente desde hace dos años y medio, no ha caído del cielo; es el fruto de numerosos años de resistencia obreras y campesinas. Las comunidades indígenas siempre fueron explotadas, discriminadas y despreciadas por la élite blanca y racista, asociada con los EEUU y Europa.
De ahí proviene la pobreza y el subdesarrollo. Pero cuando los bolivianos, para sobrevivir, van a trabajar a Europa, esta les trata como criminales y los encarcela. ¡Incluso a los niños! Evo Morales a osado denunciar la « Directiva de la Vergüenza » que permitirá a todos los países europeos encarcelar hasta dieciocho meses a estos delincuentes, perdón : inmigrantes.
Justo, antes de realizar este viaje, me he encontrado en Bruselas a unos trabajadores inmigrantes latinos. Desde hacía varios meses luchaban para obtener sus papeles, es decir, sus derechos y su dignidad. Frente a unos ministros completamente sordos, se vieron obligados a poner sus vidas en peligro: huelga de hambre, escalada de grúas de gran altura... En reconocimiento de la carta que Evo Morales presentó a la U.E., me pidieron transmitir su agradecimiento al presidente boliviano. Se lo transmití.
En realidad, cuando nos encontramos aquí, cuando constatamos la pobreza, los salarios irrisorios, la falta de industria, nos damos cuenta de la razón por la que muchos bolivianos se ven obligados a emigrar. Pero, sin ir tan lejos, también comprendemos la hipocresía de Europa, que tiene gran parte de responsabilidad en esta emigración. Más adelante volveremos sobre este aspecto…
¿Qué ha transformado Evo?
Veamos, en primer lugar, lo que ha realizado Evo en dos años y medio… Nacionalizó el petróleo y el gas. ¿Quieren saber por qué, en nuestros medios de comunicación, se dice cosas buenas del Presidente colombiano Uribe y malas de Evo Morales? Muy simple. El primero hizo pasar los impuestos sobre las multinacionales de 14% a 0,4%. Para facilitar la instalación de estas multinacionales, sus paramilitares expulsaron de sus tierras cuatro millones de campesinos. El segundo se atrevió a devolver a la nación boliviana las riquezas que le pertenecían a fin de combatir la pobreza.
Al nacionalizar los hidrocarburos, Evo multiplicó por cinco las rentas del Estado y dedicó los recursos de aliviar los males más urgentes: analfabetismo en una disminución del 80%, vuelta a la escuela de una parte de los niños que trabajaban en la calle, creación de escuelas en las lenguas indias aymara y quechua (veinte mil diplomados), asistencia sanitaria gratuita inmediata para la mitad de los Bolivianos, pensión Dignidad para los mayores de 60 años, crédito a cero por ciento para productos como el maíz, el trigo, la soja y el arroz. Gracias a la ayuda de Venezuela, se ofrecieron seis mil ordenadores, sobre todo a escuelas. Gracias a la ayuda de Cuba, se operó a doscientas sesenta mil personas de los ojos, que en otros países de América Latina, quedarían condenados a la ceguera por ser pobres.
Además las inversiones públicas aumentaron, permitiendo desarrollar la economía. Bolivia colmó su déficit fiscal, reembolsado la mitad de su deuda exterior (de 5 a 2,2 mil millones de dólares), reconstituyó una pequeña reserva financiera, multiplicando por cuatro el empleo en las minas y la metalurgia, duplicando la producción y las rentas de estas industrias. El PIB industrial pasó de 4,1 a 7,1 mil millones de dólares en tres años. Se distribuyeron mil tractores a campesinos. Se construyeron nuevas carreteras.
En resumen, Bolivia avanza. No lo bastante rápido, dicen algunos para los que Evo no es bastante duro contra la derecha y los grandes propietarios. Es un debate que debe llevarse entre los que viven allí y pueden apreciar la situación, sus posibilidades, sus peligros. Sabiendo que no basta con decir “Allí tienen que hacer tal o cuál…” para sacar un país de la pobreza y la dependencia. Sabiendo que es necesario tener en cuenta la relación de fuerzas con la derecha que se agita mucho y sabotea. Teniendo en cuenta el ejército (¿Todos sus jefes serán honestos hasta el final?).
