jeudi 21 mai 2009

Métro de Buenos Aires : une expérience syndicale inédite

par Eduardo Lucita


Dans le métro de Buenos AiresCC María Eugenia Dorta 2008.

Il s’est produit ces jours-ci, dans les profondeurs du sous-sol de la ville de Buenos Aires, un événement syndical inédit. Le Corps des délégués syndicaux (CD, Cuerpo de Delegados Sindicales) du métro de Buenos Aires [1] a convoqué tous les travailleurs à un référendum afin de déterminer s’ils étaient d’accord pour constituer un nouveau syndicat et les travailleurs ont voté massivement.

Relève des générations

Le référendum convoqué par le CD vient couronner un processus dont les débuts remontent à 1994, lorsque l’entreprise publique a été privatisée et est devenue Metrovías SA, sous un régime de concession de droit privé. Immédiatement, toute une nouvelle génération de jeunes travailleurs a commencé à faire son entrée dans le personnel. Certains avaient une expérience politique dans les milieux étudiants, mais la majorité n’avait aucune expérience syndicale antérieure, bien qu’ils aient probablement participé à la grande vague « participationniste » et de démocratisation qui a inondé le pays au début des années 80 après la fin de la dictature militaire.

L’entreprise privatisée avait besoin de ces recrutements pour occuper rapidement les postes laissés vacants par les licenciements déguisés en départs volontaires et en retraites anticipées qui avaient fortement réduit le personnel. Mais les services à fournir sont restés aussi nombreux et ont même augmenté. Entre la privatisation et aujourd’hui, le nombre de passagers transportés par kilomètre a plus que doublé et le réseau du métro s’est étendu –extension qui continue encore- ; on a rajouté de nouvelles rames de trains et de nouvelles technologies de contrôle.

Nouvelle dynamique syndicale

1997 est une année que l’on peut qualifier de « charnière » dans ce collectif ouvrier, un point d’inflexion dans la relation capital/travail. A cette époque, divers événements et conflits ont lieu, résultat de l’activité autonome de ces travailleurs qui, au fil des années, se sont peu à peu organisés de manière clandestine en une sorte de front élargi unique, d’unité sociale par-delà les différences politiques partisanes. Lors de chaque conflit, ils se sont manifestés en marge des actions officielles du syndicat dont la représentation formelle est l’Unión tranviarios automotores (UTA).

Ce processus d’organisation apparaît au grand jour en 2000. La bureaucratie du syndicat, appliquant de manière routinière les statuts, organise des élections de délégués par lignes et par secteurs ; les travailleurs présentent leurs propres candidats. Le résultat des élections est un renouvellement presque total des représentants syndicaux : sur un total de 22 délégués rentrant dans le CD, la bureaucratie ne conserve que deux sièges.

A partir de ce moment fondateur, les choses s’accélèrent. Le nouveau CD met en place des formes de participation et de résolution des problèmes orientées vers la démocratisation de la prise de décisions, en intégrant la pratique d’assemblées et d’autres formes de consultation des bases. Il organise une commission de travailleuses du métro, mène des actions culturelles et donne à son action syndicale une perspective politique large.

Cette nouvelle dynamique syndicale a obtenu des victoires très importantes : retour à la journée de 6 heures pour travail insalubre et la création de postes qui en a découlé ; élimination de la fraude à l’emploi que constitue la sous-traitance des activités en intégrant à la convention collective de nombreux travailleurs (principalement ceux affectés au nettoyage et à la sécurité) auparavant précarisés et mal payés ; obtention d’améliorations sensibles des conditions de travail et des rémunérations ainsi qu’une certaine stabilité de l’emploi, puisque cela fait dix ans qu’il n’y a pas eu de licenciements dans le métro.

Le CD du métro ne s’est pas enfermé dans une action corporative-professionnelle mais a cherché par divers moyens à partager son expérience concrète. Conforté par l’énorme triomphe qu’a signifié le retour à la journée de 6 heures, il a été l’organisateur principal du « Mouvement national pour la réduction de la journée de travail » et il a fait partie des fondateurs et des principaux animateurs de ce qui fut le « Mouvement intersyndical classiste » (MIC, Movimiento intersindical clasista) qui a tenté de rassembler l’avant-garde « classiste » du pays. Au cours de ces tentatives, il s’est non seulement heurté à un rapport de forces totalement défavorable au monde du travail mais aussi à une bonne partie des partis de gauche qui, sauf exceptions, ont boycotté ces initiatives pour la simple raison qu’ils ne les contrôlaient pas.

