par Grain
(versions française et espagnole)
Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d'agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures. Et c'est ce qui s'est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.
[Cet article est accompagné de trois vidéos qui peuvent être visionnées sur : http://www.grain.org/videos/?id=195]
Lorsqu'on plante des cultures génétiquement modifiées (GM), elles contaminent les autres cultures avec leur matériel transgénique. Dans les endroits où des OGM sont cultivés à grande échelle, il est déjà devenu pratiquement impossible de trouver des cultures des mêmes espèces qui ne contiennent pas de matériel GM. Et la contamination s'étend même à des zones dans lesquelles les cultures GM ne sont pas officiellement autorisées. [1] Le registre de contamination par les OGM, géré par GeneWatch UK et Greenpeace International, a documenté plus de 216 cas de contamination par les OGM dans 57 pays au cours des 10 dernières années, dont 39 cas en 2007. [2]
Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies ont toujours su que leurs cultures GM contamineraient les autres cultures. En fait, cela faisait partie de leur stratégie pour obliger le monde à accepter les OGM. Mais, dans le monde entier, des gens refusent de se soumettre et d'accepter que la modification génétique soit une réalité incontournable ; au contraire, ils se battent, même dans des endroits touchés/affectés par une contamination. En fait, certaines communautés locales qui ont subi une contamination développent actuellement des formes sophistiquées de résistance aux cultures GM. Elles commencent généralement par des stratégies à court terme pour décontaminer leurs semences locales mais, à plus long terme, elles cherchent souvent à renforcer leurs systèmes alimentaires et agricoles.
Nous examinons les expériences de communautés dans différentes parties du monde dans leur façon de gérer la contamination par les OGM pour voir les enseignements qu'elles peuvent offrir à ceux qui sont confrontés à des situations similaires. Chaque situation est unique et donne naissance à différents processus. Ils ont en commun l'importance centrale de l'action collective, celle des communautés travaillant sur le terrain pour identifier leurs propres solutions, indépendamment des tribunaux ou des gouvernements qui, sans pression sociale forte, ont tendance à se ranger du côté des industriels.
L'expérience des communautés au Mexique
(versions française et espagnole)
Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d'agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures. Et c'est ce qui s'est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.
[Cet article est accompagné de trois vidéos qui peuvent être visionnées sur : http://www.grain.org/videos/?id=195]
Lorsqu'on plante des cultures génétiquement modifiées (GM), elles contaminent les autres cultures avec leur matériel transgénique. Dans les endroits où des OGM sont cultivés à grande échelle, il est déjà devenu pratiquement impossible de trouver des cultures des mêmes espèces qui ne contiennent pas de matériel GM. Et la contamination s'étend même à des zones dans lesquelles les cultures GM ne sont pas officiellement autorisées. [1] Le registre de contamination par les OGM, géré par GeneWatch UK et Greenpeace International, a documenté plus de 216 cas de contamination par les OGM dans 57 pays au cours des 10 dernières années, dont 39 cas en 2007. [2]
Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies ont toujours su que leurs cultures GM contamineraient les autres cultures. En fait, cela faisait partie de leur stratégie pour obliger le monde à accepter les OGM. Mais, dans le monde entier, des gens refusent de se soumettre et d'accepter que la modification génétique soit une réalité incontournable ; au contraire, ils se battent, même dans des endroits touchés/affectés par une contamination. En fait, certaines communautés locales qui ont subi une contamination développent actuellement des formes sophistiquées de résistance aux cultures GM. Elles commencent généralement par des stratégies à court terme pour décontaminer leurs semences locales mais, à plus long terme, elles cherchent souvent à renforcer leurs systèmes alimentaires et agricoles.
Nous examinons les expériences de communautés dans différentes parties du monde dans leur façon de gérer la contamination par les OGM pour voir les enseignements qu'elles peuvent offrir à ceux qui sont confrontés à des situations similaires. Chaque situation est unique et donne naissance à différents processus. Ils ont en commun l'importance centrale de l'action collective, celle des communautés travaillant sur le terrain pour identifier leurs propres solutions, indépendamment des tribunaux ou des gouvernements qui, sans pression sociale forte, ont tendance à se ranger du côté des industriels.
L'expérience des communautés au Mexique
Pour les populations autochtones du Mexique et du Guatemala, le maïs est la base de la vie. Dans le récit de la création des Mayas, le maïs était le seul matériau dans lequel les dieux ont pu insuffler la vie et ils l'ont utilisé pour fabriquer la chair des quatre premiers êtres humains sur la terre. Pour d'autres peuples du Mexique, le maïs est lui-même un dieu. Cette plante a constitué la base de l'alimentation des Mexicains pendant des siècles et des milliers de variétés offrent une étonnante gamme d'éléments nutritifs, d'arômes, de consistances, de recettes et d'utilisations médicinales.
En janvier 2002, des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont annoncé leur découverte : des variétés locales de maïs des hauts plateaux de l'État d'Oaxaca avaient été contaminées. D'autres communautés de petits agriculteurs ont procédé à des tests sur leurs propres cultures et ont été choqués de découvrir qu'elles aussi avaient été contaminées. Pour ces gens, c'était un coup terrible infligé à leur culture. Ils ne pouvaient rester sans rien faire : il fallait agir.
Au début, cependant, ils ne savaient pas quoi faire. Les OGM étaient nouveaux pour eux. Ils ont commencé par réunir les communautés environnantes qui avaient aussi pu subir une contamination, ainsi que les ONG qui étaient proches d'eux. Des ateliers ont eu lieu et des gens ont été mandatés par leurs assemblées locales pour débattre au nom de leurs communautés. La stratégie a donc été collective dès le début. C'est le premier point à relever à propos de l'expérience mexicaine.
Un point d'accord fondamental a été rapidement trouvé sur le fait que la contamination par les OGM devait être considérée comme faisant partie d'une guerre. Ce n'était pas un accident ou un problème isolé, mais cela s'intégrait dans une guerre menée contre les agriculteurs et les populations indigènes, selon leurs termes, une guerre contre le peuple du maïs. Ils devaient apporter une réponse en conséquence, en ne défendant pas seulement leurs semences, mais aussi leurs moyens d'existence, leurs cultures, leur manière de vivre dans sa globalité.
Dans un premier temps, néanmoins, il y avait peu d'idées concrètes sur la façon de décontaminer leur maïs et d'empêcher la poursuite de la contamination. Certains se sont inquiétés du fait que les communautés n'avaient peut-être pas les capacités techniques de s'occuper d'un problème aussi complexe. Mais ces communautés et les ONG travaillant avec elles avaient une solide expérience de la façon de trouver des solutions de terrain aux problèmes qui les touchaient et par conséquent, plutôt que de chercher des experts extérieurs, elles ont retourné la question dans tous les sens, sans se concentrer sur un maïs GM qu'elles ne connaissaient pas, mais en s'intéressant à leurs propres variétés de maïs, dont elles avaient une connaissance intime.
Les agriculteurs ont commencé à partager leurs connaissances sur le maïs et sur ce dont le maïs a besoin pour être sain. Le point réellement fondamental était de préserver l'existence de leur maïs, et ils devaient donc le semer et le manger. Dans de nombreuses communautés, le maïs traditionnel était en train de disparaître parce que les gens le semaient moins. La première mesure pour défendre leur maïs a donc consisté à en planter davantage. Les gens considéraient, en réponse aux OGM, que les semences étaient dangereuses quand leur histoire n'était pas connue. Il a donc été décidé que des semences ne seraient semées que si leur histoire était connue, ou quand elles provenaient d'une origine qu'ils connaissaient bien.
Au fur et à mesure que les communautés mettaient ces principes en pratique, ils ont commencé à accorder plus d'attention aux cultures dans leurs champs, et ont commencé à prendre conscience de toutes sortes de malformations graves. Ils ont testé les plants déformés et ont trouvé un taux élevé de contamination. Ils ont donc commencé à rechercher ces plants et à les arracher.
Ils savaient également que le maïs est allogame. Aussi, pour éviter une contamination par les OGM, ils leur faudrait empêcher le croisement du maïs GM avec leur maïs. Ils ont commencé à mettre en place des techniques simples, comme planter des arbres autour de leurs champs. Quelques unes des techniques qu'ils ont élaborées pourraient être appliquées partout, alors que d'autres étaient spécifiques à certaines communautés. Mais le plus important, c'était qu'ils mettaient sur pied un système pour éviter la contamination.
Il y a eu beaucoup de débats sur ce qui devait être fait des plantes contaminées. Il y avait un fort sentiment que si une variété très ancienne était dans votre famille depuis des générations et devenait soudainement contaminée, ce maïs ne pouvait tout simplement pas être détruit. Le maïs contaminé est malade et doit être soigné, pas tué. Cela peut prendre un an ou un siècle pour le soigner, mais il faut le faire parce que ce maïs fait partie de leurs communautés depuis des générations.
Les communautés paysannes du Mexique ont probablement développé les stratégies les plus approfondies de toutes les communautés confrontées à la contamination par les OGM partout dans le monde. De nombreuses leçons peuvent être retirées de leur lutte, les principales étant peut-être celles-ci :
1) La nécessité d'envisager la contamination par les OGM dans le cadre d'une attaque plus globale contre les agriculteurs et les communautés locales. Lorsque vous défendez vos cultures, vous défendez aussi votre terre et votre eau, et il faut pour cela des communautés fortes, des procédures fortes de prise de décision collective, et de solides réseaux associés à d'autres groupes au niveau national et même au niveau international. Une telle approche élargie permet à plus de gens de participer à la lutte. Même si tout le monde ne peut s'occuper des semences, chacun peut agir à son niveau.
2) L'importance de ne pas être contraint par des délais. Pour les communautés mexicaines, la contamination par les OGM fait partie d'une guerre permanente menée contre eux, et leur approche doit être à long terme et capable d'être permanente. Leur décision est de défendre leur maïs, quel que soit le temps que cela prendra. Pour eux, quand des dates limites sont introduites, les gens se retrouvent face à quelque chose qui est au-dessus de leurs moyens, et généralement on ne peut pas faire grand-chose à court terme. Ce qui amène à faire des concessions. C'est ce que les communautés mexicaines refusent de faire.
3) L'importance d'envisager un problème à partir de la perspective propre à chacun. Les communautés du Mexique ont passé beaucoup de temps dans les premiers ateliers à débattre de spiritualité et de leurs approches des divinités et de la création. Elles ont discuté des rituels qui pourraient protéger le maïs. Les intervenants extérieurs qui ont été invités à participer ont eu beaucoup de mal à expliquer les aspects techniques du génie génétique parce que le concept apparaissait vraiment absurde. Mais, à la fin, les communautés sont arrivées à une compréhension de base du génie génétique sous forme d'une méthode de prise de contrôle de leurs moyens de subsistance agricoles, et cette compréhension de base a été beaucoup plus importante que l'information technique.