Otro factor negativo: “La Justicia permanece completamente corrompida”, me confió… el más alto magistrado de La Paz. “Es una vieja casta que se protege y protege los intereses de los ricos. Es un verdadero negocio. Con todo, amenazamos de revocación inmediata a todo juez que sea sorprendido en flagrante delito. Pero es un combate difícil. »
Y precisamente, cuando me encontraba allí, la Justicia ayudaba descaradamente a la derecha intentando impedir mediante una batalla jurídica la realización del referéndum. Pero hay un peligro mayor que la Justicia…
Detrás de la derecha, los Estados Unidos preparan una guerra civil
Al nacionalizar los hidrocarburos, Evo multiplicó por cinco las rentas del Estado y dedicó los recursos de aliviar los males más urgentes: analfabetismo en una disminución del 80%, vuelta a la escuela de una parte de los niños que trabajaban en la calle, creación de escuelas en las lenguas indias aymara y quechua (veinte mil diplomados), asistencia sanitaria gratuita inmediata para la mitad de los Bolivianos, pensión Dignidad para los mayores de 60 años, crédito a cero por ciento para productos como el maíz, el trigo, la soja y el arroz. Gracias a la ayuda de Venezuela, se ofrecieron seis mil ordenadores, sobre todo a escuelas. Gracias a la ayuda de Cuba, se operó a doscientas sesenta mil personas de los ojos, que en otros países de América Latina, quedarían condenados a la ceguera por ser pobres.
Además las inversiones públicas aumentaron, permitiendo desarrollar la economía. Bolivia colmó su déficit fiscal, reembolsado la mitad de su deuda exterior (de 5 a 2,2 mil millones de dólares), reconstituyó una pequeña reserva financiera, multiplicando por cuatro el empleo en las minas y la metalurgia, duplicando la producción y las rentas de estas industrias. El PIB industrial pasó de 4,1 a 7,1 mil millones de dólares en tres años. Se distribuyeron mil tractores a campesinos. Se construyeron nuevas carreteras.
En resumen, Bolivia avanza. No lo bastante rápido, dicen algunos para los que Evo no es bastante duro contra la derecha y los grandes propietarios. Es un debate que debe llevarse entre los que viven allí y pueden apreciar la situación, sus posibilidades, sus peligros. Sabiendo que no basta con decir “Allí tienen que hacer tal o cuál…” para sacar un país de la pobreza y la dependencia. Sabiendo que es necesario tener en cuenta la relación de fuerzas con la derecha que se agita mucho y sabotea. Teniendo en cuenta el ejército (¿Todos sus jefes serán honestos hasta el final?).
Otro factor negativo: “La Justicia permanece completamente corrompida”, me confió… el más alto magistrado de La Paz. “Es una vieja casta que se protege y protege los intereses de los ricos. Es un verdadero negocio. Con todo, amenazamos de revocación inmediata a todo juez que sea sorprendido en flagrante delito. Pero es un combate difícil. »
Y precisamente, cuando me encontraba allí, la Justicia ayudaba descaradamente a la derecha intentando impedir mediante una batalla jurídica la realización del referéndum. Pero hay un peligro mayor que la Justicia…
Detrás de la derecha, los Estados Unidos preparan una guerra civil
Es el nuevo truco de los Estados Unidos. Resultando incapaz de ganar una guerra de ocupación territorial, Washington recurre a la guerra indirecta, la guerra por intermediarios. Actualmente, su estrategia es intentar causar una guerra civil en Bolivia. Para eso, las provincias controladas por la derecha y que contienen las grandes propiedades agrícolas vinculadas a las multinacionales así como la mayoría de las reservas de gas y petróleo, estas provincias multiplican las provocaciones para preparar una secesión.
Personalmente estudiando la acción secreta de las grandes potencias para hacer estallar Yugoslavia,[1] desee llamar la atención de los bolivianos, en algunas entrevistas: en la actualidad, Washington esta preparando la transformación de su país en una nueva Yugoslavia.
Aquí tiene los ingredientes de su acción: 1. Inversiones masivas de la CIA. 2. Un embajador especializado en la desestabilización. 3. Fascistas con experiencia. Con estos ingredientes, puede preparar un golpe de Estado o una guerra civil. O los dos.
Primer ingrediente. Como en Venezuela, la CIA invierte mucho en Bolivia. A través de sus mamparas habituales: USAID, Nacional Endowment for Democracy, Instituto Republicano Internacional, etc. Se subvenciona a las organizaciones de la derecha separatista de forma abundante. El USAID, por ejemplo, financió a Juan Carlos Orenda, consejero del Comité cívico de Santa Cruz de extrema derecha y autor de un plan que preveía la división de esta provincia.
Pero también de las organizaciones más discretas encargadas de sembrar la confusión y preparar una propaganda anti-Evo. En la universidad San Simón de Cochabamba, la Fundación del Milenio recibió 155.000 dólares para criticar la nacionalización del gas y defender el neoliberalismo. Trece jóvenes dirigentes bolivianos de derecha fueron invitados a seguir formaciones en Washington: 110.000 dólares. En los barrios populares de El Alto, USAID pone en marcha programas para “reducir las tensiones en las zonas propensas a conflictos sociales”. Léase: desacreditar la organización social de izquierda.
