Collectif 69 de Soutien au Peuple Palestinien
Loin de la « gestion durable et équitable des ressources » du
monde, la politique de l’eau en Israël n’est ni équitable, ni durable.
L’eau est sur-exploitée d’une part, et utilisée comme une arme contre
les palestiniens de l’autre …
C’est à dire un rapport de 1 à 11 !
NB ° Dans la vallée du Jourdain 80 000 palestiniens vivent avec 20 litres /personne et /jour
Pour les palestiniens c’est la « portion congrue » dans un
proche-orient qui souffre d’un stress hydrique aggravé par le
réchauffement climatique.
Le prix du mètre cube d’eau est 2 à 4 fois plus élevé pour les Palestiniens que pour les colons
Les ressources et le pillage de l’eau arabe

Carte de G. Mutin : L’eau dans le Monde Arabe (Ellipse 2000)
De haut en bas :
La réalité des chiffres
Ressources en eau de Cisjordanie :
1750 millions m3/an
Eaux de surface et lac de Tibériade :
environ 500 millions/m3
Aquifère de Cisjordanie et aquifère côtier :
environ 1000 milllions m3/an
Eaux retraitées
environ 250 millions m3/an
La consommation d’eau par Israël :
1900 à 2000 millions mm3/an
En conséquence il y a surexploitation et pillage des ressources hors des frontières d’Israël
Cette appropriation a été permise par la victoire lors de la guerre
de 1967 et la main mise militaire sur la majeure partie de la
Cisjordanie.
Une politique délibérée d’accaparement des terres et de l’eau

Le "mur" fait des contours pour s’approprier les puits palestiniens
de Cisjordanie. Le tracé du mur annexe les réserves en eau. (Ci-dessus
l’exemple de la ville de Qalqiliya )
« L’eau, révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen Orient » extrait du rapport parlementaire sur la « géopolitique de l’eau ».« 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d’eau que 2,3 millions de Palestiniens.Sachons aussi entre autres multiples exemples que :la priorité est donnée aux colons en cas de sécheresse en infraction au droit international ;
le mur construit permet le contrôle de l’accès aux eaux souterraines et empêche les prélèvements palestiniens dans la « zone tampon » pour faciliter l’écoulement vers l’ouest ;
les « puits » forés spontanément par les Palestiniens en Cisjordanie sont systématiquement détruits par l’armée israélienne ;
à Gaza les réserves d’eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements. »
Destruction
des ressources et des réserves en eau palestiniennes

Bulldozer israélien détruisant une citerne palestinienne
L’armée israélienne bouche les puits des paysans détruit les
citernes ou les réserves d’eau palestiniennes, malgré les accords
d’Oslo, les ordonnances militaires d’appropriation n’ont pas été
abrogées (Ordonnances militaires n° 92 du 15 août 1967 et n° 158 du 30
octobre 1967.)
En mars 2003 les dommages s’établissaient comme suit : 151
puits, 153 sources, 447 citernes, 52 citernes mobiles (tankers), 9.128
citernes de toit, 14 réservoirs, 150 Km de canalisations desservant plus
de 78.000 maisons
Vallée du Jourdain : 80 000 palestiniens y vivent avec 20
litres par personne et par jour ( agriculture et besoins familiaux)
alors que 9 500 colons israéliens qui contrôlent 78 % de terres
consomment jusqu’à 300 litres par personne et par jour. (45 millions de
m3 d’eau par an. ! )
L’agriculture et la vie des palestiniens
« Nous avons travaillé très dur pour ce projet.(...) La terre est
bonne (...). Nous avons planté des arbres qui demandent peu d’eau et qui
poussaient bien. Mais l’armée a tout détruit, ils sont passés et
repassés avec le bulldozer et ont tout arraché. C’est très douloureux
pour moi de voir les destructions chaque fois que je viens ici, tout le
fruit de notre travail a été anéanti. Pourquoi commettre un tel acte ?
Quel bien peut [en] sortir ? »
Témoignage de Mahmoud al Adam (Amnesty International Oct. 2009)
Gaza : un crime contre l’humanité ?

Bombardement de l’assainissement de Gaza
1,6 million de palestiniens de Gaza avaient besoin de 220 000 m3 par
jour (35 pompages dans la nappe). Les destructions par Israël
(bombardements ciblés, action des bulldozers, blocus)
ont réduit les prélèvements à 100 000 m3/jour.
Pendant l’attaque israélienne de décembre 2008, quatre réservoirs
d’eau, 11 puits et des réseaux d’évacuation des eaux usées ainsi que des
stations de pompage ont été endommagés. Vingt mille mètres de
canalisations d’eau ont été détériorés ou détruits par des chars et des
bulldozers israéliens
À Gaza, 90% à 95 % de l’eau fournie est contaminée et impropre à la
consommation humaine. Israël n’autorise pas le transfert d’eau de la
Cisjordanie à Gaza. La seule ressource en eau de Gaza, la nappe aquifère
côtière, qui ne suffit pas aux besoins de la population et s’épuise
progressivement en raison de la surexploitation, est de plus en plus
contaminée par des infiltrations d’eaux usées et d’eau de mer. L’eau de Gaza devient une eau saumâtre, la pollution de la nappe
entraîne des risques sanitaires très importants et menace surtout les
enfants.
« Gaza pourrait être privée d’eau potable dès 2016 selon L’O.N.U,
en raison des destructions et de la surexploitation des nappes ». (Le Monde 04/09/2012)
Conclusions
Bien que les Nations Unies reconnaissent " l’accès à l’eau potable et à
l’assainissement comme droits de l’homme, essentiel à la pleine
jouissance de la vie " (résolution 64/292), la gestion par l’occupant
israélien n’est ni durable ni équitable en Palestine. L’eau est pour
Israël une arme de guerre.
Les Palestiniens sont délibérément expropriés de leur ressources en
eau pour pouvoir être exclus de leurs terres. Elle est révélatrice d’un
nouvel apartheid israélien. Sur un plan humain on frôle le « crime
contre l’humanité. »
Le gouvernement israélien est sourd à toutes recommandations de l’O.N.U et des O.N.G internationales.
Georges Mutin : « L’eau dans le Monde Arabe » (Ellipse 2000, 2° édition 2011)
COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN

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