4) La nécessité que les communautés maîtrisent le processus. Au Mexique, les communautés ont pu conserver la maîtrise des processus parce qu'il s'agissait de leurs propres processus depuis le tout début. Lorsqu'elles ont pris en main les tests initiaux, elles ont gardé les résultats pour elles-mêmes pendant longtemps parce qu'elles voulaient discuter d'abord entre elles des mesures à prendre. Et le fait que les décisions étaient prises collectivement, par beaucoup de gens, a permis d'éviter que d'importantes erreurs soient commises. Des erreurs seront commises dans tous les cas, mais quand beaucoup de gens participent il y a beaucoup moins de risques d'erreurs fondamentales. Quand la contamination a été découverte par des chercheurs universitaires, les processus suivis ont été totalement différents.
5) La nécessité de privilégier les luttes sociales par rapport aux luttes juridiques. Au sein des communautés mexicaines, il y a eu beaucoup de discussions sur les lois sur la biosécurité, les lois sur les semences et les autres lois concernées. Au cours d'un récent atelier consacré aux questions juridiques, un tableau chronologique a été présenté de toutes les différentes lois promulguées par le gouvernement mexicain au cours des 15-20 dernières années. À partir de ce tableau, les communautés sont arrivées à la conclusion très claire que la piste juridique n'était pas importante pour leur lutte. On peut perdre une action juridique, mais si la pression sociale est suffisante, on peut gagner d'autres manières. Pour eux, les options juridiques ne sont efficaces que lorsqu'il y a une pression sociale suffisante exercée sur les autorités. La tactique juridique n'est donc pas rejetée, mais elle n'est pas centrale.
Une invasion d'OGM illégaux dans les fermes thaïlandaises
En janvier 2002, des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley ont annoncé leur découverte : des variétés locales de maïs des hauts plateaux de l'État d'Oaxaca avaient été contaminées. D'autres communautés de petits agriculteurs ont procédé à des tests sur leurs propres cultures et ont été choqués de découvrir qu'elles aussi avaient été contaminées. Pour ces gens, c'était un coup terrible infligé à leur culture. Ils ne pouvaient rester sans rien faire : il fallait agir.
Au début, cependant, ils ne savaient pas quoi faire. Les OGM étaient nouveaux pour eux. Ils ont commencé par réunir les communautés environnantes qui avaient aussi pu subir une contamination, ainsi que les ONG qui étaient proches d'eux. Des ateliers ont eu lieu et des gens ont été mandatés par leurs assemblées locales pour débattre au nom de leurs communautés. La stratégie a donc été collective dès le début. C'est le premier point à relever à propos de l'expérience mexicaine.
Un point d'accord fondamental a été rapidement trouvé sur le fait que la contamination par les OGM devait être considérée comme faisant partie d'une guerre. Ce n'était pas un accident ou un problème isolé, mais cela s'intégrait dans une guerre menée contre les agriculteurs et les populations indigènes, selon leurs termes, une guerre contre le peuple du maïs. Ils devaient apporter une réponse en conséquence, en ne défendant pas seulement leurs semences, mais aussi leurs moyens d'existence, leurs cultures, leur manière de vivre dans sa globalité.
Dans un premier temps, néanmoins, il y avait peu d'idées concrètes sur la façon de décontaminer leur maïs et d'empêcher la poursuite de la contamination. Certains se sont inquiétés du fait que les communautés n'avaient peut-être pas les capacités techniques de s'occuper d'un problème aussi complexe. Mais ces communautés et les ONG travaillant avec elles avaient une solide expérience de la façon de trouver des solutions de terrain aux problèmes qui les touchaient et par conséquent, plutôt que de chercher des experts extérieurs, elles ont retourné la question dans tous les sens, sans se concentrer sur un maïs GM qu'elles ne connaissaient pas, mais en s'intéressant à leurs propres variétés de maïs, dont elles avaient une connaissance intime.
Les agriculteurs ont commencé à partager leurs connaissances sur le maïs et sur ce dont le maïs a besoin pour être sain. Le point réellement fondamental était de préserver l'existence de leur maïs, et ils devaient donc le semer et le manger. Dans de nombreuses communautés, le maïs traditionnel était en train de disparaître parce que les gens le semaient moins. La première mesure pour défendre leur maïs a donc consisté à en planter davantage. Les gens considéraient, en réponse aux OGM, que les semences étaient dangereuses quand leur histoire n'était pas connue. Il a donc été décidé que des semences ne seraient semées que si leur histoire était connue, ou quand elles provenaient d'une origine qu'ils connaissaient bien.
Au fur et à mesure que les communautés mettaient ces principes en pratique, ils ont commencé à accorder plus d'attention aux cultures dans leurs champs, et ont commencé à prendre conscience de toutes sortes de malformations graves. Ils ont testé les plants déformés et ont trouvé un taux élevé de contamination. Ils ont donc commencé à rechercher ces plants et à les arracher.
Ils savaient également que le maïs est allogame. Aussi, pour éviter une contamination par les OGM, ils leur faudrait empêcher le croisement du maïs GM avec leur maïs. Ils ont commencé à mettre en place des techniques simples, comme planter des arbres autour de leurs champs. Quelques unes des techniques qu'ils ont élaborées pourraient être appliquées partout, alors que d'autres étaient spécifiques à certaines communautés. Mais le plus important, c'était qu'ils mettaient sur pied un système pour éviter la contamination.
Il y a eu beaucoup de débats sur ce qui devait être fait des plantes contaminées. Il y avait un fort sentiment que si une variété très ancienne était dans votre famille depuis des générations et devenait soudainement contaminée, ce maïs ne pouvait tout simplement pas être détruit. Le maïs contaminé est malade et doit être soigné, pas tué. Cela peut prendre un an ou un siècle pour le soigner, mais il faut le faire parce que ce maïs fait partie de leurs communautés depuis des générations.
Les communautés paysannes du Mexique ont probablement développé les stratégies les plus approfondies de toutes les communautés confrontées à la contamination par les OGM partout dans le monde. De nombreuses leçons peuvent être retirées de leur lutte, les principales étant peut-être celles-ci :
1) La nécessité d'envisager la contamination par les OGM dans le cadre d'une attaque plus globale contre les agriculteurs et les communautés locales. Lorsque vous défendez vos cultures, vous défendez aussi votre terre et votre eau, et il faut pour cela des communautés fortes, des procédures fortes de prise de décision collective, et de solides réseaux associés à d'autres groupes au niveau national et même au niveau international. Une telle approche élargie permet à plus de gens de participer à la lutte. Même si tout le monde ne peut s'occuper des semences, chacun peut agir à son niveau.
2) L'importance de ne pas être contraint par des délais. Pour les communautés mexicaines, la contamination par les OGM fait partie d'une guerre permanente menée contre eux, et leur approche doit être à long terme et capable d'être permanente. Leur décision est de défendre leur maïs, quel que soit le temps que cela prendra. Pour eux, quand des dates limites sont introduites, les gens se retrouvent face à quelque chose qui est au-dessus de leurs moyens, et généralement on ne peut pas faire grand-chose à court terme. Ce qui amène à faire des concessions. C'est ce que les communautés mexicaines refusent de faire.
3) L'importance d'envisager un problème à partir de la perspective propre à chacun. Les communautés du Mexique ont passé beaucoup de temps dans les premiers ateliers à débattre de spiritualité et de leurs approches des divinités et de la création. Elles ont discuté des rituels qui pourraient protéger le maïs. Les intervenants extérieurs qui ont été invités à participer ont eu beaucoup de mal à expliquer les aspects techniques du génie génétique parce que le concept apparaissait vraiment absurde. Mais, à la fin, les communautés sont arrivées à une compréhension de base du génie génétique sous forme d'une méthode de prise de contrôle de leurs moyens de subsistance agricoles, et cette compréhension de base a été beaucoup plus importante que l'information technique.
4) La nécessité que les communautés maîtrisent le processus. Au Mexique, les communautés ont pu conserver la maîtrise des processus parce qu'il s'agissait de leurs propres processus depuis le tout début. Lorsqu'elles ont pris en main les tests initiaux, elles ont gardé les résultats pour elles-mêmes pendant longtemps parce qu'elles voulaient discuter d'abord entre elles des mesures à prendre. Et le fait que les décisions étaient prises collectivement, par beaucoup de gens, a permis d'éviter que d'importantes erreurs soient commises. Des erreurs seront commises dans tous les cas, mais quand beaucoup de gens participent il y a beaucoup moins de risques d'erreurs fondamentales. Quand la contamination a été découverte par des chercheurs universitaires, les processus suivis ont été totalement différents.
5) La nécessité de privilégier les luttes sociales par rapport aux luttes juridiques. Au sein des communautés mexicaines, il y a eu beaucoup de discussions sur les lois sur la biosécurité, les lois sur les semences et les autres lois concernées. Au cours d'un récent atelier consacré aux questions juridiques, un tableau chronologique a été présenté de toutes les différentes lois promulguées par le gouvernement mexicain au cours des 15-20 dernières années. À partir de ce tableau, les communautés sont arrivées à la conclusion très claire que la piste juridique n'était pas importante pour leur lutte. On peut perdre une action juridique, mais si la pression sociale est suffisante, on peut gagner d'autres manières. Pour eux, les options juridiques ne sont efficaces que lorsqu'il y a une pression sociale suffisante exercée sur les autorités. La tactique juridique n'est donc pas rejetée, mais elle n'est pas centrale.
Une invasion d'OGM illégaux dans les fermes thaïlandaises
C'est en Thaïlande, en 1999, qu'une contamination par des OGM a été signalée pour la première fois, après la découverte de la contamination d'échantillons de coton, issus de travaux de recherche sur le terrain menés par BIOTHAI et le Réseau agricole alternatif (AAN), par du coton Bt, une variété de coton génétiquement modifiée produite par Monsanto. En 2004, des tests effectués par Greenpeace ont révélé qu'une plantation d'un agriculteur local, dans la province de Khon Kaen, était contaminée par de la papaye GM. Cet agriculteur figurait parmi les 2 600 qui avaient acheté des plants de papayes auprès d'une station de recherche du Département de l'Agriculture où l'on procédait à des essais en champ sur une papaye GM. Au début, le gouvernement a nié l'existence de cultures OGM en Thaïlande, mais la contamination était si étendue qu'elle avait atteint une autre province, Ubol Ratchatani, où au moins 90 exploitations avaient aussi reçu des plants de papaye. Plus récemment, en 2007, la Faculté des sciences de l'Université de Chulalongkorn et BIOTHAI ont trouvé une contamination par les OGM dans des échantillons testés de maïs, de soja et de coton en provenance de différentes provinces du pays.
