mercredi 24 juin 2009

L’orgueil d’Israël et le jeu de la guerre

Cet article date d'il y a cinq mois. Mais rien ne change, rien ne bouge, hormis les apparences. Il n'est pas inutile de lire ces lignes de totale lucidité. Si seulement ces voix-là étaient écoutées... (J.D.)


par Adolfo Pérez Esquivel

2009-02-02

La guerre est un jeu pour les puissants, c’est le grand vice public qui consiste à jouer avec la vie des peuples et, dans ce jeu, tout le monde se trouve impliqué. Toutes les personnes doivent vivre ou mourir. Mais la véritable émotion de ce jeu vient de la « suspension de la conscience ». Comme dans tous les jeux, on doit faire abstraction des conditions réelles.


En temps de guerre, chacun pense qu’il est non seulement juste de tuer mais que c’est nécessaire. Le grand sacrifice de la guerre n’est pas seulement le sacrifice de la vie des autres, mais c’est surtout cette « suspension de la conscience ». Cette suspension, la plupart des personnes la trouvent facile à réaliser et même amusante, à condition cependant que tous les participants au jeu la fassent en même temps. S’il existe une certaine « nécessité » qui pousse les hommes à faire la guerre, c’est bien cette « suspension de la conscience des masses », qui instaure une totale irresponsabilité et permet que tout le monde s’unisse pour accomplir une seule tâche : « détruire l’ennemi ».

Le grand péril de la guerre vient précisément de ce besoin universel d’ « immoralité massive » que le jeu de la guerre satisfait si totalement. C’est cette expression d’ « immoralité massive » que Thomas Merton utilisait, rejoignant ainsi Lanza del Vasto à propos de cette connexion profonde qui existe entre le jeu et la guerre.

En ces jours de douleur et de mort dans la Bande de Gaza, les moyens de communication signalent que des programmes comiques en Israël font de la guerre un jeu pour divertir leurs auditeurs. Dans ce jeu macabre ils annoncent : « Nous avons tué mille Palestiniens et eux ont seulement tué 13 soldats israéliens. Nous avons gagné en nombre de buts ». (Eretz Neheredet) Et l’acteur Tal Friedman ajoute : « Le résultat est bon, mais nous ne pouvons pas en rester à cet avantage ; nous devons encore l’amplifier ». Tous partent à cette guerre comme s’ils allaient à une fête et tous en reviennent complètement déroutés, avec la mort dans l’âme.

A ce jeu de la guerre, les parieurs déplacent leurs pions et ils s’enrichissent avec la vie des peuples. Ils sont vraiment dominés par cette ordure mentale et émotionnelle qui transforme la vie sociale et politique en maladie de masse. Chacun a « ses propres raisons et ses propres vérités pour détruire l’ennemi » et pour justifier l’horreur et les morts.

Malgré toutes les réclamations internationales et la clameur qui monte de tous les peuples, Israël et les Etats-Unis ne veulent pas écouter la communauté internationale et continuent à semer la mort et la destruction dans le peuple palestinien. Ils ont jusqu’à présent causé la mort de plus de 1350 personnes et on compte déjà près de 5500 blessés, en majorité des femmes et des enfants dans la population civile. De plus, ils ont même bombardé le siège de l’ONU, des hôpitaux, des centres de réfugiés, des écoles et ils ont même détruit des dépôts de denrées alimentaires.

Ce massacre s’est produit peu de jours avant le changement de gouvernement aux Etats-Unis et Georges Bush, responsable de lèse humanité, lors de son départ du gouvernement, ne s’est même pas excusé pour toutes les barbaries qu’il a commises contre les peuples.

Le nouveau gouvernement que préside Barak Obama a maintenant la responsabilité de mettre un frein à toutes ces barbaries et il doit entreprendre de toute urgence des négociations pour parvenir à la solution de ces conflits et pour travailler à la mise en place d’un Etat Palestinien, car c’est là l’unique chemin pour parvenir à mettre fin à 60 ans de guerre.

Obama doit retrouver le chemin perdu et rétablir l’Etat de Droit que Georges Bush a réduit en miettes. Il doit fermer les prisons de Guantanamo et d’Abou Graïb, et rechercher des chemins alternatifs pour mettre fin aux guerres d’Irak et d’Afghanistan.

Malheureusement hélas, les Nations Unies sont une organisation qui n’a aucune autonomie ; elles restent toujours soumises et dominées par les cinq grandes puissances qui l’utilisent pour leurs intérêts propres, grâce au veto du Conseil de Sécurité qui, de fait, engendre une plus grande insécurité et empêche de promouvoir la paix entre les peuples et le développement.

