Oulala
L’ANSES a rendu son avis sur l’étude menée par Gilles-Eric Séralini
et son équipe sur le maïs OGM de Monsanto NK603 et le Roundup. L’ANSES
reconnaît la quasi-absence d’études menées sur la durée de vie des
animaux, qu’il s’agisse des PGM ou du Roundup, mais néanmoins conclue
que « les résultats de l’étude tels que publiés aujourd’hui ne sont
pas de nature à remettre en cause les conclusions des évaluations
précédentes sur le maïs NK603 et sur l’herbicide ROUND-UP ».
Comment se fait-il :
• Que l’ANSES ne remette pas en cause les évaluations précédentes sur
le maïs NK603, alors même qu’elle reconnaît qu’elles ont été faites sur
une durée limitée et qu’elle se réfère toujours au «principe
d’équivalence en substance» ? Rappelons que ce principe postule qu’une
PGM est équivalente à la plante conventionnelle, sans que la
démonstration n’en ait jamais été faite. C’est justement l’enjeu.
• Que cette absence criante d’études sur 2 ans n’ait pas été relevée
plus tôt par l’agence et que celle-ci se soit contentée des essais à 90
jours fournis par Monsanto ?
• Que l’ANSES en déduise qu’il faille attendre les résultats de
nouveaux essais c’est-à-dire au minimum 3 ans et laisser un risque
potentiel pendant ces 3 ans ? C’est l’opposé du principe de précaution.
Cette attitude incohérente de l’ANSES n’est pas un cas isolé comme le montrent 2 exemples d’actualité.
• Bisphénol A : L’ANSES n’a commencé à se soucier des effets des
faibles doses du bisphénol A qu’à partir du moment où le Réseau
Environnement Santé a montré que l’expertise de l’ANSES (ex AFSSA)
rejetait 95% des études publiées pour ne retenir que les études menées
selon le protocole obsolète des BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire).
Aujourd’hui l’ANSES n’a toujours pas publié de DJA (Dose Journalière
Admissible) basée sur les effets aux faibles doses et n’a pas
publiquement invalidé la DJA de l’agence européenne basée sur les études
BPL à fortes doses. Elle continue d’ailleurs de se référer à ce
protocole BPL alors qu’il ne correspond plus à l’état actuel de la
science.
• Aspartame : l’ANSES a contesté les 3 études de l’Institut Ramazzini
montrant un effet cancérogène de l’aspartame après une exposition sur
la durée de vie des rongeurs, et notamment dans une étude après
exposition dès la gestation, mais n’a toujours pas invalidé les études
SEARLE qui servent de base à l’actuelle DJA de l’aspartame, alors que
ces études datant de 1973 et 1974 n’ont JAMAIS été
publiées dans une revue scientifique. Pire, un rapport de la FDA (Food
and Drug Administration) publié en 1977 (le rapport Bressler) a mis en
évidence des fraudes manifestes dans la conduite de ces études (par
exemple, animaux remis dans l’expérience après enlèvement de leur
tumeur). Ainsi des fraudes manifestes et une absence de publication
n’ont pas conduit l’ANSES à invalider la DJA issue de ces études.
Ces exemples illustrent la nécessité d’une loi de protection de
l’alerte et de l’expertise et plus particulièrement la nécessité d’une
Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise dont la mission serait :
1) de définir la déontologie de l’expertise et de la faire appliquer
2) de protéger les lanceurs d’alerte
C’est le sens de la proposition de loi déposée par les sénateurs EELV
que soutiennent la Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau
Environnement Santé.
Contacts presse
- Réseau Environnement Santé : André Cicolella, 06 35 57 16 82
- Fondation Sciences Citoyennes : Christian Vélot, 06 70 34 78 45
- Réseau Environnement Santé : André Cicolella, 06 35 57 16 82
- Fondation Sciences Citoyennes : Christian Vélot, 06 70 34 78 45

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