mercredi 16 décembre 2009

Communiqué de la LDH Midi-pyrénées

Vidéosurveillance : Quand le « patron » des gendarmes de Midi Pyrénées s’invite dans un débat politique
(article de la Dépêche du Midi du 13/12/09)

Communiqué de la Délégation régionale Midi-pyrénées

On peut s’étonner de ce qu’un agent de l’Etat, de statut militaire, a priori tenu au devoir de réserve, se fasse dans la presse l’agent de transmission d’une politique gouvernementale en utilisant une rhétorique démagogique bien connue : « combat d'arrière-garde inutile…/… Surtout une injure à celles et ceux qui quotidiennement ne vivent pas dans la tranquillité qu'ils pourraient espérer ».

Pour rester dans le registre que n’aurait pas du quitter ce fonctionnaire, rappelons ici que :

- aucune statistique officielle, aucun rapport aisément accessible n'est disponible malgré la multiplication des installations de caméras sur le territoire ;

- aux Etats-Unis, et ce ne sont pas des séries américaines, certaines villes comme Miami ou Mount Vernon, ou Atlantic City ont abandonné l'usage systématique de caméras vidéos eu égard à l'absence de résultats ;

- en Angleterre, très « vidéoprotégée », un rapport de septembre 2006 de l'information Commissioner Office ( l'équivalent de la CNIL en Angleterre) révèle que, malgré l'importance du budget affecté, le Ministère de l'Intérieur a constaté l'absence d'impact du système de surveillance sur la criminalité.

Notons enfin que cet outil, affiché aujourd’hui comme étant un outil de prévention, est amené à devenir à vocation répressive, des logiciels étant annoncés comme capables d'analyser un comportement et d'en tirer un enseignement pour le « faire corriger » Ainsi, de citoyen libre de se promener, passerons-nous à l'état de délinquant présumé.

En conséquence, la Ligue des droits de l'Homme demande :

- que la totalité des systèmes de vidéosurveillance tant analogiques que numériques soient dans les plus brefs délais placés sous le contrôle exclusif d’une CNIL au budget conséquent ;

- qu'un fichier national public, et notamment accessible par Internet des traitements et des caméras soit mis en place immédiatement pour recueillir des informations sur toute nouvelle installation, avec délai de six mois pour que toutes les caméras existantes fassent l'objet de déclarations d'existence.

- que soit interdite toute incorporation dans les caméras de vidéosurveillance de logiciels permettant d'étudier les comportements des personnes.

- que soit interdit l'usage de caméras mobiles et de drones.

Précisons enfin que les positions ci-dessus ne sauraient être interprétées comme une acceptation implicite de" la vidéosurveillance par la LDH qui entend en effet rappeler qu'elle est et demeure opposée à tout forme de surveillance de la population."

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Publié le 13/12/2009 08:55 | LaDepeche.fr

Le patron des gendarmes défend "la vidéo protection"

Vidéo surveillance. Le général Bertrand Soubelet, patron des gendarmes en Midi-Pyrénées, s'invite dans le débat en parlant de « vidéo protection ».

Préconisée par le gouvernement, contestée par l'opposition, la vidéo surveillance fait beaucoup parler. Le patron des gendarmes de Midi-Pyrénées, le général Bertrand Soubelet, défend la vidéo protection.

Pourquoi intervenir dans le débat sur ce que vous dénommez la vidéo protection ?

Il faut cesser de faire de la vidéo protection un enjeu politique. Il s'agit avant tout de la sécurité des Français et des habitants de Midi-Pyrénées. Pour être efficace il faut être pragmatique. La vidéo protection n'a pas vocation à porter atteinte à la liberté individuelle mais au contraire de permettre à la majorité de profiter d'une plus grande sécurité. Nos concitoyens ne méritent-ils pas que les délinquants se sentent en insécurité ?

Les opposants craignent pour leur liberté…

Ceux qui croient que les caméras permettront de surveiller les allées et venues des citoyens, il faut qu'ils arrêtent de regarder les films américains ! Il ne s'agit pas de les surveiller mais de les protéger. C'est la raison pour laquelle le terme de vidéo surveillance est à bannir.

Ces enregistrements sont observés, regardés…

Aucun service de l'État ou des collectivités territoriales n'a la capacité d'exploiter dans le détail les enregistrements. ça ne représente aucun intérêt. La priorité est de mettre le personnel et les gendarmes en particulier, sur le terrain et non de regarder des enregistrements dont seuls 5 ou 10 % peuvent présenter un intérêt pour la sécurité.

Alors quel intérêt ?

Les enregistrements ne sont exploités que s'il se produit une agression ou une infraction. Et cette exploitation est effectuée sous l'autorité du procureur dans le respect des préconisations de la Cnil*.

La vidéo protection est efficace ?

Là où des caméras ont été installées, l'effet dissuasif a été mesuré avec une baisse des faits de délinquance de 30 %. Les 4 250 gendarmes de Midi-Pyrénées seraient heureux de pouvoir bénéficier d'enregistrements sur certaines zones pour permettre d'interpeller plus rapidement ceux qui empêchent nos concitoyens de vivre en paix.

Vous y êtes très favorable...

La défiance injustifiée vis-à-vis de la vidéo protection me paraît un combat d'arrière-garde inutile. Surtout une injure à celles et ceux qui quotidiennement ne vivent pas dans la tranquillité qu'ils pourraient espérer.

La vidéosurveillance va-t-elle tout régler ?

C'est un moyen parmi d'autres pour assurer la sécurité des Français. Faut-il s'en priver sur la base de considérations qui ne relèvent pas du pragmatisme ? Il faut l'utiliser à bon escient et dans certaines zones après un diagnostic des forces de sécurité. Cela est nécessaire d'autant que la préservation des libertés individuelles sera toujours assurée.

*Commission nationale informatique et libertés

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