En 1948, l’ONU était constituée de 57 Etats et aujourd’hui elle en comprend 192. Sa structure et son fonctionnement se sont transformés en une coquille vidée de tout contenu et sans aucune force face aux grandes puissances. Il est urgent de parvenir à ce que cet organisme, qui comprend toutes les nations du monde, se démocratise et cesse d’être un instrument manipulable par ces cinq pays qui empêchent le droit et la participation démocratique des Etats membres de la communauté des nations. Tout cela paraît évident.

L’impunité avec laquelle agissent Israël et les Etats-Unis constitue une menace pour la paix mondiale. Actuellement, dans le jeu de la guerre, l’armement nucléaire n’est plus seulement la propriété des grandes puissances car d’autres pays possèdent aussi des armes nucléaires. Il s’agit d’Israël, du Pakistan et de l’Inde, et d’autres pays sont aussi sur le point de les posséder pour pouvoir détruire toujours davantage tout en continuant à courir vers nulle part et en risquant de provoquer des dommages irréversibles pour l’humanité.

Les Etats-Unis et leurs alliés disent qu’il faut mettre un frein à la course aux armements et empêcher des pays non responsables de posséder des armes nucléaires. Cela veut-il dire qu’il existe des pays responsables qui peuvent posséder des armes nucléaires tout en disant qu’ils ne les utiliseront pas le moment venu ?... Qui sont les pays responsables et qui sont les irresponsables ?... Les armes n’ont jamais été les garantes de la Paix.

Quand est-ce l’ONU, le Conseil de l’Europe, l’Union Européenne, d’autres organisations internationales et certains gouvernements vont-ils parvenir à imposer des limites à Israël et la Palestine pour terminer ce conflit qui dure depuis 60 ans ?... Tous les peuples du monde doivent agir et exiger la cessation immédiate de toutes les actions armées, le retrait des troupes israéliennes de la Bande de Gaza et l’arrêt des bombardements au mortier du Hamas sur les colonies israéliennes.

L’orgueil dont fait preuve Israël en méconnaissant les droits du peuple palestinien malgré les réclamations de la communauté internationale, porte tort à ce même peuple d’Israël et au monde entier. Ils ne devraient pas oublier qu’ils vont récolter ce qu’ils sèment. Il n’y a pas d’autre alternative.

Israéliens et Palestiniens doivent apprendre à vivre ensemble dans la diversité et à partager le pain et la liberté sur cette Terre Sainte qui est leur foyer et où ils sont unis dans un destin commun. Ils ont oublié tout cela et douloureusement, ils l’ont transformée en « Terre de sang, de haine et de souffrance ». Jusqu’à quand ?...

Chacun d’entre nous et chaque peuple doit tourner son regard vers l’intérieur de lui-même. Il nous faut rencontrer des chemins nouveaux qui permettent de faire tomber les murs de l’intolérance de la barbarie, de la destruction et de la mort. L’Espérance des peuples reste vivante malgré tout cela. Beaucoup d’Israéliens et de Palestiniens continuent à travailler pour parvenir à la Paix et à l’entente entre ces deux peuples, car ils savent que c’est là l’unique chemin pour atteindre une aube nouvelle.

source : http://alainet.org/active/28777


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La soberbia de Israel y el juego de la guerra

Adolfo Pérez Esquivel

La guerra es el juego de los poderosos, es el gran vicio público que consiste en jugar con la vida de los pueblos en el que todo el mundo queda enredado. Todos tienen que vivir o morir. Pero la verdadera emoción del juego procede de “la suspensión de la conciencia”. En todo juego se ha de prescindir de las condiciones reales.

En la guerra uno supone que es, no sólo justo sino necesario matar. El gran sacrificio de la guerra no es tanto el sacrificio de vida cuanto la suspensión de la conciencia, que sin embargo, la mayor parte de la gente encuentra fácil y placentero con tal que todos lo hagan al mismo tiempo. Si hay alguna “necesidad” que impulse a los hombres a la guerra, es ésa. La suspensión de la conciencia en masa es una irresponsabilidad total, y se dedica a una sola tarea: “destruir al enemigo”.

El gran peligro de la guerra es precisamente esa necesidad universal de “inmoralidad masiva” que el juego de la guerra satisface tan plenamente. Así se expresa Thomas Merton, recordando a Lanza del Vasto sobre la profunda conexión entre juego y guerra.

Estos días de dolor y muerte en la Franja de Gaza, los medios de comunicación han publicado que programas cómicos en Israel hacen de la guerra un juego para divertir a la audiencia. En su macabro juego dicen: “hemos matado a mil palestinos y ellos nos mataron solo a 13 israelitas. Les ganamos por goleada”.(Eretz Neheredet) por el actor Tal Friedman, quien dice “ El resultado es bueno, pero no podemos conformarnos con ésta ventaja: tenemos que ampliarla”. A la guerra todos parten como a una fiesta y todos vuelven derrotados con la muerte en el alma.