Représentativité et conflit intersyndical

Les succès obtenus sont liés aux processus électoraux. Chaque fois que les mandats des délégués par ligne et par branche ont dû être renouvelés, la participation a été massive, de l’ordre de 80% du registre, et les défenseurs d’une ligne indépendante du syndicat officiel ont triomphé de manière écrasante. La portée de ces résultats est accrue si l’on tient compte du fait que 12% seulement des travailleurs du métro sont affiliés à l’UTA [2]. Cependant, lors des élections internes, affiliés et non affiliés votent massivement. La représentativité du CD est incontestable et le ministère du Travail et Metrovías elle-même l’ont reconnu ainsi à plusieurs reprises en négociant directement avec le CD sans que le syndicat officiel ne participe. Cette situation ne pouvait que créer des conflits avec une direction syndicale formée aux pires pratiques bureaucratiques autoritaires du modèle syndical argentin. La direction de l’UTA est passée de la sourde oreille faite aux demandes de la base, à des menaces sur les familles de délégués et à l’agression verbale et physique par des bandes organisées payées (appelées ici « patotas ») [3]. A tel point qu’aujourd’hui les réunions sont quasiment clandestines et que les conférences de presse ont lieu dans l’enceinte du Congrès national en guise de protection.

Vers le milieu du mois de décembre dernier, l’UTA a organisé l’élection de délégués en modifiant les critères démocratiques et avec un délai de convocation très court. Le CD a répondu en appelant à ne pas participer à ces élections truquées. Résultat : la participation a été inférieure à 7%, avec une abstention de 93%, et la base ne reconnaît pas les nouveaux délégués « bureaucratiques » élus avec le vote de presque personne.

Pour un nouveau syndicat

Dans ces conditions, les vrais délégués sont arrivés à la conclusion, après de fortes discussions [4], qu’ils n’avaient plus de place dans le syndicat. Que, pour défendre leurs acquis, ils devaient organiser leur propre syndicat, non en raison d’une conception divisionniste, comme ils l’ont expliqué à plusieurs reprises, mais pour ne pas renoncer à leur conception d’un syndicalisme démocratique et participatif.

La convocation au référendum est donc l’aboutissement d’un long cheminement fait de succès et de combats, d’affrontements avec le patronat et la bureaucratie syndicale. Après le premier jour de vote, au cours duquel la patota syndicale a une fois de plus cherché à empêcher par les coups la libre participation des travailleurs, le référendum s’est déroulé normalement sous la surveillance de policiers et de la garde d’infanterie ; les travailleurs ont convoqué un huissier pour attester la transparence de l’acte électoral. Les décomptes finaux ne laissent pas de place aux doutes : la participation a été de 70%, malgré le fait que février est un mois de vacances, et le vote en faveur du OUI a reçu 98% des voix contre seulement 18 votants pour le NON. Le premier pas est fait ; parallèlement, une demande de reconnaissance formelle a été déposée auprès du ministère du Travail par l’Association syndicale des travailleurs du subte et du premetro en s’appuyant sur la loi 23 511 d’associations syndicales, sur la convention 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) et sur un jugement récent de la Cour suprême sur la liberté d’affiliation syndicale.

Restructuration du capital, réorganisation des travailleurs

Ce qui se passe avec les travailleurs du métro de Buenos Aires s’inscrit dans un processus plus large. Les restructurations du système, comme celle que nous vivons depuis le milieu des années 70, apportent toujours leur contrepartie implicite, la réorganisation des travailleurs sur de nouvelles bases. Les syndicats SUD en France, les Comités de base en Italie ou les nouveaux syndicats apparus en Corée du Sud et en Afrique du Sud ou les Conlutas au Brésil sont l’expression de cette réorganisation.

