Jorge Beinstein
(versions française et espagnole)
Septembre 2008 a marqué un point d’inflexion dans le processus de récession qui s’est développé aux Etats-Unis tout au long de cette année là : le système financier a explosé et la récession a commencé à s’étendre rapidement au niveau planétaire alors que de très clairs symptômes de passage global à la dépression étaient manifestes, l’existence de cette dépression a commencé à être seulement admise depuis le début de 2009.
Maintenant nous assistons à un enchaînement international d’écroulements productifs et financiers considéré avec un mélange de pessimisme et d’impuissance au plus haut niveau des élites dirigeantes face à la transformation probable de la vague dépressive en collapsus généralisé.
Les déclarations de Georges Soros et Paul Volcker à l’Université de Columbia le 21 février 2009 ont marqué une rupture radicale (1), un niveau très supérieure à ce qu’avait établi depuis deux ans Alan Greenspan quand il avait annoncé la possibilité que les Etats-Unis entrent en récession. Volcker a admis que cette crise était très supérieure à celle de 1929, ce qui signifie qu’elle n’a pas de référence dans l’histoire du capitalisme, la disparition d’analogie avec les crises antérieures signifie aussi et d’abord l’absence de remèdes connus. Parce que 1929 et la dépression qui l’a suivi sont associés à l’utilisation heureuse des instruments keynésiens, à l’intervention massive de l’État comme de sauveur suprême du capitalisme et que nous sommes en présence de l’inefficacité totale des Etats des pays centraux pour surmonter la crise. En réalité l’avalanche d’argent qui a été déversée sur les marchés par le biais des banques et de certaines entreprises transnationales non seulement ne freine pas le désastre en cours mais a créé les conditions pour de futures catastrophes inflationnistes, des prochaines bulles spéculatives.
Implosion capitaliste ?
De son côté Soros a confirmé l’évidence : le système financier mondial s’est désintégré, ce qui donne à penser à l’existence de similitudes entre l’actuelle situation et celle vécue durant l’écroulement de l’Union soviétique. Quelles sont ces analogies ? Comme nous savons, le système soviétique a commencé à s’écrouler dés 1980 pour finalement imploser en 1991, le phénomène a été attribué en général à la dégradation de sa structure bureaucratique ce qui rend en principe l’analyse peu applicable au capitalisme qui héberge une vaste bureaucratie mais non hégémonique comme c’était le cas pour l’Union soviétique. Il existe un processus, une maladie qui n’est pas le patrimoine exclusif des régimes bureaucratiques, elle s’est développée dans le capitalisme aussi comme dans des civilisations antérieures à la modernité : c’est une hypertrophie parasitaire, avec sa domination écrasante sur les forces productives à un point tel que le système en est paralysé, il ne peut plus se reproduire en avançant et finalement il meurt étouffé sous sa propre pourriture. Tout au long du XXe siècle le capitalisme a généré des structures parasitaires comme le militarisme et surtout les déformations financières qui ont marqué sa culture, son développement technologique, son système de pouvoir. Les trois dernières décennies ont été témoins de l’accélération du processus enveloppé dans le discours de la reconversion néoliberal, du règne absolu du marché, peut-être son zénith a-t-il été atteint durant les dix dernières années du XXe siècle, quand les bulles boursières gonflaient à l’infini et quand la puissance militaire des États-Unis faisait semblant d’être imbattable. Mais dans la première décennie du XXIe siècle a commencé l’éboulement du système, l’Empire s’est embourbé dans deux guerres coloniales, son économie s’est dégradée rapidement et des bulles financières de tout type (immobilières, commerciales, endettement, etc) ont empoisonné la planète. Le capitalisme financiarisé était entré dans une phase d’expansion vertigineuse écrasant sous son poids toutes les formes économiques et politiques, en 2008 les Etats centraux (le G7) disposaient de ressources fiscales d’environ 10 milliards (des millions de millions) de dollars contre 600 milliards de dollars existants dans des produits financiers dérivés inscrits par la Banque de Bâle auquel il faut ajouter d’autres affaires financières, selon certains experts la masse spéculative globale surpasse actuellement les mille milliards de dollars (près de 20 fois le produit Brut Mondial).
Cette montagne financière n’est pas une réalité séparée, indépendante de l’économie dénommée réelle ou productive, elle a été engendrée par la dynamique de l’ensemble du système capitaliste : par les nécessités de rentabilité des entreprises transnationales, par les nécessités de financement des Etats. Il ne s’agit pas d'un réseau de spéculateurs autistes lancés dans une espèce d’autodéveloppement suicidaire mais l’expression radicalement irrationnelle d’une civilisation en pleine décadence (tant au niveau productif comme politique, culturel, environnemental, énergétique, etc.). Depuis plus de quatre décennies le capitalisme global avec son axe dans les pays centraux supporte une crise chronique de surproduction, en accumulant une supercapacité productive devant une demande globale qui croit mais de moins en moins, la drogue financière a été sa planche de salut en améliorant des bénéfices et en poussant la consommation dans les pays riches, bien qu’à long terme il ait complètement empoisonné le système.