En el juego de la guerra los apostadores mueven las fichas y lucran con la vida de los pueblos, están dominados por la basura mental y emocional que convierte la vida social y política en una enfermedad de masas. Cada uno tiene las “razones y la verdad para destruir al enemigo”, para justificar el horror y las muertes.

A pesar de los reclamos internacionales de gobiernos y el clamor de los pueblos, Israel y los EE,UU. no quieren escuchar a la comunidad internacional y continúan sembrando muerte y destrucción contra el pueblo palestino provocando hasta el momento más de 1350 muertos y alrededor de 5.500 heridos, en su mayoría mujeres, niños, población civil, han bombardeando la sede de la ONU, hospitales, centros de refugiados, escuelas y destruyendo depósitos de alimentos.

Esta masacre se produce pocos días antes del cambio de gobierno en los EE.UU. y George Bush, responsable de crímenes de lesa humanidad, en su despedida del gobierno no se arrepiente de las barbaridades cometidas contra los pueblos

El nuevo gobierno de los EE.UU. que preside Barak Obama tiene la responsabilidad de poner freno a la barbarie e iniciar urgentes negociaciones para alcanzar la solución del conflicto y trabajar para la constitución del Estado Palestino; único camino para lograr poner fin a 60 años de guerra.

Debe retomar el camino perdido y restablecer el Estado de Derecho en los EE.UU. hecho añicos por Bush, cerrar definitivamente las cárceles de Guantánamo y Abu Grhaib y buscar caminos alternativos para poner fin a las guerras de Irak y Afganistán.

Lamentablemente, las Naciones Unidas es un organismo sin autonomía, sometido y dominado por las cinco grandes potencias que la utilizan para sus propios intereses a través del veto y el Consejo de Seguridad, que genera mayor inseguridad, y no para promover la paz y desarrollo entre los pueblos.

En el año 1948, la ONU estaba constituida por 57 Estados, hoy la integran 192 Estados y su estructura y funcionamiento se ha transformado en un cascarón vacío de contenido y sin fuerza frente a las grandes potencias. Es urgentes lograr que ese alto organismo de las naciones se democratice y deje de ser instrumento manipulable de cinco países que impide el derecho y la participación democrática de los Estados miembros de la comunidad de las naciones. Los hechos están a la vista.

La impunidad con que actúan Israel y los EE.UU. son una amenaza para la paz mundial. En el juego de la guerra, el armamento nuclear no es sólo patrimonio de las grandes potencias; otros países poseen armas nucleares entre ellos Israel, Pakistán y la India y otros están en vías de poseerlas para destruirse más y mejor y terminar corriendo hacia ninguna parte, y provocando daños irreversibles a la humanidad.

EE.UU. y sus aliados dicen que hay que frenar e impedir que países no responsables tengan armas nucleares. ¿Alguien piensa que hay países responsables para tener armas nucleares y que no las utilizarán llegado el momento?-¿Quienes son los responsables y quienes son los irresponsables? Las armas nunca son garantes de la Paz

¿Hasta cuando la ONU, el Consejo de Europa, la UE., entre otras organizaciones internacionales y gobiernos no lograrán poner límites a Israel y Palestina para terminar con el conflicto que lleva 60 años? Los pueblos del mundo tienen que actuar y exigirle el inmediato cese de las acciones armadas y el retiro de las tropas israelitas de la Franja de Gaza y el cese de los bombardeos de Hamas con morteros a las colonias israelitas.

La soberbia con que actúa Israel desconociendo el derecho del pueblo palestino y los reclamos de la comunidad internacional, daña al mismo pueblo de Israel y al mundo. No deben olvidar que lo que siembran recogen; no hay otra alternativa.

Israelitas y palestinos tienen que aprender a convivir en la diversidad y compartir el pan y la libertad en Tierra Santa, es su hogar y destino común que dolorosamente han olvidado y transformado en “Tierra de sangre, odio y sufrimiento”¿Hasta cuando?

Es necesario volver la mirada al interior de cada uno y de cada pueblo; encontrar caminos que permitan derribar los muros de la intolerancia, la barbarie, destrucción y muerte. La Esperanza de los pueblos está viva a pesar de todo. Muchos israelitas y palestinos vienen trabajando par alcanzar la Paz y entendimiento entre los pueblos, saben que es el único camino para alcanzar un nuevo amanecer.

Miramar, 22 de enero del 2009

http://alainet.org/active/28685

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