vendredi 1 mai 2009

NUIT MYSTIQUE

par Athanase Vantchev de Thracy


NUIT MYSTIQUE


(© Miguel Ocampo -«Vert va-et-vient» )
« Soutenez-moi avec des fleurs, environnez-moi de pommes, car je languis d'amour »
Cantique des cantiques, II, 5

Je pense clairement
Et tout est obscur alentours, ô mon âme:
Cette nuit d'intelligence,
Cette vue de ce qui ne peut se voir,
L'étreinte spirituelle tant espérée,
Les noces pathétiques des amants.

Des hauts murs d'émeraude
S'élèvent à couper le souffle
Autour du cœur exalté
Et la pierre qui a reçu la lumière
Qui ne se couche jamais
Pèse sur ma mémoire amoureuse.

Élan, tension, impulsion,
Infusion heureuse de l'éternité
Dans les prunelles.

Nuit des sens, nuit de l'esprit,
Ténèbres éblouissantes,
Lumière de lumière,
Lumière !

Ô theia nux,
Ô nuit divine
Telle que l'a connue
Saint Narcisse de Jérusalem,
Nuit quand aimer et connaître
Ne sont plus qu'une seule
Et même chose,

Seule et même chose,
Ô mon Dieu !

Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Germain-en-Laye, ce dimanche 1er avril, Anno Domini MMVII
Glose :

Ô theia nux : expression grecque qui signifie “divine nuit”.

Saint Narcisse ou Narcisque de Jérusalem (IIe siècle ap. J.-C.) : d'origine inconnue, Narcisse a dû succéder à l'évêque Dolichianus vers 185. Ce devait être un homme déjà âgé, octogénaire selon la tradition. On le voit, dans la dernière décennie du siècle, conjointement avec Théophile de Césarée, réunir un synode d'évêques palestiniens pour réaffirmer leur attachement à la tradition quartodécimane face aux prétentions du pape Victor, qui voudrait imposer à toute la chrétienté la célébration dominicale de Pâques. Un court texte cité par Eusèbe, où il est question de l'accord permanent entre Palestiniens et Alexandrins sur cette question, constitue peut-être un extrait de la réponse de Narcissse et de ses collègues à Victor.

Pour le reste, sa vie est encombrée de légendes.

Le miracle de l'huile :

Narcisse dut être un évêque populaire. On lui a prêté de nombreux miracles. Une année, au grand désespoir des fidèles, l'huile vint à manquer pour illuminer le sanctuaire lors de la veillée de Pâques. Narcisse commanda aux diacres d'aller puiser de l'eau, se mit en prière, puis, « avec une foi sincère dans le Seigneur », fit verser l'eau dans les lampes. Elle se changea aussitôt en huile. Au temps d'Eusèbe encore, on conservait à Jérusalem un peu de cette huile miraculeuse pour témoigner des vertus du saint évêque.

La légende a toute chance d'être d'origine locale, car l'usage de faire brûler de l'huile consacrée dans les lampes paraît être, à cette époque au moins, propre aux Églises palestiniennes.

Narcisse est honoré comme un saint dans l'ensemble des Églises orientales. Le martyrologe romain, à son tour, l'a accueilli à la date du 29 oc-tobre.


* * *

NOCHE MÍSTICA

« Sustentadme con frascos, corroboradme con manzanas, porque estoy enfermo de amor »
Cántico de los cánticos, II, 5

Pienso claramente
Y todo es obscuro en derredor, ¡oh alma mía!
Esta noche de inteligencia
Este ver lo que no se puede ver,
El abrazo espiritual tan esperado
Las bodas patéticas de los amantes.

Altos muros de esmeralda
Se alzan quitando el aliento
En torno al corazón exaltado
Y la piedra que recibió la luz
Que nunca tiene ocaso
Abruma mi memoria amorosa.

Arrebato, tensión, impulso
Dichosa infusión de la eternidad
En las pupilas.

Noche de los sentidos, noche del espíritu,
Tinieblas deslumbrantes,
Luz de luz,
¡Luz!

¡Oh! theia nux
¡Oh! noche divina
Tal como la conoció
San Narciso de Jerusalén,
Noche en que amar y conocer
Ya no son más que una sola
Y misma cosa

Sola y misma cosa,
¡Oh Dios mío!

Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Germain-en-Laye, en este Domingo 1° de abril, Anno Domini MMVII

¡Oh! theia nux: expresión griega que significa “divina noche”

San Narciso o Narcisco de Jerusalén (siglo II después de J.-C.): al parecer, Narciso, de origen desconocido, sucedió al obispo Dolichianus, hacia el año 185. Ya sería un anciano, octogenario según la tradición. Se le ve, en el último decenio del siglo, junto con Teófilo de Cesárea, reuniendo un sínodo de obispos palestinos para reafirmar su apego a la tradición cuartodecimana frente a las pretensiones del papa Víctor, quien hubiera querido imponer a toda la cristiandad la celebración dominical de la Pascua. Un texto corto citado por Eusebio, donde se trata de un acuerdo permanente entre Palestinos y Alejandrinos sobre aquel tema, tal vez sea un fragmento de la respuesta de Narciso y sus colegas a Víctor.

Por lo demás, su vida está atestada de leyendas.

El milagro del aceite:

Narciso fue sin duda un obispo popular. Se le atribuyó numerosos milagros. Cierto año, con gran desespero de los fieles, llegó a faltar el aceite para iluminar el santuario para la vigilia de la Pascua. Narciso encargó a los diáconos que fueran a sacar agua, se puso en oración, y después, « con sincera fe en el Señor », dijo que vertieran el agua en las lámparas. En seguida se cambió ésta en aceite. En tiempos de Eusebio, todavía se conservaba en Jerusalén un poco de este aceite milagroso para atestiguar las virtudes del santo obispo.

Es muy probable que la leyenda tenga un origen local, puesto que la costumbre de quemar el aceite consagrado en las lámparas parece ser, por lo menos en aquella época, propia de las Iglesias palestinas.

En las Iglesias orientales, a Narciso se le honra como santo. A su vez, el martirologio romano, le acogió en la fecha del 29 de octubre.

Traducido del francés, en colaboración estrecha, por
Pedro Vianna y Denise Peyroche

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