(Uruguay, 1920 - 2009)
(versions française et espagnole)
"Amour, depuis l'ombre, depuis la douleur, Amour, je t'appelle"
Lettre II
Tu es loin et au sud
Là-bas il n'est pas quatre heures.
Appuyé dans ta chaise
penché sur la table de café
de ta chambre
jeté dans un lit
le tien ou celui de quelqu'un
que je voudrais effacer
-je pense à toi et non pas à ceux qui cherchent
chez toi le même que je veux-.
Il y a déjà une heure que je pense à toi
Peut-être une demi-heure
je ne sais pas.
Quand la lumière finit
je saurai qu'il sera neuf heures
j'étirerai le couvre-lit
Je me mettrai le tailleur noir
Et me donnerai un coup de peigne.
J'irai dîner
c'est clair.
Mais à un moment donné
Je me retournerai à cette chambre
me jetterai dans le lit
Et alors ton souvenir
Que dis-je
mon souhait de te voir
que tu me regardes
ta présence d'homme qui me manque dans la vie
ils se mettront
comme maintenant tu te mets à l'après-midi
qui est déjà nuit
à être
la seule chose
qui m'importe au monde.
© Traduction de l’espagnol faite pour http://www.cristinacastello.com/
* * *
"Amor, desde la sombra, desde el dolor, amor, te estoy llamando"
Carta II
Estás lejos y al sur
allí no son las cuatro.
Recostado en tu silla
apoyado en la mesa del café
de tu cuarto
tirado en una cama
la tuya o la de alguien
que quisiera borrar
-estoy pensando en ti no en quienes buscan
a tu lado lo mismo que yo quiero-.
Estoy pensando en ti ya hace una hora
tal vez media
no sé.
Cuando la luz se acabe
sabré que son las nueve
estiraré la colcha
me pondré el traje negro
y me pasaré el peine.
Iré a cenar
es claro.
Pero en algún momento
me volveré a este cuarto
me tiraré en la cama
y entonces tu recuerdo
qué digo
mi deseo de verte
que me mires
tu presencia de hombre que me falta en la vida
se pondrán
como ahora te pones en la tarde
que ya es la noche
a ser
la sola única cosa
que me importa en el mundo.


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