dimanche 6 janvier 2013

Sous des couches de pessimisme jaillit l’espoir éternel

 Joharah Baker             

"Alors que la vie est très dure pour les Pales­ti­niens, surtout finan­ciè­rement, leur amour de la Palestine les fera tou­jours tenir"

Alors que 2012 se termine, il est dif­ficile d’être opti­miste. Tandis que les Pales­ti­niens vivaient dans une euphorie tem­po­raire le mois dernier quand ils ont gagné le statut d’Etat non membre aux Nations unies, cette euphorie s’est rapi­dement éteinte quand les coffres du gou­ver­nement et les poches de ses employés furent vides.
Il n’y a pas que ça -l’aide modeste promise par les Etats membres de la Ligue arabe n’est tou­jours pas arrivée. Le gou­ver­nement pales­tinien aux prises avec les grèves des fonc­tion­naires et des paniers de courses vides, vient de recevoir un nouveau coup, et cette fois de ceux qui sont sup­posés les plus proches de lui.
Au début du mois, le Comité de Suivi arabe s’est réuni et s’est accordé pour pro­curer à l’Autorité pales­ti­nienne (AP) une allo­cation men­suelle de 100 mil­lions de dollars, au titre du «filet de sécurité». C’est la deuxième fois que cette pro­messe était faite, la pre­mière datant du Sommet de la Ligue arabe à Bagdad en mars.
Les diri­geants s’étaient engagés, si Israël retenait les revenus des douanes de l’AP suite à l’obtention du statut d’Etat aux Nations unies, à com­penser le manque, cou­vrant au moins une partie du déficit du budget afin que l’AP puisse continuer à payer les salaires et à offrir des ser­vices au peuple.
Samedi (29 décembre), le chef de la Ligue arabe, Nabil Al Arabi, s’est rendu à Ramallah avec le ministre des Affaires étran­gères égyptien, Mohammed Kamal Amr, afin de ren­contrer le pré­sident Mahmoud Abbas. Tandis que les diri­geants pro­non­çaient tous les mots qu’il fallait, mon­trant leurs liens « fra­ternels » les uns avec les autres, l’éléphant dans la pièce était bien l’absence des fonds des pays arabes.
Quand il a fina­lement abordé le sujet, Al Arabi n’a pu donner une réponse satis­fai­sante sur la raison pour laquelle ces pays n’avaient pas payé, disant seulement que « mal­heu­reu­sement, rien n’est encore fait ». Il a néan­moins ajouté qu’il conti­nuerait à inciter les pays arabes à assurer leurs enga­ge­ments finan­ciers envers les Palestiniens.
Sans sur­prise, les res­pon­sables pales­ti­niens soup­çonnent que des mains invi­sibles soient actives, nom­mément des mains amé­ri­caines, accusant cer­tains pays arabes [qu’ils ne nomment pas] de céder aux pres­sions amé­ri­caines pour qu’ils ne rem­plissent pas les coffres vides du gou­ver­nement palestinien.
Ceci est une esti­mation rai­son­nable, pas de celles qui doivent encore faire leur preuve. Les Etats-​​unis ont clamé bien haut leur oppo­sition à la réso­lution des Nations unies qui fait de la Palestine un Etat non membre et chacun connait leur relation avec Israël. Au vu de ces deux fac­teurs qui oeuvrent contre les Pales­ti­niens, il semble qu’il fallait s’attendre à ce que les Etats-​​Unis se mêlent de retarder les financements.
Ceci, c’est en plus du drame quo­tidien sur le terrain. Tandis qu’Israël poursuit sans relâche la construction de colonies et la confis­cation de la terre, les res­pon­sables pales­ti­niens à Gaza et en Cis­jor­danie conti­nuent à se débattre pour trouver un terrain d’entente.
S’il y a quelque opti­misme à avoir pour 2013, c’est pour la récon­ci­liation, pour la simple raison que l’issue est ici stric­tement entre les mains des Palestiniens.
Le début d’une nou­velle année est tou­jours associé à de nou­veaux com­men­ce­ments. Alors que la vie est très dure pour les Pales­ti­niens, surtout finan­ciè­rement, leur amour de la Palestine les fera tou­jours tenir. 2013 peut bien se révéler aussi dure que 2012 finissant, mais au moins cette année le mot Palestine est un titre officiel, pas une simple entité géo­gra­phique du passé ou un nom sen­ti­mental que nous ché­rissons afin que nous, Pales­ti­niens, ne l’oubliions jamais.

Non, la Palestine est bien réelle et reconnue par une écra­sante majorité des pays du monde.
Elle peut être occupée, à court d’argent, et cou­verte de colonies illé­gales, mais la Palestine existe sur le terrain, sur le papier et dans nos coeurs. Et cela est suffisant.
 
Joharah Baker écrit pour the Pales­tinian Ini­tiative for the Pro­motion of Global Dia­logue and Demo­cracy (MIFTAH). On peut la contacter à mid@​miftah.​org.http://www.miftah.org/Display.cfm?D...

Traduction : CL, Afps



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