Les Thaïlandais pensent qu'une double approche est nécessaire pour résoudre cette situation. D'un côté, il faut mettre la pression sur le gouvernement pour mettre en œuvre des politiques qui préservent le pays d'une contamination par les OGM. Le Groupe de travail thaïlandais contre les OGM, coordonné par BIOTHAI, a organisé de nombreuses activités pour maintenir en vigueur le moratoire national sur les OGM. Il a envoyé des lettres-pétitions, organisé des manifestations devant des bureaux gouvernementaux, et poussé à un dialogue avec des responsables de haut niveau, notamment avec le Vice-premier ministre et les Secrétaires à la Santé et à l'Agriculture. Ces efforts ont eu un impact : le 25 décembre 2007, le gouvernement thaïlandais a annoncé ses réglementations sur les OGM qui comprennent, entre autres, des auditions publiques obligatoires avant les essais en champ, et une recommandation préconisant d'obtenir l'accord des habitants de la zone d'essai ainsi que celui des ONG indépendantes et des milieux universitaires. Du point de vue de BIOTHAI, qui mène actuellement une campagne pour élaborer une « Loi populaire sur la biosécurité », c'est une victoire importante.
D'autre part, les Thaïlandais travaillent actuellement à renforcer les capacités locales pour développer des systèmes visant à détecter la contamination et réagir à ses impacts. La fondation Khao Kwan (KKF), l'une des organisations fondatrices de l'AAN, part de la mobilisation des connaissances des agriculteurs pour identifier les semences contaminées et pour les contrôler ou les éliminer. La KKF organise des formations et des ateliers sur l'amélioration génétique et la sélection des semences, qui répondent indirectement à la contamination.
La KKF pense que les agriculteurs sont capables de remarquer quelque chose d'anormal dans leurs cultures du fait de leurs connaissances approfondies des semences et de leurs compétences pour la sélection. Qu'il s'agisse de la couleur, de la dureté ou de l'odeur, chaque variété a des particularités que les agriculteurs qui travaillent sur les semences connaissent en détail. Toute altération sera ainsi facilement détectée, même avant le début de la floraison de la plante.
« C'est le principe de l'adaptabilité locale », estime Daycha Siripatra, fondateur de la KKF. « Nous avons amené nos semences à reconnaître leur environnement et à utiliser cet environnement pour exprimer leur potentiel. Une semence étrangère, comme un OGM, ne va pas automatiquement prospérer dans notre région et, même si elle pousse, les agriculteurs pourront la remarquer immédiatement, simplement à partir de son aspect extérieur. »
Les agriculteurs philippins ripostent à la contamination
En 2002, les Philippines ont eu l'honneur et le déshonneur d'être le premier pays d'Asie à autoriser la commercialisation des OGM en approuvant la dissémination du maïs Bt de Monsanto alors que des manifestations d'opposition étaient organisées dans tout le pays. Depuis, une contamination génétique a été signalée dans les zones de culture du maïs de l'ensemble du pays.
Dans la province nord-ouest d'Isabela, une variété locale de maïs glutineux blanc, que les agriculteurs cultivent pour leur alimentation, aurait été contaminée par du maïs GM. Aucun test génétique n'a été effectué, mais les agriculteurs identifient la contamination par les grains jaunes qui apparaissent dans ce maïs normalement blanc. À Bayambang, dans le Pangasinan, les agriculteurs sèment généralement le maïs après le riz. Mais ils se plaignent maintenant d'avoir perdu pratiquement toutes les variétés de maïs traditionnelles dans la province, en raison de la contamination par le maïs hybride et GM. Ils craignent également pour leur santé, après des incidents à l'occasion desquels des enfants ont été emmenés à l'hôpital du fait de vomissements incessants après avoir accidentellement mangé du maïs GM. Il a également été signalé que la vache d'un agriculteur est tombée malade et est finalement morte après avoir été alimentée avec du maïs Bt.
Dans le Bukidnon, dans le sud des Philippines, certaines communautés réagissent à la contamination en séparant les grains jaunes à bas prix des grains blancs à prix plus élevés avant de les vendre sur le marché. Dans le Capiz, une autre importante province productrice de maïs dans les Philippines centrales, des agriculteurs disent que la presque totalité des surfaces agricoles de la province cultivées en maïs est contaminée par le maïs GM et qu'ils ne peuvent plus trouver de variétés traditionnelles pour leurs cultures.
Le MASIPAG est un réseau national d'agriculteurs doté d'un programme sur le maïs qui collecte et améliore les variétés traditionnelles dans l'ensemble du pays. Récemment, la ferme conservatoire du groupe de San Dionisio, dans l'Iloilo (non loin du Capiz), a été contaminée. Il s'agit d'une importante région productrice de maïs hybride et, environ trois ans plus tôt, la culture massive du maïs GM a commencé par le biais d'un dispositif de culture contractuelle géré par les élites locales.
Au moins trois des variétés indigènes utilisées pour la sélection par les agriculteurs dans la ferme conservatoire ont été immédiatement contaminées par le maïs GM. Au moment de la récolte, on a observé qu'il y avait des grains jaunes mélangés avec des épis de maïs de pilit-puti et de mimis, des variétés traditionnelles utilisées par les agriculteurs pour leur alimentation. La zone cultivée en maïs dans la ferme conservatoire n'était distante que de 50 à 100 mètres des exploitations de maïs les plus proches. Des bambous plantés le long d'un ruisseau servent de barrière naturelle, mais comme les champs voisins sont en pente, le réseau MASIPAG pense que du pollen provenant du maïs GM a néanmoins pu être emporté par le vent jusqu'à ces champs.
Les chercheurs de cette ferme ont indiqué qu'au cours de la première année qui a suivi l'introduction du maïs GM, ils avaient trouvé de 7 à 12 grains jaunes dans chaque épi de maïs. L'année suivante, aucun maïs n'a été semé. Cette année une petite partie de la ferme, adjacente à une autre exploitation cultivée en maïs GM, a été à nouveau semée en maïs blanc. Sur les 50 grains dénombrés dans un épi moyen, seulement 18 étaient blancs et les 32 autres étaient jaunes. Le MASIPAG a essayé d'expliquer la situation aux agriculteurs voisins, mais ceux-ci sont confrontés à des problèmes d'endettement liés au système de culture contractuelle et ils ne peuvent cesser de cultiver du maïs GM.
En 2008, le MASIPAG a organisé une réunion nationale d'évaluation sur le maïs qui a réunit des agriculteurs de tout le pays. Ils ont convenu qu'il semblait impossible de stopper la contamination et que, même si de nombreux aspects n'étaient pas encore connus, il était crucial de gérer la situation après contamination. Ils croient qu'une série d'approches est nécessaire pour préserver leurs semences. Une des propositions consiste à élaborer des indicateurs visuels pour détecter la contamination. Les indicateurs identifiés au départ sont notamment les anomalies de couleur, de taille et d'aspect des épis de maïs et les difformités dans la formation des feuilles.
Une autre idée est d'assurer un suivi collectif au niveau des communautés. Chaque agriculteur pourrait aider à déterminer qui sème du maïs GM et où. La carte serait communiquée à la communauté et permettrait aux agriculteurs de programmer leur plantation de façon à éviter la contamination. Les agriculteurs pensent qu'une isolation temporaire peut potentiellement réduire, sinon totalement éviter, une contamination par pollinisation croisée. Ils considèrent aussi que des liens plus forts entre les producteurs de maïs (et un partage des sources de semences non contaminées) de différentes provinces aideront grandement à réduire les impacts de la contamination.
Au niveau gouvernemental, toutefois, l'offensive en faveur des OGM se poursuit. Lors de la « Semaine nationale des biotechnologies 2008 », qui s'est tenue récemment, deux ministres ont souligné la nécessité d'exploiter les biotechnologies « pour donner une impulsion à la production alimentaire du pays, développer des médicaments meilleur marché mais efficaces, et moderniser la production des produits de base en utilisant des cultures à rendement plus élevé et offrant un meilleur contenu nutritionnel ». Le Secrétaire à l'Environnement, Lito Atienza, a été jusqu'à exprimer sa confiance dans les « avantages incommensurables » de l'utilisation des biotechnologies pour protéger l'environnement et résoudre les problèmes d'insuffisance alimentaire.
Pourtant, une semaine auparavant seulement, RESIST (un réseau national d'agriculteurs, d'ONG et d'universitaires) a tenu un forum pour présenter et discuter les premiers résultats de ses études de cas sur l'expérience des agriculteurs vis-à-vis des maïs Bt et Round-up Ready, dans trois provinces des principales régions agricoles du pays. Les résultats initiaux font apparaître une tendance préoccupante : le rendement et les revenus pour ces deux variétés de maïs ne se sont pas améliorés significativement (dans la plupart des cas ils étaient les mêmes qu'avec les hybrides ordinaires), mais en même temps on a observé une augmentation récurrente de l'incidence des ravageurs, de l'utilisation des produits chimiques et de l'endettement. On a également rapporté une perte de diversité génétique due à la contamination, du fait d'une plantation inconsidérée de ces maïs GM, parfois avec des subventions du programme gouvernemental pour le maïs.
Contamination des prairies canadiennes [3]
Source image : www.journalcitoyen.org/archive-5-11-2009.html
La province du Saskatchewan, dans l'Ouest du Canada, est l'une des plus principales régions du pays pour la production de blé et de canola (variété de colza), qui sont les plus importantes cultures d'exportation du Canada. Comparée aux autres provinces, elle accueille aussi un grand nombre d'agriculteurs biologiques, dont beaucoup produisent des céréales et de la canola pour les marchés d'exportation. Mais l'introduction à grande échelle des cultures GM menace leur capacité même à cultiver des produits certifiés biologiques.
Peu après l'introduction de la canola GM par Monsanto dans la province en 1996, des agriculteurs biologiques ont commencé à voir leurs produits rejetés par des acheteurs de produits biologiques parce que des tests montraient une contamination par des OGM. Aujourd'hui, avec un approvisionnement en semences conventionnelles lui-même complètement contaminé par les OGM, il est quasiment impossible de cultiver de la canola certifiée biologique dans la province. Ceci a représenté une lourde perte pour les agriculteurs biologiques, pour lesquels la canola représente une culture importante dans la rotation des cultures. Toutefois l'importance de la canola est négligeable en comparaison de celle du blé, qui est cultivé par presque tous les agriculteurs biologiques de la province. Aussi, quand en 2001 Monsanto est venu déposer une demande d'introduction d'un blé GM, les agriculteurs biologiques du Saskatchewan ont décidé de s'y opposer. Ils ont prévenu que la contamination qui résulterait certainement de la dissémination du blé GM allait faire disparaître l'agriculture biologique dans la province.
