Né à Paris en 1915 dans une « famille déjudaïsée » qui avait fuit les pogroms de la Russie tsariste, il s’est toujours voulu un critique sans concession du sionisme, ce nationalisme juif qu’il qualifiait aussi de « judéocentrisme ».
Il avait
le courage d’écrire : « On
élève Auschwitz au rang de phénomène métaphysique, mais pas les boucheries qui
atteignent d’autres peuples. Je serai le dernier à minimiser l’atrocité de
Auschwitz où périrent mon père et ma mère. Mais les larmes des autres ne
comptent-elles pas ?
[…] Je
ne dis pas (on me le fera dire bien sûr) que, globalement, cela atteigne les
dimensions d’Auschwitz, mais, sur la terre palestinienne, bien des Juifs
ont fait couler bien des larmes, c’est un fait incontestable. »
[2]
Du fait
même de ses origines, le nationalisme juif lui inspirait une répugnance « plus
forte » que les autres nationalismes.
Il reprochait aux sionistes tout comme aux antisémites de vouloir ancrer dans leur judaïté ceux qui ne voulaient appartenir « ni à la religion judaïque ni à un peuple juif ».
L’ambiguïté même du qualificatif de « Juif » facilitait cet amalgame.
Il reprochait aux sionistes tout comme aux antisémites de vouloir ancrer dans leur judaïté ceux qui ne voulaient appartenir « ni à la religion judaïque ni à un peuple juif ».
L’ambiguïté même du qualificatif de « Juif » facilitait cet amalgame.
Pour
lui, les seuls « Juifs » au sens plein du terme étaient les adhérents de la
religion judaïque qui en observaient la totalité ou la plupart des rites
multiples.
Les autres couramment désignés comme « Juifs » n’étaient le plus souvent que les descendants des adhérents de cette religion qui selon les cas étaient peu religieux ; ou avaient rejetés toute filiation avec le judaïsme ; ou étaient athées ; ou avaient adhéré à une autre religion ; ou, tout simplement, ignoraient leur ascendance…
Les autres couramment désignés comme « Juifs » n’étaient le plus souvent que les descendants des adhérents de cette religion qui selon les cas étaient peu religieux ; ou avaient rejetés toute filiation avec le judaïsme ; ou étaient athées ; ou avaient adhéré à une autre religion ; ou, tout simplement, ignoraient leur ascendance…
Enfin,
comme scientifique, il dénonçait le « délire idéologique mystificateur » des
sionistes qui postulent l’existence d’un « peuple juif » comme nécessité ou
comme norme, et qui ne tiennent pas compte des données concrètes de l’existence
des entités juives qui se sont succèdées dans l’Histoire, leur territoire, leur
langue, leur culture…
Il
savait que, soumis au « chantage permanent des judéocentristes », les grands
médias ignoreraient ses prises de position.
Devant quoi, il avait la sagesse de
penser que « dire la vérité n’a pas toujours des répercussions
heureuses. Mais la cacher non plus ».
1948
: Avec la création de l’État d'Israël, 800.000 Palestiniens sont chassés par la
force de leurs terres et de leurs maisons, et contraints de se réfugier dans des
camps

[1]
Maxime Rodinson a étudié les langues orientales et est devenu professeur
d'éthiopien classique (le guèze) à l'École Pratique des Hautes Études dont il
devient
directeur en 1955. Historien des religions, il parlait l'arabe, l'hébreu, le
turc et le guèze.
[2] Maxime Rodinson,
Peuple juif ou problème juif ?, Ed. La Découverte, 1997.

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