Dans notre pays, la formation de la Centrale des travailleurs argentins (CTA) au début des années 90 a été la première expression de ce phénomène bien que des courants internes contradictoires aient bloqué son développement. Plus récemment, les syndicats de céramistes et d’enseignants de Neuquén, ceux de l’industrie du pneu de San Fernando, la branche Bahía Blanca-Cnel Dorrego de la CTA prouvent qu’un nouveau syndicalisme aux caractéristiques et pratiques contrastant nettement avec celles en vigueur au cours de la période antérieure est en train de naître, un syndicalisme où les organisations de base agissent de manière autonome par rapport aux directions syndicales traditionnelles. Le CD du métro s’inscrit dans cette tendance, à plus forte raison dans cette conjoncture de forte crise mondiale où l’on a besoin de syndicats menant une politique de classe.

La possible formation d’un nouveau syndicat, issu de la scission d’un syndicat historique, est un rappel à l’ordre pour l’ensemble de la bureaucratie syndicale argentine et pour le gouvernement national lui-même.

Conscients de cela, ni le ministre du Travail ni le secrétaire général de la Confédération générale du travail de la République argentine (CGT) n’ont perdu de temps pour proclamer leur opposition. Faisant ainsi fi de l’essence de la liberté syndicale : le droit des travailleurs à se doter de leurs propres formes d’organisation.

Pour nous qui, issus d’une gauche de classe, soutenons résolument cette initiative et défendons le droit des travailleurs à se doter de leurs propres formes d’organisation, il est évident que c’est le CD qui représente véritablement les travailleurs du métro, avec ou sans reconnaissance légale.

Nous intervenons dans ce débat en défendant les valeurs constitutives d’une pleine démocratie syndicale : la consultation de la base, le respect des décisions, la rotation des dirigeants, la représentation des minorités. Le CD possède suffisamment d’autorité politique pour faire progresser cette démocratie. Le débat commence tout juste et peut ouvrir une nouvelle voie dans le syndicalisme argentin sclérosé.

Notes :
[1] En Argentine, on appelle le métro « Subte », dérivé de « Subway » car les premiers capitaux qui l’ont construit étaient anglais.
[2] Ce faible taux d’affiliation, dans un pays où l’appartenance syndicale a toujours été élevée, obéit à des raisons historiques. A ses débuts, le syndicat regroupait des travailleurs du système de transport de tramways (Tramway-Tram) auxquels se sont ensuite ajoutés les travailleurs du métro. Mais, à la fin des années 50 et au début des années 60, le transport automobile collectif (bus) a commencé à s’imposer et les tramways ont été supprimés –une décision politique dont on commence tout juste à reconnaître l’irrationalité environnementale- et, dans leur grande majorité, les affiliés du syndicat sont devenus chauffeurs de bus. De ce fait, les travailleurs du métro sont devenus marginaux et ils ont peu été pris en compte par la direction syndicale formelle ; par ailleurs, l’activité professionnelle des travailleurs du métro a plus de rapport avec l’activité ferroviaire qu’avec celles des chauffeurs de bus.
[3] A la mi 2008, au moment où le CD donnait une conférence de presse dans les installations de l’hôtel Bauen, récupéré par ses travailleurs, une « patota » du syndicat a agressé les délégués et a détruit une bonne partie des installations de l’hôtel. Comme ils ont recommencé à agresser les travailleurs lors de la première journée du référendum, une commission composée de Mères de la place de Mai - ligne fondatrice, d’un prix Nobel de la Paix, de députés, d’artistes et d’intellectuels reconnus ainsi que de dirigeants politiques de gauche a été créée et accompagne quotidiennement les élections.
[4] Il est intéressant de relever certains débats au sein du CD. Au premier d’entre eux qui portait sur le fait de savoir s’il était opportun de ne pas se présenter aux élections truquées convoquées par la bureaucratie, l’argument principal a été que se présenter aurait signifié valider les pratiques de la bureaucratie. Un second niveau de discussions a été de savoir si proposer son propre syndicat revenait à diviser la corporation et s’il ne valait pas mieux s’organiser comme une section à l’intérieur du syndicat lui-même ; on a argumenté que c’était bien la bureaucratie qui divisait le syndicat par ses actions et sa violence et non les travailleurs. Enfin, la question a été posée de savoir si les statuts du nouveau syndicat devaient envisager que les travailleurs du bus puissent aussi s’affilier. Pour le moment, seuls les travailleurs du métro seront affiliés, mais à terme on ne peut pas écarter une réorganisation des travailleurs des transports en général.