On a décidé d’imputer la crise à ceux que l’on appelle les spéculateurs financiers et comme des hauts dirigeantes politiques et des experts médiatiques nous l’expliquent les turbulences arriveront à leur terme quand l’ ”économie réelle” imposera sa culture productive en soumettant aux règles du bon capitalisme les réseaux financiers aujourd’hui hors contrôle. Cependant au milieu de l’actuelle décennie aux États-Unis plus de 40 % des bénéfices des grandes corporations provenaient des affaires financières (2), en Europe la situation était similaire, en Chine dans le moment de plus grande extension de la spéculation (fin 2007) la seule bulle boursière maniait des fonds presque équivalents au Produit Intérieur Brut de ce pays (3) alimentée par des entrepreneurs privés et publics, des hauts bureaucrates, professionnels, etc.. Il ne s’agit pas par conséquent de deux activités, l’une réelle et l’autre financière, clairement différenciées mais d’un seul ensemble hétérogène, réel d’affaires. C’est cet ensemble qui maintenant se dégonfle rapidement dégonfle après être arrivé à son niveau maximal d’expansion possible dans les conditions historiques concrètes de l’actuel monde. Sous l’apparence imposée par les médias globalisés de communication d’une implosion financière affectant négativement l’ensemble des activités économiques (quelque chose de pareil à la pluie toxique attaquant les prairies vertes) la réalité du système économique global apparaît comme une totalité contrevenante de manière chaotique.
Signaux
Les déclarations de Soros et Volcker sont intervenues peu de jours avant que le gouvernement nordaméricains publie les chiffres officiels définitifs de la chute du Produit interieur brut au dernier trimestre de 2008 par rapport à la même période de 2007 : la première estimation officielle qui avait fixé un chute de 3,8 % s’est avérée être un mensonge grossier, maintenant il en ressort que la contraction était arrivée à 6,2 % (4), cela n’est pas déjà une récession mais une dépression. Le Japon pour sa part a eu pour la même période une descente dans son PBI de l’ordre de 12 %, en janvier 2009 ses exportations sont tombées de 45 % en comparaison du même mois de l’année précédente (5), en Europe la situation est similaire ou peut-être pis, après la déroute financière de l’Islande la menace de banqueroute économique dans certains pays d’Europe de l’Est comme la Pologne, la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie, la Lituanie etc… menace à son tour d’une manière directe les banques des créancières suisses et autrichiennes qui pourraient s’écrouler comme celle de l’Islande. Pendant ce temps les grands pays industriels de la région comme l’Allemagne, l’Angleterre ou la France passent de la récession à la dépression. Les pronostics sur la Chine annoncent pour 2009 une réduction de son taux de croissance à la moitié du rapport de 2008, ses exportations de janvier ont été 17,5 % inférieures de celles de janvier de l’année précédente(6), cette brusque détérioration du centre vital de son système économique n’a pas de perspectives de récupération tant que la dépression globale dure parce que son rythme de croissance générale continuera de chuter.
Que Soros et Volcker ouvrent la perspective d’un collapsus du système économique mondial ne signifie pas que celui-ci se produira d’une manière inévitable, après tout l’une des caractéristiques principales d’une décadence de civilisation comme celle dont nous sommes témoins est l’existence d’une crise profonde de perception des élites dominantes, cependant l’accumulation de données économiques négatives et leur projection réaliste pour les mois à venir nous incitent à penser que la grande catastrophe annoncée par eux a de très hautes probabilités de réalisation. À ce dénouement contribuent l’impuissance vérifiée des “facteurs supposés de contrôle” du système (les gouvernements, les banques centrales, le FMI, etc..) et la rigidité politique de l’Empire, par exemple lorsqu’il amplifie la guerre en Afghanistan pour préserver de cette manière la puissance du Complexe Industriel Militaire, le géant parasitaire dont les frais réels actuels (à peu près un peu plus d’un milliard de dollars) équivalent à 80 % du déficit fiscal des États-Unis.
À ces symptômes économiques et politiques nous devons ajouter la crise énergétique et celle dérivée alimentaire d’elle qui recommencera à se manifester sûrement à peine s’arrêtera le processus déflationniste (et peut-être avant), tout cela dans un contexte de crise de l’environnement qui s’est mise à être un actuel facteur de crise (déjà ce n’est plus une menace presque intangible repoussée dans un avenir lointain). Et derrière ces crises partielles nous trouvons la présence de la crise du système technologique moderne incapable de dépasser, en tant que composant moteur de la civilisation bourgeoise les blocages énergétiques et environnementaux créés par son développement prédateur.
Une désintégration, une implosion et un désaccouplement
La désintégration - implosion du système global ne signifie pas sa transformation en un ensemble de sous-systèmes capitalistes ou de blocs régionaux avec de plus ou moins fortes relations entre eux, certains prospères, autres déclinants (l’unipolarité américaine en se convertissant en multipolarité, “désaccouplée” ordonné autour des nouveaux ou vieux pôles capitalistes). L’économie mondiale est hautement transnationale elle est formée d’un buisson dense d’affaires productives, commerciales et financières qui pénètrent profondément dans les “structures dénommées nationales”, des investissements et une dépendance commerciale les attachent d’une manière directe ou indirecte aux noyaux décisifs du système global.