En total, se pagaron varios millones de dólares a todas clase de organizaciones, entre las que se contaban grupos estudiantes, periodistas, políticos, magistrados, intelectuales, hombres de negocios. El partido popular español, en torno a José María Aznar, participa en las maniobras.
Segundo ingrediente. ¿De dónde viene Philip Goldberg, el actual embajador de Estados Unidos en Bolivia? De Yugoslavia. Dónde acumuló una rica experiencia sobre la manera de hacer estallar un país. De 94 a 96, trabajó en Bosnia para el embajador Richard Holbrooke, uno de los estrategas en la desintegración. Luego, fomentó los desordenes en Kosovo y la escisión entre Serbia y Montenegro. Un experto, como se le llama… Y no inactivo.
Como lo dice el periodista argentino Roberto Bardini: “El 28 de junio pasado fue detenida en el aeropuerto de La Paz la estadounidense Donna Thi, de 20 años y proveniente de Miami, por intentar ingresar con 500 cartuchos calibre 45 que había declarado en la aduana como “queso”. En la terminal aérea la esperaba la esposa del coronel James Campbell, jefe del grupo militar de la embajada de Estados Unidos en Bolivia. El representante diplomático norteamericano, Philip Goldberg, intervino inmediatamente para gestionar la libertad de la mujer y declaró que se trataba de “un error inocente”. La munición, dijo el funcionario, estaba destinada para “deporte y entrenamiento”. En marzo de 2006, otro ciudadano estadounidense, Triston Jay Amero, alias Lestat Claudius, un Californiano de 25 años, portador de quince documentos de identidad diferentes, hizo estallar trescientos kilos de dinamita en dos hoteles de La Paz. »[2]
¿Por qué se exportó a Goldberg de los Balcanes a Bolivia? Para transformar, estoy seguro, este país en una nueva Yugoslavia. El separatismo es un método favorecido por los Estados Unidos para reanudar el control de riquezas naturales o regiones estratégicas cuando los Gobiernos se muestran demasiado independientes, demasiado resistentes a las multinacionales.
Tercer ingrediente. Fascistas con experiencia. En Bolivia, Goldberg sostuvo abiertamente y colaboró con hombres de negocios croatas a la cabeza de la secesión. Especialmente, Branko Marinkovic, miembro de la Federación de los empresarios libres de Santa Cruz (provincia secesionista). Enorme propietario de tierras, Marinkovic extrae también las cuerdas de Transporte de Hidrocarburos Transredes (que trabaja para Shell). Administra los seis mil kilómetros de tuberías de gas y petróleo que conducen a Chile, Brasil y Argentina.
¿Y cuándo esta gente ha venido de Croacia? Es necesario recordar que, durante la Segunda Guerra Mundial, Hitler instaló una Gran Croacia fascista donde sus colaboradores, los Oustachis, crearon los campos de exterminio (incluido el especialmente para niños!), perpetrando un genocidio horrible contra los Serbios, los judíos y los gitanos.[3] Tras su derrota, la Iglesia croata y el Vaticano organizaron, los Ratlines, zonas de fuga de los criminales fascistas croatas (y de Klaus Barbie). De Croacia a Austria, luego a Roma. Y de allí hacia Argentina, Bolivia o los Estados Unidos. [4]
Estableciendo que Franjo Tudjman y los dirigentes de la “nueva” Croacia, nacida en 1991, rehabilitaron a los antiguos criminales croatas de la Segunda Guerra Mundial, quisiera saber si el Sr. Marinkovic rechaza todo este pasado o si, simplemente, emplea los mismos métodos allí donde se encuentra ahora. En cuanto a los Estados Unidos, se sabe que recuperaron y reciclaron cantidad de criminales y espías nazis de la Segunda Guerra Mundial. Las redes, eso siempre sirve.
Lo que se oculta detrás el separatismo
Personalmente estudiando la acción secreta de las grandes potencias para hacer estallar Yugoslavia,[1] desee llamar la atención de los bolivianos, en algunas entrevistas: en la actualidad, Washington esta preparando la transformación de su país en una nueva Yugoslavia.
Aquí tiene los ingredientes de su acción: 1. Inversiones masivas de la CIA. 2. Un embajador especializado en la desestabilización. 3. Fascistas con experiencia. Con estos ingredientes, puede preparar un golpe de Estado o una guerra civil. O los dos.
Primer ingrediente. Como en Venezuela, la CIA invierte mucho en Bolivia. A través de sus mamparas habituales: USAID, Nacional Endowment for Democracy, Instituto Republicano Internacional, etc. Se subvenciona a las organizaciones de la derecha separatista de forma abundante. El USAID, por ejemplo, financió a Juan Carlos Orenda, consejero del Comité cívico de Santa Cruz de extrema derecha y autor de un plan que preveía la división de esta provincia.
