Par Mathilde Filloz
Je t’entends, penser à notre amour !
Sous les nuages bas, sans fin, tombe la bruine
L’eau coule sur le sol maintenant décapé.
De partout, elle sourd et jaillit dans la ruine.
Sous le toit, s’est blotti le moineau rescapé.
Dans le soir langoureux le morne paysage
Se plonge dans le gris quand va mourir le jour.
Et, dans ce clair obscur, s’estompe ton visage.
Surgissent du passé nos souvenirs d’amour.
C’était au mois d’avril quand revient l’hirondelle.
Sentaient bon les jasmins, la rose et les muguets.
Les frissons des zéphyrs agitaient l’asphodèle.
Elans de nos vingt ans qui nous rendaient si gais !
Comme le sombre ciel, mon cœur est lourd… Il saigne…
Il me souvient encor de nos amours d’antan,
Juvéniles ébats que l’ardeur nous enseigne
Quand le premier émoi s’éveille au vent d’autan !
Il neige sur nos fronts. La mémoire s’efface,
S’abîme dans la nuit… S’éteint le souvenir…
Dans un regard humide une lueur qui fasse
Oublier les regrets. Rien ne peut revenir !
N’être plus qu’un, muets, car notre esprit se vide.
C’est le froid de l’hiver qui s’installe au foyer.
Tic-tac, s’enfuit le temps que l’horloge dévide.
La fleur ainsi se fane… A quoi bon larmoyer ?
Pleins de songes communs, cessant le papotage,
Quand vient le crépuscule et que s’enfuit le jour,
Nos rêves sont tendresse et silence à cet âge.
Ne dis rien… Je t’entends penser à notre amour …
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