Dans des termes généraux pour un pays ou une région la rupture de ses noeuds globaux ou son affaiblissement significatif implique une énorme rupture interne, la disparition de secteurs économiques décisifs avec les conséquences sociales et politiques qui dérivent de là.
De surcroît le système global était jusqu’à maintenant organisé de manière hiérarchique aussi bien dans ses aspects économiques que politico-militaires (unipolarisme) résultant de la fin de la Guerre froide et de la transformation des Etats-unis en maître de la planête. Non seulement dans l’espace de concentration des décisions commerciales et financières (ce qui est arrivé depuis plus de soixante ans) mais aussi des grandes décisions politiques.
L’effondrement du centre du monde (7) au milieu (comme détonateur) de la dépression économique internationale signifie le déploiement d’une chaîne globale de crise (économiques, politiques, sociales, etc..) d’une intensité croissante.
Récemment Zbigniew Brzezinski a laissé de côté ses réflexions traditionnelles sur une politique internationale pour alerter sur la possibilité d’aggravation des conflits sociaux aux États-Unis que pourrait selon lui dériver dans une généralisation de troubles violents (8). Pour sa part et dans une perspective politique opposée Michael Klare a décrit la carte des manifestations populaires à travers tous les continents, pays riches et pauvres, du nord au sud intervenus en 2008 comme conséquences de la crise alimentaire dans un large éventail de pays périphériques mais qui commencent à se développer globalement comme réponse à l’aggravation de la dépression économique (9) : la multiplication de crises de gouvernance nous attend dans le court terme.
L’hypothèse d’implosion capitaliste ouvre un espace à la réflexion et à l’action autour de l’horizon post-capitaliste où se mêlent de vieilles et nouvelles idées, des illusions détruites et de denses apprentissages démocratiques du XXe siècle, des freins conservateurs légitimant des tentatives néo-capitalistes et des visions renouvelées du monde poussant à de grandes innovations sociales.
Une agonie de la modernité bourgeoise avec ses dangers de barbarie sénile, mais une rupture de blocages idéologiques, de structures oppressives, de l’espérance en la régénération humaniste des relations sociales.
Notes
(1), ”Soros sees no bottom for world financial ‘collapse’ ” , Reuters. Sat Feb 21, 2009. David Randall and Jane Merrick, “Brown flies to meet President Obama for economy crisis talks” , The Independent , Sunday, 22 February 2009.
(2), US Economic Report for the President, 2008.
(3), En agosto de 2007 la capitalización de las bolsas chinas superaba el valor del Producto Bruto Interno del año 2006. Dong Zhixin, “China stock market capitalization tops GDP”, Chinadaily ( http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-08/09/content_6019614.htm )
(4),Cotizalia.com, 27 febrero 2009, “El PIB de EEUUse hunde un 6,2 %en el cuarto trimestre”.
(5), BBC News, 25-2-2009, “Japan exports drop 45 % to new low”.
(6), “China’s export down 17.5% in January”, Xinhua, 2009-02-11.
(7), Jorge Beinstein, “El hundimiento del centro del mundo. Estados Unidos entre la recesión y el colapso”. Rebelión, 8-5-2008 (http://www.rebelion.org/noticia.php?id=67099).
(8), “Brzezinski: ‘Hell, There Could Be Even Riots’ “, FinkelBlog – 20/02/2009 - (http://finkelblog.com/index.php/2009/02/17/brzezinski-hell-there-could-be-even-riots).
(9), Michael Klare, “A planet at the brink?”, Asia times, 28 de febrero de 2009.
jorgebeinstein@gmail.com
(Traduction Danielle Bleitrach).
http://alainet.org/active/29295&lang=es
Septembre 2008 a marqué un point d’inflexion dans le processus de récession qui s’est développé aux Etats-Unis tout au long de cette année là : le système financier a explosé et la récession a commencé à s’étendre rapidement au niveau planétaire alors que de très clairs symptômes de passage global à la dépression étaient manifestes, l’existence de cette dépression a commencé à être seulement admise depuis le début de 2009.
Maintenant nous assistons à un enchaînement international d’écroulements productifs et financiers considéré avec un mélange de pessimisme et d’impuissance au plus haut niveau des élites dirigeantes face à la transformation probable de la vague dépressive en collapsus généralisé.
Les déclarations de Georges Soros et Paul Volcker à l’Université de Columbia le 21 février 2009 ont marqué une rupture radicale (1), un niveau très supérieure à ce qu’avait établi depuis deux ans Alan Greenspan quand il avait annoncé la possibilité que les Etats-Unis entrent en récession. Volcker a admis que cette crise était très supérieure à celle de 1929, ce qui signifie qu’elle n’a pas de référence dans l’histoire du capitalisme, la disparition d’analogie avec les crises antérieures signifie aussi et d’abord l’absence de remèdes connus. Parce que 1929 et la dépression qui l’a suivi sont associés à l’utilisation heureuse des instruments keynésiens, à l’intervention massive de l’État comme de sauveur suprême du capitalisme et que nous sommes en présence de l’inefficacité totale des Etats des pays centraux pour surmonter la crise. En réalité l’avalanche d’argent qui a été déversée sur les marchés par le biais des banques et de certaines entreprises transnationales non seulement ne freine pas le désastre en cours mais a créé les conditions pour de futures catastrophes inflationnistes, des prochaines bulles spéculatives.