Pero también de las organizaciones más discretas encargadas de sembrar la confusión y preparar una propaganda anti-Evo. En la universidad San Simón de Cochabamba, la Fundación del Milenio recibió 155.000 dólares para criticar la nacionalización del gas y defender el neoliberalismo. Trece jóvenes dirigentes bolivianos de derecha fueron invitados a seguir formaciones en Washington: 110.000 dólares. En los barrios populares de El Alto, USAID pone en marcha programas para “reducir las tensiones en las zonas propensas a conflictos sociales”. Léase: desacreditar la organización social de izquierda.
En total, se pagaron varios millones de dólares a todas clase de organizaciones, entre las que se contaban grupos estudiantes, periodistas, políticos, magistrados, intelectuales, hombres de negocios. El partido popular español, en torno a José María Aznar, participa en las maniobras.
Segundo ingrediente. ¿De dónde viene Philip Goldberg, el actual embajador de Estados Unidos en Bolivia? De Yugoslavia. Dónde acumuló una rica experiencia sobre la manera de hacer estallar un país. De 94 a 96, trabajó en Bosnia para el embajador Richard Holbrooke, uno de los estrategas en la desintegración. Luego, fomentó los desordenes en Kosovo y la escisión entre Serbia y Montenegro. Un experto, como se le llama… Y no inactivo.
Como lo dice el periodista argentino Roberto Bardini: “El 28 de junio pasado fue detenida en el aeropuerto de La Paz la estadounidense Donna Thi, de 20 años y proveniente de Miami, por intentar ingresar con 500 cartuchos calibre 45 que había declarado en la aduana como “queso”. En la terminal aérea la esperaba la esposa del coronel James Campbell, jefe del grupo militar de la embajada de Estados Unidos en Bolivia. El representante diplomático norteamericano, Philip Goldberg, intervino inmediatamente para gestionar la libertad de la mujer y declaró que se trataba de “un error inocente”. La munición, dijo el funcionario, estaba destinada para “deporte y entrenamiento”. En marzo de 2006, otro ciudadano estadounidense, Triston Jay Amero, alias Lestat Claudius, un Californiano de 25 años, portador de quince documentos de identidad diferentes, hizo estallar trescientos kilos de dinamita en dos hoteles de La Paz. »[2]
¿Por qué se exportó a Goldberg de los Balcanes a Bolivia? Para transformar, estoy seguro, este país en una nueva Yugoslavia. El separatismo es un método favorecido por los Estados Unidos para reanudar el control de riquezas naturales o regiones estratégicas cuando los Gobiernos se muestran demasiado independientes, demasiado resistentes a las multinacionales.
Tercer ingrediente. Fascistas con experiencia. En Bolivia, Goldberg sostuvo abiertamente y colaboró con hombres de negocios croatas a la cabeza de la secesión. Especialmente, Branko Marinkovic, miembro de la Federación de los empresarios libres de Santa Cruz (provincia secesionista). Enorme propietario de tierras, Marinkovic extrae también las cuerdas de Transporte de Hidrocarburos Transredes (que trabaja para Shell). Administra los seis mil kilómetros de tuberías de gas y petróleo que conducen a Chile, Brasil y Argentina.
¿Y cuándo esta gente ha venido de Croacia? Es necesario recordar que, durante la Segunda Guerra Mundial, Hitler instaló una Gran Croacia fascista donde sus colaboradores, los Oustachis, crearon los campos de exterminio (incluido el especialmente para niños!), perpetrando un genocidio horrible contra los Serbios, los judíos y los gitanos.[3] Tras su derrota, la Iglesia croata y el Vaticano organizaron, los Ratlines, zonas de fuga de los criminales fascistas croatas (y de Klaus Barbie). De Croacia a Austria, luego a Roma. Y de allí hacia Argentina, Bolivia o los Estados Unidos. [4]
Estableciendo que Franjo Tudjman y los dirigentes de la “nueva” Croacia, nacida en 1991, rehabilitaron a los antiguos criminales croatas de la Segunda Guerra Mundial, quisiera saber si el Sr. Marinkovic rechaza todo este pasado o si, simplemente, emplea los mismos métodos allí donde se encuentra ahora. En cuanto a los Estados Unidos, se sabe que recuperaron y reciclaron cantidad de criminales y espías nazis de la Segunda Guerra Mundial. Las redes, eso siempre sirve.
Lo que se oculta detrás el separatismo
Aquí, todos los ingredientes están listos para hacer estallar Bolivia… Los dólares de la CIA, más los expertos en la provocación de guerras civiles, más los fascistas reciclados en businessmen. Una guerra civil que serviría bien los intereses de las multinacionales, pero que la opinión internacional debe absolutamente impedir. Los propios bolivianos tienen el derecho a decidir de su suerte. Sin la CIA.