Au Canada, il n'existe aucune réglementation qui oblige les entreprises qui profitent des semences GM à rendre compte des dommages causés à autrui par leur introduction. La seule voie possible est de demander des dommages et intérêts devant les tribunaux. En 2001, le SOD (Saskatchewan Organic Directorate), le groupe de coordination des agriculteurs biologiques du Saskatchewan, a décidé d'engager une action en référé contre l'introduction du blé GM et pour obtenir indemnisation pour les pertes occasionnées par l'introduction de la canola GM. Début 2002, le SOD a officiellement lancé un recours collectif en justice (class action) contre Monsanto et Bayer. Une « class action » est une action juridique engagée par un groupe de gens, dans le cas présent tous les producteurs de céréales biologiques certifiés au Saskatchewan, contre une entité comme une entreprise. Cette action est censée faciliter l'accès à la justice pour les gens ordinaires, pour leur offrir le moyen d'être entendus par un tribunal même s'ils ne disposent pas des moyens d'une grande entreprise. Elle permet aux gens de mutualiser leurs moyens mais aussi de réduire les risques parce que, si on perd un recours collectif, on ne peut pas être condamné aux dépens, ce qui veut dire que l'on n'a pas à payer les frais de justice de la partie adverse, qui peuvent s'élever à plusieurs millions de dollars.
Pendant que sa plainte était examinée par les tribunaux, le SOD agissait également avec une large coalition de groupes aux niveaux local et national pour lutter contre l'introduction du blé GM. Ensemble, ils ont pu exercer une pression importante du public, au point que, en mai 2004, Monsanto a retiré sa demande. Le SOD a renoncé à ce moment-là à l'action en référé de son recours collectif contre le blé GM mais il a continué à demander une indemnisation pour la contamination provoquée par la canola GM.
Au Saskatchewan, un recours collectif en justice doit d'abord passer une audition pour déterminer sa légitimité, avant de pouvoir aller devant les tribunaux. Dans le cas du SOD, le juge a décidé à l'audition que le recours collectif n'était pas valable. Le SOD a ensuite fait appel de ce jugement, à la fois au niveau provincial et devant la Cour suprême du Canada, mais les deux appels ont été rejetés. La seule option juridique restante était de porter plainte par le biais d'une action individuelle, mais il a semblé que les risques étaient trop élevés et que les chances de victoire étaient trop faibles, étant donné ce qui s'était passé avec le recours collectif.
« Nous n'avons pas l'impression d'avoir complètement perdu » estime la directrice du SOD, Cathy Holtslander. « Nous avons fait beaucoup de bon travail pendant la période où l'action juridique était en cours. L'incertitude que notre affaire a créée dans le secteur industriel a peut-être amené des sociétés d'OGM à ne pas présenter de nouvelles demandes d'introduction. Les gens ont beaucoup appris sur la question de la contamination et sur la question de la responsabilité. Dans la situation actuelle, personne n'est responsable et ce sont les maillons les plus faibles de la chaîne – les agriculteurs – qui supportent les coûts. »
Actuellement, les industriels font campagne pour l'introduction d'une luzerne GM, une autre culture essentielle pour l'agriculture biologique au Saskatchewan, et le blé GM est revenu sur la scène avec l'essor des biocarburants. Le SOD et ses alliés se préparent à un autre round de la lutte.
1 – Voir l'interview vidéo réalisé par GRAIN avec Meriem Louanchi en novembre 2008 sur la situation concernant la contamination par les OGM en Algérie, grain.org/videos/?id=195
2 - GM Contamination Register Annual Report, 2008, http://tinyurl.com/79osjp
3 – La partie sur le Canada est basée sur une interview réalisée par GRAIN avec Cathy Holtslander en novembre 2008. Cet interview vidéo peut être visionnée sur le site web de GRAIN, grain.org/videos/?id=195
Source: http://www.grain.org/seedling/?id=587
http://alainet.org/active/29925
* * *
El combate a la contaminación transgénica
por GRAIN
Desde que los transgénicos se introdujeron por primera vez a mediados de la década de 1990, grupos de agricultores y ong advirtieron que contaminarían otros cultivos. Como se predijo, esto ya ocurrió. En este artículo analizamos que estrategias para combatir la contaminación están ideando en distintas partes del mundo las comunidades que la sufren.
[Los tres videos que acompañan este artículo pueden verse aquí]
Cuando se plantan cultivos genéticamente modificado (gm), el material transgénico contamina los demás cultivos. En lugares donde los cultivos transgénicos se plantan a gran escala se ha vuelto casi imposible encontrar cultivos de la misma especie que estén libres de material transgénico. Y la contaminación se esparce incluso a zonas donde los cultivos transgénicos no están oficialmente permitidos. [1] El Registro de Contaminación Transgénica, gestionado por GeneWatch del Reino Unido y Greenpeace Internacional, documentó en los últimos 10 años más de 216 casos de contaminación transgénica en 57 países, incluidos 39 casos en 2007. [2]
Monsanto y las otras empresas biotecnológicas han sabido siempre que sus cultivos transgénicos contaminan otros cultivos. Es más, esa fue parte de su estrategia para forzar al mundo a aceptar los organismos genéticamente modificados (ogm). Pero en todas partes la gente se está negando a dejarse atropellar y no acepta la modificación genética. Por eso la combaten, aun en los lugares que sufren la contaminación. De hecho, algunas comunidades que sufren esta contaminación están creando formas sofisticadas de resistencia a los cultivos transgénicos. Es común que comiencen con estrategias a corto plazo para descontaminar sus semillas locales, pero a menudo buscan el modo de fortalecer sus sistemas alimentarios y agrícolas tradicionales en el largo plazo.
Analizamos las experiencias de comunidades de distintas partes del mundo para ver cómo enfrentan la contaminación transgénica y qué perspectivas pueden ofrecer a otras personas que sufren situaciones semejantes. Cada situación es única y da origen a distintos procesos. Común a todas ellas es la importancia primordial de la acción conjunta —de las comunidades trabajando por abajo, en la base, para identificar sus propias soluciones sin depender de tribunales o gobiernos que tienden a alinearse con la industria cuando falta una fuerte presión social.
La experiencia de las comunidades de México
Para los pueblos indígenas de México y Guatemala, el maíz es la base de la vida. En la historia de la creación de los mayas, el maíz fue el único material en que los dioses pudieron infundir vida y lo utilizaron para hacer la carne de las primeras cuatro personas de la Tierra. Para otros pueblos de México, el maíz es en sí mismo una diosa. La planta ha sido el alimento fundamental de los mexicanos durante siglos, y miles de variedades brindan una gama increíble de nutrientes, sabores, consistencias, recetas y usos medicinales.
En enero de 2002, unos investigadores de la Universidad de California, en Berkeley, anunciaron que habían descubierto que las variedades locales de maíz en las montañas del estado de Oaxaca estaban contaminadas. Otras comunidades campesinas realizaron pruebas en sus propios cultivos y quedaron conmocionadas al descubrir que también mostraban contaminación. Fue un duro golpe a su cultura. No podían quedarse impávidos, había que hacer algo.
Al principio no sabían qué hacer. Los ogm eran algo nuevo. Comenzaron por unir a las comunidades cercanas que también podrían haber sufrido contaminación, y a las ong cercanas. Se organizaron talleres y las asambleas locales enviaron a sus representantes a debatir en nombre de sus comunidades. La estrategia fue colectiva desde el principio. Éste es el primer punto a señalar sobre la experiencia mexicana, en particular las comunidades indígenas y campesinas que se reconocen en la Red en Defensa del Maíz.
Un punto fundamental del acuerdo alcanzado bastante pronto por la Red en Defensa del Maíz fue que esta contaminación con transgénicos debía ser vista como parte de una guerra. No se trataba de un accidente o de un tema aislado sino parte de una guerra contra los campesinos y los pueblos indígenas —en sus palabras, una guerra contra la gente del maíz. Entonces debían responder como corresponde —defendiendo no solamente sus semillas sino sus medios de sustento, sus culturas, toda su forma de vida.
Inicialmente, sin embargo, la percepción social era que había pocas ideas prácticas de cómo descontaminar su maíz e impedir nuevos episodios de contaminación. Había gente preocupada de que tal vez las comunidades no tuvieran la capacidad técnica para manejar un problema tan complejo. Pero las comunidades agrupadas en la Red y las ong que trabajan con ellas tenían mucha experiencia en encontrar soluciones de abajo, de base, locales, a los problemas que les afectan y por eso, en lugar de buscar expertos foráneos le dieron la vuelta a la cuestión, y no se enfocaron en el maíz transgénico, al que no conocían, sino en sus propias variedades de maíz, que conocen íntimamente.
Comenzaron compartiendo sus propios saberes en torno al maíz y acerca de lo que el maíz necesita para ser y mantenerse saludable. El punto más básico era que para mantener al maíz vivo y en buenas condiciones debían sembrarlo y comerlo. En numerosas comunidades el maíz tradicional estaba desapareciendo porque la gente lo sembraba menos. El primer paso para defender su maíz, pues, era plantarlo más. Pensando en los transgénicos también fue el sentir general que cualquier semilla es peligrosa si no conocemos historial. Así que hubo acuerdo en que había que plantar las semillas únicamente cuando se conociera su historial o cuando provinieran de una fuente de confianza, que conocieran muy bien.
Al poner estos principios en práctica, las comunidades comenzaron a prestar mayor atención a los cultivos de sus campos y tomaron conciencia de cualquier tipo de malformación que presentaran. Analizaron las plantas deformadas y se encontraron con que tenían un elevado índice de contaminación, por lo que comenzaron a fijarse en plantas como ésas y a eliminarlas.
Otra cosa que las comunidades saben del maíz es que se cruza abiertamente así que, para impedir la contaminación transgénica debían evitar que el maíz transgénico se cruzara con su maíz. Comenzaron poniendo en práctica técnicas simples como plantar árboles alrededor de sus campos. Algunas de las técnicas que desarrollaron podrían ser aplicadas en cualquier lugar, mientras que otras son específicas de ciertas comunidades. Pero lo importante era que buscaron establecer un sistema para evitar la contaminación.
Hubo mucha discusión sobre qué hacer con las plantas contaminadas. Había una idea muy afianzada de que si una variedad muy antigua ha estado en tu familia durante generaciones y de repente se contamina, este maíz no debería destruirse así como así. El maíz contaminado está enfermo y necesita ser curado, no destruido. Tal vez lleve un año o 100 años curarlo, pero debe hacerse porque el maíz ha estado en las comunidades durante varias generaciones.
