"Alors que la vie est très dure pour les Palestiniens, surtout financièrement, leur amour de la Palestine les fera toujours tenir"
Alors que 2012 se termine, il est difficile d’être optimiste. Tandis que les Palestiniens vivaient dans une euphorie temporaire le mois dernier quand ils ont gagné le statut d’Etat non membre aux Nations unies, cette euphorie s’est rapidement éteinte quand les coffres du gouvernement et les poches de ses employés furent vides.
Il n’y a pas que ça -l’aide modeste promise par les Etats membres de la Ligue arabe n’est toujours pas arrivée. Le gouvernement palestinien aux prises avec les grèves des fonctionnaires et des paniers de courses vides, vient de recevoir un nouveau coup, et cette fois de ceux qui sont supposés les plus proches de lui.
Au début du mois, le Comité de Suivi arabe s’est réuni et s’est accordé pour procurer à l’Autorité palestinienne (AP) une allocation mensuelle de 100 millions de dollars, au titre du «filet de sécurité». C’est la deuxième fois que cette promesse était faite, la première datant du Sommet de la Ligue arabe à Bagdad en mars.
Les dirigeants s’étaient engagés, si Israël retenait les revenus des douanes de l’AP suite à l’obtention du statut d’Etat aux Nations unies, à compenser le manque, couvrant au moins une partie du déficit du budget afin que l’AP puisse continuer à payer les salaires et à offrir des services au peuple.
Samedi (29 décembre), le chef de la Ligue arabe, Nabil Al Arabi, s’est rendu à Ramallah avec le ministre des Affaires étrangères égyptien, Mohammed Kamal Amr, afin de rencontrer le président Mahmoud Abbas. Tandis que les dirigeants prononçaient tous les mots qu’il fallait, montrant leurs liens « fraternels » les uns avec les autres, l’éléphant dans la pièce était bien l’absence des fonds des pays arabes.
Quand il a finalement abordé le sujet, Al Arabi n’a pu donner une réponse satisfaisante sur la raison pour laquelle ces pays n’avaient pas payé, disant seulement que « malheureusement, rien n’est encore fait ». Il a néanmoins ajouté qu’il continuerait à inciter les pays arabes à assurer leurs engagements financiers envers les Palestiniens.
Sans surprise, les responsables palestiniens soupçonnent que des mains invisibles soient actives, nommément des mains américaines, accusant certains pays arabes [qu’ils ne nomment pas] de céder aux pressions américaines pour qu’ils ne remplissent pas les coffres vides du gouvernement palestinien.
Ceci est une estimation raisonnable, pas de celles qui doivent encore faire leur preuve. Les Etats-unis ont clamé bien haut leur opposition à la résolution des Nations unies qui fait de la Palestine un Etat non membre et chacun connait leur relation avec Israël. Au vu de ces deux facteurs qui oeuvrent contre les Palestiniens, il semble qu’il fallait s’attendre à ce que les Etats-Unis se mêlent de retarder les financements.
Ceci, c’est en plus du drame quotidien sur le terrain. Tandis qu’Israël poursuit sans relâche la construction de colonies et la confiscation de la terre, les responsables palestiniens à Gaza et en Cisjordanie continuent à se débattre pour trouver un terrain d’entente.
S’il y a quelque optimisme à avoir pour 2013, c’est pour la réconciliation, pour la simple raison que l’issue est ici strictement entre les mains des Palestiniens.
Le début d’une nouvelle année est toujours associé à de nouveaux commencements. Alors que la vie est très dure pour les Palestiniens, surtout financièrement, leur amour de la Palestine les fera toujours tenir. 2013 peut bien se révéler aussi dure que 2012 finissant, mais au moins cette année le mot Palestine est un titre officiel, pas une simple entité géographique du passé ou un nom sentimental que nous chérissons afin que nous, Palestiniens, ne l’oubliions jamais.
Non, la Palestine est bien réelle et reconnue par une écrasante majorité des pays du monde.
Elle peut être occupée, à court d’argent, et couverte de colonies illégales, mais la Palestine existe sur le terrain, sur le papier et dans nos coeurs. Et cela est suffisant.
Joharah Baker écrit pour the Palestinian Initiative for the Promotion of Global Dialogue and Democracy (MIFTAH). On peut la contacter à mid@miftah.org.http://www.miftah.org/Display.cfm?D...
Traduction : CL, Afps

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