Ya que una secesión sólo serviría a la élite. El escritor brasileño Emir Sader acaba de escribir muy precisamente: “Una de las nuevas modalidades que asume el racismo hoy día es el separatismo, forma de intentar delimitar territorios de la raza blanca, apropiándose privadamente de riquezas que pertenecen a la nación y a su pueblo. Ya conocíamos esos intentos bajo la forma de barrios ricos que buscan definirse como alcaldías propias, para que los impuestos que son obligados a pagar por una parte –la que pueden encubrir – de sus inmensas riquezas se queden para aumentar los beneficios de sus barrios atrincherados, detrás de los cuales buscan aislar y defender –con seguridad privada, desde luego – sus formas privilegiadas de vida.”. (…) El referendo separatista es expresión oligárquica, racista y económica porque quieren seguir usufructuando de las riquezas de Santa Cruz para su propio beneficio y porque los oligarcas quieren, además, impedir que el gobierno de Evo Morales continúe con el proceso de reforma agraria y que se extienda por todo el país. »[5]
Esa autonomía, en efecto, quiere decir que los Blancos ricos que controlaron Bolivia desde siempre, se niegan a ser controlados por la mayoría, no blanca, del Oeste. Cuando se habla de autonomía, Evo Morales responde: “Hablemos de autonomía, no para la oligarquía, sino para los pueblos que permanentemente luchamos. Estos grupos (separatistas) eternamente han estado en el Palacio y que perdieron sus privilegios, han gobernado y permitieron que se saqueara nuestro país, nuestros recursos naturales, así como la privatización de empresas, incluidos recursos básicos y ahora plantean este sistema que demuestra su verdadero interés: el control económico”.
Pero no sólo son los Estados Unidos que hostigan a Bolivia…
La hipocresía de Europa: ¿quién provoca « toda la miseria del mundo »?
Ya que una secesión sólo serviría a la élite. El escritor brasileño Emir Sader acaba de escribir muy precisamente: “Una de las nuevas modalidades que asume el racismo hoy día es el separatismo, forma de intentar delimitar territorios de la raza blanca, apropiándose privadamente de riquezas que pertenecen a la nación y a su pueblo. Ya conocíamos esos intentos bajo la forma de barrios ricos que buscan definirse como alcaldías propias, para que los impuestos que son obligados a pagar por una parte –la que pueden encubrir – de sus inmensas riquezas se queden para aumentar los beneficios de sus barrios atrincherados, detrás de los cuales buscan aislar y defender –con seguridad privada, desde luego – sus formas privilegiadas de vida.”. (…) El referendo separatista es expresión oligárquica, racista y económica porque quieren seguir usufructuando de las riquezas de Santa Cruz para su propio beneficio y porque los oligarcas quieren, además, impedir que el gobierno de Evo Morales continúe con el proceso de reforma agraria y que se extienda por todo el país. »[5]
Esa autonomía, en efecto, quiere decir que los Blancos ricos que controlaron Bolivia desde siempre, se niegan a ser controlados por la mayoría, no blanca, del Oeste. Cuando se habla de autonomía, Evo Morales responde: “Hablemos de autonomía, no para la oligarquía, sino para los pueblos que permanentemente luchamos. Estos grupos (separatistas) eternamente han estado en el Palacio y que perdieron sus privilegios, han gobernado y permitieron que se saqueara nuestro país, nuestros recursos naturales, así como la privatización de empresas, incluidos recursos básicos y ahora plantean este sistema que demuestra su verdadero interés: el control económico”.
Pero no sólo son los Estados Unidos que hostigan a Bolivia…
La hipocresía de Europa: ¿quién provoca « toda la miseria del mundo »?
Persiguiendo a los sin-papeles, Europa se defiende presentando el argumento « No podemos acoger a toda la miseria del mundo ». ¿A no? Pero, si en realidad, esta miseria, ¡son ustedes quienes la ha creado! ¡Sus Carlos V, sus Luís XIV, sus Elizabeth I, sus Leopoldo II y otros grandes colonizadores que masacraron a estos « salvajes » para robar sus riquezas! Y hasta el día de hoy, sus empresas mineras, agrícolas y de otra índole, no han cesado de apropiarse de las materias primas sin pagarlas, deformando la economía y bloqueando el desarrollo local. ¿No será Europa la que tiene una Deuda que reembolsar al Sur?
¿Sólo en el pasado? En los medios de comunicación, los responsables europeos suelen afirmar que, hoy en día, desean el desarrollo de América latina y del tercer mundo...