De todas las comunidades del mundo, las comunidades campesinas de México probablemente sean las que desarrollaron las estrategias más afinadas y profundas para enfrentar la contaminación genética. Pueden extraerse varias lecciones de su lucha, en particular de aquellas agrupadas en la Red en Defensa del Maíz y tal vez las principales sean:
1. Es necesario ver la contaminación genética como parte de un ataque más amplio a los campesinos y a las comunidades locales. Defender tus cultivos significa también defender tu tierra y tu agua, y esto exige comunidades fortalecidas, sólidos procesos colectivos de toma de decisiones, y redes firmes con otros grupos a escala nacional e incluso internacional. Un enfoque tan amplio permite una mayor participación de la gente en la lucha. Aun cuando no todos pueden cuidar las semillas, hay otras cosas que sí pueden hacer.
2. Es importante no quedar constreñidos por parámetros de tiempo. Para las comunidades mexicanas, la contaminación transgénica es parte de una guerra librada contra ellos que es permanente y por eso su enfoque debe ser de largo plazo y capaz de ser permanente. Su decisión es defender su maíz, no importa el tiempo que les consuma. Para estas comunidades cuando se introducen plazos la gente se topa con lo que no puede hacer y es generalmente poco lo que puede hacerse en el corto plazo, de manera que transa. Las comunidades mexicanas se niegan a hacer eso.
3. Es vital analizar el asunto desde nuestra propia perspectiva. Las comunidades de México dedicaron mucho tiempo en los primeros talleres a discutir sobre su espiritualidad y sus visiones sobre lo sagrado y la creación. Conversaron sobre los rituales que podrían proteger al maíz. A las personas invitadas de fuera les resultó difícil explicar los tecnicismos de la ingeniería genética, porque el concepto parecía muy absurdo. Pero, al final, las comunidades llegaron a su propio entendimiento básico de que la ingeniería genética es un método para lograr el control externo de los medios de vida agrícolas, y esta comprensión fue mucho más importante que la información técnica.
4. Es necesario que las comunidades controlen el proceso. En México las comunidades pudieron mantener el control sobre los procesos porque siempre fueron sus propios procesos. Al lograr autogestionar las pruebas iniciales se guardaron los resultados para sí durante largo tiempo porque querían discutir primero entre ellas qué pasos adoptar. Y el hecho de que las decisiones fueran tomadas colectivamente, por mucha gente, ayudó a impedir que se cometieran grandes errores. Siempre va a haber errores, pero cuando hay mucha gente involucrada las posibilidades de que se cometan errores fundamentales son mucho menores. Cuando los científicos universitarios revelaron la contaminación, los procesos seguidos fueron totalmente diferentes.
5. Es necesario privilegiar las luchas sociales por encima de las luchas legales. Entre las comunidades mexicanas se discutió mucho sobre leyes de bioseguridad, leyes de semillas y otras leyes relevantes. En un taller reciente dedicado a los procesos legales se presentó una línea de tiempo de las diversas leyes aprobadas por el gobierno mexicano en los últimos 15 a 20 años. Viendo ese escenario, las comunidades llegaron a la clara conclusión de que la vía legal no es una vía importante para su lucha. Es posible que se pierda un juicio, pero si hay suficiente presión social tal vez se gane de otras formas. Para las comunidades, las opciones legales son efectivas únicamente cuando hay una presión social considerable sobre las autoridades. Así que la táctica no está descartada, pero no es central.
Invasión transgénica ilegal en predios rurales tailandeses
En 1999 se supo que había contaminación transgénica en Tailandia, tras encontrar que algunas muestras de algodón de una investigación de campo dirigida por Biothai y la Red de Agricultura Alternativa (aan) estaban contaminadas con algodón Bt —una variedad producida por Monsanto con manipulación genética. En 2004 las pruebas realizadas por Greenpeace revelaron que la plantación de un agricultor local en la provincia de Khon Kaen estaba contaminada con papaya transgénica. Ese agricultor fue uno de los 2 600 que había comprado plántulas de papaya en la estación de investigación del Departamento de Agricultura, donde se estaban llevando a cabo ensayos de campo con papaya transgénica. Al principio el gobierno negó que se hubiera plantado cultivos transgénicos en Tailandia, pero la contaminación estaba tan generalizada que llegó a otra provincia, Ubol Ratchatani, donde por lo menos 90 predios rurales habían recibido también plántulas de papaya. Más recientemente, en 2007, la Facultad de Ciencias de la Universidad Chulalongkorn y Biothai hallaron contaminación transgénica en maíz, soja [soya] y algodón en una serie de ensayos realizados con muestras procedentes de todo el país.
Los tailandeses piensan que es necesario aplicar una estrategia a dos flancos para hacer frente a esta situación. Por un lado habría que presionar al gobierno para que implemente políticas que protejan al país de la contaminación transgénica. El Grupo de Trabajo contra los Transgénicos, de Tailandia, coordinado por Biothai, organizó numerosas actividades para mantener vigente la moratoria nacional sobre los transgénicos. Se enviaron cartas de petición, organizaron manifestaciones frente a oficinas gubernamentales e impulsaron un diálogo con funcionarios de alto rango, entre ellos el viceprimer ministro y los secretarios de Salud y Agricultura. Esos esfuerzos tuvieron su impacto: el 25 de diciembre de 2007 el gobierno tailandés anunció sus normas sobre transgénicos que incluyen, entre otras cosas, una audiencia pública obligatoria previa a cualquier ensayo de campo, y la recomendación de que debe obtenerse la aprobación de la población local de la zona del ensayo de campo, así como de ong independientes y de la comunidad académica. Desde la perspectiva de Biothai —que actualmente dirige una campaña para crear una Ley de Bioseguridad Popular— ésta fue una victoria importante.
Por otro lado, la población tailandesa trabaja por aumentar la capacidad local para crear sistemas que detecten la contaminación y enfrenten sus impactos. La Fundación Khao Kwan (kkf), una de las organizaciones fundadoras de aan, busca movilizar los saberes campesinos que puedan identificar las semillas contaminadas y controlarlas o eliminarlas. La fundación kkf emprende capacitaciones y talleres sobre cultivo y selección de semillas, que abordan indirectamente la contaminación.
kkf opina que los agricultores son capaces de notar cualquier anormalidad en sus cultivos, debido a sus profundos saberes en materia de semillas y a su pericia en seleccionarlas. Sea por el color, la dureza o el aroma, cada variedad tiene peculiaridades que los agricultores que han trabajado con las semillas conocen al detalle. Así, detectarán fácilmente cualquier alteración, aun antes de que la planta comience a florear.
Daycha Siripatra, fundador de kkf, dice: “Éste es el principio de la adaptabilidad local. Hicimos que nuestras semillas reconocieran su ambiente y utilizaran ese ambiente para expresar su potencial. Una semilla foránea, como un transgénico, no prosperará automáticamente en nuestra zona y, aún si crece, los agricultores podrán notarla enseguida, desde su aparición misma”.
Los agricultores filipinos enfrentan la contaminación
En 2002, Filipinas tuvo el (des)honor de ser el primer país de Asia en autorizar la comercialización de transgénicos, cuando aprobó la liberación del maíz Bt de Monsanto, en medio de protestas nacionales generalizadas. Desde entonces se sabe de contaminación genética en zonas de cultivo de maíz por todo el país.
En la provincia noroccidental de Isabela se informó que una variedad local de maíz glutinoso blanco cultivado por los agricultores para alimentación fue contaminada con maíz transgénico. No se han hecho pruebas genéticas pero los agricultores identifican la contaminación por los granos amarillos que aparecen en el maíz blanco. En Bayambang, Pangasinan, los agricultores suelen plantar maíz después del arroz. Pero ahora se quejan de que han perdido prácticamente todas las variedades tradicionales de maíz en la provincia debido a la contaminación con maíz híbrido y transgénico. También temen por su salud, ya que ha habido casos de niños que fueron llevados al hospital por vómitos incesantes después de haber comido accidentalmente maíz transgénico. También se supo de la vaca de un agricultor que se enfermó y finalmente murió después de haber sido alimentada con maíz Bt.
En Bukidnon, en el sur de Filipinas, algunas comunidades están respondiendo a la contaminación mediante la práctica de separar los granos amarillos, de menor precio, de los blancos, de mayor precio, antes de venderlos en el mercado. En Capiz, otra importante provincia productora de maíz en la región central de Filipinas, los agricultores dicen que casi toda la zona productora de maíz de la provincia está contaminada con maíz transgénico y que ya no pueden encontrar variedades tradicionales que cultivar.
Masipag es una red de agricultores nacionales con un programa en torno al maíz, que colecta y mejora las variedades tradicionales por todo el país. Recientemente resultó contaminado un predio agrícola del grupo en San Dionisio, Iloilio (no lejos de Capiz). La zona es gran productora de maíz híbrido y hace unos tres años comenzó el cultivo en gran escala de maíz gm mediante un programa de cultivo bajo contrato manejado por las élites locales.
Por lo menos tres variedades nativas utilizadas para cultivo agrícola en la granja del grupo se contaminaron de inmediato con maíz transgénico. En la cosecha se observó que había entreverados granos amarillos en las mazorcas de maíz de las variedades tradicionales utilizadas por los agricultores para alimento (pilit-puti y mimis). La superficie de la granja plantada con maíz estaba solamente a unos 50 a 100 metros de los más cercanos predios de maíz. Los árboles de bambú a lo largo del arroyo sirven de barreras naturales, pero como los campos vecinos están en declive, Masipag cree que el polen del maíz transgénico pudo haberse trasladado a su predio por el viento.
Los investigadores del predio de Masipag dicen que en el primer año de cultivo posterior a que se introdujera el maíz transgénico, encontraron entre 7 y 12 granos amarillos en cada mazorca de maíz. Al año siguiente no se plantó maíz. Este año volvió a plantarse nuevamente una pequeña parte del predio con maíz blanco, adyacente a otro predio plantado con maíz gm. De los 50 granos promedio contados en cada mazorca, sólo 18 eran blancos y los 32 restantes eran amarillos. Masipag intentó explicar la situación a los vecinos, pero como tienen problemas de endeudamiento por el programa de cultivo bajo contrato, no pueden dejar de plantar maíz transgénico.
En 2008, Masipag organizó una reunión nacional de evaluación del maíz que reunió a agricultores de todo el país. Concordaron en que parece imposible detener la contaminación y que, si bien todavía es mucho lo que se desconoce, es crucial lidiar con la situación post-contaminación. Consideran necesario contar con una gama de criterios para asegurar que las semillas permanezcan en sus manos. Una propuesta es crear indicadores visuales para detectar la contaminación. Algunos de los indicadores inicialmente identificados incluyen: anormalidades en el color, el tamaño y la apariencia de los granos del maíz, y deformidades en la formación de la hoja.