Source : Punto de Vista Internacional (http://www.puntodevistainternacional.org/), février 2009.

Traduction : Catherine Goudounèche, pour RISAL.info.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).



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El Metro de Buenos Aires y una experiencia sindical inédita


Eduardo Lucita

En el subsuelo profundo de la ciudad de Buenos Aires se ha desarrollado estos días un hecho sindical de características inéditas. El Cuerpo de Delegados Sindicales (CD) del Metro de Buenos Aires (1) convocó a todos los trabajadores a un plebiscito para determinar si están de acuerdo en constituir un nuevo sindicato y los trabajadores votaron masivamente.

Recambio generacional

El plebiscito convocado por el CD es la culminación de un proceso que reconoce sus inicios en 1994, una vez que la empresa estatal fuera privatizada y se tranformara en Metrovías SA. bajo un régimen de concesión de derecho privado. De inmediato comenzó a ingresar a la plantilla de personal toda una nueva generación de jóvenes trabajadores. Algunos pocos con experiencia política en los ámbitos estudiantiles, pero la mayoría sin ninguna experiencia gremial previa, aunque seguramente formaron parte de la oleada democratizadora y participacionista que cubrió el país en los primeros años ’80 luego de retirada la dictadura militar.

Esos ingresos de personal eran una necesidad de la empresa privada para cubrir rápidamente las vacantes producidas por los despidos encubiertos bajo la forma de retiros voluntarios y jubilaciones anticipadas que habían reducido fuertemente la planta de personal. Pero los servicios a prestar continuaron y se expandieron. Desde la privatización a hoy los pasajeros kilómetros transportados más que se duplicaron y la red del metro se expandió –expansión que aún continua- se incorporaron nuevas formaciones de trenes y nuevas tecnologías de control.

Nueva dinámica sindical

1997 es un año que puede considerarse “bisagra” en este colectivo obrero, un punto de inflexión en la relación capital/trabajo. En ese período se producen varios acontecimientos y conflictos resultado de la actividad autónoma de los trabajadores, que fueron organizándose en forma clandestina durante varios años, en una suerte de frente único amplio, de unidad social por sobre diferencias políticas partidarias. En cada conflicto se manifestaron al margen de las conducciones oficiales del sindicato que tiene su representación formal, la Unión Tranviarios Automotores (UTA).

Este proceso organizativo sale a la superficie en el año 2000. La burocracia del sindicato, cumpliendo rutinariamente con el estatuto, convoca a elecciones de delegados por líneas y sectores, los trabajadores presentan sus propios candidatos. Las elecciones dan como resultado una renovación casi total de los representantes gremiales, sobre un total de 22 delegados que integraban el CD la burocracia solo retuvo dos cargos.

A partir de ese momento constitutivo los tiempos se aceleran. El nuevo CD instala formas de participación y resolución orientadas a la democratización de la toma de decisiones, incorporando prácticas asamblearias y otras formas de consulta a las bases. Organizan una comisión de trabajadoras del metro, hacen acciones culturales y le dan a su accionar sindical una perspectiva política amplia.

Esta nueva dinámica sindical logró conquistas muy importantes: recuperación de la jornada de 6 horas por trabajo insalubre y la consiguiente creación de puestos de trabajo; eliminaron el fraude laboral de la terciarización de tareas incorporando al convenio numerosos trabajadores (especialmente de limpieza y seguridad) antes precarizados y mal pagos; consiguieron sensibles mejoras en las condiciones de trabajo y en el nivel de las remuneraciones y una suerte de estabilidad laboral, ya que hace una década no hay despidos en el subte.

