vendredi 9 novembre 2012

L’heure sans aiguilles

Gaëtan Pelletier               

Nous sommes tous devenus de grands intellos.
 
Chacun a une idée, chacun a une structure à modifier, chacun a quelque chose sur laquelle maugréer.
Le cerveau humain de gargarise de sa propre réussite partielle. Il est ainsi fait… Et on nous le cultive sans trop ménager l’information. Du moins, la légère…
Alors !  Quel plaisir que de se retrouver de tems en temps, là où il n’y a personne, sauf des arbres, des repousses, comme tous ces gens qui essaient de devenir des ormes géants, se plantent devant vous pour vous transmettre leur force, leur vivacité, leurs odeurs, plantés dans la terre sans que personne n’ait rien fait pour créer cette beauté.
Pour échapper aux rituels falsifiés, il faut redevenir enfant : dessiner, faire semblant que l’on est un plombier ou charpentier.

***
Je suis arrivé épuisé. La forêt était sombre, humide, et je tentais de visser une structure pour un petit camp dans les bois. On peut bien suivre des cours de yoga, faire de la méditation, courir les gourous… Mais le meilleur est dans cette simplicité, là où l’esprit apprend à ne pas tuer l’âme.
J’ai donc passé la journée dans le froid, l’humidité, tentant de construire une cabane d’oiseau dont j’étais l’oiseau.
Je n’ai rien d’un citadin.
Je l’ai toutefois été….
On s’habitue à tout. Et c’est en fait un peu dommage…

Il n’y a rien à dire « d’intelligent ». Il y a seulement à vivre… Non pas en se demandant, mais en constatant que l’arrêt des aiguilles vous fait comprendre l’éternité en vous…
En fait, nous ne sommes que des artisans…

Le 6 novembre 2012 


Gaëtan Pelletier 


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