Otra idea es colectivizar el monitoreo por parte de la comunidad. Cada agricultor podría ayudar en el mapeo de quiénes y dónde plantan maíz transgénico. El mapa se compartiría en la comunidad y permitiría a los agricultores planear su época de siembra de manera de evitar la contaminación. Los agricultores creen que el aislamiento temporal de la siembra puede potencialmente minimizar, aunque no impedir del todo, la contaminación por polinización cruzada. También entienden que la creación de lazos más fuertes entre los productores de maíz —y el hecho de compartir fuentes de semillas no contaminadas— en diferentes provincias ayudarán mucho a minimizar los impactos de la contaminación.
Mientras tanto, continúa la presión gubernamental para promover los transgénicos. En una “Semana Nacional de la Biotecnología 2008” realizada hace poco, dos funcionarios del gabinete señalaron la necesidad de aprovechar la biotecnología “para impulsar en el país la producción de alimentos, desarrollar medicamentos más baratos pero efectivos y mejorar la producción de productos básicos utilizando cultivos de mayor rendimiento con mayor contenido nutritivo”. El secretario de Medio Ambiente, Lito Atienza, llegó a expresar su confianza en los “beneficios inconmensurables” del uso de la biotecnología en la protección del ambiente y en resolver los problemas de insuficiencia de alimentos.
Apenas una semana antes, resist —una red nacional de agricultores, ong y académicos— realizó un foro para presentar y discutir los primeros resultados de sus estudios de caso de experiencias de agricultores con maíz Bt y Round-up Ready en tres provincias de las principales regiones agrícolas del país. Los resultados iniciales señalan una tendencia preocupante: el rendimiento de esas dos variedades de maíz transgénico y los ingresos devengados de ellas no mejoraron sustancialmente (en la mayoría de los casos fue lo mismo que con los híbridos comunes), pero al mismo tiempo se observó un aumento recurrente de incidencia de plagas, utilización de productos químicos y endeudamiento. También se informó de la pérdida de diversidad genética debido a la contaminación por la siembra indiscriminada de esos maíces transgénicos, que en ocasiones recibe subvenciones del programa del gobierno para el maíz.
Contaminación de las praderas canadienses [3]
La provincia de Saskatchewan, en el occidente de Canadá, es una de las principales productoras de trigo y canola del país. Ambos son los cultivos de exportación más importantes de Canadá. Comparada con otras provincias, también alberga gran cantidad de agricultores orgánicos, muchos de los cuales producen cereales y canola para los mercados de exportación. Ahora, la introducción a gran escala de cultivos gm amenaza su capacidad de producir cultivos orgánicos certificados.
Poco después de que en 1996 Monsanto introdujera la canola transgénica en la provincia, los compradores de productos orgánicos comenzaron a rechazar cultivos orgánicos porque las pruebas mostraban su contaminación transgénica. Actualmente, cuando incluso el suministro de semillas convencionales está totalmente contaminado por transgénicos, es casi imposible cultivar canola orgánica certificada en la provincia. Esto es una gran pérdida para los agricultores orgánicos, para quienes la canola es un cultivo importante en sus rotaciones. Pero la importancia de la canola no es nada comparada con la del trigo, que cultivan casi todos los agricultores orgánicos de la provincia. En 2001, cuando Monsanto apareció con una solicitud para introducir trigo transgénico, los agricultores orgánicos de Saskatchewan decidieron manifestarse. Advirtieron públicamente que la contaminación que seguramente ocurriría como consecuencia de liberar el trigo transgénico arrasaría con la agricultura orgánica de la provincia.
En Canadá no hay regulaciones que fuercen a las empresas que se benefician de las semillas transgénicas a responsabilizarse del daño que causan. La única vía posible es llevar el caso a los tribunales reclamando daños. En 2001, sod (Saskatchewan Organic Directorate), el grupo paraguas que reúne a los agricultores orgánicos de Saskatchewan, decidió iniciar una acción legal colectiva contra la introducción de trigo transgénico que demandó compensaciones por las pérdidas resultantes de la introducción de canola transgénica. A principios de 2002, sod inició formalmente una demanda legal conjunta contra Monsanto y Bayer. Una demanda conjunta es un juicio interpuesto por un grupo de personas, en este caso todos los agricultores de cereales orgánicos certificados de Saskatchewan, contra una entidad tal como una empresa. Se supone que debe facilitar el acceso a la justicia para gente común, brindar un camino para que la gente sea escuchada en la corte, aunque no tenga los recursos de una gran empresa. Permite no solamente que las personas junten sus recursos sino que reduzcan también los riesgos, porque si uno pierde una demanda colectiva, no se pagan los costos del juicio, ni los gastos legales de la otra parte, lo que podría sumar millones de dólares.
Si bien su caso se presentó ante los tribunales, sod estuvo también muy activo con la amplia coalición de grupos que a nivel local y nacional combaten la introducción de trigo transgénico. Juntos generaron la suficiente presión pública como para que en mayo de 2004 Monsanto retirara su solicitud. En ese punto sod retiró su impugnación contra el trigo transgénico de la demanda colectiva pero continuó reclamando compensaciones por la contaminación causada por la canola transgénica.
En Saskatchewan, un juicio de demanda colectiva debe pasar primero por una audiencia para determinar si es legítimo, antes de que pueda elevarse a los tribunales. Para el caso sod, el juez de la audiencia dictaminó que la demanda colectiva no era válida. sod apeló la sentencia, a nivel provincial y ante la Suprema Corte de Canadá, pero ambas apelaciones fueron denegadas. La única opción legal que le quedaba fue presentar las demandas mediante demandas individuales, pero consideró que los riesgos eran demasiado altos y las posibilidades de éxito demasiado reducidas, dada su experiencia con la demanda colectiva.
“No sentimos que fuera una pérdida total”, dijo Cathy Holtslander, directora de sod. “Trabajamos mucho y muy bien durante el tiempo en que la acción legal estaba en marcha. La incertidumbre que creó nuestra acción en el sector empresarial bien puede haber sido la causa de que las empresas de transgénicos se abstuvieran de nuevas introducciones. La gente aprendió mucho del tema de la contaminación y la cuestión de la responsabilidad. Vieron cómo son las cosas ahora: nadie es responsable pero el eslabón más débil de la cadena —los agricultores— son quienes cargan con los costos”.
Las empresas siguen avanzando. Ahora intentan introducir alfalfa transgénica, otro cultivo esencial para la agricultura orgánica de Saskatchewan, y el trigo transgénico está nuevamente en el debate con el auge de los biocombustibles. sod y sus aliados se preparan para una nueva contienda.
1. Video de la entrevista realizada por grain a Meriem Louanchi en noviembre de 2008 sobre la contaminación transgénica en Argelia (en francés), en grain.org/videos/?id=195
2. Informe Anual de Registro de Contaminación Transgénica, 2008, http://tinyurl.com/79osjp
3. La sección de Canadá se basa en una entrevista realizada por grain a Cathy Holtslander en noviembre de 2008. Esta entrevista en video (en inglés) puede verse en el sitio web de grain, grain.org/videos/?id=195
Traducción: Raquel Nuñez para GRAIN
Fuente: GRAIN
http://www.biodiversidadla.org/content/view/full/48428
http://alainet.org/active/29918
Desde que los transgénicos se introdujeron por primera vez a mediados de la década de 1990, grupos de agricultores y ong advirtieron que contaminarían otros cultivos. Como se predijo, esto ya ocurrió. En este artículo analizamos que estrategias para combatir la contaminación están ideando en distintas partes del mundo las comunidades que la sufren.
[Los tres videos que acompañan este artículo pueden verse aquí]
Cuando se plantan cultivos genéticamente modificado (gm), el material transgénico contamina los demás cultivos. En lugares donde los cultivos transgénicos se plantan a gran escala se ha vuelto casi imposible encontrar cultivos de la misma especie que estén libres de material transgénico. Y la contaminación se esparce incluso a zonas donde los cultivos transgénicos no están oficialmente permitidos. [1] El Registro de Contaminación Transgénica, gestionado por GeneWatch del Reino Unido y Greenpeace Internacional, documentó en los últimos 10 años más de 216 casos de contaminación transgénica en 57 países, incluidos 39 casos en 2007. [2]
Monsanto y las otras empresas biotecnológicas han sabido siempre que sus cultivos transgénicos contaminan otros cultivos. Es más, esa fue parte de su estrategia para forzar al mundo a aceptar los organismos genéticamente modificados (ogm). Pero en todas partes la gente se está negando a dejarse atropellar y no acepta la modificación genética. Por eso la combaten, aun en los lugares que sufren la contaminación. De hecho, algunas comunidades que sufren esta contaminación están creando formas sofisticadas de resistencia a los cultivos transgénicos. Es común que comiencen con estrategias a corto plazo para descontaminar sus semillas locales, pero a menudo buscan el modo de fortalecer sus sistemas alimentarios y agrícolas tradicionales en el largo plazo.
Analizamos las experiencias de comunidades de distintas partes del mundo para ver cómo enfrentan la contaminación transgénica y qué perspectivas pueden ofrecer a otras personas que sufren situaciones semejantes. Cada situación es única y da origen a distintos procesos. Común a todas ellas es la importancia primordial de la acción conjunta —de las comunidades trabajando por abajo, en la base, para identificar sus propias soluciones sin depender de tribunales o gobiernos que tienden a alinearse con la industria cuando falta una fuerte presión social.
La experiencia de las comunidades de México
Para los pueblos indígenas de México y Guatemala, el maíz es la base de la vida. En la historia de la creación de los mayas, el maíz fue el único material en que los dioses pudieron infundir vida y lo utilizaron para hacer la carne de las primeras cuatro personas de la Tierra. Para otros pueblos de México, el maíz es en sí mismo una diosa. La planta ha sido el alimento fundamental de los mexicanos durante siglos, y miles de variedades brindan una gama increíble de nutrientes, sabores, consistencias, recetas y usos medicinales.
En enero de 2002, unos investigadores de la Universidad de California, en Berkeley, anunciaron que habían descubierto que las variedades locales de maíz en las montañas del estado de Oaxaca estaban contaminadas. Otras comunidades campesinas realizaron pruebas en sus propios cultivos y quedaron conmocionadas al descubrir que también mostraban contaminación. Fue un duro golpe a su cultura. No podían quedarse impávidos, había que hacer algo.