El CD del metro no se quedó encerrado en un accionar corporativo-profesional, sino que buscó por distintos medios socializar su experiencia concreta. Basado en el enorme triunfo que significó recuperar la jornada de 6 horas fue el centro organizador del “Movimiento Nacional por la Reducción de la Jornada Laboral” y estuvo entre los convocantes y principales animadores de lo que fuera el “Movimiento Intersindical Clasista” (MIC) que intentó agrupar a la vanguardia clasista del país. En estos intentos no solo enfrentaron la adversidad de una relación de fuerzas absolutamente desfavorable al mundo del trabajo, sino también a buena parte de los partidos de izquierda que, con excepciones, boicotearon estas iniciativas por la sencilla razón que no las controlaban.

Representatividad y conflicto intergremial

Los logros alcanzados tienen su correlato en los procesos electorales. Cada vez que debieron renovarse los mandatos de los delegados por líneas y especialidad la participación fue masiva, del orden del 80 por ciento del padrón, y los triunfos, de quienes sostienen una línea independiente del sindicato oficial, abrumadores. Esto adquiere mayor significación si se tiene en cuenta que solo el 12 por ciento de los trabajadores del subte está afiliado a la UTA (2), sin embargo en las elecciones internas votan masivamente afiliados y no afiliados. La representatividad del CD es incuestionable y así lo han reconocido numerosas veces el Ministerio de Trabajo y la propia Metrovías negociando directamente con ellos sin participación del sindicato oficial. Esta situación no podía menos que crear conflictos con una dirección sindical formada en las peores prácticas burocrático-autoritarias del modelo sindical argentino. La conducción del la UTA pasó de hacer oídos sordos a los reclamos de las bases del metro a amenazar a las familias de los delegados y la agresión verbal y física por bandas pagas organizadas (aquí llamadas “patotas”) (3). A tal punto que en la actualidad las reuniones son casi clandestinas y las conferencias de prensa las realizan en el ámbito del Congreso Nacional como forma de protegerse.

A mediados de diciembre pasado la UTA organizó la elección de delegados modificando los criterios democráticos y convocándolas con un escaso tiempo de antelación. El CD respondió llamando a no participar en esas elecciones amañadas. Resultado: la participación no alcanzó al 7 por ciento del padrón, abstención del 93%, y las bases no reconocen a los nuevos delegados burocráticos elegidos con el voto de casi nadie.

Por un nuevo sindicato

Así planteadas las cosas los delegados reales llegaron a la conclusión, no sin fuertes discusiones (4), que ya no tenían espacio. Que para defender sus logros debían organizar su propio sindicato, no por una concepción divisionista como lo explicaron reiteradas veces, sino para no retroceder en su concepción de un sindicalismo democrático y participativo.

La convocatoria al plebiscito es entonces la culminación de un largo proceso de logros y disputas, de enfrentamientos con la patronal y la burocracia sindical. Pasado el primer día de votación, en que una vez más la patota sindical buscó a los golpes impedir la libre expresión de los trabajadores, el plebiscito se desarrolló normalmente rodeado de policías y de la guardia de infantería, los trabajadores convocaron a un escribano público para certificar la transparencia del acto electoral. Los cómputos finales no dejan dudas, la participación fue del 70 por ciento, aun contando que febrero es un mes de vacaciones, y el voto por el SÍ suma un 98 por ciento, con solo 18 votantes por el NO. El primer paso está dado, paralelamente han presentado en el Ministerio de Trabajo pedido de reconocimiento formal para la “Asociación Gremial de Trabajadores de Subtes y Premetro” se apoyan en la Ley 23.551 de Asociaciones Sindicales, en el convenio 98 de la OIT y en un reciente fallo de la Corte Suprema sobre libertad de afiliación sindical.

Reestructuración del capital, reorganización de los trabajadores

Lo que está sucediendo con los trabajadores del metro de Buenos Aires debe inscribirse en un proceso más amplio. Siempre las reestructuraciones del sistema, como la que vivimos desde mediados de los años ’70, llevan implícitas su contrapartida, la reorganización de los trabajadores sobre nuevas bases. Expresión de esta reorganización son los sindicatos SUD en Francia, los Comitato de Base en Italia, o los nuevos sindicatos surgidos en Corea del Sur y Sudáfrica, o la Conlutas en Brasil.