Implosion capitaliste ?
De son côté Soros a confirmé l’évidence : le système financier mondial s’est désintégré, ce qui donne à penser à l’existence de similitudes entre l’actuelle situation et celle vécue durant l’écroulement de l’Union soviétique. Quelles sont ces analogies ? Comme nous savons, le système soviétique a commencé à s’écrouler dés 1980 pour finalement imploser en 1991, le phénomène a été attribué en général à la dégradation de sa structure bureaucratique ce qui rend en principe l’analyse peu applicable au capitalisme qui héberge une vaste bureaucratie mais non hégémonique comme c’était le cas pour l’Union soviétique. Il existe un processus, une maladie qui n’est pas le patrimoine exclusif des régimes bureaucratiques, elle s’est développée dans le capitalisme aussi comme dans des civilisations antérieures à la modernité : c’est une hypertrophie parasitaire, avec sa domination écrasante sur les forces productives à un point tel que le système en est paralysé, il ne peut plus se reproduire en avançant et finalement il meurt étouffé sous sa propre pourriture. Tout au long du XXe siècle le capitalisme a généré des structures parasitaires comme le militarisme et surtout les déformations financières qui ont marqué sa culture, son développement technologique, son système de pouvoir. Les trois dernières décennies ont été témoins de l’accélération du processus enveloppé dans le discours de la reconversion néoliberal, du règne absolu du marché, peut-être son zénith a-t-il été atteint durant les dix dernières années du XXe siècle, quand les bulles boursières gonflaient à l’infini et quand la puissance militaire des États-Unis faisait semblant d’être imbattable. Mais dans la première décennie du XXIe siècle a commencé l’éboulement du système, l’Empire s’est embourbé dans deux guerres coloniales, son économie s’est dégradée rapidement et des bulles financières de tout type (immobilières, commerciales, endettement, etc) ont empoisonné la planète. Le capitalisme financiarisé était entré dans une phase d’expansion vertigineuse écrasant sous son poids toutes les formes économiques et politiques, en 2008 les Etats centraux (le G7) disposaient de ressources fiscales d’environ 10 milliards (des millions de millions) de dollars contre 600 milliards de dollars existants dans des produits financiers dérivés inscrits par la Banque de Bâle auquel il faut ajouter d’autres affaires financières, selon certains experts la masse spéculative globale surpasse actuellement les mille milliards de dollars (près de 20 fois le produit Brut Mondial).
Cette montagne financière n’est pas une réalité séparée, indépendante de l’économie dénommée réelle ou productive, elle a été engendrée par la dynamique de l’ensemble du système capitaliste : par les nécessités de rentabilité des entreprises transnationales, par les nécessités de financement des Etats. Il ne s’agit pas d'un réseau de spéculateurs autistes lancés dans une espèce d’autodéveloppement suicidaire mais l’expression radicalement irrationnelle d’une civilisation en pleine décadence (tant au niveau productif comme politique, culturel, environnemental, énergétique, etc.). Depuis plus de quatre décennies le capitalisme global avec son axe dans les pays centraux supporte une crise chronique de surproduction, en accumulant une supercapacité productive devant une demande globale qui croit mais de moins en moins, la drogue financière a été sa planche de salut en améliorant des bénéfices et en poussant la consommation dans les pays riches, bien qu’à long terme il ait complètement empoisonné le système.
On a décidé d’imputer la crise à ceux que l’on appelle les spéculateurs financiers et comme des hauts dirigeantes politiques et des experts médiatiques nous l’expliquent les turbulences arriveront à leur terme quand l’ ”économie réelle” imposera sa culture productive en soumettant aux règles du bon capitalisme les réseaux financiers aujourd’hui hors contrôle. Cependant au milieu de l’actuelle décennie aux États-Unis plus de 40 % des bénéfices des grandes corporations provenaient des affaires financières (2), en Europe la situation était similaire, en Chine dans le moment de plus grande extension de la spéculation (fin 2007) la seule bulle boursière maniait des fonds presque équivalents au Produit Intérieur Brut de ce pays (3) alimentée par des entrepreneurs privés et publics, des hauts bureaucrates, professionnels, etc.. Il ne s’agit pas par conséquent de deux activités, l’une réelle et l’autre financière, clairement différenciées mais d’un seul ensemble hétérogène, réel d’affaires. C’est cet ensemble qui maintenant se dégonfle rapidement dégonfle après être arrivé à son niveau maximal d’expansion possible dans les conditions historiques concrètes de l’actuel monde. Sous l’apparence imposée par les médias globalisés de communication d’une implosion financière affectant négativement l’ensemble des activités économiques (quelque chose de pareil à la pluie toxique attaquant les prairies vertes) la réalité du système économique global apparaît comme une totalité contrevenante de manière chaotique.