« Totalmente falso », me confía Pablo indignado. Pablo representa a Bolivia en las negociaciones comerciales entre América latina y la Unión Europea: « Bolivia siempre le manifestó a la Unión Europea que no negociaría un Tratado de Libre Comercio en el marco del Acuerdo de Asociación CAN UE. En el periodo previo al inicio de las negociaciones aclaramos nuestros puntos de diferencia sobre Servicios, Inversiones, Propiedad Intelectual y Compras publicas. La Comisión Europea nos dijo que durante la negociación negociaríamos estos puntos. Que ellos a diferencia de "otros" no iban a imponer un formato único. Sin embargo, en la reunión que sostuvimos con Peter Mandelson, Comisario de la Dirección de Comercio de la Comisión Europea, en el marco de la cumbre ALC-UE en Lima, nos dijo de forma tajante e imperativa: "esto es un Tratado de Libre Comercio, o lo aceptan o quedan fuera de la negociación". Personalmente le respondí que no nos auto excluríamos y que nosotros seguiríamos hasta el final defendiendo nuestros puntos de vista ya que por ejemplo, no compartimos su propuesta de bajar a nuestros aranceles para casi todos nuestros productos, porque Bolivia tiene muchas industrias que debe desarrollar como las del acero, el plástico y el papel que necesitan de mecanismos de protección arancelaria de la misma forma que lo tuvieron las industrias nacientes de Europa en su momento. »
En efecto, Europa se muestra totalmente dominante y arrogante. Pretende imponer a todos los países de América latina y del Caribe el cese de las subvenciones que podrían permitir el desarrollo de los productos locales, la supresión de los derechos de aduanas a las importaciones (¡pero rechaza hacer lo mismo en su propio territorio!), la supresión de todos los límites para las exportaciones europeas (que rechazan el revés), la transferencia sin límites de la mano de obra europea calificada, la modificación de todas las leyes de protección de las economías locales.
Además, la privatización de todos los servicios, bienes y empresas de los Estados. Ya en el año 2000, 46% de las 500 mayores empresas de América Latina y del Caribe, eran extranjeras.
Por otra parte, la U.E. pretende imponer patentes sobre lo vivo (Bolivia goza de una biodiversidad muy codiciada por las multinacionales químicas y farmacéuticas). Pero lo vivo, y también el agua, ¿no son bienes esenciales para la supervivencia? ¿No son un patrimonio que debería permanecer en manos de aquellos que siempre lo han protegido y utilizado de buena fe?
En definitiva, la U.E. quiere imponer Tratados totalmente desequilibrados que matarán a las empresas bolivianas. Todo lo que busca, es que las empresas europeas puedan invadir libremente los mercados. Entonces arruinar estos países, el origen de la emigración. ¿Un sistema absurdo, no?
¿Quién escoge la inmigración y porqué?
¿Sólo en el pasado? En los medios de comunicación, los responsables europeos suelen afirmar que, hoy en día, desean el desarrollo de América latina y del tercer mundo...
« Totalmente falso », me confía Pablo indignado. Pablo representa a Bolivia en las negociaciones comerciales entre América latina y la Unión Europea: « Bolivia siempre le manifestó a la Unión Europea que no negociaría un Tratado de Libre Comercio en el marco del Acuerdo de Asociación CAN UE. En el periodo previo al inicio de las negociaciones aclaramos nuestros puntos de diferencia sobre Servicios, Inversiones, Propiedad Intelectual y Compras publicas. La Comisión Europea nos dijo que durante la negociación negociaríamos estos puntos. Que ellos a diferencia de "otros" no iban a imponer un formato único. Sin embargo, en la reunión que sostuvimos con Peter Mandelson, Comisario de la Dirección de Comercio de la Comisión Europea, en el marco de la cumbre ALC-UE en Lima, nos dijo de forma tajante e imperativa: "esto es un Tratado de Libre Comercio, o lo aceptan o quedan fuera de la negociación". Personalmente le respondí que no nos auto excluríamos y que nosotros seguiríamos hasta el final defendiendo nuestros puntos de vista ya que por ejemplo, no compartimos su propuesta de bajar a nuestros aranceles para casi todos nuestros productos, porque Bolivia tiene muchas industrias que debe desarrollar como las del acero, el plástico y el papel que necesitan de mecanismos de protección arancelaria de la misma forma que lo tuvieron las industrias nacientes de Europa en su momento. »
En efecto, Europa se muestra totalmente dominante y arrogante. Pretende imponer a todos los países de América latina y del Caribe el cese de las subvenciones que podrían permitir el desarrollo de los productos locales, la supresión de los derechos de aduanas a las importaciones (¡pero rechaza hacer lo mismo en su propio territorio!), la supresión de todos los límites para las exportaciones europeas (que rechazan el revés), la transferencia sin límites de la mano de obra europea calificada, la modificación de todas las leyes de protección de las economías locales.