En nuestro país la formación de la CTA a principios de los ’90 fue una primera expresión de este proceso aunque tendencias internas contradictorias bloquearon su desarrollo. Más recientemente los sindicatos de ceramistas y docentes de Neuquén, del neumático de San Fernando, la regional Bahía Blanca-Cnel Dorrego de la CTA son muestras de que un nuevo sindicalismo está surgiendo, con características y prácticas marcadamente diferenciadas de las existentes en el período anterior, donde las organizaciones de base actúan con autonomía de las direcciones sindicales tradicionales. El CD del metro se inscribe en esta tendencia, más aún en esta coyuntura de fuerte crisis mundial donde se necesitan sindicatos que lleven adelante una política de clase.

La posible conformación de un nuevo sindicato, escindido de un sindicato histórico, es un llamado de atención para el conjunto de la burocracia sindical argentina y para el propio gobierno nacional.

Concientes de esto es que tanto el Ministro de Trabajo como el Secretario General de la CGT no han perdido tiempo en declarar su oposición. Desconociendo así la esencia de la libertad sindical: el derecho de los trabajadores a darse sus propias formas de organización.

Para quienes desde una izquierda de clase apoyamos decididamente esta iniciativa y defendemos el derecho de los trabajadores a darse sus propias formas de organización no hay dudas que el CD es la verdadera representatividad de los trabajadores del metro, tengan o no reconocimiento legal.

Intervenimos en esta disputa defendiendo los valores constitutivos de una democracia sindical plena: consulta a las bases, respeto a las decisiones, rotación de los dirigentes, representación de las minorías. El CD tiene la autoridad política suficiente como para llevarla adelante. La disputa recién comienza y puede abrir un nuevo cauce en el esclerosado sindicalismo argentino.

Buenos aires, febrero 2009

El autor es integrante del colectivo EDI-Economistas de Izquierda y del Espacio Otro camino para superar la crisis”

Notas:
(1) En Argentina al Metro se lo conoce como “Subte”, una derivación de “Subway” ya que los capitales originales que lo construyeron eran ingleses.
(2) Esta baja tasa de afiliación, en un país en que la membresía sindical siempre ha sido muy alta, obedece a razones históricas. En sus inicios el sindicato agrupaba a los trabajadores del sistema de transporte de tranvías (Tranway-Tram) al que luego se sumaron los trabajadores del metro. Pero a fines de los años ’50 y principios de los ’60 comienza a imponerse el transporte automotor colectivo (buses) los tranvías son erradicados –en una decisión política cuya irracionalidad ambiental recién ahora se está reconociendo- y en forma abrumadora la mayoría de los afiliados al sindicato pasan a ser los choferes del autotransporte. Esto hizo que los trabajadores del metro pasaran a ser marginales y no fueran tenidos muy en cuenta por la dirección sindical formal, por otra parte la actividad profesional de los trabajadores del metro tiene más relación con la actividad ferroviaria que con los choferes del autotransporte.
(3) A mediados del año 2008 en momentos en que el CD daba una conferencia de Prensa en las instalaciones del Hotel BAUEN, recuperado por la gestión obrera, una patota del sindicato agredió a los delegados y destrozó buena parte de la instalaciones del hotel. Como en la primera jornada del plebiscito volvieron a agredir a los trabajadores se constituyó una Comisión integrada por Madres de Plaza de Mayo-Línea Fundadora; el Premio Nobel de la Paz, diputados, artistas e intelectuales reconocidos y dirigente políticos de izquierda que acompañamos diariamente las votaciones.
(4) Es interesante destacar algunos debates al interior del CD. El primero de ellos sobre si era correcto no presentarse a las elecciones tramposas convocadas por la burocracia, el argumento central fue que presentarse hubiera sido convalidar las prácticas de la burocracia. Un segundo nivel de discusiones fue si proponer un sindicato propio era dividir al gremio y si no era más conveniente organizarse como una sección dentro del mismo sindicato, se argumentó que el que dividía el sindicato con sus acciones y violencia era la burocracia no los trabajadores. Por último quedó planteado si los estatutos del nuevo sindicato debieran contemplar que también los trabajadores del automotor pudieran afiliarse. Por el momento serán afiliados solo los trabajadores del metro, pero a futuro no puede descartarse una reorganización de los trabajadores del transporte en general.

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