Signaux
Les déclarations de Soros et Volcker sont intervenues peu de jours avant que le gouvernement nordaméricains publie les chiffres officiels définitifs de la chute du Produit interieur brut au dernier trimestre de 2008 par rapport à la même période de 2007 : la première estimation officielle qui avait fixé un chute de 3,8 % s’est avérée être un mensonge grossier, maintenant il en ressort que la contraction était arrivée à 6,2 % (4), cela n’est pas déjà une récession mais une dépression. Le Japon pour sa part a eu pour la même période une descente dans son PBI de l’ordre de 12 %, en janvier 2009 ses exportations sont tombées de 45 % en comparaison du même mois de l’année précédente (5), en Europe la situation est similaire ou peut-être pis, après la déroute financière de l’Islande la menace de banqueroute économique dans certains pays d’Europe de l’Est comme la Pologne, la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie, la Lituanie etc… menace à son tour d’une manière directe les banques des créancières suisses et autrichiennes qui pourraient s’écrouler comme celle de l’Islande. Pendant ce temps les grands pays industriels de la région comme l’Allemagne, l’Angleterre ou la France passent de la récession à la dépression. Les pronostics sur la Chine annoncent pour 2009 une réduction de son taux de croissance à la moitié du rapport de 2008, ses exportations de janvier ont été 17,5 % inférieures de celles de janvier de l’année précédente(6), cette brusque détérioration du centre vital de son système économique n’a pas de perspectives de récupération tant que la dépression globale dure parce que son rythme de croissance générale continuera de chuter.
Que Soros et Volcker ouvrent la perspective d’un collapsus du système économique mondial ne signifie pas que celui-ci se produira d’une manière inévitable, après tout l’une des caractéristiques principales d’une décadence de civilisation comme celle dont nous sommes témoins est l’existence d’une crise profonde de perception des élites dominantes, cependant l’accumulation de données économiques négatives et leur projection réaliste pour les mois à venir nous incitent à penser que la grande catastrophe annoncée par eux a de très hautes probabilités de réalisation. À ce dénouement contribuent l’impuissance vérifiée des “facteurs supposés de contrôle” du système (les gouvernements, les banques centrales, le FMI, etc..) et la rigidité politique de l’Empire, par exemple lorsqu’il amplifie la guerre en Afghanistan pour préserver de cette manière la puissance du Complexe Industriel Militaire, le géant parasitaire dont les frais réels actuels (à peu près un peu plus d’un milliard de dollars) équivalent à 80 % du déficit fiscal des États-Unis.
À ces symptômes économiques et politiques nous devons ajouter la crise énergétique et celle dérivée alimentaire d’elle qui recommencera à se manifester sûrement à peine s’arrêtera le processus déflationniste (et peut-être avant), tout cela dans un contexte de crise de l’environnement qui s’est mise à être un actuel facteur de crise (déjà ce n’est plus une menace presque intangible repoussée dans un avenir lointain). Et derrière ces crises partielles nous trouvons la présence de la crise du système technologique moderne incapable de dépasser, en tant que composant moteur de la civilisation bourgeoise les blocages énergétiques et environnementaux créés par son développement prédateur.
Une désintégration, une implosion et un désaccouplement
La désintégration - implosion du système global ne signifie pas sa transformation en un ensemble de sous-systèmes capitalistes ou de blocs régionaux avec de plus ou moins fortes relations entre eux, certains prospères, autres déclinants (l’unipolarité américaine en se convertissant en multipolarité, “désaccouplée” ordonné autour des nouveaux ou vieux pôles capitalistes). L’économie mondiale est hautement transnationale elle est formée d’un buisson dense d’affaires productives, commerciales et financières qui pénètrent profondément dans les “structures dénommées nationales”, des investissements et une dépendance commerciale les attachent d’une manière directe ou indirecte aux noyaux décisifs du système global.
Dans des termes généraux pour un pays ou une région la rupture de ses noeuds globaux ou son affaiblissement significatif implique une énorme rupture interne, la disparition de secteurs économiques décisifs avec les conséquences sociales et politiques qui dérivent de là.
De surcroît le système global était jusqu’à maintenant organisé de manière hiérarchique aussi bien dans ses aspects économiques que politico-militaires (unipolarisme) résultant de la fin de la Guerre froide et de la transformation des Etats-unis en maître de la planête. Non seulement dans l’espace de concentration des décisions commerciales et financières (ce qui est arrivé depuis plus de soixante ans) mais aussi des grandes décisions politiques.
L’effondrement du centre du monde (7) au milieu (comme détonateur) de la dépression économique internationale signifie le déploiement d’une chaîne globale de crise (économiques, politiques, sociales, etc..) d’une intensité croissante.
Récemment Zbigniew Brzezinski a laissé de côté ses réflexions traditionnelles sur une politique internationale pour alerter sur la possibilité d’aggravation des conflits sociaux aux États-Unis que pourrait selon lui dériver dans une généralisation de troubles violents (8). Pour sa part et dans une perspective politique opposée Michael Klare a décrit la carte des manifestations populaires à travers tous les continents, pays riches et pauvres, du nord au sud intervenus en 2008 comme conséquences de la crise alimentaire dans un large éventail de pays périphériques mais qui commencent à se développer globalement comme réponse à l’aggravation de la dépression économique (9) : la multiplication de crises de gouvernance nous attend dans le court terme.