Además, la privatización de todos los servicios, bienes y empresas de los Estados. Ya en el año 2000, 46% de las 500 mayores empresas de América Latina y del Caribe, eran extranjeras.
Por otra parte, la U.E. pretende imponer patentes sobre lo vivo (Bolivia goza de una biodiversidad muy codiciada por las multinacionales químicas y farmacéuticas). Pero lo vivo, y también el agua, ¿no son bienes esenciales para la supervivencia? ¿No son un patrimonio que debería permanecer en manos de aquellos que siempre lo han protegido y utilizado de buena fe?
En definitiva, la U.E. quiere imponer Tratados totalmente desequilibrados que matarán a las empresas bolivianas. Todo lo que busca, es que las empresas europeas puedan invadir libremente los mercados. Entonces arruinar estos países, el origen de la emigración. ¿Un sistema absurdo, no?
¿Quién escoge la inmigración y porqué?
He mencionado que Europa expulsaba los emigrantes latinos. No es exacto. No trata a todos los inmigrantes del mismo modo.
Por una parte, la patronal europea importa los mejores cerebros del tercer mundo, así como los ingenieros calificados. Mal pagados para aumentar los beneficios de las sociedades. Es lo que Sarkozy y otros denominan « inmigración selectiva ». El dueño selecciona los que tendrán la suerte de trabajar para él. Pero esta fuga de cerebros priva al tercer mundo de los profesionales que ha formado (a gran coste) y que son necesarios para su desarrollo. Otra forma de saqueo.
Por otra parte, Europa también acoge a inmigrantes no calificados. Dejándolos sin papeles, y por tanto, sin derechos, les obliga a vivir con miedo, a aceptar salarios y condiciones de trabajo que constituyen un retroceso social. Es un buen método para dividir y presionar a los otros trabajadores. Así es como se construye la « competitividad » de esta virtuosa Europa. La forma de tratar los sin-papeles no se conoce como un error, sino de uno de los métodos esenciales de un sistema egoísta y explotador.
En resumen, Europa ha saqueado a América Latina y continúa haciéndolo. Le impide alimentar a sus hijos. Pero cuando estos se ven forzados a emigrar, los encarcela. Y, además, se atreve a ofrece lecciones de democracia y moralidad al resto del mundo.
Ha llegado la hora
Por una parte, la patronal europea importa los mejores cerebros del tercer mundo, así como los ingenieros calificados. Mal pagados para aumentar los beneficios de las sociedades. Es lo que Sarkozy y otros denominan « inmigración selectiva ». El dueño selecciona los que tendrán la suerte de trabajar para él. Pero esta fuga de cerebros priva al tercer mundo de los profesionales que ha formado (a gran coste) y que son necesarios para su desarrollo. Otra forma de saqueo.
Por otra parte, Europa también acoge a inmigrantes no calificados. Dejándolos sin papeles, y por tanto, sin derechos, les obliga a vivir con miedo, a aceptar salarios y condiciones de trabajo que constituyen un retroceso social. Es un buen método para dividir y presionar a los otros trabajadores. Así es como se construye la « competitividad » de esta virtuosa Europa. La forma de tratar los sin-papeles no se conoce como un error, sino de uno de los métodos esenciales de un sistema egoísta y explotador.
En resumen, Europa ha saqueado a América Latina y continúa haciéndolo. Le impide alimentar a sus hijos. Pero cuando estos se ven forzados a emigrar, los encarcela. Y, además, se atreve a ofrece lecciones de democracia y moralidad al resto del mundo.
Ha llegado la hora
No pude permanecer mucho tiempo en Bolivia, pero este pueblo me impresionó profundamente. Recuerdo los millares de manifestantes que descendían, ese domingo, hacia el centro de La Paz, en microbús, coches o taxis abarrotados, Indios y Blancos, del más claro al más oscuro.
Con esa calma asombrosa, que les caracteriza y con mucho menos ruido que en cualquier manifestación del mundo. Con una determinación simple y noble. Y en sus ojos, una evidencia: ha llegado la hora de poner fin a siglos de humillaciones, ha llegado la hora de la dignidad para todos, ha llegado la hora de hacer desaparecer la miseria.
Y recordaba a estos amigos sin papeles de Bruselas, manifestante ellos también por su futuro y su dignidad. El problema es obviamente el mismo, en Bruselas y en La Paz: ¿a quiénes deben servir las riquezas de un país? Y si este problema no se soluciona en La Paz, millones de personas sin papeles seguirán golpeando las puertas de Europa.
¿Y mañana?
