Pendant que les pays riches s’inquiètent des conséquences de la crise financière, la faim continue de tuer dans les pays pauvres. Le programme du millénaire, mis en place par l’ONU devait la vaincre, mais en réalité, la famine progresse. Les causes de ce drame sont à rechercher dans les politiques publiques inspirées par le FMI et la Banque mondiale, dans la spéculation, et bien sûr dans le phénomène de la dette, observent Damien Millet et Éric Toussaint du CADTM.
« Nature morte aux figues » , par Luis Eugenio Melendez
Comment expliquer qu’on soit toujours confronté à la faim au 21ème siècle ? Un habitant de la planète sur sept souffre de la faim en permanence. Qu’est-ce qui a provoqué la crise alimentaire de 2007-2008 ?
L’augmentation de la faim dans le monde n’est pas due pour le moment au changement climatique. Mais ce facteur aura des conséquences très négatives dans l’avenir en termes de production dans certaines régions du monde, en particulier les zones tropicales et subtropicales. La production agricole dans les zones tempérées devrait être moins touchée.
Est-il possible d’éradiquer la faim ?
Il est important de souligner que le FMI et surtout la Banque mondiale ont d’énormes responsabilités dans la crise alimentaire car ils ont recommandé aux gouvernements du Sud de supprimer les silos à grains qui servaient à alimenter le marché intérieur en cas d’insuffisance de l’offre et/ou d’explosion des prix. La Banque mondiale et le FMI ont poussé les gouvernements du Sud à supprimer les organismes de crédit public aux paysans et ont poussé ceux-ci dans les griffes des prêteurs privés (souvent de grands commerçants) ou des banques privées qui pratiquent des taux usuriers. Cela a provoqué l’endettement massif des petits paysans, que ce soit en Inde, au Nicaragua, au Mexique, en Égypte ou dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Selon les enquêtes officielles, le surendettement des paysans qui touche les paysans indiens est la cause principale du suicide de 150 000 paysans en Inde au cours des dix dernières années. C’est un pays où précisément la Banque mondiale s’est employée avec succès à convaincre les autorités de supprimer les agences publiques de crédit aux agriculteurs. Et ce n’est pas tout : au cours des 40 dernières années, la Banque mondiale et le FMI ont aussi poussé les pays tropicaux à réduire leur production de blé, de riz ou de maïs pour les remplacer par des cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, fleurs…). Enfin, pour parachever leur travail en faveur des grandes sociétés de l’agrobusiness et des grands pays exportateurs de céréales (en commençant par les États-Unis, le Canada et l’Europe occidentale), ils ont poussé les gouvernements à ouvrir toutes grandes les frontières aux importations de nourriture qui bénéficient de subventions massives de la part des gouvernements du Nord, ce qui a provoqué la faillite de nombreux producteurs du Sud et une très forte réduction de la production vivrière locale.
En résumé, il est nécessaire de mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et la réforme agraire. Il faut abandonner la production des agro-carburants industriels et bannir les subventions publiques à ceux qui les produisent. Il faut également recréer au Sud des stocks publics de réserves d’aliments (en particulier de grains : riz, blé, maïs…), (re)créer des organismes publics de crédit aux agriculteurs et rétablir une régulation des prix des aliments. Il faut garantir que les populations à bas revenu puissent bénéficier de bas prix pour des aliments de qualité. L’État doit garantir aux petits producteurs agricoles des prix de vente suffisamment élevés afin de leur permettre d’améliorer nettement leurs conditions de vie. L’État doit également développer les services publics dans les milieux ruraux (santé, éducation, communications, culture, « banques » de semences…). Les pouvoirs publics sont parfaitement à même de garantir à la fois des prix subventionnés aux consommateurs d’aliments et des prix de vente suffisamment élevés pour les petits producteurs agricoles afin qu’ils disposent de revenus suffisants.
Ce combat contre la faim n’est-il pas partie prenante d’un combat bien plus vaste ?
On ne peut prétendre sérieusement lutter contre la faim sans s’attaquer aux causes fondamentales de la situation actuelle. Or la dette est l’une d’entre elles, et les effets d’annonce sur ce thème, fréquents ces dernières années comme lors des sommets du G8 ou du G20, masquent mal que ce problème demeure entier. La crise globale qui touche le monde aujourd’hui aggrave la situation des pays en développement face au coût de l’endettement et de nouvelles crises de la dette au Sud sont en préparation. Or cette dette a conduit les peuples du Sud, souvent pourvus en richesses humaines et naturelles considérables, à un appauvrissement général.La dette est un pillage organisé auquel il est urgent de mettre fin.
En effet, le mécanisme infernal de la dette publique est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, parmi lesquels l’accès à une alimentation décente. Sans aucun doute, la satisfaction des besoins humains fondamentaux doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par rapport aux droits fondamentaux de six milliards de citoyens, piétinés par ce mécanisme implacable que représente la dette.
Eric Toussaint
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006.
[1] Organisme des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
[2] « Retour sur les causes de la crise alimentaire mondiale », par Damien Millet et Éric Toussaint, Réseau Voltaire, 7 septembre 2008.
Source : http://www.voltairenet.org/article159911.html
Hay 820 millones de hambrientos en el mundo.
Ampliar fotoUn niño desnutrido es medido en el centro sanitario de Derara, en Boricha Woreda, Etiopía. (Indrias Getachew/UNICEF/REUTERS) (Imagen: Indrias Getachew/UNICEF/REUTERS)
El director general de la Organización de las Naciones Unidas para la Agricultura y la Alimentación (FAO, por sus siglas en inglés) les ha dicho a los líderes mundiales que las promesas no sirven par dar de comer.