L’hypothèse d’implosion capitaliste ouvre un espace à la réflexion et à l’action autour de l’horizon post-capitaliste où se mêlent de vieilles et nouvelles idées, des illusions détruites et de denses apprentissages démocratiques du XXe siècle, des freins conservateurs légitimant des tentatives néo-capitalistes et des visions renouvelées du monde poussant à de grandes innovations sociales.
Une agonie de la modernité bourgeoise avec ses dangers de barbarie sénile, mais une rupture de blocages idéologiques, de structures oppressives, de l’espérance en la régénération humaniste des relations sociales.
Notes
(1), ”Soros sees no bottom for world financial ‘collapse’ ” , Reuters. Sat Feb 21, 2009. David Randall and Jane Merrick, “Brown flies to meet President Obama for economy crisis talks” , The Independent , Sunday, 22 February 2009.
(2), US Economic Report for the President, 2008.
(3), En agosto de 2007 la capitalización de las bolsas chinas superaba el valor del Producto Bruto Interno del año 2006. Dong Zhixin, “China stock market capitalization tops GDP”, Chinadaily ( http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-08/09/content_6019614.htm )
(4),Cotizalia.com, 27 febrero 2009, “El PIB de EEUUse hunde un 6,2 %en el cuarto trimestre”.
(5), BBC News, 25-2-2009, “Japan exports drop 45 % to new low”.
(6), “China’s export down 17.5% in January”, Xinhua, 2009-02-11.
(7), Jorge Beinstein, “El hundimiento del centro del mundo. Estados Unidos entre la recesión y el colapso”. Rebelión, 8-5-2008 (http://www.rebelion.org/noticia.php?id=67099).
(8), “Brzezinski: ‘Hell, There Could Be Even Riots’ “, FinkelBlog – 20/02/2009 - (http://finkelblog.com/index.php/2009/02/17/brzezinski-hell-there-could-be-even-riots).
(9), Michael Klare, “A planet at the brink?”, Asia times, 28 de febrero de 2009.
jorgebeinstein@gmail.com
(Traduction Danielle Bleitrach).
http://alainet.org/active/29295&lang=es
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Señales de implosión
Hacia la desintegración del sistema global
Jorge Beinstein
Septiembre de 2008 marcó un punto de inflexión en el proceso recesivo que se venía desarrollando en los Estados Unidos a lo largo de ese año: estalló el sistema financiero y la recesión comenzó a extenderse rápidamente a nivel planetario al tiempo que se evidenciaban síntomas muy claros de tránsito global hacia la depresión cuya llegada comenzó a ser admitida desde comienzos de 2009.
Ahora asistimos a un encadenamiento internacional de derrumbes productivos y financieros acompañado por una mezcla de pesimismo e impotencia en el mas alto nivel de las elites dirigentes ante la probable transformación de la ola depresiva en colapso general.
La declaraciones de George Soros y Paul Volcker en la Universidad de Columbia el 21 de febrero de 2009 marcaron una ruptura radical (1), muy superior de la que estableció hace dos años Alan Greenspan cuando anunció la posibilidad de que los Estados Unidos entre en recesión. Volcker admitió que esta crisis es muy superior a la de 1929, eso significa que la misma carece de referencias en la historia del capitalismo, la desaparición de paralelismos respecto de crisis anteriores es también (principalmente) la de los remedios conocidos. Porque 1929 y la depresión que le siguió están asociados a la utilización exitosa de los instrumentos keynesianos, a la intervención masiva del Estado como salvador supremo del capitalismo y lo que estamos presenciando es la más completa ineficacia de los estados de los países centrales para superar la crisis. En realidad la avalancha de dinero que arrojan sobre los mercados auxiliando a los bancos y a algunas empresas transnacionales no solo no frena el desastre en curso sino que además está creando las condiciones para futuras catástrofes inflacionarias, próximas burbujas especulativas.
¿Implosión capitalista?
Por su parte Soros confirmó lo que era evidente: el sistema financiero mundial se ha desintegrado, a lo que agregó el descubrimiento de similitudes entre la situación actual y la vivida durante el derrumbe de la Unión Soviética. ¿Cuales son esos paralelismos? Como sabemos, el sistema soviético comenzó a desmoronarse hacia fines de los años 1980 para finalmente implotar en 1991, el fenómeno ha sido por lo general atribuido a la degradación de su estructura burocrática haciéndolo en principio intransferible al capitalismo que alberga una vasta burocracia aunque no hegemónica como lo fue en el caso soviético. Existe un proceso, una enfermedad que no es el patrimonio exclusivo de los regímenes burocráticos, se ha desarrollado en el capitalismo al igual que en civilizaciones anteriores a la modernidad: se trata de la hipertrofia parasitaria, del predominio aplastante de formas sociales parasitarias que depredan a las fuerzas productivas hasta un punto tal en que el conjunto del sistema queda paralizado, no puede reproducirse más y finalmente muere ahogado por su propia podredumbre. A lo largo del siglo XX el capitalismo impulsó estructuras parasitarias como el militarismo y sobre todo las deformaciones financieras que marcaron su cultura, su desarrollo tecnológico, sus sistemas de poder. Las tres últimas décadas presenciaron la aceleración del proceso adornado con el discurso de la reconversión neoliberal, del reinado absoluto del marcado, tal vez su punto más alto fue alcanzado durante el último lustro del siglo XX, en plena expansión de las burbujas bursátiles y cuando el poder militar de los Estados Unidos aparentaba ser imbatible.