Con esa calma asombrosa, que les caracteriza y con mucho menos ruido que en cualquier manifestación del mundo. Con una determinación simple y noble. Y en sus ojos, una evidencia: ha llegado la hora de poner fin a siglos de humillaciones, ha llegado la hora de la dignidad para todos, ha llegado la hora de hacer desaparecer la miseria.
Y recordaba a estos amigos sin papeles de Bruselas, manifestante ellos también por su futuro y su dignidad. El problema es obviamente el mismo, en Bruselas y en La Paz: ¿a quiénes deben servir las riquezas de un país? Y si este problema no se soluciona en La Paz, millones de personas sin papeles seguirán golpeando las puertas de Europa.
¿Y mañana?
¿Cómo esto evolucionará? Para el 10 de agosto, un instituto de sondeos Pro USA anuncia la victoria de Evo por 60%. Como la mayoría de mis interlocutores en La Paz. Algunos temían, por el contrario, la influencia del problema de la inflación y el encarecimiento de la vida. Otros temen que la derecha lance provocaciones violentas para impedir el referéndum.
Como sea, el referéndum solucionará nada, ni en un sentido, ni en otro. Evo Morales estará todavía ante el mismo problema: el Gobierno es de izquierda, pero no controla la economía del país, ni los medios de comunicación (en manos de los grandes propietarios y de la multinacional española Prisa), ni las universidades, ni la Iglesia que está al lado de los ricos, como siempre en este continente. No se puede hacer todo en dos años y medio. Pero, para avanzar, Evo deberá conseguir movilizar más las masas populares. Su única fuerza.
En cualquier caso, después del referéndum, la pregunta seguirá siendo la misma: ¿las riquezas del país deben servir para enriquecer a los ricos y a las multinacionales o para desarrollar el país y para superar la pobreza?
Para cortar esta cuestión a su ventaja, los Estados Unidos están listos a todo. ¿Y el movimiento progresista internacional? ¿Cómo reaccionará contra la desinformación y la preparación de una guerra civil?
La respuesta depende de todos nosotros.
Michel Collon
La Paz - Bruselas
Agosto de 2008
Traducido por Patricia Parga-Vega y Mila Marcos para Investig’Action
Disponible también en francés y en inglés en nuestra pagina web;
[1] Prueba-medio de comunicación Yugoslavia y Kosovo, http://www.michelcollon.info/archives_testm.php
[2] Roberto Bardini, el embajador de la secesión, traducción francesa vuelta a ver B.I., nº 133, junio de 2008.
[3] Michel Collon, El juego de la mentira, Hiru, Hondarribia, 1999, p. 184
[4] Operación Ratlines, documental de David Young amargo Chanel 4 TVES, 1991. Citado en El Juego de la mentira, p. 194.
[5] CEPRID, la CIA allí la oligarquía en contubernio contradijo a Bolivia, www.nodo50.org/ceprid/spip.php?article169
Como sea, el referéndum solucionará nada, ni en un sentido, ni en otro. Evo Morales estará todavía ante el mismo problema: el Gobierno es de izquierda, pero no controla la economía del país, ni los medios de comunicación (en manos de los grandes propietarios y de la multinacional española Prisa), ni las universidades, ni la Iglesia que está al lado de los ricos, como siempre en este continente. No se puede hacer todo en dos años y medio. Pero, para avanzar, Evo deberá conseguir movilizar más las masas populares. Su única fuerza.
En cualquier caso, después del referéndum, la pregunta seguirá siendo la misma: ¿las riquezas del país deben servir para enriquecer a los ricos y a las multinacionales o para desarrollar el país y para superar la pobreza?
Para cortar esta cuestión a su ventaja, los Estados Unidos están listos a todo. ¿Y el movimiento progresista internacional? ¿Cómo reaccionará contra la desinformación y la preparación de una guerra civil?
La respuesta depende de todos nosotros.
Michel Collon
La Paz - Bruselas
Agosto de 2008
Traducido por Patricia Parga-Vega y Mila Marcos para Investig’Action
Disponible también en francés y en inglés en nuestra pagina web;
[1] Prueba-medio de comunicación Yugoslavia y Kosovo, http://www.michelcollon.info/archives_testm.php
[2] Roberto Bardini, el embajador de la secesión, traducción francesa vuelta a ver B.I., nº 133, junio de 2008.
[3] Michel Collon, El juego de la mentira, Hiru, Hondarribia, 1999, p. 184
[4] Operación Ratlines, documental de David Young amargo Chanel 4 TVES, 1991. Citado en El Juego de la mentira, p. 194.
[5] CEPRID, la CIA allí la oligarquía en contubernio contradijo a Bolivia, www.nodo50.org/ceprid/spip.php?article169




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