El máximo dirigente de la FAO, Jacques Diouf, hizo un llamamiento para que cumplan su compromiso, hecho hace diez años, de bajar a la mitad el número de pobres en 2015.
Lejos de haberse reducido, una década después de la Cumbre Mundial sobre la Alimentación de 1996, llevada a cabo en Roma, hay más hambrientos en el mundo en los países en desarrollo: 820 millones.
Lamento profundamente informar de que la situación sigue siendo intolerable e inaceptable, más cuando han pasado diez años
"Lejos de descender, la cantidad de hambrientos en el mundo está actualmente creciendo - a un ritmo de cuatro millones por año", dijo en la presentación del Informe anual de la FAO, El estado de la Inseguridad Alimentaria en el Mundo .
"Hoy", dijo Diouf, "lamento profundamente informar de que la situación sigue siendo intolerable e inaceptable - más cuando han pasado diez años".
Cuando se realizó la Cumbre había 800 millones de hambrientos en el mundo, y hoy hay 23 millones más.
Para lograr los compromisos de la Cumbre, el mundo debería contar con 31 millones de hambrientos menos al año hasta 2015, mientras lo que en realidad sucede es que la cantidad crece en unos 4 millones al año.
Crece en cantidad, baja en porcentaje
Un 20% de los habitantes de los países en vías de desarrollo estaban desnutridos en 1990-92, y este porcentaje ha bajado al 17%.
Las proyecciones de la FAO sugieren que habrá una reducción del porcentaje, del 17% actual al 10% en los próximos nueve años.
Sin embargo, el crecimiento demográfico seguirá haciendo de las suyas: las proyecciones de cifra total de mal nutridos en países en desarrollo en 2015 se calculan en 582 millones.
Estos serían 170 millones más que los pretendidos por los Objetivos del Milenio, 412 millones.
Más de la mitad de ellos se encontrarían en el sur y en el este de Asia, con 203 millones y 123 millones respectivamente.
El África Subsahariana tendría unos 179 millones de hambrientos: más del doble de los Objetivos del Milenio.
Sin embargo, algunas regiones han mejorado: Asia-Pacífico y Latinoamérica y el Caribe han experimentado una reducción general tanto en la cantidad como en el porcentaje de desnutrición.
El hambre aún tiene remedio, según la FAO, siempre y cuando se tomen acciones concretas: desarrollo rural y agrícola a pequeña escala, inversión en los sitios más desfavorecidos, transparencia y buen gobierno, cambios en las reglas del comercio internacional que las hagan más justas para los pobres, redes de contención para los grupos más vulnerables, y un veloz incremento en el nivel de ayuda oficial, hacia el 0,7% del PIB que habían prometido.
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Ampliar fotoUna niña filipina se manifiesta junto con su padre con un cartel en el que se lee: "Comida para todos".(Efe) (Imagen: EFE) Ayer comenzó la Semana de Movilización contra la Pobreza.
Terminará el sábado con manifestaciones.
Hoy se pide en todo el mundo el final de esta lacra.
Un total de 2.700 millones de personas, el 40% de la población mundial, viven en una situación de pobreza.
De ellos, 1.600 millones sobreviven con cerca de 1,25 euros diarios, y otras 1.100 millones viven en condiciones de pobreza extrema, con menos de 0,79 euros al día.
Además, 35.000 personas mueren de hambre cada 24 horas en un mundo en que el gasto medio por persona es de 13,4 euros diarios.
La asistencia a las movilizaciones del 21 de octubre es fundamental para obligar a los políticos a que la lucha contra la pobreza sea una prioridad en sus agendas
Para intentar acabar con la desigualdad económica, hoy se celebra el Día Internacional para la Erradicación de la Pobreza en el marco de la Semana de Movilización contra este problema, promovida por Naciones Unidas.
La campaña Levántate contra la pobreza culminará con manifestaciones en 31 ciudades españolas el próximo sábado.
"La asistencia de los ciudadanos a las movilizaciones del 21 de octubre es fundamental para obligar a los políticos a que la lucha contra la pobreza sea una prioridad en sus agendas", explicó ayer a 20minutos.es el presidente de la Coordinadora de ONGs de Desarrollo (CONGDE), José María Medina.
Falta voluntad política
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La razón de que todavía no se haya erradicado la pobreza estriba en que los países ricos no han cumplido sus promesas (en relación con los ocho objetivos de desarrollo del milenio de Naciones Unidas, que deben alcanzarse en 2015), según denuncia la Alianza Española contra la Pobreza.
De hecho, en 1990, la media de la ayuda destinada al desarrollo era el 0,33% del PIB de los países donantes; y hoy ha bajado hasta el 0,25%.
Además, hay 38 países que invierten cuatro veces más en su deuda externa que en salud y educación juntos.
Desde las ONGs se pide que se cancele la deuda para cumplir con los objetivos del milenio.
En España, el 20% es pobre
El 20% de los residentes en España viven por debajo del umbral de la pobreza, según datos del Instituto Nacional de Estadística de julio de 2005.
De este total, el 51,8% son mayores de 65 años que viven solos.
De hecho, los grupos de edad que registran mayores niveles de pobreza son las personas mayores de 65 años y las menores de 16.
En cuanto a los que no tienen hogar, se contabilizaron 30.000 en 2005, conforme a datos de Cáritas.
¿Sabías que...
...unos seis millones de niños mueren al año porque sus sistemas inmunes están debilitados por desnutrición?
...tres de cada cuatro personas con hambre viven en zonas rurales?
...hay nueve millones de pobres en los países industrializados?
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