Pero en la primera década del siglo XXI comenzó el desmoronamiento del sistema, el Imperio se empantanó en dos guerras coloniales, su economía se degradó velozmente y burbujas financieras de todo tipo (inmobiliarias, comerciales, de endeudamiento, etc.) poblaron el planeta. El capitalismo financierizado había entrado en una fase de expansión vertiginosa aplastando con su peso a todas las formas económicas y políticas, en 2008 los estados centrales (el G7) disponían de recursos fiscales por unos 10 billones (millones de millones) de dólares contra 600 billones de dólares en productos financieros derivados registrados por el Banco de Basilea a lo que es necesario agregar otros negocios financieros, según algunos expertos la masa especulativa global supera actualmente los mil billones de dólares (cerca de 20 veces el producto Bruto Mundial).
Esa montaña financiera no es una realidad separada, independiente de la llamada economía real o productiva, fue engendrada por la dinámica del conjunto del sistema capitalista: por las necesidades de rentabilidad de las empresas transnacionales, por las necesidades de financiamiento de los estados. No es una red de especuladores autistas lanzados a una suerte de autodesarrollo suicida sino la expresión radicalmente irracional de una civilización en decadencia (tanto a nivel productivo como político, cultural, ambiental, energético, etc.). Desde hace más de cuatro décadas el capitalismo global con eje en los países centrales soporta una crisis crónica de sobreproducción, acumulando sobrecapacidad productiva ante una demanda global que crecía pero cada vez menos, la droga financiera fue su tabla de salvación mejorando beneficios e impulsando el consumo en los países ricos, aunque a largo plazo envenenó por completo al sistema.
Se ha puesto de moda achacarle la crisis a los llamados especuladores financieros y según nos explican altos dirigentes políticos y expertos mediáticos las turbulencias llegarán a su fin cuando la “economía real” imponga su cultura productiva sometiendo a las reglas del buen capitalismo a las redes financieras hoy fuera de control. Sin embargo a mediados de la década actual en los Estados Unidos más del 40 % de los beneficios de las grandes corporaciones provenía de los negocios financieros (2), en Europa la situación era similar, en China en el momento de mayor auge especulativo (fines de 2007) solo la burbuja bursátil movía fondos casi equivalentes al Producto Bruto Interno de ese país (3) alimentada por empresarios privados y públicos, burócratas encumbrados, profesionales, etc. No se trata por consiguiente de dos actividades, una real y otra financiera, claramente diferenciadas sino de un solo conjunto heterogéneo, real de negocios. Es ese conjunto el que ahora se está desinflando velozmente, implotando luego de haber llegado a su máximo nivel de expansión posible en las condiciones históricas concretas del mundo actual. Bajo la apariencia impuesta por los medios globales de comunicación de una implosión financiera afectando negativamente al conjunto de las actividades económicas (algo así como una lluvia toxica atacando las verdes praderas) aparece la realidad del sistema económico global como totalidad contrayéndose de manera caótica.
Señales
Las declaraciones de Soros y Volcker fueron realizadas unos pocos días antes de que el gobierno norteamericano diera a conocer la cifras oficiales definitivas de la caída del Producto Bruto Interno en el último trimestre de 2008 con respecto a igual período de 2007: la primera estimación oficial que había fijado dicha caída en un 3,8 % resultó ser una burda mentira, ahora resulta que la contracción había llegado al 6,2% (4), eso ya no es recesión sino depresión. Japón por su parte tuvo para el mismo período un descenso en su PBI del orden del 12 %, en enero de 2009 sus exportaciones cayeron 45 % en comparación con igual mes del año anterior (5), en Europa la situación es similar o tal vez peor, luego del derrumbe financiero de Islandia la amenaza de bancarrota económica en varios países de Europa del Este como Polonia, Hungría, Ucrania, Letonia, Lituania, etc., amenaza a su vez de manera directa a las bancas acreedoras suiza y austríaca que podrían hundirse como la de Islandia. Mientras tanto los grandes países industriales de la región como Alemania, Inglaterra o Francia van pasando de la recesión a la depresión. Los pronósticos sobre China anuncian para 2009 una reducción de su tasa de crecimiento a la mitad respecto de 2008, sus exportaciones de enero han sido 17,5 % inferiores de las de enero del año anterior (6), este brusco deterioro del centro vital de su sistema económico no tiene perspectivas de recuperación mientras dure la depresión global por lo que su ritmo de crecimiento general seguirá descendiendo.
Que Soros y Volcker abran la expectativa de un colapso del sistema económico mundial no significa que el mismo se produzca de manera inevitable, después de todo una de las principales características de una decadencia civilizatoria como la que estamos presenciando es la existencia de una profunda crisis de percepción en las elites dominantes, sin embargo la acumulación de datos económicos negativos y su proyección realista para los próximos meses nos están señalando que la gran catástrofe anunciada por ellos tiene muy altas probabilidades de realización. A ese desenlace contribuyen la impotencia comprobada de los supuestos “factores de control” del sistema (gobiernos, bancos centrales, FMI, etc.) y la rigidez política del Imperio, por ejemplo ampliando la guerra en Afganistán preservando así el poder del Complejo Industrial Militar, gigante parasitario cuyos gastos reales actuales (aproximadamente algo más de un billón de dólares) equivale al 80 % del déficit fiscal de los Estados Unidos.