Al principio no sabían qué hacer. Los ogm eran algo nuevo. Comenzaron por unir a las comunidades cercanas que también podrían haber sufrido contaminación, y a las ong cercanas. Se organizaron talleres y las asambleas locales enviaron a sus representantes a debatir en nombre de sus comunidades. La estrategia fue colectiva desde el principio. Éste es el primer punto a señalar sobre la experiencia mexicana, en particular las comunidades indígenas y campesinas que se reconocen en la Red en Defensa del Maíz.
Un punto fundamental del acuerdo alcanzado bastante pronto por la Red en Defensa del Maíz fue que esta contaminación con transgénicos debía ser vista como parte de una guerra. No se trataba de un accidente o de un tema aislado sino parte de una guerra contra los campesinos y los pueblos indígenas —en sus palabras, una guerra contra la gente del maíz. Entonces debían responder como corresponde —defendiendo no solamente sus semillas sino sus medios de sustento, sus culturas, toda su forma de vida.
Inicialmente, sin embargo, la percepción social era que había pocas ideas prácticas de cómo descontaminar su maíz e impedir nuevos episodios de contaminación. Había gente preocupada de que tal vez las comunidades no tuvieran la capacidad técnica para manejar un problema tan complejo. Pero las comunidades agrupadas en la Red y las ong que trabajan con ellas tenían mucha experiencia en encontrar soluciones de abajo, de base, locales, a los problemas que les afectan y por eso, en lugar de buscar expertos foráneos le dieron la vuelta a la cuestión, y no se enfocaron en el maíz transgénico, al que no conocían, sino en sus propias variedades de maíz, que conocen íntimamente.
Comenzaron compartiendo sus propios saberes en torno al maíz y acerca de lo que el maíz necesita para ser y mantenerse saludable. El punto más básico era que para mantener al maíz vivo y en buenas condiciones debían sembrarlo y comerlo. En numerosas comunidades el maíz tradicional estaba desapareciendo porque la gente lo sembraba menos. El primer paso para defender su maíz, pues, era plantarlo más. Pensando en los transgénicos también fue el sentir general que cualquier semilla es peligrosa si no conocemos historial. Así que hubo acuerdo en que había que plantar las semillas únicamente cuando se conociera su historial o cuando provinieran de una fuente de confianza, que conocieran muy bien.
Al poner estos principios en práctica, las comunidades comenzaron a prestar mayor atención a los cultivos de sus campos y tomaron conciencia de cualquier tipo de malformación que presentaran. Analizaron las plantas deformadas y se encontraron con que tenían un elevado índice de contaminación, por lo que comenzaron a fijarse en plantas como ésas y a eliminarlas.
Otra cosa que las comunidades saben del maíz es que se cruza abiertamente así que, para impedir la contaminación transgénica debían evitar que el maíz transgénico se cruzara con su maíz. Comenzaron poniendo en práctica técnicas simples como plantar árboles alrededor de sus campos. Algunas de las técnicas que desarrollaron podrían ser aplicadas en cualquier lugar, mientras que otras son específicas de ciertas comunidades. Pero lo importante era que buscaron establecer un sistema para evitar la contaminación.
Hubo mucha discusión sobre qué hacer con las plantas contaminadas. Había una idea muy afianzada de que si una variedad muy antigua ha estado en tu familia durante generaciones y de repente se contamina, este maíz no debería destruirse así como así. El maíz contaminado está enfermo y necesita ser curado, no destruido. Tal vez lleve un año o 100 años curarlo, pero debe hacerse porque el maíz ha estado en las comunidades durante varias generaciones.
De todas las comunidades del mundo, las comunidades campesinas de México probablemente sean las que desarrollaron las estrategias más afinadas y profundas para enfrentar la contaminación genética. Pueden extraerse varias lecciones de su lucha, en particular de aquellas agrupadas en la Red en Defensa del Maíz y tal vez las principales sean:
1. Es necesario ver la contaminación genética como parte de un ataque más amplio a los campesinos y a las comunidades locales. Defender tus cultivos significa también defender tu tierra y tu agua, y esto exige comunidades fortalecidas, sólidos procesos colectivos de toma de decisiones, y redes firmes con otros grupos a escala nacional e incluso internacional. Un enfoque tan amplio permite una mayor participación de la gente en la lucha. Aun cuando no todos pueden cuidar las semillas, hay otras cosas que sí pueden hacer.
2. Es importante no quedar constreñidos por parámetros de tiempo. Para las comunidades mexicanas, la contaminación transgénica es parte de una guerra librada contra ellos que es permanente y por eso su enfoque debe ser de largo plazo y capaz de ser permanente. Su decisión es defender su maíz, no importa el tiempo que les consuma. Para estas comunidades cuando se introducen plazos la gente se topa con lo que no puede hacer y es generalmente poco lo que puede hacerse en el corto plazo, de manera que transa. Las comunidades mexicanas se niegan a hacer eso.
3. Es vital analizar el asunto desde nuestra propia perspectiva. Las comunidades de México dedicaron mucho tiempo en los primeros talleres a discutir sobre su espiritualidad y sus visiones sobre lo sagrado y la creación. Conversaron sobre los rituales que podrían proteger al maíz. A las personas invitadas de fuera les resultó difícil explicar los tecnicismos de la ingeniería genética, porque el concepto parecía muy absurdo. Pero, al final, las comunidades llegaron a su propio entendimiento básico de que la ingeniería genética es un método para lograr el control externo de los medios de vida agrícolas, y esta comprensión fue mucho más importante que la información técnica.
4. Es necesario que las comunidades controlen el proceso. En México las comunidades pudieron mantener el control sobre los procesos porque siempre fueron sus propios procesos. Al lograr autogestionar las pruebas iniciales se guardaron los resultados para sí durante largo tiempo porque querían discutir primero entre ellas qué pasos adoptar. Y el hecho de que las decisiones fueran tomadas colectivamente, por mucha gente, ayudó a impedir que se cometieran grandes errores. Siempre va a haber errores, pero cuando hay mucha gente involucrada las posibilidades de que se cometan errores fundamentales son mucho menores. Cuando los científicos universitarios revelaron la contaminación, los procesos seguidos fueron totalmente diferentes.
5. Es necesario privilegiar las luchas sociales por encima de las luchas legales. Entre las comunidades mexicanas se discutió mucho sobre leyes de bioseguridad, leyes de semillas y otras leyes relevantes. En un taller reciente dedicado a los procesos legales se presentó una línea de tiempo de las diversas leyes aprobadas por el gobierno mexicano en los últimos 15 a 20 años. Viendo ese escenario, las comunidades llegaron a la clara conclusión de que la vía legal no es una vía importante para su lucha. Es posible que se pierda un juicio, pero si hay suficiente presión social tal vez se gane de otras formas. Para las comunidades, las opciones legales son efectivas únicamente cuando hay una presión social considerable sobre las autoridades. Así que la táctica no está descartada, pero no es central.
Invasión transgénica ilegal en predios rurales tailandeses
En 1999 se supo que había contaminación transgénica en Tailandia, tras encontrar que algunas muestras de algodón de una investigación de campo dirigida por Biothai y la Red de Agricultura Alternativa (aan) estaban contaminadas con algodón Bt —una variedad producida por Monsanto con manipulación genética. En 2004 las pruebas realizadas por Greenpeace revelaron que la plantación de un agricultor local en la provincia de Khon Kaen estaba contaminada con papaya transgénica. Ese agricultor fue uno de los 2 600 que había comprado plántulas de papaya en la estación de investigación del Departamento de Agricultura, donde se estaban llevando a cabo ensayos de campo con papaya transgénica. Al principio el gobierno negó que se hubiera plantado cultivos transgénicos en Tailandia, pero la contaminación estaba tan generalizada que llegó a otra provincia, Ubol Ratchatani, donde por lo menos 90 predios rurales habían recibido también plántulas de papaya. Más recientemente, en 2007, la Facultad de Ciencias de la Universidad Chulalongkorn y Biothai hallaron contaminación transgénica en maíz, soja [soya] y algodón en una serie de ensayos realizados con muestras procedentes de todo el país.
Los tailandeses piensan que es necesario aplicar una estrategia a dos flancos para hacer frente a esta situación. Por un lado habría que presionar al gobierno para que implemente políticas que protejan al país de la contaminación transgénica. El Grupo de Trabajo contra los Transgénicos, de Tailandia, coordinado por Biothai, organizó numerosas actividades para mantener vigente la moratoria nacional sobre los transgénicos. Se enviaron cartas de petición, organizaron manifestaciones frente a oficinas gubernamentales e impulsaron un diálogo con funcionarios de alto rango, entre ellos el viceprimer ministro y los secretarios de Salud y Agricultura. Esos esfuerzos tuvieron su impacto: el 25 de diciembre de 2007 el gobierno tailandés anunció sus normas sobre transgénicos que incluyen, entre otras cosas, una audiencia pública obligatoria previa a cualquier ensayo de campo, y la recomendación de que debe obtenerse la aprobación de la población local de la zona del ensayo de campo, así como de ong independientes y de la comunidad académica. Desde la perspectiva de Biothai —que actualmente dirige una campaña para crear una Ley de Bioseguridad Popular— ésta fue una victoria importante.
Por otro lado, la población tailandesa trabaja por aumentar la capacidad local para crear sistemas que detecten la contaminación y enfrenten sus impactos. La Fundación Khao Kwan (kkf), una de las organizaciones fundadoras de aan, busca movilizar los saberes campesinos que puedan identificar las semillas contaminadas y controlarlas o eliminarlas. La fundación kkf emprende capacitaciones y talleres sobre cultivo y selección de semillas, que abordan indirectamente la contaminación.
kkf opina que los agricultores son capaces de notar cualquier anormalidad en sus cultivos, debido a sus profundos saberes en materia de semillas y a su pericia en seleccionarlas. Sea por el color, la dureza o el aroma, cada variedad tiene peculiaridades que los agricultores que han trabajado con las semillas conocen al detalle. Así, detectarán fácilmente cualquier alteración, aun antes de que la planta comience a florear.
Daycha Siripatra, fundador de kkf, dice: “Éste es el principio de la adaptabilidad local. Hicimos que nuestras semillas reconocieran su ambiente y utilizaran ese ambiente para expresar su potencial. Una semilla foránea, como un transgénico, no prosperará automáticamente en nuestra zona y, aún si crece, los agricultores podrán notarla enseguida, desde su aparición misma”.
Los agricultores filipinos enfrentan la contaminación
En 2002, Filipinas tuvo el (des)honor de ser el primer país de Asia en autorizar la comercialización de transgénicos, cuando aprobó la liberación del maíz Bt de Monsanto, en medio de protestas nacionales generalizadas. Desde entonces se sabe de contaminación genética en zonas de cultivo de maíz por todo el país.
