Patrick Mignard
Dans sa farouche volonté de dé-diaboliser le
Front National, Marine LE PEN vient de franchir un nouveau cap qui ne manque pas
de saveur.
En substance, elle déclare : «Nous ne sommes pas encore traités comme un
parti comme les autres, ce qu'est pourtant le FN»,… « Nous ne sommes ni de droite, ni de
gauche »… « Nous ne sommes absolument
pas un parti de droite, ceux qui le pensent font une erreur d'analyse
totale »… « Je m’élève encore plus
contre la formulation d’extrême droite »… Elle va jusqu’à nous menacer
d’avoir recours aux tribunaux si nous persistons à placer le Front National, là
où il est, à l’extrême droite. Marine Le Pen nous invente une nouvelle boussole
politique.
Autrement dit, le terme « extrême droite » serait infâmant.
L’argument qu’elle utilise pour convaincre, c’est qu’à l’extrême droite, on
trouve les racistes, et tout un tas de personnages et d’organisations peu
recommandables… On ne peut vraiment rien lui cacher !
Même si les qualificatifs de gauche et de droite, qui servent encore de référence
pour situer politiquement une organisation, ne sont certes plus pertinents
aujourd’hui, ceux-ci sont encore fondés, du moins dans l’esprit des gens, sur
des conceptions de valeurs
différentes. Etre de gauche c’est en principe être pour le progrès social (ce qui explique que le PS
peut se dire difficilement de gauche). Être de droite, c’est être pour la défense du système dominant le capitalisme
et ce, sans état d’âme sur les conséquences d’exploitation et d’exclusion des
personnes. Être d’Extrême gauche, c’est être pour une solution radicale anti capitaliste. Quant
à l’Extrême droite c’est la défense
intransigeante du capitalisme national doublée d’un nationalisme
xénophobe.
Question : où situez vous le Front
National ?
Bien sûr, toutes ces organisations d’extrême
droite, aujourd’hui comme hier, ne reconnaissent jamais ce qu’elles sont
exactement. Leur pseudo programme, fondé sur une pratique de la démagogie
particulièrement élaborée, n’est qu’un fatras incohérent de fantasmes
(racistes), de propositions économiques (contradictoires et irréalistes), de
promesses politiques (jamais tenues).
L’exemple historique édifiant est le parti
national-socialiste qui dans son
intitulé même réalise le mariage de la carpe et du lapin. On sait ce que ça a
donné !
Ultime argument de Martine Le Pen pour
dé-diaboliser son parti : « Le Front
National respecte l'intégralité des règles républicaines».
L’argument est peut-être nécessaire, mais
largement insuffisant… Rappelons simplement que le parti national-socialiste a
respecté, avant 1933, l’intégralité des règles républicaines de la République de
Weimar… ce n’est qu’ensuite, une fois au pouvoir qu’il a mis en œuvre sa
véritable politique.
Ne nous laissons pas leurrer ! ! ! !

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