A estos síntomas económicos y políticos debemos agregar la crisis energética y la alimentaria derivada de ella que seguramente volverán a manifestarse apenas se detenga el proceso deflacionario (y tal vez antes), todo eso bajo un contexto de crisis ambiental que ha pasado a ser un factor actual de crisis (ya no es más una amenaza casi intangible localizada en un futuro lejano). Y detrás de esas crisis parciales encontramos la presencia de la crisis del sistema tecnológico moderno incapaz de superar, en tanto componente motriz de la civilización burguesa, los bloqueos energéticos y ambientales creados por su desarrollo depredador.
Desintegración, implosión y desacople
La desintegración-implosión del sistema global no significa su transformación en un conjunto de subsistemas capitalistas o bloques regionales con relaciones más o menos fuertes entre ellos, algunos prósperos, otros declinantes (la unipolaridad estadounidense convirtiéndose en multipolaridad, “desacople” ordenado en torno de nuevos o viejos polos capitalistas). La economía mundial está altamente transnacionalizada, conforma una densa maraña de negocios productivos, comerciales y financieros que penetra profundamente en las llamadas “estructuras nacionales”, inversiones y dependencias comerciales las atan de manera directa o indirecta a los núcleos decisivos del sistema global.
En términos generales para un país o una región la ruptura de sus lazos globales o su debilitamiento significativo implica una enorme ruptura interna, la desaparición de sectores económicos decisivos con las consecuencias sociales y políticas que de ello se derivan. Además el sistema global estaba hasta ahora organizado de manera jerárquica tanto en su aspecto económico como político-militar (unipolaridad) resultado del fin de la Guerra Fría y de la transformación de los Estados Unidos en el amo del planeta. No solo en el espacio de concentración de las decisiones comerciales y financieras (eso ya ocurría desde hace más de seis décadas) sino también de las grandes decisiones políticas.
El hundimiento del centro del mundo (7) en medio (como detonador) de la depresión económica internacional significa el despliegue de una cadena global de crisis (económicas, políticas, sociales, etc.) de intensidad creciente.
Recientemente Zbigniew Brzezinski dejó a un costado sus tradicionales reflexiones sobre política internacional para alertar sobre la posibilidad de agravación de los conflictos sociales en los Estados Unidos que podría según él derivar en una generalización de disturbios violentos (8). Por su parte y desde una perspectiva ideológica opuesta Michael Klare ha descripto el mapa de las protestas populares atravesando todos los continentes, países ricos y pobres, del Norte y del Sur, iniciadas en 2008 como consecuencia de la crisis alimentaria en un amplio abanico de países periféricos pero que comienzan a desarrollarse globalmente en respuesta a la agravación de la depresión económica (9): la multiplicación de crisis de gobernabilidad nos espera en el corto plazo.
La hipótesis de implosión capitalista abre el espacio para la reflexión y la acción en torno del horizonte postcapitalista donde se mezclan viejas y nuevas ideas, ilusiones fracasadas y densos aprendizajes democráticos del siglo XX, frenos conservadores legitimando ensayos neocapitalistas y visiones renovadas del mundo empujando grandes innovaciones sociales.
Agonía de la modernidad burguesa con sus peligros de barbarie senil, pero ruptura de bloqueos ideológicos, de estructuras opresivas, esperanza en la regeneración humanista de las relaciones sociales.
- Jorge Beinstein es economista argentino, docente de la Universidad de Buenos Aires.
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(1), ”Soros sees no bottom for world financial 'collapse' ", Reuters. Sat Feb 21, 2009. David Randall and Jane Merrick, “Brown flies to meet President Obama for economy crisis talks”, The Independent , Sunday, 22 February 2009.
(2), US Economic Report for the President, 2008.
(3), En agosto de 2007 la capitalización de las bolsas chinas superaba el valor del Producto Bruto Interno del año 2006. Dong Zhixin, “China stock market capitalization tops GDP”, Chinadaily (http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-08/09/content_6019614.htm)
(4),Cotizalia.com, 27 febrero 2009, “El PIB de EEUUse hunde un 6,2 %en el cuarto trimestre”.
(5), BBC News, 25-2-2009, “Japan exports drop 45 % to new low”.
(6), “China's export down 17.5% in January”, Xinhua, 2009-02-11.
(7), Jorge Beinstein, “El hundimiento del centro del mundo. Estados Unidos entre la recesión y el colapso”. Rebelión, 8-5-2008 (http://www.rebelion.org/noticia.php?id=67099).
(8), “Brzezinski: ‘Hell, There Could Be Even Riots’ “, FinkelBlog – 20/02/2009 - (http://finkelblog.com/index.php/2009/02/17/brzezinski-hell-there-could-be-even-riots).
(9), Michael Klare, “A planet at the brink?”, Asia times, 28 de febrero de 2009.
http://alainet.org/active/29183

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