En la provincia noroccidental de Isabela se informó que una variedad local de maíz glutinoso blanco cultivado por los agricultores para alimentación fue contaminada con maíz transgénico. No se han hecho pruebas genéticas pero los agricultores identifican la contaminación por los granos amarillos que aparecen en el maíz blanco. En Bayambang, Pangasinan, los agricultores suelen plantar maíz después del arroz. Pero ahora se quejan de que han perdido prácticamente todas las variedades tradicionales de maíz en la provincia debido a la contaminación con maíz híbrido y transgénico. También temen por su salud, ya que ha habido casos de niños que fueron llevados al hospital por vómitos incesantes después de haber comido accidentalmente maíz transgénico. También se supo de la vaca de un agricultor que se enfermó y finalmente murió después de haber sido alimentada con maíz Bt.
En Bukidnon, en el sur de Filipinas, algunas comunidades están respondiendo a la contaminación mediante la práctica de separar los granos amarillos, de menor precio, de los blancos, de mayor precio, antes de venderlos en el mercado. En Capiz, otra importante provincia productora de maíz en la región central de Filipinas, los agricultores dicen que casi toda la zona productora de maíz de la provincia está contaminada con maíz transgénico y que ya no pueden encontrar variedades tradicionales que cultivar.
Masipag es una red de agricultores nacionales con un programa en torno al maíz, que colecta y mejora las variedades tradicionales por todo el país. Recientemente resultó contaminado un predio agrícola del grupo en San Dionisio, Iloilio (no lejos de Capiz). La zona es gran productora de maíz híbrido y hace unos tres años comenzó el cultivo en gran escala de maíz gm mediante un programa de cultivo bajo contrato manejado por las élites locales.
Por lo menos tres variedades nativas utilizadas para cultivo agrícola en la granja del grupo se contaminaron de inmediato con maíz transgénico. En la cosecha se observó que había entreverados granos amarillos en las mazorcas de maíz de las variedades tradicionales utilizadas por los agricultores para alimento (pilit-puti y mimis). La superficie de la granja plantada con maíz estaba solamente a unos 50 a 100 metros de los más cercanos predios de maíz. Los árboles de bambú a lo largo del arroyo sirven de barreras naturales, pero como los campos vecinos están en declive, Masipag cree que el polen del maíz transgénico pudo haberse trasladado a su predio por el viento.
Los investigadores del predio de Masipag dicen que en el primer año de cultivo posterior a que se introdujera el maíz transgénico, encontraron entre 7 y 12 granos amarillos en cada mazorca de maíz. Al año siguiente no se plantó maíz. Este año volvió a plantarse nuevamente una pequeña parte del predio con maíz blanco, adyacente a otro predio plantado con maíz gm. De los 50 granos promedio contados en cada mazorca, sólo 18 eran blancos y los 32 restantes eran amarillos. Masipag intentó explicar la situación a los vecinos, pero como tienen problemas de endeudamiento por el programa de cultivo bajo contrato, no pueden dejar de plantar maíz transgénico.
En 2008, Masipag organizó una reunión nacional de evaluación del maíz que reunió a agricultores de todo el país. Concordaron en que parece imposible detener la contaminación y que, si bien todavía es mucho lo que se desconoce, es crucial lidiar con la situación post-contaminación. Consideran necesario contar con una gama de criterios para asegurar que las semillas permanezcan en sus manos. Una propuesta es crear indicadores visuales para detectar la contaminación. Algunos de los indicadores inicialmente identificados incluyen: anormalidades en el color, el tamaño y la apariencia de los granos del maíz, y deformidades en la formación de la hoja.
Otra idea es colectivizar el monitoreo por parte de la comunidad. Cada agricultor podría ayudar en el mapeo de quiénes y dónde plantan maíz transgénico. El mapa se compartiría en la comunidad y permitiría a los agricultores planear su época de siembra de manera de evitar la contaminación. Los agricultores creen que el aislamiento temporal de la siembra puede potencialmente minimizar, aunque no impedir del todo, la contaminación por polinización cruzada. También entienden que la creación de lazos más fuertes entre los productores de maíz —y el hecho de compartir fuentes de semillas no contaminadas— en diferentes provincias ayudarán mucho a minimizar los impactos de la contaminación.
Mientras tanto, continúa la presión gubernamental para promover los transgénicos. En una “Semana Nacional de la Biotecnología 2008” realizada hace poco, dos funcionarios del gabinete señalaron la necesidad de aprovechar la biotecnología “para impulsar en el país la producción de alimentos, desarrollar medicamentos más baratos pero efectivos y mejorar la producción de productos básicos utilizando cultivos de mayor rendimiento con mayor contenido nutritivo”. El secretario de Medio Ambiente, Lito Atienza, llegó a expresar su confianza en los “beneficios inconmensurables” del uso de la biotecnología en la protección del ambiente y en resolver los problemas de insuficiencia de alimentos.
Apenas una semana antes, resist —una red nacional de agricultores, ong y académicos— realizó un foro para presentar y discutir los primeros resultados de sus estudios de caso de experiencias de agricultores con maíz Bt y Round-up Ready en tres provincias de las principales regiones agrícolas del país. Los resultados iniciales señalan una tendencia preocupante: el rendimiento de esas dos variedades de maíz transgénico y los ingresos devengados de ellas no mejoraron sustancialmente (en la mayoría de los casos fue lo mismo que con los híbridos comunes), pero al mismo tiempo se observó un aumento recurrente de incidencia de plagas, utilización de productos químicos y endeudamiento. También se informó de la pérdida de diversidad genética debido a la contaminación por la siembra indiscriminada de esos maíces transgénicos, que en ocasiones recibe subvenciones del programa del gobierno para el maíz.
Contaminación de las praderas canadienses [3]
La provincia de Saskatchewan, en el occidente de Canadá, es una de las principales productoras de trigo y canola del país. Ambos son los cultivos de exportación más importantes de Canadá. Comparada con otras provincias, también alberga gran cantidad de agricultores orgánicos, muchos de los cuales producen cereales y canola para los mercados de exportación. Ahora, la introducción a gran escala de cultivos gm amenaza su capacidad de producir cultivos orgánicos certificados.
Poco después de que en 1996 Monsanto introdujera la canola transgénica en la provincia, los compradores de productos orgánicos comenzaron a rechazar cultivos orgánicos porque las pruebas mostraban su contaminación transgénica. Actualmente, cuando incluso el suministro de semillas convencionales está totalmente contaminado por transgénicos, es casi imposible cultivar canola orgánica certificada en la provincia. Esto es una gran pérdida para los agricultores orgánicos, para quienes la canola es un cultivo importante en sus rotaciones. Pero la importancia de la canola no es nada comparada con la del trigo, que cultivan casi todos los agricultores orgánicos de la provincia. En 2001, cuando Monsanto apareció con una solicitud para introducir trigo transgénico, los agricultores orgánicos de Saskatchewan decidieron manifestarse. Advirtieron públicamente que la contaminación que seguramente ocurriría como consecuencia de liberar el trigo transgénico arrasaría con la agricultura orgánica de la provincia.
En Canadá no hay regulaciones que fuercen a las empresas que se benefician de las semillas transgénicas a responsabilizarse del daño que causan. La única vía posible es llevar el caso a los tribunales reclamando daños. En 2001, sod (Saskatchewan Organic Directorate), el grupo paraguas que reúne a los agricultores orgánicos de Saskatchewan, decidió iniciar una acción legal colectiva contra la introducción de trigo transgénico que demandó compensaciones por las pérdidas resultantes de la introducción de canola transgénica. A principios de 2002, sod inició formalmente una demanda legal conjunta contra Monsanto y Bayer. Una demanda conjunta es un juicio interpuesto por un grupo de personas, en este caso todos los agricultores de cereales orgánicos certificados de Saskatchewan, contra una entidad tal como una empresa. Se supone que debe facilitar el acceso a la justicia para gente común, brindar un camino para que la gente sea escuchada en la corte, aunque no tenga los recursos de una gran empresa. Permite no solamente que las personas junten sus recursos sino que reduzcan también los riesgos, porque si uno pierde una demanda colectiva, no se pagan los costos del juicio, ni los gastos legales de la otra parte, lo que podría sumar millones de dólares.
Si bien su caso se presentó ante los tribunales, sod estuvo también muy activo con la amplia coalición de grupos que a nivel local y nacional combaten la introducción de trigo transgénico. Juntos generaron la suficiente presión pública como para que en mayo de 2004 Monsanto retirara su solicitud. En ese punto sod retiró su impugnación contra el trigo transgénico de la demanda colectiva pero continuó reclamando compensaciones por la contaminación causada por la canola transgénica.
En Saskatchewan, un juicio de demanda colectiva debe pasar primero por una audiencia para determinar si es legítimo, antes de que pueda elevarse a los tribunales. Para el caso sod, el juez de la audiencia dictaminó que la demanda colectiva no era válida. sod apeló la sentencia, a nivel provincial y ante la Suprema Corte de Canadá, pero ambas apelaciones fueron denegadas. La única opción legal que le quedaba fue presentar las demandas mediante demandas individuales, pero consideró que los riesgos eran demasiado altos y las posibilidades de éxito demasiado reducidas, dada su experiencia con la demanda colectiva.
“No sentimos que fuera una pérdida total”, dijo Cathy Holtslander, directora de sod. “Trabajamos mucho y muy bien durante el tiempo en que la acción legal estaba en marcha. La incertidumbre que creó nuestra acción en el sector empresarial bien puede haber sido la causa de que las empresas de transgénicos se abstuvieran de nuevas introducciones. La gente aprendió mucho del tema de la contaminación y la cuestión de la responsabilidad. Vieron cómo son las cosas ahora: nadie es responsable pero el eslabón más débil de la cadena —los agricultores— son quienes cargan con los costos”.
Las empresas siguen avanzando. Ahora intentan introducir alfalfa transgénica, otro cultivo esencial para la agricultura orgánica de Saskatchewan, y el trigo transgénico está nuevamente en el debate con el auge de los biocombustibles. sod y sus aliados se preparan para una nueva contienda.
1. Video de la entrevista realizada por grain a Meriem Louanchi en noviembre de 2008 sobre la contaminación transgénica en Argelia (en francés), en grain.org/videos/?id=195
2. Informe Anual de Registro de Contaminación Transgénica, 2008, http://tinyurl.com/79osjp
3. La sección de Canadá se basa en una entrevista realizada por grain a Cathy Holtslander en noviembre de 2008. Esta entrevista en video (en inglés) puede verse en el sitio web de grain, grain.org/videos/?id=195
Traducción: Raquel Nuñez para GRAIN
Fuente: GRAIN
http://www.biodiversidadla.org/content/view/full/48428
http://alainet.org/active/29918




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